Les accountability partners au service de ta flemme

Tu as une to-do longue comme le bras pour ton propre business. Et pourtant, semaine après semaine, ce sont toujours les projets des clientes qui passent avant. Ton site, ta newsletter, ta nouvelle offre ? « Je m’y mets lundi. » Spoiler : lundi, tu vas pas le faire.

Quand tu bosses seule, personne ne te demande où tu en es. Pas de boss, pas de collègue, pas de réunion d’équipe. Et c’est exactement là qu’un accountability partner peut changer la donne.

Au fil de ma vie entrepreneuriale, j’ai eu plein d’occasions de tester l’accountability partner, sous des formes très différentes et dans des structures très différentes. Je te raconte ce que j’en retiens.

C’est quoi, un accountability partner ?

En français, on pourrait dire « partenaire de redevabilité ». Bon, c’est moins sexy. Concrètement, c’est une personne à qui tu annonces ce que tu vas faire, et qui te demande ensuite si tu l’as fait. Et inversement.

Ce n’est pas une coach, ni une mentor. C’est une égale. Son rôle n’est pas de te dire quoi faire, mais de te rappeler ce que toi tu as dit que tu ferais.

Friendship Dance, 1953, Gene Kloss

Pourquoi j’en ai besoin (et peut-être toi aussi)

J’ai un cerveau qui n’est pas forcément typique. Et je sais que j’ai besoin de deadlines. J’ai besoin de forcer mon cerveau à avoir des échéances. Si je n’ai pas cette urgence de faire, alors je ne fais pas.

Le problème, c’est que mes projets perso n’ont pas de deadline client. Personne ne m’attend. L’accountability partner, c’est justement ce qui crée l’échéance qui n’existe pas.

  • Tu transformes une intention en engagement. « Il faudrait que je refasse ma page à propos » devient « jeudi, j’envoie ma page à propos à Julie ». Ça n’a plus du tout le même poids.
  • Tu ne fais plus tout dans ta tête. Le simple fait de dire tes objectifs à voix haute (ou par écrit) t’oblige à les clarifier.
  • Tu casses l’isolement. Avoir quelqu’un qui suit tes petites victoires, ça fait du bien au moral. Vraiment.

Toutes les formes que j’ai testées

Le groupe de freelances

Quand j’étais freelance, je faisais partie d’un petit groupe d’autres freelances. On se voyait régulièrement, on se fixait des petits objectifs, on questionnait ensemble nos façons de faire, nos usages. Une première version, très informelle, de l’accountability.

La binôme de relecture

Quand j’ai commencé à créer sur LinkedIn, j’avais une accountability partner. On se relisait mutuellement nos posts. À l’époque, publier sur LinkedIn me coûtait. Ça me faisait peur. Alors avoir quelqu’un qui relisait mes posts, notamment les posts engagés, les posts féministes et compagnie, ça me rassurait : est-ce que j’allais trop loin ? Est-ce que je disais des conneries ? Est-ce que tout ce que je disais était OK ?

Ma communauté LinkedIn

Plus tard, j’ai commencé à me servir de LinkedIn et de ma communauté comme d’un moteur d’engagement. Si je le disais sur LinkedIn, ça m’engageait à le faire. C’était beaucoup plus dur de me retirer de l’objectif.

C’est comme ça qu’en un mois, j’ai créé ma première formation en ligne, un guide complet des carrousels. Je l’avais annoncé à mon audience. Alors j’ai travaillé tous les jours, pendant tous les moments libres de mes vacances, pour réussir à produire ce guide que j’avais promis.

Les binômes en formation et en coaching

J’ai aussi eu des accountability partners dans plein de formations et de coachings. Parfois, on nous mettait par deux de manière un peu forcée. Et ça ne marche pas toujours aussi bien.

Mon groupe de codev

Aujourd’hui, j’ai un groupe de collègues. Ce ne sont pas toujours, à proprement parler, mes accountability partners. Mais on a un groupe de codev dans lequel on se pose des objectifs d’ici la prochaine séance, et on est responsables de tenir notre engagement. Surtout, mes collègues ont à cœur de nous demander ce qu’on a fait par rapport à ce qu’on avait dit qu’on ferait.

Ce qui fait qu’un accountability partner fonctionne

Avec le recul, ce qui marche bien, c’est quand il y a :

  • un enjeu commun ;
  • une amitié qui se développe ;
  • une vraie connaissance de l’écosystème de l’autre.

Et par-dessus tout : avoir à cœur la réussite de l’autre. C’est ça, finalement, le plus important. Se mettre en relation avec des gens qui ont à cœur ta réussite.

Comment trouver ton accountability partner

Plutôt que d’attendre qu’on te l’attribue, crée-le toi-même. Regarde autour de toi : une copine indé rencontrée en formation, dans une communauté en ligne, à un événement, en commentaire sous un post LinkedIn. Quelques critères qui aident :

  • un niveau d’engagement similaire au tien (si l’une veut un point quotidien et l’autre un mensuel, ça va coincer) ;
  • une personne bienveillante mais franche, qui ose te dire « tu m’avais déjà dit ça la semaine dernière » ;
  • quelqu’un qui comprend ton activité, assez pour savoir ce que tes objectifs représentent vraiment.

Et côté format, choisis celui qui colle à ton énergie : un point hebdo en visio, un check-in par message (« fait / pas fait / ce qui coince »), une session de travail côte à côte caméra allumée, un petit groupe, ou même… ta communauté, si tu oses annoncer tes projets publiquement.

Les règles du jeu (pour que ça tienne plus de trois semaines)

  1. Fixez un rythme et tenez-le, même les semaines où « il n’y a rien à dire ». Surtout ces semaines-là.
  2. Annonce des objectifs concrets, avec une échéance : « publier ma page tarifs d’ici la prochaine séance » plutôt que « avancer sur mon site ».
  3. Posez la question, vraiment : « tu avais dit que… tu en es où ? ». C’est tout le principe.
  4. Pas de jugement : l’objectif, c’est de comprendre ce qui a bloqué, pas de se flageller.

Ta flemme n’est pas un défaut de caractère. Souvent, il te manque juste quelqu’un qui a à cœur ta réussite, et à qui rendre des comptes. Alors, à qui tu envoies un message aujourd’hui ?

Et toi, tu as déjà testé le binôme anti-flemme ? Raconte-moi en commentaire 👇

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