Tu écris une newsletter chaque semaine (ou tu en rêves), tu y mets du temps, de la profondeur… et quelques jours plus tard, elle a disparu dans les boîtes mail. Et si ce contenu pouvait vivre bien plus longtemps ? C’est tout l’intérêt d’une newsletter sur Substack, selon Geneviève Gauvin.
Créatrice du bundle Ka-Ching et des podcasts Effrontée et Les vraies affaires, Gen envoie son infolettre chaque mardi depuis le 6 février 2018. En 2026, elle l’a déménagée sur Substack, sous le nom Selfish. Elle me raconte pourquoi dans l’épisode #5 de la mini-série Cabinet de curiosités.
« Un outil pour les débutants » : le préjugé de départ
Gen fait de l’email marketing depuis toujours : 300 tags sur son outil d’emailing, des segments comportementaux à n’en plus finir, pour que chaque abonné se sente vu et reconnu. Pour elle, Substack ressemblait à un downgrade : pas de séquences, peu de segmentation, un outil « pour les beginners ».
Son seul mini-regret aujourd’hui ? Ne pas y être allée plus tôt. Parce qu’en creusant, elle a compris une chose :
Substack est beaucoup plus qu’une infolettre, c’est un média, c’est une publication, c’est un blog.
Geneviève Gauvin
Tes emails deviennent des articles publics, des lecteurs y cherchent activement du contenu long, et il y a toute une partie réseau social, avec un algorithme et des notes, une sorte d’équivalent de X.
Une newsletter, c’est privé (et ça vit peu de temps)
Une infolettre classique arrive dans une boîte mail. Une relation entre toi et ton abonné, sans communauté autour. Et sa durée de vie est courte : Gen cite une étude de GetResponse sur 4 milliards d’emails, selon laquelle 70 % des ouvertures se font dans les 24 premières heures. Ensuite, le mail est supprimé, ou rangé dans le dossier « à lire plus tard » qu’on n’ouvre jamais.
Sur Substack, ton contenu est public : il peut être trouvé par les moteurs de recherche et poussé par la plateforme à des gens qui tombent dessus par hasard. Gen compare sa durée de vie à celle d’un article de blog, en général autour de deux ans. Moi-même, Substack m’a récemment poussé un post datant de 2024.
Il n’y a plus aucune raison, en 2026, que ton contenu par courriel soit privé.
Geneviève Gauvin

La découvrabilité, sans publicité
Il n’y a aucune pub sur Substack : la plateforme gagne de l’argent avec les abonnements payants. Elle a donc tout intérêt à ce que ses créateurs gagnent des abonnés. D’après Gen, Substack annonce que pour la plupart des créateurs, 40 % des abonnés viennent du réseau lui-même. Dans son cas, c’est entre 66 et 67 % de ses nouveaux abonnés.
À côté, elle travaille un peu Instagram, et surtout le SEO, une priorité dès le premier jour. Pas de viralité pour l’instant, et c’est voulu : elle préfère construire brique par brique quelque chose de stable plutôt que de courir après les pics.
Célébrer les petits chiffres
Après des années à viser toujours plus gros (des lancements à un million, plus de 17 000 inscrits à l’expérience Ka-Ching), Gen a eu besoin de repartir de zéro. Quand elle a atteint 20 abonnés payants, elle a célébré. Pas parce que c’est énorme comparé à son passé, mais parce que ce qui compte, c’est de faire mieux qu’il y a un mois, une semaine, hier. Ce virage, elle l’appelle passer d’une business « adrénaline » à une business « dopamine » : une entreprise qui travaille pour soi, et pas l’inverse.
Sa routine pour écrire chaque semaine depuis 2018
- Deux semaines d’avance minimum entre la rédaction et la mise en ligne, pour pouvoir changer d’idée.
- Des blocs de trois heures pour écrire, qui débordent parfois quand un article va en profondeur.
- Préparer plusieurs textes d’un coup pour garder cette avance.
Le compromis : elle ne colle pas toujours à l’actualité. Mais elle écrit sur ce qu’elle a envie, avec la profondeur qu’elle veut.
Tu as déjà une newsletter ? Tu peux garder ton outil
Selon Gen, une fois le set-up initial fait, le seul vrai changement pour tes abonnés, c’est l’adresse d’où arrive le mail. Et tu n’es pas obligée d’abandonner ton outil d’emailing : la partie contenu, publique, fait de l’acquisition sur Substack, et la partie marketing reste sur ta plateforme habituelle.
Pour démarrer, son guide Prête à publier détaille les 5 contenus piliers d’une publication Substack : la page à propos, le hero post (le post de bienvenue), l’email de bienvenue, le format des articles et la description de la publication, avec une banque de 50 exemples. Côté visuel, sa priorité si tu ne dois créer qu’une image : celle du social preview, qui apparaît dans le fil.
Pour aller plus loin
👉 Écoute l’épisode avec Gen pour tout son virage et sa vision de Substack. Il clôt la mini-série Cabinet de curiosités : si tu as raté les autres épisodes, commence par celui avec Lauriane.
Et toi, ta newsletter, elle vit combien de temps ? Dis-le-moi en message ou en commentaire !


