Tu te demandes si Substack, c’est vraiment différent d’une infolettre classique, ou juste une plateforme de plus à gérer ? Geneviève Gauvin a creusé la question, et ce qu’elle a trouvé a changé sa façon de bosser.
Tu la connais certainement pour avoir créé Ka-Ching, le plus gros bundle francophone de ces dernières années, et pour les podcasts Effrontée et Les vraies affaires. Depuis 2026, elle a pris un virage : son infolettre, envoyée chaque mardi depuis février 2018, vit désormais sur Substack, sous le nom Selfish.
Dans cet épisode, tu vas découvrir :
- Pourquoi Gen a quitté le « toujours plus grand » pour repartir des petits chiffres
- Ce que le nom Selfish dit de sa nouvelle vision de l’entrepreneuriat
- Pourquoi Substack est un média social, pas seulement un outil d’envoi d’emails
- La différence de durée de vie entre un courriel et un contenu public
- D’où viennent ses nouveaux abonnés, sans publicité
- Sa routine pour écrire chaque semaine : deux semaines d’avance et des blocs de trois heures
- Les 5 contenus piliers de son guide Prête à publier
Si tu as déjà eu envie d’écrire en public sans savoir par où commencer, cet épisode #5, qui clôt la mini-série Cabinet de curiosités, est pour toi.
Liens utiles
- 🎧 Écouter l’épisode : sur ta plateforme préférée
- ❤️ Lire Selfish, l’infolettre de Gen sur Substack : ggauvin.substack.com
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Transcription
Manon
Hello à toi auditrice et bienvenue sur Celles qui créent pour cette mini série spéciale Cabinet de curiosités. Pendant 5 épisodes, je vais aller fouiller dans les coulisses de la création de contenu avec des entrepreneurs qui ont trouvé leur propre manière d’attirer les bons clients grâce à ce qu’elles publient. Pas forcément avec une grosse audience, pas forcément en publiant tous les jours et certainement pas en suivant les mêmes codes que tout le monde. Qu’est-ce qu’elles publient ? Comment les futurs clients les découvrent ? Qu’est-ce que ce contenu permet de comprendre avant même le premier rendez-vous ? Qu’est-ce qu’elles ont arrêté de faire ? Bref, tout ça. J’ai sélectionné chaque entrepreneuse qui va passer au micro pour son angle unique, son parcours et sa vision très personnelle de la manière de créer du contenu. Alors si j’étais vous, j’écouterais les 5 épisodes jusqu’au bout. Maintenant place à l’épisode du jour, j’accueille Geneviève Gauvin, et vous la connaissez certainement pour avoir créé Ka-Ching, le plus gros bundle francophone des dernières années, et avoir animé les podcasts Effrontée et Les vraies affaires, dont je ne me lasse pas, même si c’est fini. Celle qui n’a pas sa langue dans sa poche nous raconte son virage à 360° et son arrivée en fanfare sur Substack. Salut Gen ! C’est le matin chez toi, c’est l’après-midi chez moi, comment vas-tu ?
Gen
Ça va bien, une belle journée ensoleillée, on se jase, c’est sûr que ça va bien !
Manon
Ça va toujours bien quand on jase, comme tu dis. Je vais te poser la question que je t’ai posée en off. Comment est-ce que tu décrirais ton métier aujourd’hui aux auditrices qui nous écoutent ?
Gen
J’essaie activement de m’approprier le titre d’autrice, mais c’est très difficile, considérant que je n’ai pas de livre. C’est un projet de longue haleine dans ma vie : à chaque fois que j’en parle, je dis « oui, j’ai envie, mais pour l’instant, j’ai toujours pas trouvé le sujet exact ». Mais dans tous les cas, je me l’approprie quand même, considérant huit ans et demi de textes hebdomadaires, qui étaient envoyés par infolettre, donc privés malgré une bonne audience, et depuis peu publics.
Manon
C’est vrai que sur Substack, il y a pas mal de notes où les gens sont là genre « waouh, c’est le repaire des écrivains, des auteurs, on est entre nous ». Il y a quand même une vibe littéraire, une vibe cozy, automne et book club.
Gen
Ça dépend vraiment de ce que tu lis, parce que l’algorithme de Substack est extrêmement réactif. Du moment que tu commences à regarder du contenu sur les chats, ça va être juste ça dans ton fil.
Manon
Tu veux dire que t’as pas le même feed que moi du coup ? J’avoue qu’en ce moment j’ai lu 2-3 publications sur Substack, et du coup je me retrouve avec pas mal de trucs qui parlent de Substack. C’est vrai que c’est assez efficace.
Gen
C’est très probable. Si tu likes un post en anglais, ça sera pas long que ton fil va changer de langue aussi.
Manon
Ok. Jusqu’ici, on te connaît pour l’infopreneuriat, pour ces énormes événements en ligne, et même pas en ligne aussi, avec Ka-Ching qui est arrivé sur la scène en réel. À un moment donné, tu as fait un switch, et dans ce switch est arrivé Substack. Est-ce que tu peux, avec tes mots, raconter ce switch ?
Gen
Absolument. J’ai passé des années effectivement à viser toujours plus grand, toujours plus gros avec Ka-Ching. C’était vraiment quelque chose qui m’animait énormément, parce que j’avais un besoin de performance, un besoin de me prouver à moi-même, de me prouver aux autres aussi. Mais j’avais une mission quand même : créer ce gros événement annuel qui allait aider tellement d’entrepreneurs à atteindre cette espèce de liberté, de flexibilité, à reprendre le contrôle sur leur horaire, en les aidant avec des formations en ligne qui couvraient toute la boîte à outils nécessaire. Cette mission-là était super importante pour moi. Éventuellement, What’s Next a repris un peu ce flambeau-là en étant un petit peu plus simplifié : un sommet au lieu d’un bundle, mais ça restait une mission d’impacter l’industrie. Puis rapidement, j’ai fini par me fatiguer énormément. Après trois années de Ka-Ching sur cinq, je commençais à faire Ka-Ching par habitude, parce que je me sentais bien dans ce rôle-là d’animatrice, que j’aime encore beaucoup pour être honnête. J’avais éliminé toutes mes formations en ligne, donc j’avais mis tous mes œufs dans ce panier-là. Oui, j’avais du plaisir à le faire, mais ça créait une pression énorme pour que ce produit-là devienne rentable. Tout ça mélangé, ça a fait une super salade d’anxiété, jusqu’à ce que je me dise : OK, j’ai besoin de prendre un break, j’ai besoin de rebâtir des fondations qui sont à moi, pas juste mettre le spotlight sur les autres. Ce qui était le fun, mais qui était aussi un peu un cop-out pour ne pas faire le travail nécessaire de me demander c’est qui Gen, et qu’est-ce que je veux, moi. Alors j’ai fait ce pivot-là, c’est encore en progression, mais de façon beaucoup plus sérieuse et consciente à l’hiver-printemps 2026. Donc ça fait vraiment pas si longtemps. Je me suis dit : je vais finalement m’approprier ce fameux titre-là que je cours après depuis des années, et aller vraiment dans le contenu écrit, qui est le seul format que je n’ai jamais lâché depuis huit ans et demi. Je suis entrepreneure sur le web depuis 13 ans, mais en francophonie, ça fait depuis le 6 février 2018 que j’envoie mon infolettre chaque mardi.
Manon
C’est assez fou ça. On en parle après.
Gen
Et ça, c’est sans compter tous les courriels promos. On parle de 450 courriels à peu près, juste ça. Bref, je me suis dit : OK, je sais que ça, je suis capable de le maintenir. Je veux quelque chose qui est solide, qui est constant. Je vais aller là-dedans. Et j’étais intéressée par les infolettres payantes depuis un moment, puis je me suis dit : je vais manifester ça, que les gens se mettent à payer pour ce que j’ai à dire. Donc je me suis lancée, et c’est en mai officiellement que mon infolettre, qui à ce moment-là s’appelait Le Speakeasy et qui maintenant s’appelle Selfish, a été déménagée sur Substack.
Manon
Ok. Est-ce qu’on peut parler deux secondes de ce nom ? Retenez bien Selfish, parce que si vous voulez la rejoindre, c’est par là que ça se passe. C’est dans ta note d’intro, justement. À quel point est-ce que Selfish vient encapsuler cette nouvelle vision de l’entrepreneuriat pour toi ?
Gen
C’est tellement de choses. Quand je l’ai trouvé, j’étais genre « OK, that’s it ! » Notamment, à la base, l’évolution de soi : « ish » étant « pas tout à fait », le « self » étant soi. Ça fait partie des messages qui sont revenus énormément à travers les années dans mon cas. Mon expertise, je vais mettre des grosses guillemets même si c’est tout à fait vrai, c’était tout ce qui était collaboration, affiliation, organisation d’événements, le marketing aussi. C’est comme ça que j’ai bâti mon entreprise. Tout ça étant dit, c’est pas pour ça que les gens me demandaient d’aller sur leur podcast. Oui, parler de Ka-Ching, c’est une chose, mais la plupart du temps, c’était pour parler de branding personnel, d’identité, d’évolution.
Manon
Oui, l’affiliation n’était qu’un outil technique au service de tout ça. On t’appelait pas pour dire « mais dis donc, comment tu fais pour rassembler autant de gens ? »
Gen
Un peu, mais pas tant. C’était surtout le persona, l’alter ego de Gen Gauvin, énorme, rose, et qui prend de la place. Qui existe encore en moi. Mais j’ai voulu explorer aussi le côté un petit peu plus soft que j’avais pas beaucoup touché. Et oui, ça nécessite de gros pivots. Mais pour en revenir à Selfish, c’est ça : mes différentes évolutions à travers les années. Débuter avec une version soft, mais plus dans la peur, ensuite aller dans une espèce d’explosion de couleurs, et ensuite retourner dans un soft plus assumé, plus incarné, plus en confiance. Selfish, c’est aussi l’entrepreneuriat : pour moi, l’entrepreneuriat, c’est le meilleur outil de dev perso possible. Toujours avoir une vie où je suis plus à l’aise, plus heureuse, dans l’abondance aussi, je veux pas me limiter dans ces choses-là. Donc effectivement, le petit amène vers le gros aussi. Et c’est être « selfish » par rapport à soi, à ses propres désirs : qu’est-ce que moi je veux ? Surtout en tant que femme, on donne, on donne, il y a une attente tout le temps qu’on soit dans ce mode-là. Mais là, pour une fois, non, je vais travailler pour mes besoins, mes objectifs, mes grands rêves. J’ai écrit sur beaucoup de ces sujets-là, et beaucoup aussi sur cette transition d’une business qui était très dans l’adrénaline vers une business plus dopamine, comme je l’appelle. C’est un message que j’utilisais beaucoup quand j’ai commencé en entrepreneuriat : une entreprise qui travaille pour soi, et pas le contraire. On se perd dans cette quête de toujours plus, parce qu’éventuellement, c’est plus pour nous, on fait juste pour remplir un standard, une vision des autres. Retourner à ça, je pense que ça va faire du bien à beaucoup de monde qui se sont aussi perdus là-dedans, à essayer de sortir de la masse pendant tellement d’années.
Manon
Et aller vers ce qu’on attendait de toi. J’ai l’impression qu’à un moment donné, tu t’es peut-être laissé manger par la vision qu’on avait de toi, par cet alter ego que tu avais projeté devant, qui avait fini par prendre beaucoup de place.
Gen
Oui, effectivement. Je me suis toujours sentie confortable dans ce persona-là, pour être honnête. Ce que je représentais n’était pas un objectif financier, c’était plus une espèce de liberté d’être soi, complètement, de ne pas avoir peur de s’exprimer au grand complet. C’est pour ça que je considère pas qu’avoir changé mes cheveux de rose à blanc change grand-chose. C’était surtout cette pression-là d’avoir atteint des niveaux si élevés en résultats financiers. C’était peut-être juste moi, mais j’avais l’impression qu’il fallait tout le temps que je me dépasse plus. Je faisais tellement en groupe, je faisais tellement impressionnant que moi-même, je me sentais jamais capable de m’accoter. Je trouvais ça vraiment difficile. Alors à un certain moment, il a fallu que je me dise : garde, on va restart from scratch avec les petits chiffres.
Manon
C’est hyper honnête ce que tu dis.
Gen
Apprécier ces petits chiffres-là, brique par brique. Ça m’a juste fait du bien de retourner à ça, au lieu de viser des lancements à un million, de viser toujours plus, dépasser les 17 000 inscrits à l’expérience Ka-Ching. C’est le fun ! C’est life changing, on va pas se mentir. Il y a tellement de monde qui te connaît : encore en fin de semaine, quelqu’un que j’ai rencontré par hasard dans un escape game m’a dit « my God, j’écoutais ton podcast ! » Mais après ça, c’est super dur d’atteindre soi-même ces standards-là. C’est beaucoup trop de pression. J’avais besoin de revenir un peu en arrière.
Manon
Je comprends bien. C’est très bold aussi, et très féministe, de prendre ce temps selfish, de construire pour soi en disant fuck aux rêves qui sont parfois ceux qu’on a empruntés à des modèles plus patriarcaux. Vous avez compris le sens. En parlant de petits chiffres et de retrouver du plaisir dans les petits objectifs : tu as atteint les 20 abonnés payants sur Substack. Tu veux célébrer ça ? Moi je trouve ça hyper cool, hyper cute.
Gen
Écoute… Le jour où j’en étais à vingt, j’ai eu mon premier désabonnement ! J’étais genre « hé là là ! » Mais non, je vais certainement pas courir après le monde, j’ai pas envie de cette pression-là. C’est tellement bizarre : tu regardes tes propres chiffres dans ta petite chambre d’écho, surtout quand tu te compares à genre 17 000. Et puis je poste sur Substack « yé, il y en a vingt ! », et là je vois Safia Gouari qui passe et qui dit « my God, déjà ! » Et je suis comme : attends, attends, est-ce que c’est bon finalement ? J’essaie vraiment de me détacher de cette performance-là, du chiffre de ce que je suis, petit ou gros, et d’essayer juste de faire mieux que ce que j’avais il y a un mois, il y a une semaine, hier. C’est remettre les choses en perspective. Pour beaucoup, vingt, c’est énorme. Oui, par rapport à ce que j’ai fait dans le passé, c’est minuscule, mais ça change absolument rien. De toute façon, c’est une plateforme qui est en croissance. Les abonnements payants en infolettre, c’est pas encore quelque chose de très commun non plus. Donc je me sens un peu pionnière là-dedans, même si je suis absolument pas la première. J’aime qu’on s’en aille sur cette plateforme-là ensemble. C’est le fun.
Manon
En parlant d’aller sur la plateforme, j’ai deux questions pour toi, réponds-y dans l’ordre que tu veux. La première : comment tu vois la différence entre Substack et une infolettre classique ? Qu’est-ce qui fait que tu as fait passer ton infolettre sur Substack ? Pour éclairer d’autres personnes qui pourraient se poser la question, comme je me la suis posée il y a quelques semaines. Et la deuxième, comment tu fais, j’ai envie de jurer, pour maintenir une routine d’écriture qui te permet d’écrire chaque fucking semaine depuis 8 ans ? Je pense que les gens veulent savoir.
Gen
OK ! Une chose à la fois. La seule chose où j’ai eu un mini-regret, c’est de pas avoir été sur Substack plus tôt. Dans ma compréhension, Substack, c’était un outil pour les beginners. Ça fait tellement longtemps que je fais du email marketing, même avant 2018, à travers la business avec mon chum. C’est le médium que j’ai utilisé depuis le début. Les automatisations, j’ai 300 tags sur Kit, des segments à n’en plus finir, des segments comportementaux. J’avais besoin de ces choses-là pour personnaliser l’expérience avec les gens qui s’inscrivent à mon infolettre, faire en sorte qu’ils se sentent vus et reconnus. Ça a toujours été super important pour moi.
Manon
Passer à Substack, c’était une sorte de downgrade de l’expérience et des fonctionnalités que tu pouvais avoir en email marketing.
Gen
Absolument. Je n’y connaissais pas grand-chose, mais la seule chose que je savais, c’est qu’il n’y avait pas de segmentation, pas de tags. Je me disais que ça devait être l’équivalent de Mailchimp quand tu commences, ou de Teachable : les outils qui coûtent peu cher, mais qui sont littéralement faits pour les beginners, jusqu’à ce que tu atteignes une taille assez grande pour aller sur un outil plus performant.
Manon
Tu finis par perdre plus de temps, plus d’argent, à faire des choses à la main.
Gen
Il y a ça aussi, effectivement. Je savais qu’il y avait certaines personnes là-dessus, notamment Caroline Mignaux, je recevais son infolettre, mais j’en faisais pas tout un plat. L’autre chose que je savais, c’est qu’il y avait des infolettres payantes. Substack a une réputation. Donc je me suis mise à observer ça. Outre le fait que Substack n’a pas ces automatisations-là, il y a un courriel de bienvenue, mais pas de séquence. Il y a des segments, un peu de nouveauté là-dedans. Mais outre tout ça, au niveau de la segmentation et de la personnalisation, Substack est un média social. Substack, c’est beaucoup plus qu’une infolettre : c’est un média, c’est une publication, c’est un blog. Et là, ça a changé complètement ma perspective, parce que j’étais jamais allée sur Substack. Dans ma tête, c’était un outil pour envoyer des courriels, tout simplement. Jusqu’à ce que je réalise que ces courriels-là allaient devenir publics, comme un article de blog, que les gens sur la plateforme recherchaient activement du contenu long, qu’il y avait toute cette partie média social, avec un algorithme, avec des notes qui sont une espèce d’équivalent de X, de Twitter. J’étais comme : wow, il y a tellement plus que ce que je pensais ! En creusant là-dedans, dans mon objectif d’infolettre payante, j’en suis arrivée à la conclusion qu’il n’y a plus aucune raison, en 2026, que ton contenu par courriel soit privé. Une infolettre, par définition, c’est privé. Ça arrive dans un inbox. Dans 10 000, mais un inbox. C’est une relation entre toi et l’abonné. Il n’y a pas d’autres personnes, pas de communauté au final. Donc ça change complètement la donne, et la durée de vie de ton contenu aussi.
Manon
J’ai vu que tu parlais de ça, c’était un de tes arguments principaux, la durée de vie.
Gen
Absolument. C’est d’ailleurs quelque chose dont je vais parler dans ma keynote durant la Galerie des raccourcis. GetResponse, un logiciel d’email marketing peut-être plus connu dans d’autres industries, surtout aux États-Unis, a fait une étude sur 4 milliards de courriels envoyés : 70 % des ouvertures sont faites dans les 24 premières heures. Mettons que ta longue traîne s’étire pendant une semaine, puis après les gens suppriment le courriel, ils n’ont pas eu le temps de le regarder, il est peut-être devenu obsolète, ou ils le mettent dans un dossier qu’ils n’ouvriront jamais.
Manon
Le dossier « à lire plus tard » !
Gen
Voilà, de la même façon qu’on met nos Reels Instagram dans une collection qu’on ne regarde plus jamais. Donc non seulement maintenant mon contenu est public et peut être découvert par les moteurs de recherche, mais en plus, Substack pousse, il y a des gens qui peuvent tomber dessus par hasard. Et la durée de vie d’un article de blog, c’est en général plutôt autour de deux ans. Oui, avec la partie infolettre, tu vas voir le gros de tes vues au début, mais éventuellement, ça continue de s’accumuler.
Manon
Il y a un truc un peu plus YouTube-like, d’effets cumulés, de compound effect : je publie un contenu long, et il continue à vivre au-delà de la première semaine.
Gen
Absolument. Et contrairement à YouTube et au podcast, qui nécessitent du son et ne peuvent pas être consommés n’importe où, ton contenu écrit peut être consommé partout.
Manon
Et tu peux écrire dans ton lit, en endormant un enfant, dans plein de situations. C’est très vrai. Moi, on m’a poussé dans mon fil un post Substack qui datait de 2024. C’est fou.
Gen
Oui ! Autre affaire : il n’y a pas de pub sur Substack. T’as remarqué ? Zéro pub. Parce que Substack fait de l’argent avec les abonnements payants. Ce qui veut dire que c’est énormément dans leur intérêt que leurs créateurs aient beaucoup de succès, beaucoup d’abonnés et des conversions en abonnements payants. Si tu gagnes, on gagne. Ce qui veut dire qu’il y a énormément de fonctions pour la découvrabilité interne. Substack rapporte que pour la plupart des créateurs, 40 % des abonnés viennent du réseau même de Substack. Dans mon cas, c’est entre 66 et 67 %.
Manon
De tes nouveaux abonnés. Ok. Et tu continues à amener du trafic de l’extérieur ?
Gen
J’en fais un peu à travers Instagram, et à travers le SEO, qui pour moi a été une priorité énorme dès le jour 1, parce qu’on le sait, le SEO, ça aurait toujours dû être fait il y a un an, ou deux, ou dix. Donc on va le faire à la base, on va le faire comme il faut. Et rapidement, ça a commencé à payer. Est-ce que ça a payé des tonnes et que mes articles sont viraux ? Non, pas encore. Mais le SEO, c’est brique par brique : à chaque article qu’on bâtit, on ouvre des portes, et le trafic vient. C’est une méthode lente. Il y a des gens qui deviennent viraux sur Substack et qui gagnent des dizaines, des centaines d’abonnés d’un coup, ça arrive. Mais honnêtement, je préfère être dans cette mentalité-là, encore une fois, de brique par brique, et me dire : je ne cherche pas les gros pics de succès, je cherche à bâtir quelque chose qui est stable et qui va durer dans le temps.
Manon
Une relation peut-être un peu plus saine aussi, sans pics d’adrénaline où on checke toutes les notifs.
Gen
Ouais. J’ai tout le temps été quelqu’un de scène, j’ai fait de la compétition de hip-hop, du théâtre. La scène, c’est vraiment dans mon ADN, j’aime ça, le stress, le trac juste avant. Mais c’était tout le temps des trucs qu’on faisait en groupe, ce que j’ai beaucoup inclus dans mes projets de toute façon, avec Ka-Ching et What’s Next. Tout ça étant dit, la responsabilité de la performance tombait souvent sur moi, et ça enlevait le plaisir de l’adrénaline.
Manon
Sur ces belles paroles… Je m’étais promis de rester sur des épisodes courts. Je te propose de nous laisser avec un conseil pour une créative, une entrepreneuse qui hésite à se lancer sur Substack. Et c’est peut-être le bon moment de parler de ton petit produit inclus dans le Cabinet de curiosités.
Gen
Je sais pas si la personne qui écoute a déjà son infolettre ou pas. Si elle ne l’a pas, pour moi, c’est une opportunité de commencer à la créer en public, en bénéficiant de cette portée et de cette acquisition que Substack a, et de faire en sorte que tous les efforts qu’on met dans ce contenu long de qualité payent pendant bien plus qu’une semaine. Pour celles qui en ont déjà une, même raison au final. Je ne vois plus aucune raison pour que ce contenu-là reste privé. Il y a un peu de set-up initial, mais à part ça, le seul vrai changement, c’est l’adresse d’où vient le courriel. Ta liste va recevoir le même contenu qu’avant, à peu près, mais d’une autre adresse. Et tu n’as pas besoin de laisser aller ton logiciel non plus : tu peux avoir la partie contenu qui est publique et qui fait de l’acquisition, et la partie marketing qui reste sur ton autre plateforme. Et pour répondre à la question que j’ai pas répondue tantôt, sur la constance : personnellement, j’essaie toujours de me donner au moins deux semaines d’espace entre la rédaction et la mise en ligne, pour être capable de changer d’idée. Je me mets des blocs de trois heures pour écrire, et des fois ça déborde, quand j’essaie d’aller dans un gros article qui va en profondeur. Oui, ça fait en sorte que je ne peux pas tout le temps écrire sur l’actualité, mais ça me laisse beaucoup d’espace pour écrire sur ce que moi j’ai envie d’écrire, et aller dans la profondeur que je veux. Si on est capable d’en préparer quatre d’un coup et de garder cette avance de deux semaines… Moi, c’est ça. J’ai huit ans et demi d’infolettres avec deux semaines d’avance sur ma rédaction, et c’est pas mal ça. Et au niveau du petit produit, il s’appelle Prête à publier. J’ai voulu offrir toute la recherche dont j’ai eu besoin quand je me suis lancée, parce que la première question que je me suis posée en arrivant sur Substack, c’est : c’est quoi les codes ici ? Qu’est-ce que les gens font ? Et aussi dans une optique de conversion, parce que je ne voulais pas juste créer du contenu pour le plaisir. Je voulais utiliser l’acquisition de Substack pour que les gens voient mon contenu, mais ensuite qu’ils s’inscrivent et le reçoivent chaque semaine par courriel. Donc j’ai analysé les différents types de contenus importants à mettre en place au début. Il y en avait cinq : la page à propos ; le hero post, l’espèce de post de bienvenue ; le courriel de bienvenue ; le format des articles, pas le contenu, qui est très personnel, mais comment on fait pour convertir à travers ces contenus-là ; et la description de la publication, comment on donne l’eau à la bouche en présentant sa publication. En faisant ces recherches-là, je me suis rendu compte qu’il y avait une grande variété de formats, ce qui m’a menée à comparer les meilleures pratiques des auteurs les plus populaires sur Substack aux conseils des experts Substack, et à accumuler une banque de 50 exemples que j’ai mis dans Prête à publier. Ça se veut être ta boîte à outils complète pour rédiger ces cinq piliers-là. Et une fois que t’as ça, prends ton infolette, rentre ton texte, et appuie sur envoyer, tout simplement.
Manon
Et mettre un petit peu de couleur, pour les jusqu’au-boutistes.
Gen
Oui, c’est sûr. C’est le fun de personnaliser. J’ai vu comment tu le fais avec ton petit jaune, j’étais comme « good ! »
Manon
Oui ! Substack a beaucoup de codes visuels aussi, et je ferai un épisode dédié, parce qu’on a l’expérience avec ma collègue de faire pas mal de templates pour aider les créateurs. Il y a énormément de petites choses à mettre en images sur Substack.
Gen
Ça dépend si tu veux. Il y a plein de monde qui sont juste texte. Tu vas avoir besoin de ton image de social preview quand même, l’image qui va apparaître dans le fil, ce serait un peu la base. Si tu as une image à créer, je te dirais que ce serait celle-là. Mais il y a plein de créateurs qui vont rester 100 % texte pour le reste. Et évidemment, plein de monde qui vont habiller ça : au lieu d’une petite barre, ils vont mettre une petite wave, des images. Ils vont vraiment habiller le texte, et c’est vraiment le fun à lire aussi, ça rend l’expérience plus 3D. Je pense que les gens aiment beaucoup. C’est l’équivalent de personnaliser sa maison dans les Sims : c’est mon environnement !
Manon
Oui c’est ça ! C’est ma maison des Sims ! Merci beaucoup sur ce mot Gen. Merci d’avoir pris ce temps d’entrevue avec les auditrices de Celles qui créent. Merci à toi auditrice d’avoir écouté l’épisode jusqu’ici. Si tu as aimé la conversation, je te recommande d’aller écouter les quatre autres épisodes de la série, tu y découvriras d’autres manières de transformer ton audience en clientes. Vous pouvez évidemment suivre Gen sur Substack, c’est là que vous pouvez aller lire Selfish. Et d’ailleurs, il y a des super contenus longs sur comment garder ce fameux élan créatif toutes les semaines. Si tu penses à quelqu’un dans ton entourage qui hésite à se lancer sur Substack, partage-lui cet épisode. Et pour aller plus loin, vous pouvez nous rejoindre, Gen, moi et tout un tas d’autres créateurs, à la Galerie des raccourcis, l’événement gratuit du 28 septembre au 2 octobre. Si vous écoutez cet épisode aujourd’hui, venez, parce que vous pourrez entendre le replay de la keynote de Gen sur Substack, en long et en large. C’est gratuit.
Gen
C’est mon manifesto Substack, je vais vraiment plus en profondeur qu’aujourd’hui.
Manon
Venez écouter ça en profondeur du coup. Rendez-vous sur growbundle.com, et tous les liens sont évidemment dans la description. Gen, à bientôt. Auditrices, à bientôt dans Celles qui créent.

