32 · Celle qui crée des mondes que les autres expérimentent · avec Aimée Desrosiers

Comment créer une identité visuelle que des dizaines de personnes vont modifier, détourner, s’approprier… et rester reconnaissable ? Et si ton plus beau projet était celui que tu acceptes de lâcher ?

Aimée Desrosiers, alias La Biscornue, est designer graphique senior depuis plus de 20 ans. Elle a créé sa propre spécialité, la mondélaboration : l’art de construire des univers de marque immersifs et mémorables.

Dans cet épisode, tu vas découvrir :

  • Comment passer de « tu peux me faire un logo ? » à « tu peux me créer un univers ? »
  • Pourquoi les petits détails d’un site ou d’une infolettre rendent une marque inoubliable
  • Comment penser une identité visuelle pour des centaines d’utilisatrices
  • Quels livrables préparer pour que chacun·e puisse créer en autonomie
  • Comment utiliser l’IA générative en restant directrice artistique de ton travail
  • Comment créer une direction artistique riche avec des images du domaine public
  • Pourquoi le plaisir est un indicateur fiable de la santé de ton business

Un épisode pour les créatives qui veulent bâtir des univers assez grands pour accueillir les autres. Et apprendre à lâcher prise au passage.

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Transcription

Manon
Bonjour et bienvenue dans celle qui crée le podcast des entrepreneuses créatives qui veulent kiffer leur business et pas seulement survivre dedans. Aujourd’hui, j’accueille Aimée, aka la Biscornue. Aimée, c’est une designer graphique senior depuis plus de 20 ans et si vous pensez que vous savez déjà ce que ça veut dire, attendez un peu la suite. À un moment de sa carrière, elle a réalisé que l’étiquette designer graphique c’était franchement trop petit pour ce qu’elle faisait vraiment, alors elle a carrément inventé sa propre spécialité, la mondélaboration. C’est l’art de construire des univers de marques cohérents, vivants, immersifs et redoutablement mémorables. Des univers dans lesquels on entre, on reste et dont on se souvient longtemps. Et croyez-moi, vous n’allez pas oublier aimer de sitôt. Et si je l’invite aujourd’hui, c’est parce qu’elle a créé l’identité visuelle du cabinet des curiosités pour la troisième année. D’ailleurs, c’est toujours en vente en ce moment. Si vous nous écoutez à l’heure où le podcast sort, on en reparlera juste après. Et l’identité du cabinet des curiosités, elle ne sert pas qu’à une seule personne. Elle a été pensée pour être… utilisé de manière autonome par des dizaines, voire des centaines de personnes. Et ça, c’est un super défi créatif et stratégique dont on va parler aujourd’hui au micro. On va parler de world building, de créativité, de multipotentialité, multipotentialité, assumez ! Et de ce que ça fait de donner vie à un univers entier et de le laisser habiter par d’autres personnes. Bienvenue dans Celle qui crée ! Bienvenue dans Celle qui crée, Aimée !

Aimée
Allô ?

Manon
Comment tu vas ? Bonjour ! Salut ! Vous êtes avec nous, auditrices, auditeurs, on est parti pour 30 à 40 minutes, voire 50, je ne sais pas, de notre super échange sur la question, du coup, de créer ces identités visuelles qu’on va utiliser avec d’autres personnes. Bon, pour celles et ceux qui ne te connaissent pas, aimer La Biscornue, Aimée Desrosiers, aka La Biscornue, tu nous expliques ce blase ?

Aimée
Oui, ça part d’un long processus, toi ! Ça part d’un long processus ! Accrochez-nous ! Accrochez-vous, ça a commencé en 1939, il faisait froid. Non, en fait, quand j’ai commencé à mes débuts de designer graphique, de bébé designer graphique, je m’étais brandée la graphiste sympathique. Quand je surpasse, j’ai un peu de la peine. Mais oui, c’est très original. J’avais fait des codes QR sur un t-shirt.

Manon
Moi, c’était ma voisine, la graphiste. Tu vois, donc en vrai, pareil, quoi.

Aimée
Le même niveau, c’est pareil. C’est cute. Mais c’est parce qu’au début, on ne veut tellement pas déranger, puis on veut avoir tous les contrats, donc on veut être vraiment accessible. Donc, c’était vraiment ça. Puis, après un certain temps, on dépasse cette boîte-là, c’est ce qui m’est arrivé. Puis, je cherchais, j’ai passé beaucoup de temps à travailler juste sous mon nom, jusqu’à temps que… Je cherchais un mot qui pouvait vraiment exprimer comment moi, je me sens dans le domaine du design graphique en tant que professionnelle. Puis, biscornu est un vrai mot qui veut dire étrange, absurde, qui dérange un peu. Donc, pour moi, je l’ai mis au féminin. Puis, c’est mon identité depuis, assumée, tout à fait. Voilà.

Manon
OK. Donc, à un moment donné, tu te dis, non, mais ce n’est pas ma boîte. Et aussi, tu ajoutes cette corde. J’aime même pas dire ça, cette corde à ton arc. Tu agrandis ton métier de designer graphique, tu deviens designeuse de monde. Oui. Je laisse…

Aimée
Designeuse de monde.

Manon
Mon monteur. Ok, auditrice, auditeur, full coulisses. Mon monteur hier m’a dit, maintenant des fois tu finis tes phrases en haut, on dirait que tu sais pas que tu vas finir ta phrase.

Aimée
Et voilà ! Non mais c’est parce que je pense que t’as… Tu n’as pas envie de prononcer le mot parce que c’est un long mot.

Manon
La monde d’élaboration.

Aimée
Premier coup, bravo.

Manon
Donc, c’est quoi ce truc-là ?

Aimée
En fait, j’ai juste posé un mot en français. Parce que, bon, les Québécois, on a cette tendance-là à franciser les mots en anglais pour pouvoir les utiliser en français. Donc, monde d’élaboration, c’est l’art d’élaborer des mondes. Wow, je me suis sentie tellement intelligente quand j’ai sorti ce mot-là. Mais dans le fond, c’est juste ma version française d’exprimer world building. En français, c’est construire des univers, construire des mondes. Je ne sais pas si j’ai vraiment inventé ça. D’après moi, j’ai toujours fait ça naturellement, de créer des univers, parce que j’ai des passions très assumées de trucs fantasy médiéval. C’est dans le fond des univers. vaste et spéciale et unique en son genre. Donc, je me suis rendue compte que c’est quelque chose qui, ce sont des principes, le world building, de toute façon, existe en littérature, en cinéma, au théâtre, c’est quelque chose qui existe depuis plus que moi, j’ai pas inventé le principe, mais je l’ai appliqué au niveau des business, au niveau du branding, au niveau de comment on construit des services, des offres, ces choses-là. Et puis, je suis pas la seule, gang, mais ouais. Je fais ça maintenant presque jusque-là. J’aime vraiment ça. Sinon, c’est vraiment ennuyant, le gang. J’ai vraiment besoin que vous fassiez tout ça.

Manon
Étant, mais du coup, la question, tu as des clientes qui arrivent en disant « Hello, Aimée, est-ce que tu peux me créer un monde ? » Parce que les designers graphiques, déjà, ils ont des gens qui viennent en disant « Coucou, tu peux me faire un logo ? » Comment on parle de « Coucou, tu peux me faire un logo ? » à « Coucou, est-ce que tu peux me designer un univers ? »

Aimée
Un univers. Est-ce que c’est différent ? Je pense pas que c’est… On a souvent… Je pense qu’en tant que désignographique, on a l’impression que c’est vraiment différent qu’un processus de branding, mais pas tant que ça, dans le sens que ça reste un processus créatif qui a les mêmes fondements que branding. Dans le fond, quelqu’un va venir me demander de créer un univers, c’est souvent avec la personne, je vais pas y faire tout seul, on va parler ensemble, qu’est-ce que t’aimes, qu’est-ce que t’aimes pas. pas, c’est quoi tes valeurs. Tu vas faire tout ce même processus-là, qu’il y ait au branding, qu’il y ait à tes couleurs, tes valeurs, ces choses-là. Mais après, le côté univers va peut-être aller un petit peu vers la gauche, puis je suis pointe à droite, ça c’est moi, vers la gauche. L’autre côté. Qui est peut-être un peu plus champ gauche, que des fois il y a des personnes qui ont besoin d’un peu plus d’aide d’aller vers ce champ, dans le sens que il faut trouver une idée d’univers. quel genre d’univers, pourquoi cet univers-là, est-ce qu’on aime ça, qu’est-ce qu’on veut aller vraiment vaste, vraiment petit, du quotidien, fantastique, médiéval, un énième sujet de Harry Potter, qui sait ? Non, après d’avoir trouvé l’idée, c’est de trouver les mots, après d’avoir trouvé les mots, c’est de trouver les images, créer des mood boards dans ce processus-là pour décrire l’ambiance, comment tu l’appliques ensuite sur, parce que en world building numérique, parce que nous autres, on est numérique, La différence, c’est qu’on n’a pas beaucoup de sens pour faire expérimenter cet univers-là. À part la vue, l’ouïe, des fois qu’on oublie d’entendre notre univers, mais je pense que ça arrive un petit peu plus. Les gens comprennent qu’on peut utiliser l’ouïe. À part la lecture, la vue, les images, on n’a pas d’autre moyen d’exprimer une ambiance. C’est plus difficile. Donc, il faut savoir comment aller chercher ces autres sens-là avec les mots, avec les couleurs, avec les images pour faire expérimenter ton univers.

Manon
Tu es là pour faire des espaces, des univers qui vont être multisensorielles et qui vont permettre de mettre les gens dans une expérience. Est-ce que c’est ok ?

Aimée
C’est ça ? Ça ressemble à ça, oui, dans le fond. Oui, parce que je suis d’avis que l’Internet de nos jours passe par une… L’Internet de nos jours que tu veux que les gens veulent, que les gens vont se souvenir… C’est difficile à dire. Que les gens vont se souvenir.

Manon
On va sous-titrer ce podcast en mode « le podcast dont les mots sont durs à sortir » .

Aimée
Voilà, c’est bon, c’est parfait, c’est le podcast du jeudi. Dans le sens que quand on a une expérience sur le web, aussi minimale, aussi minime qu’elle soit, on va souvent s’en souvenir plus. « Ah, ce site web-là avait un curseur, ourson, ça m’a fait super rire. » ou le formulaire… Quand je faisais une erreur, il y avait un petit message pour moi, puis il était drôle ce petit message-là. Ou quand la personne m’envoie une infolettre, je ne m’appelle pas juste par mon prénom, ça c’est un de mes trucs préférés, la personne à qui je suis abonnée à son infolettre a changé mon nom dans l’infolettre. Donc je ne m’appelle pas juste Aimée Desrosiers, mais je m’appelle La Reine Queen Bee du Cool de Chose de je ne sais pas quoi, Desrosiers. mais c’est tout des détails qui fait que ton expérience avec le point de contact avec ton produit, ton service ton branding, devient plus mémorable parce qu’il est Il y a une expérience liée, il y a quelque chose de spécial. Excusez-moi, je dis toujours spécial, je n’ai même plus le coeur de dire spécial.

Manon
Ce petit truc, il y a ce petit truc qui rend les choses humaines, qui fait qu’on parle des humains à humains.

Aimée
Oui, ce n’est même pas de vraiment beaucoup personnaliser, ce n’est même plus une question de personnalisation, c’est juste une question de, hé, je t’offre quelque chose de spécial, viens l’expérimenter, viens voir c’est quoi, viens apprécier le fait que je pense à toi, parce qu’on fait ça pour son audience, je ne fais pas ça pour… Je ne fais pas ça pour M. et Mme Tout-le-Monde.

Manon
C’est sympa pour M. et Mme Tout-le-Monde. Ils n’ont rien demandé. Pris entre deux feux comme ça. Du coup, tu as créé les univers du FWCC.

Aimée
Rappelle-moi. Le Festival Web de la Création de Contenu.

Manon
Yes. Du Défi Brutal et du Cabinet de Curiosité et aussi de la Galerie des Raccourcis. Tous ces univers-là, ils sont profonds, ils sont denses et surtout ils accueillent des tas de… personnes, comment tu fais pour, c’est quoi les enjeux de créer une identité qui va pouvoir être utilisée par des centaines de personnes, des dizaines de personnes et des univers qui vont être habités par tout autant de monde ?

Aimée
Là, tu me poses la question et j’ai l’impression d’être une mauvaise stratège parce qu’au départ, je vais créer l’univers pas y pensant du tout. Dans le sens que pour moi, l’important, ça va être l’expérience globale, l’expérience sur le web, l’expérience des gens qui vont… Croiser ce produit-là, croiser ce service-là, ce défi, ce sommet, peu importe. Ensuite, c’est sûr que la passation du branding, parce que c’est ce que je préfère au final, dans le cabinet des curiosités, c’est voir les autres personnes, les bonnes de liste, qui sont participes au cabinet, utiliser les visuels que j’ai créés pour les faire à leur sauce. C’est tellement plaisant, j’adore ça. Mais c’est de rendre tout disponible. Tu sais, en branding, quand on donne un branding à un client, on va tous sortir les assets, on va donner les couleurs, les codes couleurs, les templates, on va sortir tous les icônes, on va sortir tous les éléments visuels. C’est la même chose. C’est-à-dire que chaque personne qui va utiliser ce branding-là, les centaines de personnes qui vont l’utiliser, sont à considérer comme des clients qui vont utiliser le branding, un nouveau branding.

Manon
Hum, ok. Donc en fait, ton client, c’est l’organisateur, c’est la team qui organise, mais au final, ton utilisateur final dans ce cadre-là, c’est tous les participants qui vont venir utiliser le branding. Et donc c’est ça, la nuance, elle est là. Donc finalement, tu les outilles comme tu outillerais ton client, quoi.

Aimée
Absolument.

Manon
Ok.

Aimée
Puis c’est vraiment de rendre les choses le plus disponibles possible, le plus facile d’utilisation, parce que moi, j’ai tendance à faire ça moins facile. Mais, puis, tout à la même endroit, de passer les informations. C’est comme moi, je suis sous d’autres personnes qui s’occupent du cabinet. Fait que c’est de donner les informations aux bonnes personnes. Qui va vous transmettre les bonnes informations dans le cabinet ? Des fois, ça se rend pas. Je me suis rendue compte la semaine passée que ça s’était pas rendu.

Manon
Ça, c’était pas passé à l’info ? Non,

Aimée
non, non. Ça s’est rendu hier. Mais ça arrive, ça arrive. La communication dans des gros projets.

Manon
Ouais. Et du coup, il y a des choses très spécifiques que tu fais pour faciliter, des outils en particulier que tu utilises ou des livrables en particulier que tu fais que tu n’aurais pas forcément fait pour des clients ou que tu vas faire d’une autre manière ?

Aimée
Ce que je ne vais pas faire pour des clients, c’est d’expliquer comment utiliser les choses parce que souvent avec un client, soit je vais y montrer moi-même, soit c’est assez final ou que le client n’a pas besoin de jouer beaucoup dedans. Cette fois-ci, pour le dernier cabinet, j’ai fait une vidéo pour expliquer comment ça fonctionne. Mon template dans Canva. Voilà. J’ai mis mes templates. Parce que moi, je suis une fille illustrator. Je n’utilise pas Canva. Non, ce n’est pas vrai. J’utilise beaucoup Canva. Mais dans le but de passer mes choses d’illustrator à mes clients, à les personnes qui vont les utiliser. Pour vrai, ça va Canva. Je suis en paix avec cet outil. Pour plein de bonnes raisons. Donc, c’est vraiment le moyen le plus facile de donner ces templates-là, de pouvoir que les gens l’utilisent. J’ai fait un vidéo explicatif de comment. Mes vidéos sont toujours très drôles et ludiques. Mais sinon, c’est de tout rassembler, tout rassembler, les mettre. Moi, je mets ça dans un dossier. Toutes les assets, je les mets de toutes les couleurs. Je les mets dans un SVG. Pour un client, ça va être la même chose au final. Il va traiter ça. comme un client. Après, tu sais, je fais pas de « je pourrais » , les gens pourraient venir me dire comme « aimer, est-ce que la manière dont j’ai utilisé tout ça est bonne ? »

Manon
Ouais.

Aimée
Mais les gens me le demandent pas. Oui, c’est vrai. Les gens ont ces confiances avec ce qu’ils font, ce que je trouve génial, d’ailleurs.

Manon
Est-ce que tu penses que tu as créé ça ? Parce que c’est pas automatique que les gens soient à l’aise avec ce qu’ils ont créé. Est-ce que tu penses que la manière dont tu livres, la manière dont tu communiques… joue dans cette confiance ?

Aimée
J’en ai aucune idée. Excellente question, c’est à toi de me le dire.

Manon
Écoute, je me pose vraiment la question parce que moi, mes clients, c’est très fréquent qu’ils viennent me revoir en me disant parce que je leur offre aussi un SAV, mais ils viennent me voir en me disant, j’ai fait ça, est-ce que ça c’est bien ? Est-ce que ça reste dans la vibe de ce qu’on s’était dit ? Et c’est vrai que là, moi, je vois beaucoup de gens passer dans leur création dans le… Ils créent des choses pour le cabinet de curiosité et ils sont un… hyper fiers de nous montrer et c’est très rare qu’ils te disent « Hé, aimé, donne-moi ton approuvote. » Non, non,

Aimée
vraiment, tout le monde s’auto-valide tout seul. Je trouve ça super bien. Mais je ne sais pas si le fait que tout soit disponible, le fait que ça soit naturel aussi, parce que ça a toujours été comme ça dans le cabinet, voici la direction artistique. Il part tousser avec un… Je fais aussi une charte graphique. Voici la direction artistique. amuse-toi, vas-y, fais-le. Bonne question.

Manon
Moi, j’ai trouvé même que ta charte graphique, si on peut en parler deux secondes, elle était un peu éloignée des chartes graphiques que j’ai l’habitude de voir pour des clients dans le sens que elle n’était pas fonctionnelle, elle se concentrait plus sur le concept que sur la fonction.

Aimée
Oui.

Manon
Tu vois, tu t’es plus attachée à dire, voilà le concept, voilà ce qu’on a voulu faire, voilà comment ça va peut se traduire. Mais tu ne passais pas trop de temps à dire les codes, tu vois, les codes EXA, les machins. Et on pourra parler aussi des visuels, peut-être ?

Aimée
Oui, on pourrait, mais pour venir là-dessus, je n’avais pas remarqué… Manon, tu me fais remarquer plein de choses ce matin. Ce matin, pour moi. Je n’avais pas remarqué ça, mais oui, dans le fond, je préfère que les gens comprennent le concept du cabinet de cette année, parce qu’on fait du world building au niveau du cabinet des curiosités, que… Je pense que je fais confiance aux gens sur l’application. Je donne des contre-exemples, mais c’est juste parce que j’aime donner des contre-exemples dans la charte des graphiques. C’est la chose la plus plaisante à faire dans une charte graphique. Comment ne pas utiliser le logo ? C’est ce que je préfère. Mais c’est vraiment de donner la direction artistique pure et dure, dans le sens que c’est plus au niveau « ouais, ouais, j’aime ça » . Après, je pense que je fais confiance aux gens. Je me pose même pas la question, Manon. C’est juste « allez-y » . Et toi,

Manon
tu ressens quoi quand tu vois les visuels créés par les gens, tu disais que tu étais content qu’ils ne te valident pas. Il y a des fois où tu cringes un peu.

Aimée
Je vais cringes sur la technique, mais c’est parce que les gens n’ont pas les techniques. Des fois, la typo est trop petite ou c’est trop serré. Moi, les gens qui utilisent Canva et qui ne changent pas la hauteur de ligne, ça me fait mal aux dents. Ça me fait mal à l’intérieur quand les gens ne changent pas leur hauteur de ligne. Chargez votre hauteur de ligne. Celle par défaut est beaucoup trop haute. Mais à part des petits… accros, techniques comme ça. Moi, je suis enchantée de voir comment tout le monde utilise les templates, les différentes manières d’exprimer le brand. So far, so good. Ce que j’ai vu beaucoup, c’est des gens qui reprennent les templates. Cette année, j’ai des templates principaux qui leur font avec leur sauce, avec leur portrait au lieu d’une image, qui changent les textes, qui changent… Tout peut être interchangé, bougé, ces choses-là. Tout le monde a fait ça. La majorité a fait ça. avec le cabinet de cette année, puis c’est merveilleux. Changer les couleurs. J’ai vu quelqu’un qui a changé toutes les couleurs. C’est le même template, les mêmes mots, mais les couleurs sont sous son brand à elle. Super. Puis ça paraît que c’est encore le cabinet, c’est le même…

Manon
Oui, oui. L’identité n’est pas faite que de la forme et des couleurs et des visuels. C’est un ensemble. Effectivement, si tu en retires un et que tu le remplaces par autre chose, ça fonctionne. Je me rappelle m’être pas mal amusée la dernière où j’avais pris toute l’identité que tu avais faite pour le cabinet numéro 2. Et moi, j’avais 100% utilisé mes couleurs tout le temps. Mais du coup, je m’amusais tellement à faire ce mix match. Bref, merci beaucoup pour ton taf dans tout ça.

Aimée
Mais ce n’est pas ça qui est merveilleux quand on donne un univers aux gens où les gens peuvent s’amuser. Parce que c’est nettement un univers où on n’a jamais ou rarement l’occasion de jouer avec. C’est un peu notre mission avec le cabinet. Quand je parlais avec Alex et Charles, quand on décide de faire quand on décide, c’est moi qui décide, mais quand il approuve de la direction artistique, quand il approuve comme c’est bon, on va aller avec ça, on est d’accord avec toi, aimé, de… que ça soit un peu, pas un peu, mais que ça soit original, qu’on le voit pas, en plus d’être de marqueur de différenciation, de se démarquer, de faire ça de manière originale, quand on croise le cabinet à chaque fois, les trois années, c’était des choses du jamais vu encore, puis ça donne l’occasion à plein d’entrepreneurs, une centaine d’entrepreneurs de jouer Oui. différemment avec leur brand, mais en suivant une direction artistique différente. Moi, écoute, si j’étais dans le cabinet, j’aurais pas mal de plaisir moi aussi, ça c’est sûr.

Manon
Dis la meuf qui est dans le cabinet.

Aimée
Entre autres. Mais je fais tout, moi c’est pas pareil, c’est différent pour moi.

Manon
C’est différent. C’est quoi ton rapport à l’IA dans le processus créatif, d’âme, d’âme biscornie ?

Aimée
D’âme biscornie. En général ou dans celui du cabinet ?

Manon
Comme tu veux, raconte des choses.

Aimée
Comme je veux. Moi, j’ai été une early adapter de l’IA générative. Quand c’était mal foutu, tout le monde était sur mid-journey. Puis on travaillait fort. On travaillait fort pour faire des trucs. Mais ce que ça a ouvert comme… possibilité. Pour moi, j’ai toujours vu ça comme ça. L’IA générative m’aide à créer ce qui manque dans mon imagination. Ça crée des images. Parce que moi, je suis encore une fan d’images stock. J’achète mes images stock tout le temps. J’ai des crédits à ne plus finir sur des sites de stock. Moi, j’achète du stock beaucoup. J’achète des choses qui sont déjà faites. Je n’ai jamais arrêté depuis que… Même si j’utilise l’IA générative de temps en temps. Mais au début, c’était de… Pour moi, ça a été wow Je peux encore… enfin créer des images qui sont plus inclusives. Tu sais, moi, je ne pouvais jamais… Exemple, j’ai fait tout un branding pour une formation où c’est des personnages femmes en armure, avec des cafés, avec des iPads, avec des cellulaires. Déjà ça, des gens en armure avec des cafés, des iPads, des cellulaires, ça ne se trouve nulle part comme image. Non,

Manon
il aurait fallu organiser un vrai shooting si tu ne l’avais pas, sinon ce n’est pas possible. Oui,

Aimée
puis bon,

Manon
j’ai une armure chez moi,

Aimée
mais bon. Oui, aussi, Mais là, en plus de pouvoir créer ça, je pouvais faire des femmes noires, des femmes voilées, des femmes qui portaient le voile. J’ai pu faire des femmes avec des corps différents, des corps plus ronds, plus plantureuses et de différentes tailles. J’ai pu vraiment créer des images où l’inclusivité qu’il n’y aurait pas dans tout contexte. À cette époque-là, il fallait travailler fort en plus pour avoir quelque chose d’inclusif. Il nous poussait très fort la femme blonde avec le gros sein, les yeux bleus et la petite taille. Mais je suis arrivée vraiment à avoir une représentativité de la femme que je ne pourrais pas avoir autrement. Je sais qu’avec le dernier FWCC, notre classique, c’est mettre un buste de marbre au milieu du montage que je fais. Mais cette année, on avait accès à l’AI la dernière fois qu’on avait fait le FWCC. Je me rappelle que… Ici, on faisait un buste, mais qui n’est pas de femmes blanches romaines, qui est des traits plus africains, qui est des traits plus de personnes racisées. Puis ici, on faisait un truc en marbre noir, mais ça n’existe pas ça, ça n’existe pas, mais ça me permettait de jouer, de pouvoir créer des choses comme ça. Pour moi, c’est ça l’IA, l’IA générative permet de faire ça. Ensuite, ce qui me dérange beaucoup, c’est les gens qui vont utiliser l’AI sans être le directeur ou la directrice artistique de l’AI générative. Le AI Slope existe parce que c’est des gens qui ont décidé comme, fais-moi ci, puis l’AI le pond, puis ils l’utilisent sans diriger, sans que ce soit intentionnel, sans corriger. Moi, il n’y a rien qui passe pas sous Photoshop ou Illustrator après que ça soit sorti de l’AI. J’ai le rationnel, jamais. Souvent, je vois créer José A7, j’ai besoin d’un petit truc, j’ai besoin de… Oui,

Manon
du buste, ce visuel du FWCC, effectivement, je m’en rappelle, vous pouvez aller le voir les auditrices, il y a ce buste au milieu, et ensuite, toute la composition autour, tu l’avais faite avec du stock et compagnie. Oui,

Aimée
exact.

Manon
Et le visuel à la fin t’appartient, et tu gardes un contrôle de la composition, tu gardes un contrôle des déclinaisons, c’est beaucoup plus facile à utiliser que si tu dis juste… crée-moi ce visuel globalement. D’ailleurs, tu ne contrôles pas tout, ce n’est pas facile. Et après, tu es pied pour un lié avec ce visuel créé par l’IA.

Aimée
Imagine le back and forth de « Ok, mais là, cet élément-là ne fait pas de sens, je change de langue. » Ça, ça ne fonctionne pas. Tandis que si tu peux avoir le contrôle de tout, puis on se sent beaucoup plus souverain de cette œuvre-là quand tu la construis avec des éléments différents puis que c’est ta composition que les « I » . Tu sais, moi, quand je crée des trucs, Quand je ne fais plus, mais quand je fais un truc complet avec les ailes, jamais je vais dire que c’est moi qui l’ai fait. Ça, je le laisse à les ailes. Moi, j’ai fait la direction artistique dessus, ish, puis ils me pondent quelque chose. Mais si j’ai mis la main à la porte, si ça a passé dans mon Photoshop, si ça a passé dans mon Illustrator, si j’ai modifié dans Canva des choses, déjà là, je me sens beaucoup plus à l’aise de dire que c’est ma création parce que je l’ai touchée, j’ai fait quelque chose avec. Moi, je commence comme ça. Oui,

Manon
T’as pas juste une opération de réflexion sur la direction artistique, quoi. T’as été actrice de la finition.

Aimée
Oui, puis même maintenant avec l’EA et la direction artistique, c’est compliqué de le promener au détail près. Faut que tu travailles très fort pour arriver à ton résultat voulu du premier coup.

Manon
Et cette année ? Il y a eu un choix vachement différent sur la DA du cabinet d’actualité.

Aimée
Absolument. C’était mon but d’utiliser beaucoup moins de DA cette année. C’était franchement mon but. L’année passée, on s’était donné à fond. L’année passée, c’était que AI. C’était, oh, on va avoir du plaisir, il n’y a plus aucune limite, des sushis sains, des pogo qui volent. C’était très,

Manon
très drôle. Et je veux ici pour plein de gens aussi, parce que du coup, on avait mis notre tête, on avait créé des univers, on avait créé des anachronismes visuels. Merci. très très très chouette. Et cette année, t’arrives en nous disant, la DA cette année les gars, C’est pas des haïs.

Aimée
C’est le moins des haïs possible. Allez-y, allez-y.

Manon
Et alors, comment t’as fait pour rendre ça vivant et tout aussi dense comme univers en restreignant autant, avec autant de contraintes ?

Aimée
Mais le thème cabinet des curiosités nous permet vraiment d’aller jouer à gauche ou à droite dans tous les sens. Mais il y a toujours un petit côté vintage, on va dire. Même l’année passée, j’avais fait des trucs même si c’était les haïs, il y avait un côté très classique. C’est brutalisme avec une image très classique. Mais ce ne sont jamais des images très actuelles. C’est comme avec le cabinet des curiosités. Anyway, ce n’est pas ce qui nous… Moi, quand je pense à un cabinet des curiosités, c’est poussiéreux, c’est vieux, c’est dans un coin, c’est spécial, c’est mystérieux. Tout le temps. Je ne pense jamais à un truc de labo blanc, stainless steel, très carré. Donc, pour moi, ça, c’est déjà… Ça, ça aide ce côté de non-génération d’images parce qu’il y a beaucoup, beaucoup d’images sorties dans le domaine public qui sont des vieilles illustrations, des vieux dessins, des vieilles images et peintures qui sont sorties du domaine public qui nous permettent de les utiliser sans donner de… J’ai juste le mot en anglais, « credential » .

Manon
Des crédits. Les droits, sans citer les crédits et les droits à l’image.

Aimée
Exact, Puis, il y a énormément d’images, d’illustrations vintage, de fruits, d’animaux, de traits encyclopédiques. Parce que je ne sais pas pourquoi, il faudrait que j’étudie peut-être plus le sujet, mais c’est ce qu’il y a aujourd’hui dans les encyclopédies ou juste des illustrations de plantes, de poissons, de fruits, de légumes. Peut-être qu’à cette époque-là, il y avait moins de photos. De toute façon, il n’y avait pas de photos en couleur non plus. Donc, c’est la manière de bien représenter La couleur, la matière, ces choses-là, c’est en peinture, en aquarelle, en gouache. Donc, c’est très distinctif, ces illustrations-là. Et disponibles partout. Franchement, tu cherches, puis t’en trouves.

Manon
Et ce qui est assez fou, du coup, c’est qu’en donnant ce cadre qui semble très contraint de… Les illustrations seront des bestiaires graphiques sorties des anciens ouvrages encyclopédiques et compagnie. Eh bien, on arrive quand même… et ça c’est assez fort je trouve, à créer une identité hyper commune, très variée il y a des gens qui se rendent à fond sur les fleurs, il y en a qui vont à fond sur les poissons, moi je me suis amusée de fou avec des champignons tu vois où finalement les champignons ils deviennent genre le main caractère de mon affiche et j’adore cette capacité à venir créer de la variété dans un cadre où tu dis comme tout à l’heure on reconnait encore l’identité globalement quoi.

Aimée
Puis les gens aussi au travers vont avoir utilisé les A et aussi là c’est Écoute, je ne suis pas la police de l’AI. Les gens pouvaient, c’était parfait si tu voulais l’utiliser aussi, si tu te sens limitée par ce que tu trouves sur les banques d’images libres de droit. Mais cette année, j’ai décidé consciencieusement de moins utiliser l’AI. Je ne sais pas ce que je vais faire l’année prochaine, par contre. Que vais-je faire ?

Manon
Je pense qu’il faut que tu ailles faire… exactement l’inverse de ce que tu penses pas faire sur ce je te laisse avec ça tu dis que t’es multi passion, multi chapeau que tu fais plein de chosesComment t’organises cette… Je regarde avec des yeux. Comment t’organises ces facettes de toi sans te disperser ?

Aimée
Je n’organise pas cette facette de moi sans me disperser. Je me disperse. D’accord.

Manon
Merci beaucoup Aimée. Merci,

Aimée
au revoir. Mais il y a tout un ordre d’accepter cette dispersion, d’être dispersée. Encore hier, Valentin me demande est-ce que tu as un planificateur de temps où je suis comme non, j’ai juste le chaos. Moi, c’est le chaos. J’ai un bingo papi. J’ai un bingo papi avec mes petites étoiles. J’ai des listes tout doux. J’ai un calendrier. J’embrasse le chaos. C’est ça, la vie. Si ça m’angoisserait, je dis pas, mais ça m’angoisse pas. Donc, je… Non.

Manon
je suis dispersée ça n’y est pas à mon travail I love it ça n’y est pas à mon travail voilà I love it ok donc t’es dispersée ça n’y est pas à ton travail non tu te définis comme la senior designer graphique là t’es là depuis 2014 en indé et tout est-ce que t’as une leçon un conseil à donner à aimer de 2014 genre je sais pas tu dirais quoi oh

Aimée
C’est bien, qu’est-ce que je dirais aimer ? Mais je lui dirais… En fait, je ne regrette pas d’avoir été la graphiste sympathique. Je pense qu’arriver à un point où tu deviens une biscornue ou quelqu’un d’assumé, il y a un processus que tu dois faire. Je trouve que quand tu es travailleur autonome, moi, je me suis lancée, mais je n’avais personne de travailleur autonome autour de moi. J’ai rencontré quelqu’un sur mes réseaux, pas mes réseaux, même pas. Dans ce temps-là, il n’y avait pas de réseaux. Moi, j’habitais en campagne. J’ai croisé quelqu’un sur Internet. On est devenus des amis. Elle, ça faisait longtemps qu’elle était entrepreneur. Elle est devenue comme une mentor, comme de m’aider dans le processus. Puis, il y a tout le côté où il faut vivre des choses un peu plus. Mais c’est au début pour apprendre que ça, je n’aime pas ça. Puis ça, j’aime ça. Puis je veux plus de ceci, mais moins de cela. Donc, ce que je dirais à… À la aimée 2014, ça serait de ne perdre pas courage, de continuer à avancer, de faire juste ce que j’ai fait au final, mais de juste comme, allez, vas-y, ça va passer. J’irais juste donner un petit pouce.

Manon
Tu fais un geste des mains avec un petit pouce, genre fais-toi confiance. Vas-y, vole, vole aimée. Vole,

Aimée
oui, va. Je te fais confiance.

Manon
OK.

Aimée
Je pense que c’est ça que je ferais.

Manon
Est-ce que tu aurais un conseil à donner à une entrepreneuse des industries créatives qui nous écoute ? Donc, les auditrices, auditeurs, qui nous écoutent sont des gens a priori qui travaillent dans les industries créatives. Est-ce que tu as quelque chose à leur dire ?

Aimée
Oui. Moi, je pense que le plaisir, le plaisir est un super bon indicateur de santé business. Si tu as du plaisir, Ok ? Il y a des choses que oui, faire sa compta, c’est… Mais s’il y a plus de frustration, s’il y a plus de moments où tu pleures, tu as encore accepté un client, que tu… je ne t’aurais pas dû accepter. Ou tu te fais encore manger la laine sous le dos. C’est-tu une expression française ou québécoise, se faire manger la laine sous le dos ?

Manon
Je n’ai jamais entendu, mais OK, je comprends. Oui,

Aimée
je savais que ça allait sortir. Ça allait sortir, une expression québécoise, se faire manger la laine sous le dos. J’adore cette expression. C’est très visuel. Donc ça, par un autre client qui te crée ou tu te fais toujours discuter tes prix, ça te frustre. Quand il y a beaucoup de frustration, c’est qu’il y a quelque chose qui doit changer. Là, j’ai du soleil dans ma tête.

Manon
Ouais. Mon temps. Ouais, de fou.

Aimée
Mais de suivre la piste du plaisir, du « Ah ça, j’ai aimé ça, faire ça. Ah, ce client-là, ce que j’ai fait avec ce client-là, c’était parfait. J’ai eu vraiment beaucoup de plaisir. » De suivre le chemin du plaisir quand il est là, parce que la vie est tellement courte. La vie est tellement courte. Il faut vraiment… Moi, je pense que quand tu le vois, tu peux le suivre, tu as le droit de le suivre. Puis c’est un conseil de le suivre. Incroyable sur ces belles paroles.

Manon
Aimée, c’était incroyable de t’avoir au micro. Je suis heureuse d’avoir fait ça avec toi. J’espère que les auditrices ont apprécié aussi. Et merci beaucoup.

Aimée
Mais ça fait plaisir, je me suis un peu imposée.

Manon
Tu rigoles un peu ?

Aimée
Non, mais en mode, Manon, si tu as de l’espace pour faire un podcast, je suis tout à fait disponible.

Manon
Non seulement j’ai de l’espace, mais en plus tu as un spotlight d’un épisode spécial, parce que j’ai estimé en regardant la prog que cette discussion sur créer des univers suffisamment grands pour laisser de l’espace à tout le monde à l’intérieur… pouvait être élargie à plein de métiers. Comment je crée quelque chose quand je sais d’avance qu’il va être détourné, modifié, transformé, utilisé par d’autres personnes tout en gardant, en lâchant prise ? Oui,

Aimée
c’est un bel exercice. Lâcher prise, c’est aussi un bel exercice à faire.

Manon
Merci,

Aimée
Amé. Merci pour l’invitation. J’espère que l’énergie se sent. Le chaos, il y a beaucoup de chaos dans mon univers à moi.

Manon
Si vous voulez suivre Aimée et trouver encore plus de trucs biscornus, en entendre plus parler de la monde d’élaboration, rendez-vous sur Instagram, sur aimée underscore, c’est le tiré du bas, la biscornu. Le lien est évidemment dans les show notes. Et petit rappel, du coup, si vous nous écoutez le dimanche de la sortie de l’épisode, le cabinet des curiosités est toujours en vente. J’ai mis le lien, évidemment, dans la description. Vous pouvez retrouver toutes les infos sur grosbundle.com. Si cet épisode vous a inspiré, le meilleur cadeau que vous pouvez nous faire à moi et à Aimée, c’est de laisser 5 étoiles. Non, franchement, c’est juste pour moi.

Aimée
Je n’en veux pas de tes 5 étoiles, Manon ! Allez mettre 5 étoiles ! Ne laissez pas des étoiles à Manon !

Manon
Je ne sais pas, 5 étoiles sur l’Instagram d’Aimée, ça ne veut rien dire.

Aimée
Oui, absolument.

Manon
On aime ça. Par contre, vous pouvez partager l’épisode. Partagez l’épisode à une créative ou un créatif autour de vous qui pourrait prendre du plaisir à écouter ça et à se lâcher la grappe. À très vite ! dans Celle qui crée.

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