Tu fais du bon travail, tu le sais. Mais te mettre en avant sur LinkedIn te donne l’impression de te la raconter, ou de jouer un rôle qui ne te ressemble pas ? Être visible sur LinkedIn sans te déguiser, c’est possible. Et c’est même souvent ce qui marche le mieux.
C’est ce que m’a raconté Lucile Paye, conseillère en image et visibilité professionnelle, dans l’épisode 25 de Celles qui créent. Une conseillère en image qui mise sur LinkedIn plutôt qu’Instagram, et qui y trouve l’essentiel de son chiffre d’affaires.
Bien faire son travail, c’est la moitié du job
Dans ses conférences et ses masterclass, Lucile commence toujours par une phrase qui choque une partie de son audience :
Malheureusement pour réussir dans le monde du travail actuel, savoir bien faire son travail c’est 50 % du job et savoir se mettre en avant c’est 50 % du job aussi.
Lucile Paye
Ceux qui sont choqués croient encore dur comme fer à la méritocratie apprise à l’école : les compétences et les résultats suffiraient. Lucile y voit le syndrome de la bonne élève, « et pas du bon élève », précise-t-elle, parce qu’il touche surtout les femmes. Résultat : souvent, les plus compétentes sont aussi les plus discrètes, et ce sont d’autres qui évoluent.
Rester soi, mais en mieux
Le mot qui revient tout le temps chez ses clientes : « J’ai pas envie de me déguiser. » C’est toute la différence, selon Lucile, entre le relooking façon émission de télé, qui cherche l’effet waouh quitte à te transformer en quelqu’un d’autre, et le conseil en image, qui t’aide à rester toi, mais en mieux. Chacune met ce qu’elle veut derrière ce « mieux ».
L’erreur la plus fréquente, d’après elle, c’est de croire que c’est tout blanc ou tout noir : soit tu adoptes tous les codes de ton milieu pour ne pas être jugée, soit tu assumes ta personnalité à 200 % et tu as peur qu’on ne te prenne pas au sérieux. Son travail, c’est de t’aider à trouver ton juste milieu, qui dépend de ta personnalité, de ton secteur, de tes responsabilités et de tes interlocuteurs. Et tout le monde n’a pas à devenir la forte tête qui se moque du regard des autres :
On peut s’affirmer dans sa manière d’être et s’autoriser à être plus soi sans forcément devenir une caricature de soi-même.
Lucile Paye

« Je me suis sentie une luluberlu »
Arriver sur LinkedIn pour parler de vêtements, après une prépa, une école de commerce et un CDI dans la com digitale ? Lucile avait très peur de ce qu’allaient penser ses anciens profs, son ancien DG, ses anciens collègues. Et comme elle était elle-même sa propre cible, se mettre en avant sur un réseau pro lui semblait déjà inenvisageable du temps où elle était salariée.
Elle a commencé par des publications timides. Son post pour annoncer sa reconversion, alors qu’elle n’avait presque jamais publié : 100 likes et une avalanche de messages d’encouragement. Puis, en publiant ne serait-ce qu’une à deux fois par mois, elle a remarqué un schéma :
Un post LinkedIn égale un appel découverte réservé. C’était quasi systématique.
Lucile Paye
LinkedIn ou Instagram : ce que les chiffres lui ont montré
Au bout d’un an et demi, deux ans d’activité, Lucile a suivi son intuition : publier deux à trois fois par semaine sur LinkedIn (sans toujours tenir le rythme, rassure-toi), et utiliser Instagram en complément, surtout en story. Elle a tenu un an, et l’intuition s’est confirmée :
- Sur LinkedIn, les gens réservaient un appel découverte dès qu’un post leur parlait, même sans la connaître avant. Et ce sont eux qui achetaient ses plus gros accompagnements.
- Sur Instagram, il leur fallait beaucoup plus de temps pour se décider, et ils achetaient ses plus petits produits.
Quand ton expertise, c’est l’image professionnelle, aller chercher tes clientes sur le réseau professionnel finit par tomber sous le sens.
Son conseil : arrête de regarder ta concurrence
Pendant longtemps, Lucile a suivi cinq ou dix conseillères en image qui avaient toutes la même DA, le même style de photos, le même ton. Elle essayait de faire pareil, et n’arrivait pas à publier.
Si je voulais y arriver, le meilleur moyen, c’était d’être moi.
Lucile Paye
Son parti pris : pas de DA beige, noir et doré, pas de garde-robe bleu marine et grise, mais de la couleur, de la joie de vivre et ses blagues. Ce n’est pas toujours confortable, elle l’avoue : dans ses moments de vulnérabilité, elle se compare encore aux conseillères plus classiques. Mais c’est justement ce qui lui amène ses clientes, celles qui veulent une image pro plus funky, sans tomber dans la caricature.
Vu de mon regard de designer, c’est ce qui fait la force de son positionnement : l’alignement entre ce qu’elle dit, ce qu’elle montre et ce qu’elle fait. Je l’ai vu de près, puisqu’on a refait avec Inès la DA de son site, et que Lucile m’a accompagnée sur ma propre image.
Pour aller plus loin
Autre outil pour reprendre la main sur ton image : le kit média. Lucile en a un, alors qu’elle est indépendante. Elle préfère que ce soit elle qui maîtrise l’image qu’elle renvoie, plutôt que de laisser les gens piocher à droite à gauche sur internet. En tant que podcasteuse, j’y ai trouvé la réponse à presque toutes mes questions.
👉 Écoute l’épisode avec Lucile pour tout son parcours et les trois piliers de l’image professionnelle : apparence, expression orale et image digitale. Et découvre ses accompagnements sur son site.
Et toi, sur LinkedIn, tu te sens toi-même ou déguisée ? Dis-le-moi en message ou en commentaire !


