Tu en as marre qu’on te traite comme une exécutante ? Qu’on te demande de livrer des écrans sans comprendre pourquoi l’UX design a de la valeur ?
Marie Glandus est Lead UX et mentore de designers. Elle teste une approche radicale, la rémunération au résultat : arrêter de vendre son temps et ses livrables pour être payée selon l’impact de son travail. Autrement dit, elle se fait payer en fonction de l’impact business qu’elle génère pour ses clients.
Dans cet épisode, tu vas découvrir :
- Pourquoi vendre des écrans ou des logos ne suffit plus
- Comment calculer concrètement ton impact business (même sans données)
- La méthode pour passer de « coût » à « investissement rentable » aux yeux des dirigeants
- La rémunération au résultat : moins stressante que tu ne le penses ?
- Utiliser ChatGPT pour préparer tes cadrages et parler chiffres avec confiance
- Reprendre ton leadership : fini les réunions imposées et les injonctions contradictoires
- Pourquoi les entreprises pensent « argent, argent, argent » (et comment jouer avec ces règles)
Si tu veux arrêter de te battre pour prouver la valeur de ton travail et devenir une partenaire stratégique écoutée, cet épisode va te secouer.
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Transcription
Manon
Aujourd’hui, dans Celles qui créent, je donne la parole à Marie Glandus, lead UX et mentore de designers qui a eu un déclic radical, arrêté de vendre des livrables et commencé à être payé aux résultats. C’est une expérimentation en cours dont elle va nous parler. Marie c’est la personne qui dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas en ce moment. Lui, qui ne sert à rien si ça ne change rien. Et un designer restait coincé dans l’exécution tant qu’il ne sait pas prouver son impact. Non. On s’arrêter à ça. L’UX ne sert à rien si ça ne change rien. Salut Marie, comment ça va ?
Marie
Super et toi ?
Manon
ça bien, il neige ! J’étais choquée. Il neige pas ? C’est pas genre le Noël créole.
Marie
Ouais bah moi je suis à la réunion donc il neige pas. Non il fait plutôt 30 degrés donc…
Manon
30 degrés constant on aime. Marie, comment tu te présentes aujourd’hui et comment tu expliques ton métier du X-Designer ?
Marie
Grande question parce que j’ai mis du temps. J’ai beaucoup tâtonné avant de trouver les mots et je tâtonne encore d’ailleurs. Mais si tu veux, le positionnement que j’ai maintenant, c’est plus que je vais être UX partner, donc UX advisor, conseillère en fait en UX puisque je suis à mon compte, j’interviens en tant qu’externe. UX externalisé. Et en fait, mon but quand j’interviens sur des produits numériques, souvent dans des startups ou des scale-up, c’est de les aider à améliorer leurs produits pour générer plus d’engagement. C’est-à-dire que souvent, il y a une appli qui a été lancée et puis a peu d’utilisateurs actifs dessus. Donc on fait beaucoup de com, on fait beaucoup de pub pour attirer max de monde, mais les gens ne l’utilisent pas, ne reviennent pas, n’achètent pas les fonctionnalités premium. Et c’est ça mon métier. c’est de remédier à ces problématiques.
Manon
D’accord, ok d’accord. Et tu mets où la ligne pour toi entre ton rôle de designer et ton rôle de conseillère business, on va te dire ?
Marie
Ensemble ? Parce qu’en fait…
Manon
Ok, un briquet.
Marie
Parce qu’en fait, que j’ai mis du temps à comprendre, mais ce que j’ai compris maintenant, c’est qu’on design pas pour designer. On design pour avoir des retombées positives derrière pour l’entreprise. Et ces retombées, elles se calculent sur l’engagement des utilisateurs, comme je disais, à ce qu’ils vont au bout d’une fonctionnalité, d’un onboarding, à ce qu’ils reviennent chaque jour. tu vois, qu’ils créent leur profil, est-ce qu’ils créent un compte ou pas. et tout ça, c’est ça finalement qui va être intéressant pour l’entreprise et qui va lui faire gagner de l’argent en quelque sorte. Parce que c’est ça qu’elle recherche quand elle embauche quelqu’un ou qu’elle prenne quelqu’un peu importe en freelance ou en CDI. C’est pour gagner de l’argent en grâce à son savoir-faire.
Manon
L’impact dont tu parlais au début, de l’impact effectivement dans le cas de ta clientèle, l’impact c’est maudisser l’argent généré.
Marie
Bah ouais parce qu’en fait on parle beaucoup d’impact mais on garde ce terme de manière très… enfin il est très abstrait ce terme alors qu’en réalité une boîte, enfin ce qu’il faut comprendre c’est qu’une boîte il faut qu’elle vive en fait et pour qu’elle vive il faut qu’elle génère du revenu avec le produit donc que ce produit se vende et pour qu’il se vende il faut que les gens l’utilisent, il faut qu’ils l’aiment, qu’ils aillent dessus
Manon
Mmh-hmm.
Marie
Donc tout ça est très lié.
Manon
J’aime bien ce que tu dis, il faut qu’il l’aime, ça, il faut créer un attachement au produit. Même des fois, ça participe aussi dans le marketing d’une forme de communauté, ce genre de choses. Alors, coup, toi, avant, tu disais que tu passais en tant que designer, tu passais sous le radar des décideurs. C’est-à-dire que tu avais l’impression que les décideurs trouvaient ça pas pertinent et pas important d’avoir du design. Ça a été quoi ton déclic ?
Marie
mon déclic. Pendant plusieurs années, je me suis heurtée à un mur effectivement. J’entendais des phrases du style « bon Marie, en gros ce que tu fais, les ateliers, ça, la recherche utilisateur, en gros on pas trop l’intérêt. Ou alors on peut le faire nous-mêmes, vois. Oui, des entretiens, on sait le faire, c’est bon, on n’a pas besoin de toi. ou un design sprint, on a lu le bouquin, on a vu comment tu faisais, c’est bon, on va pouvoir le refaire nous-mêmes. Et du coup, il a eu une période de ma vie, c’était en 2022, où je me suis dit, non mais là ça suffit, il faut vraiment que je me remette en question. Si tout le monde peut faire mon métier, ça va pas. Il y avait même des devs qui me disaient, regarde Marie, j’ai dessiné des wireframes, moi aussi je suis un designer. Là, je me suis dit, non, c’est pas possible. Donc je me suis, en fait, me suis…
Manon
Et aujourd’hui, en plus, il a les IA qui viennent aussi en disant, eh regarde Marie, moi aussi, je suis designer. Clairement.
Marie
Oui alors. Non mais c’est ça. Et en plus maintenant avec Lya ça confirme tellement la direction et cette remise en question qui était nécessaire pour avancer. Donc je suis bien contente finalement de l’avoir fait avant que Lya n’arrive, cette remise en question. Donc je me suis dit, écoute Marie. qu’est-ce qui pourrait faire briller les yeux de ta direction ? Tous les dirigeants que tu as côtoyés dans les différentes boîtes où tu as été, et j’ai été dans des très grosses boîtes, des boîtes moyennes et des toutes petites, j’ai essayé de repenser à tous ces dirigeants que j’avais vus, à qui j’avais parlé, qui m’avaient un peu balayé comme ça. Tu vois ? Et je me suis dit, mais en fait, quel discours j’aurais pu leur tenir ? Qu’est-ce qui les aurait vraiment intéressé, eux ? Parce qu’ils me répétaient sans cesse, non mais c’est pas votre priorité Luix. Mais dans ce cas, c’est quoi votre priorité ? Et c’est là, c’est en posant cette question là finalement, en m’ouvrant à eux, en allant dans leur sens, plutôt que de me braquer en mode, non mais moi je veux faire de Luix, je veux appliquer la méthode, le process, tu vois j’étais très idéaliste et procédurière ou protocolaire. Donc j’étais dans mon monde si tu veux et… Et donc là, en me tournant vers l’autre, en me disant, mais en fait, c’est quoi vos priorités ? Et quand j’ai compris en creusant, en tirant les ficelles, en fait, ce qu’ils veulent, c’est lancer un produit, d’accord, MVP par exemple. Mais ce MVP, une fois qu’il est lancé, s’il fait un flop, ça va pas. Donc en fait, ce qu’ils veulent, c’est réussir le produit, c’est que ce soit un succès commercial. Et là-dessus, je peux agir moi en tant que designer, surtout ce que je te disais tout à l’heure, l’engagement des utilisateurs, le fait qu’ils utilisent. Donc il y a des KPI derrière qui sont impactés, les indicateurs clés de performance, la rétention, l’activation, le taux de conversion, le churn.
Manon
Ouais, tu disais la part de personnes qui passent du gratuit au payant tout à l’heure, tout simplement aussi.
Marie
aussi exactement oui oui le revenu généré par mois
Manon
Ouais, par mois, au sens mensuel, c’est ça ? Ok.
Marie
Oui, ça peut aller jusque là, c’est-à-dire combien il a de gens qui acceptent de payer pour les fonctionnalités premium. Même sur ça, je peux agir moi en tant que designer si j’arrive à leur faire aimer suffisamment le produit et trouver une limite à moment donné, tu un peu comme sur Google Drive où tu dis, ben j’arrive à la limite du stockage, mince, ben allez, j’achète, j’achète la version premium pour pouvoir continuer à stocker mes trucs, mes t-shirts.
Manon
parce qu’en fait j’aime tellement le produit où le coût à changer de produit est tellement fort, à arriver à ce moment-là, enfin, trouver les bons indicateurs.
Marie
Exact, mais tu les vois en plus sur les produits comme Calendly, comme Miro, Figma, Google. Franchement, ça marche super bien en fait. Mais il faut le faire au bon moment, donc c’est un vrai travail.
Manon
Ouais ouais je… T’as un abonnement payé en Google ? Moi oui. Moi oui. En perso et en pro.
Marie
Oui, Google Drive et Google Business aussi.
Manon
Mais Marie, comment tu fais pour valoriser ta participation en tant que designer à ce résultat ? Parce que finalement, c’est un teamwork, ça, le fait qu’il y ait une meilleure conversion globale, comment est-ce que tu fais pour valoriser le fait que ça vient en partie de ton travail de designer ?
Marie
Ouais. En fait, j’ai eu cette réflexion de me dire, mais en fait, ce travail de conception que je fais, il arrive avant la phase d’implémentation. Et ce qui est un peu traître, en fait, dans cette histoire, c’est que les fruits de mon travail ne se voient qu’une fois l’implémentation passée. C’est que là, finalement, qu’on va voir…
Manon
Qu’est-ce que tu mets derrière implémentation ? peux juste redéfinir ? Ok.
Marie
Ben codage, le fait que les dev prennent la suite, un peu comme un architecte qui ferait les plans et puis derrière t’as les mecs qui vont construire la maison tu vois.
Manon
Mmh. Hum, et toi ton travail il se voit que quand des gens commencent à rentrer et à utiliser la maison.
Marie
Et une fois que la maison est construite selon les plans, s’ils ont été respectés, voilà. Donc il a tout ça, et tu as raison de mettre les doigts là-dessus.
Manon
Ouais. Selon les plans. C’est 100 % vrai. Oui. Ouais.
Marie
Parce que effectivement moi combien de fois j’ai fait des rocos ou des maquettes, plutôt des wireframe, des esquisses et au final derrière c’est pas fait comme c’était comme j’avais prévu tu vois. c’est quand j’ai compris qu’il y avait donc cette phase de conception et que je pouvais pas m’enfermer là dedans en disant bon moi je vous fais mes rocos, je vous fais mes esquisses et après débrouillez-vous, fini. Non en fait si on veut voir la valeur ajoutée véritable de mon travail je suis obligée d’accompagner le client, enfin l’équipe on va dire, jusqu’au bout, jusqu’à la mise en production du design en fait, de la conception, du produit quoi, ou de la fonctionnalité.
Manon
Donc ce que je comprends, tu me dis si j’ai bien compris, avant tu faisais juste la partie conception et tu disais que quand tu avais livré au dev, ton travail était fini. Après à la rigueur tu disais, a été vraiment mal implémenté tout ça. Sauf que maintenant tu as changé ton paradigme et tu viens de positionner autrement sur l’équipe.
Marie
Oui, c’est exactement ça. que déjà, d’une, je me suis dit, je ne jamais, fait, je mesurerai pas les effets de mon travail. Et quand j’ai compris que c’était là-dessus que je pouvais faire la différence, je me suis dit, mais en fait, il aurait fallu que je mesure à chaque fois et donc que j’accompagne jusqu’au bout les équipes. Donc… Du coup, c’était…
Manon
C’est hyper précieux parce que je pense qu’il a pas beaucoup de designers qui fonctionnent comme ça. Du coup, avec beaucoup de questions candides, comment tu fais pour mesurer ? C’est quoi tes outils ? C’est quoi la question ? C’est quoi les moments ? J’imagine qu’il a différents moments de prise de mesure. Il différents indicateurs. Tu en as parlé très rapidement tout à l’heure. Bref, comment tu fais ?
Marie
Oui, c’est vrai que c’est une question qui revient souvent parce que les designers j’ai l’impression se font une montagne du truc de mesurer les KPI, mon Dieu, mais qu’est-ce que c’est quoi, comment tu mesures. En fait, c’est tout simple. C’est juste qu’il faut clarifier la métrique qui est recherchée par la direction derrière ton travail. Donc en gros, quand tu prends une mission. Il faut tout de suite clarifier avec ton manager qu’est-ce que tu as tant comme répercussion derrière une fois la mise en preuve passée. Il absolument clarifier ça parce que c’est ça la vraie destination du travail. J’appelle ça comme une randonnée, c’est la vraie destination. Si tu l’as pas…
Manon
Parce que si dès le début tu ne trouves pas le bon et que tu te mets pas d’accord, tu risques de ne pas aller mesurer la bonne chose et donc finalement d’avoir un impact aux yeux du dirigeant ou aux du groupe qui est nul.
Marie
Mais déjà. Oui, bah déjà tu risques de mesurer toi-même des choses mais qui n’intéressent pas la direction donc ça, ça va pas aller. Tu vas perdre du temps à mesurer des trucs potentiellement inutiles. En tout cas, qui n’intéresseront pas la direction, ça va vraiment… Je l’ai appris très fort. C’est aller dans leur sens. Mais dans leur sens pas bêtement, mais c’est quoi vos priorités ? Ce sera quoi le synonyme du succès du produit ? Sur quelle métrique ça se reflètera ? Quel KPI le montrera, le prouvera ? Et dès que tu tiens ça, tu le lâches plus quoi. Ça devient un reflètre.
Manon
Allez, chacque ! Je pense que tu peux les redire ces questions-là. C’est quelle sera une mesure du succès ? Quel sera l’indicateur que l’on a réussi, que le projet est un succès ? Comment ça sera visible ?
Marie
Oui, exactement, que ce produit, ce MVP que vous voulez lancer ou cette nouvelle version, cette refonte sera une réussite. Quel critère objectif le prouvera est facile à mesurer. Je rajoute, ne se mettons pas des bâtons dans les roues tout seul. Facile à mesurer les gars et qui intéresse la direction au dessus. Parce que…
Manon
Et donc du coup, quand tu ça, embarques avec toi le reste de l’équipe, tu viens t’intégrer comme une partie de l’équipe.
Marie
Bah oui en fait, je me vois vraiment… Alors moi j’ai fait du volleyball. Là je vois vraiment une équipe produit comme une équipe de volleyball. Moi je serais peut-être la passeuse en fait. Comme j’ai été d’ailleurs. Donc finalement, grâce à mon intervention, on va peut-être gagner plus de matchs. Oui parce que je vais faire des passes plus… Voilà, comme ci comme ça, tactiquement, je vais regarder où est le bloc, je vais éviter le bloc, etc.
Manon
Ouais. D’accord. J’adore les parallèles. Ok. Hyper intéressant. Maintenant qu’on arrivé là et qu’on a raconté ce switch que tu as eu entre ta posture de designer qui vient concevoir des choses en amont, qui livre et qui s’en va, et maintenant ta posture de designer qui est intégrée dans les objectifs business, qui parle le langage du client. Moi, si je t’ai fait venir au micro, c’est parce que tu as entrepris une démarche qui est vraiment unique, je trouve, dans le monde de design. Tu as commencé à tester de te faire. payé au résultat et pas forcément livrable. C’est-à-dire que traditionnellement, on dit qu’on vend un certain nombre de jours de conception ou qu’on des maquettes avec un certain nombre de pages, c’est quantifié. Toi, tu fais un choix différent. Est-ce que tu peux nous en parler ? En tout cas, tu testes un choix différent.
Marie
Oui, c’est… Voilà, cette année je me suis dit mais Marie, va au bout de ta réflexion puisque tu parles de faire bouger les indicateurs liés à l’usage du produit et que t’as plus envie qu’on t’embête à te demander autre chose. Parce que moi j’en avais un peu marre aussi, tu vois qu’on me dise quoi faire en fait. il faut que tu fasses des tests utilisateurs. il faut que tu maîtrises ta l’outil. Il faut que fasses ça. Non.
Manon
Heu Mmmh.
Marie
C’est moi l’experte, on dit pas à un dentiste comment il doit faire son détartrage ou son blanchiment des dents. Tu vois ? Donc bon.
Manon
Oui, oui, je vois bien. Alors bonjour. Non, non, c’est vrai, tu as raison. Et c’est très fatigant pour le coup que le design, c’est un métier où on a vite tendance à croire, comme tu disais au début, que d’autres peuvent le faire. C’est moins technique.
Marie
… J’étais un peu épuisée par ça, de toujours batailler à devoir expliquer mon métier, évangéliser. Et puis je voyais qu’il y avait des profils qui me passaient devant, tous les designers graphiques, ceux qui maîtrisaient Figma, et moi, c’était pas mon cas. Donc c’était vraiment dur, il n’y avait pas ce truc de… cette arme, on va dire, où je pouvais me reposer sur, mais si, je fais des belles maquettes.
Manon
Mmh… Mmh-hmm. T’avais pas un super dribble quoi, c’était clairement pas… Mais c’est pas censé être notre force, effectivement. OK.
Marie
Donc il fallait que je joue sur un autre tableau. Il fallait que je joue sur un autre tableau. Il fallait que je change mon fusil d’épaule, vraiment. Et ça a demandé une remise en question, de revoir complètement ma copie, de repenser finalement mon métier, me dire mais en fait quel discours je dois avoir, finalement quel impact je dois avoir, comment je peux faire rêver une direction qui dira je préfère garder Marie plutôt que X qui fait des maquettes. vois, je pousse un peu à l’extrême à chaque fois, mais c’est justement pour ça m’a aidé à trouver les réponses.
Manon
qui est superbe en maquette.
Marie
de pousser.
Manon
J’imagine que cette clarté que tu as pu avoir t’a aidé à mieux prospecter puisque tu savais ce que tu pouvais mettre sur le devant, sur la table comme ROI, parlons, donc retour sur investissement puisque tu arrives en disant, moi, suis capable d’augmenter de X pour cent les résultats d’une entreprise qui fait tel truc. Je l’ai vu, j’ai un cas client, on l’a fait ça l’un à fois puisque tu l’as mesuré. peux en amener les preuves et ça, c’est assez magique. Donc, c’est plus facile de te payer de toi. que quelqu’un dont on ne connaît pas la preuve que ça va avoir, l’impact que ça va avoir sur notre business. Et donc… Ouais.
Marie
Oui après moi ce qui était difficile c’est que j’ai pas mesuré mes impacts précédents et donc ça a été très dur si tu veux. Quand j’ai regardé mon passé, mon parcours, je me suis dit mais en fait je suis nulle, j’ai rien mesuré, j’ai eu aucun impact. Tu vois quand j’ai eu ce déclic…
Manon
Est-ce que t’as eu aucun impact ou est-ce que t’avais rien mesuré ? C’est quand même pas la même chose.
Marie
quand j’ai clics si tu veux quand quand j’ai changé de vision et que j’ai regardé en arrière je me suis dit mais mon dieu mais mais je sais rien faire enfin j’ai pas eu d’impact je suis pas une bonne designeur quoi et après je pourrais t’expliquer comment j’ai trouvé une parade pour remédier à moins que je te l’explique là
Manon
Mmmh… Mmmh… Vas-y, vas-y, vas-y, c’est génial parce que je me mets dans la peau de quelqu’un qui est en train de nous écouter actuellement et qui se dit, moi aussi, je navigue dans des sphères où clairement ça pourrait être pertinent que je puisse valoriser la valeur de mon travail. Mais comment je fais si j’ai rien mesuré avant ?
Marie
Ouais. Ben, l’apparate que j’ai trouvé pour l’instant, c’est au moins de faire cette relecture de mon passé. C’est-à-dire que pour chaque mission, je vais me demander, en fait, c’était quoi la répercussion attendue du travail qu’on me demandait de faire ? essayer de deviner qu’est-ce qu’ils avaient en tête la direction, enfin mon manager de l’époque, qui m’a pas dit que moi j’ai pas su clarifier, machin, mais essayer de comprendre entre les lignes finalement quelle était l’enjeu business, quelle métrique d’usage ils auraient voulu voir bouger suite à mon travail. Et du coup, d’en parler dans mon CV, enfin moi c’est pas forcément un CV, mais sur LinkedIn, quand tu présentes tes d’expérience, au moins de dire l’objectif visé, enfin les résultats visés, c’était augmenter ou réduire le churn, augmenter le taux de rétention. Au moins montrer qu’il y avait un vrai but à mes actions, c’était pas juste appliquer un process pour appliquer un process.
Manon
Mmh. Ouais, c’est pas bonjour, je suis arrivée, j’ai fait des wireframe et j’ai fait trois tests utilisateurs. C’est voilà quel a été l’objectif en creux. Et ce que j’entends, c’est que moi, j’ai une pratique du cas client qui est assez… j’en fais souvent. Je me dis si là, je voulais repartir en ayant plus de quantitatifs. Je ne m’empêcherai pas de recontacter mes clients en leur disant voilà, j’ai écrit ce cas client. Est ce que tu peux valider ? Est-ce que tu as un avis ? Est-ce que ma perception de ce qui s’est passé, elle était bonne ? Et j’imagine même que tu pourrais le faire à plusieurs moments clés.
Marie
Oui carrément on peut peut recontacter ses anciens clients. Moi le truc c’est que après je suis encore dans un stade je pense où c’est difficile parce qu’il ya certaines prestats qui sont pas toujours bien passés. Donc parce que…
Manon
bien sûr.
Marie
On ne voyait pas forcément l’intérêt d’avoir fait tout un design sprint, ça a mobilisé toutes les équipes, on a fait beaucoup de travail, c’est errant. Et il y avait un peu ce sentiment de « and so what », tout ça pour ça.
Manon
Non. D’autant quand tout n’est pas bien aligné et que la direction, finalement, n’est pas d’accord sur qui prend les décisions, que le résultat du design sprit n’est pas utilisé, pas communiqué, pas implémenté et que tout le monde a l’impression d’avoir juste perdu son temps. On a appris des choses, mais on n’a pas valorisé l’apprentissage.
Marie
C’est ça. danser ça. Et danser ça. Oui, c’est affreux. J’en rigole maintenant, mais c’est affreux. j’ai beaucoup de prestats qui se sont pas bien passés. fait, les clients étaient frustrés. Les clients étaient déçus et moi j’étais frustrée. Moi j’étais frustrée parce que je venais de faire un design sprint et pour moi j’avais fait qu’un bout, tu vois. Et on me disait bon bah maintenant c’est bon, on continue tout seul. Et moi j’étais là, mais en fait je viens juste de commencer les gars. Qu’est que vous me racontez ?
Manon
Ouais. Mais le client, du coup, voyait pas suffisamment le ROI pour pouvoir te permettre de continuer et personne n’était content, en finale. Donc…
Marie
C’était juste ça. C’était juste ça et maintenant, si tu veux, quand je fais la relecture, je me dis, en fait, ce qui visait à terme, bien après le design sprint, une fois la mise en prod de la V1, exemple, le MVP, fait, ce qu’ils auraient voulu, c’est un taux d’activation assez élevé dès la sortie. Et ça, aurait été signe de réussite du produit dès sa V1. Donc, en fait, j’aurais dû avoir ça comme repère en tête et le dire direct, en fait, que c’était ça, but de ma prestation et que j’allais les accompagner dans cette ascension vers cet objectif et que le Design Sprint c’était juste un bout de l’ascension en fait, c’était juste le camp de base numéro un peut-être.
Manon
C’est quoi, c’est quoi le… Alors là, tu me parles des erreurs et de ce que tu as appris. C’est quoi aujourd’hui la manière dont tu veux dérouler une presta ? La meilleure manière de dérouler une presta pour toi, qui fait du sens et qui permet d’atteindre cet impact.
Marie
Pour moi, tout se joue sur le cadrage, sur cette partie brief, fait, où il faut pointer du doigt le sommet qu’on veut atteindre. Je fais le parallèle avec la randonnée ou l’ascension à l’Everest, mais parce que ça me parle beaucoup. En fait, je…
Manon
Et en tant que designer, t’as un stylo dans la main et tu passes un temps à grébouiller, non ? Je te vois avec ton stylo, j’entends des bruits de stylo. Incroyable. Oui, oui.
Marie
Oui. Non mais celui-là, parce que je me dessine souvent cette montagne, tu vois, et je me fais le petit drapeau en haut et en fait j’ai besoin de ce drapeau et de ce repère et je sais que ça, ça doit être une métrique liée à l’usage du produit, à une certaine échéance. Donc il faut un repère temporel. En fait, c’est comme s’il me fallait une ligne d’arrivée à mon travail.
Manon
Ouais. Et à un moment, coup, dans le temps et dans un moment figé, défini dans le temps où tu sais qu’on va aller regarder de près à la loupe pour chercher les indices de la réussite qui sont les KPI qui ont été fixés.
Marie
Oui c’est ça, mesurable. Oui, mesurable hein, attention parce que dans le mesurable il faut pas se dire si on a livré le MVP avec 15 écrans d’ici fin septembre, c’est bon. Ça c’est raide, ça veut dire attention Marie, ça c’est un mauvais objectif parce que c’est un objectif d’output. C’est à dire…
Manon
Mesurable. Oui oui. Non, effectivement. Ouais, c’est du livrable. Ouais.
Marie
de livrable et ça, paraît, ça m’a marqué, je suis marquée à vie. Mais quand on sort des objectifs de livrable, je sais direct que ça fait… Non, tu ne peux pas. Je dis pas non. Mais je dis pas non, mais je sais qu’il faut que je creuse par des questions. Qu’est qu’il a derrière ? Qu’est ce que vous espérez avec ces livrables comme retomber quelque chose
Manon
Ça arrête de plaquer. C’est au red flag. Oui. Qu’est que vous attendez ? Pourquoi vous me demandez 15 écrans ? C’est quoi vraiment derrière votre objectif ? Est-ce que c’est vraiment 15 écrans ou est-ce qu’il quelque chose derrière business en vrai ? Quelque chose identifiable ?
Marie
Normalement, il y a toujours un objectif business ou alors c’est vraiment que la boîte, je sais pas comment elle fonctionne, mais… Et après…
Manon
Il a des gens qui confondent un peu association à but non lucratif et entreprenariat quand même. Mais bon, c’est pas le sujet d’aujourd’hui.
Marie
Oui. Non, après, si tu veux une boîte qui tourne, il faut quand même qu’à moment donné, elle génère du revenu et du chiffre d’affaires qui rentre. Au moins qu’il ait de l’attraction sur le produit.
Manon
Ben oui, oui, Tu prêches une convertie. Eh Marie, tu nous racontes un peu… T’arrives aujourd’hui du coup à passer une partie de ton… Pas revenu… Ton tarif ? Je n’arrive pas à parler, je recommencer. Non, je ne pas recommencer. Commence ce que tu factures au résultat parce que c’est le truc qui me… questionne parce que… Pour le coup, en tant que designer graphique qui contient des identités visuelles pour les indépendants qui sont en train de passer un cap dans leur business, je me fais vraiment un énorme parallèle sur ma capacité, moi aussi, à identifier des métriques qui pourraient permettre de facturer au résultat. Comment tu fais, toi ?
Marie
J’ai pas encore trouvé la solution miracle. Je suis en train de tester quelque chose là. Je suis en train de tester quelque chose où tu as en fait un fixe assez bas qui du coup ne fait pas peur au client puisqu’il se dit au pire je la baie et si ça rate, ça foire, si elle atteint pas ses objectifs, je n’ai pas payé beaucoup par rapport à un vrai prestataire, d’accord ? Enfin un vrai prestataire.
Manon
à suivre. Mmh-hmm. C’est quoi, t’as moins de 50 % du tarif d’un TGM classique ? sais nous dire ? Ok.
Marie
Oui, par rapport à un prestataire lambda je veux dire. Donc ça, première chose pour assurer de la trésorerie quand même parce que sinon je m’essouffle. Ok, on est d’accord. Parce que j’ai réfléchi au truc de vous me payer que quand ce sera une réussite, mais ça c’est trop lointain dans le temps.
Manon
Bah oui, parce que tu n’es pas une association à but non lucratif, toi non plus.
Marie
Et en plus, il peut quand même y avoir quelques paramètres qui dépendent pas de moi, même si… Bon, il faut que prenne mes responsabilités à un moment donné. Je travaille sur le parcours utilisateur. S’il a pas de gens qui vont au bout, c’est que j’ai mal fait mon travail à moment donné, ou j’ai pas suffisamment co-construit avec les devs, on s’est pas assez mis d’accord, ils ont cassé mon travail parce qu’on n’a pas assez trouvé de compromis ensemble. Tu vois, quand je disais accompagnement, c’est tout ça aussi. C’est pas juste je travaille dans ma bulle et je livre des…
Manon
Mh-mh, ouais. D’accord.
Marie
des rocos et je ne me mets pas d’accord avec tous les gens qui prennent derrière la suite, bien évidemment qu’il faut faire tout ce travail sinon ce serait trop facile. Bon je préfère quand même le préciser parce que j’ai souvent cette question. Mais du coup et donc l’autre part de la rémunération c’est des sortes de bonus à l’atteinte de l’objectif. Donc là ce que je suis en train de mettre en place, c’est des bonus par paliers. C’est-à-dire que si je me rapproche de l’objectif, à un certain pourcentage, je touche tant et si je me rapproche plus, tant et etc.
Manon
ou l’importance du cadrage encore plus, j’imagine. Parce que là, tu as tout intérêt à ne pas te planter au moment de la définition de l’objectif avec le client.
Marie
Mais oui ! Oui et du coup, alléluia, il a l’intelligence artificielle que tout le monde critique. Mais moi, elle me rend bien service justement pour calculer ça parce qu’en fait ce que je fais, c’est que je lui dis voilà la mission qu’on me propose. C’est dans telle boîte. Donc déjà, fais des recherches sur la boîte. On me demande de faire ça.
Manon
Mmmh ! Mais non, pas moi ! faire des amis moi.
Marie
A ton avis, quel retour sur investissement peut espérer la boîte
Manon
Parce que forcément, ce bonus doit être forcément corrélé au ROI que la boîte fait. C’est un peu comme les droits d’auteur finalement, vois, il a ce truc de proportionnel à l’impact que ça va générer derrière.
Marie
quelque part. Oui parce qu’en fait j’en avais marre moi de ce truc de TJM là, d’horaire… Je sentais bien qu’il avait un truc qui clochait avec ça. Donc j’ai dit à ChatGPT mais en fait combien la boîte espère gagner en me recrutant et donc quelle part me revient légitimement ? Tout simplement en fait. Et donc si grâce à mon travail on peut espérer je sais pas moi faire 100 000 euros c’est légitime qu’on paie Marie 10 000 Tu vois, comme un agent immobilier qui prend sa com’ en Comme un notaire.
Manon
qui prend sa part, qui se prend sa com, OK. Hyper intéressant.
Marie
donc et donc et donc en faisant ça enfin là tous les briefs que j’ai fait avec des avec des prospects je vois que cette logique elle résonne en eux alors pour eux c’est très nouveau donc ils sont ils ne vont pas toujours encore au bout Mais je sens quand même qu’on commence à s’entendre et avoir une vraie discussion d’experts avec… Je ne plus la petite designer qu’on va payer 600 ou 700 euros jour. Oui. Exactement.
Manon
et micromanager en lui disant quel wireframe faire et quel outil utiliser. Loi, toi t’arrives en disant je suis partenaire de votre réussite, je veux que vous décrochez tel objectif parce que j’ai tout à y gagner.
Marie
Dégustez. Oui, si vous gagnez, je gagne. Partenaire de votre site. C’est toi qui l’as dit.
Manon
Ouais, c’est beau. Franchement, je suis tes postes, j’écoute, parce que du coup, tu fais un travail aussi d’évangélisation au fur et mesure que tu testes des choses, tu te poses comme mentor de designer au sens où tu accompagnes les designers à valoriser leur impact financier, business, pour mieux se faire payer tout ça. Et donc moi, j’écoute, tu vois, tu m’évangélises aussi. Et je suis en pleine phase de restructuration de mon positionnement et dans mon positionnement, suis en train d’intégrer cette notion de ROI. Parce que ma clientèle, elle est très sensible. Elle arrive à un moment donné où elle a besoin de comprendre quel impact et quel ROI elle va avoir en dépensant, en investissant dans une identité visuelle avec moi. Et clairement, ça fait beaucoup, beaucoup de sens que de se poser comme partenaire. Mais de fou ! Je le sens 100 % parce que j’ai…
Marie
Tu le sens aussi ? Merci.
Manon
un très bon exemple d’une cliente que j’ai eue il a deux ans et demi, trois ans peut-être maintenant. Et on est hyper proche et donc on se tient en courant des chiffres. Et quand on a fait des évolutions stratégiques sur son identité, elle me tient en courant de à quel point est-ce que ça transforme mieux en prospection, à quel point est-ce qu’elle a des meilleures retombées par exemple sur ses carousels. Et c’est des vrais chiffres, tu vois, il a un vrai… une vraie transformation d’un nombre de qualifiés et compagnies. je vois que je peux, si je pose les bonnes questions au avoir des métriques liées au changement d’identité visuelle.
Marie
Oui, et ben, tu quoi ? Ça me fait faire un parallèle avec la réflexion que je me faisais il a pas longtemps. C’est que je me disais, mais en fait, il que les UX designers qui peuvent un peu avoir cette logique-là, mais en fait, non. Tous les créatifs, en fait, tous les métiers créatifs, on pense qu’on est juste là pour avoir des idées, proposer des bonnes idées, faire des logos, faire des maquettes ou je ne sais qu’un travail graphique.
Manon
Non, je pense pas.
Marie
Mais en fait non, la boîte si elle paye pour ça, c’est parce qu’elle espère des retombées derrière. Et ça, jamais on n’en parle. Ou on en parle en termes abstraits. Je ne pas moi, augmenter la notoriété de la boîte. D’accord. Mais comment on le mesure ? On en revient toujours à ça.
Manon
Ouais. Et après, je pense qu’il faut quand même qu’on mette ce petit warning là, parce qu’à nous écouter, on pourrait penser qu’on ne pense qu’à l’argent. Mais je pense à d’autres créatifs qui ont des métiers où l’impact, va pas forcément être monétaire, mais il va plutôt être en mémorabilité, en accessibilité. Genre, je pense à des collègues qui travaillent en design inclusif et qui font, par exemple, beaucoup de fascicules en facile à lire. Bon, du coup, là, on peut imaginer un nombre de distributions de flyers ou de personnes touchées. Ce n’est pas forcément des choses qui ont un impact de rentabilité, mais des fois, juste un impact de meilleure vivre ensemble et de meilleure société.
Manon
On est d’accord, là je pense à des trucs de l’État, mais oui, on est d’accord. Même si c’est WWF, une campagne, a forcément un impact budgétaire derrière, avec un impact financier qui permet de financer d’autres campagnes.
Marie
Oui. Oui, en fait je vois pas de boîte, en tout cas je vois pas de boîte privée qui pourrait se permettre d’embaucher quelqu’un qui ne soit pas rentable. Je m’explique. Que tu payes par exemple 3000 balles par mois mais qui rapporte pas plus qu’il ne coûte. Et ce raisonnement, oui mais bon, mais ça moi je l’ai réalisé il n’y a pas si longtemps que ça tu vois. Et en tant que designer au début de ma carrière j’étais très très loin.
Manon
Oui, ça n’a pas de sens.
Marie
d’avoir ça en tête. Ça me dépassait, complètement. J’étais à des années-lumière de tout ça. Et je disais même, me concerne pas.
Manon
En vrai, pense qu’il a plein d’auditrices et d’auditeurs qui vont avoir… J’espère avoir un petit choc mental. J’espère en vrai, parce que c’est un peu l’objectif que j’avais en te faisant venir au micro. Qu’on arrête de laisser croire que parce que c’est des industries créatives, on fait des choses pour l’amour de l’art. Si notre champ d’application s’appelle… Globalement, les arts appliqués, c’est appliquer à l’industrie et c’est qu’il a un objectif industriel derrière, qu’il un objectif pour l’entreprise.
Marie
Oui, exact.
Manon
Bref, posez-vous la question auditeur, auditrice de votre impact. Comment est-ce que tu, Marie Thorey, une proposition ? Parce que si je suis une créative et que c’est très loin de moi cette question de mon impact, tu me proposerais de passer par quelles étapes, quelles questions, quels outils
Marie
Déjà si toi tu arrives à vivre de ton activité comme ça, je ne viendrai pas t’embêter. Tu vois ? Si ton activité tourne, si tu trouves des clients, si tu trouves que tu es bien payé par tes clients, si ça se passe bien, il n’y a aucune raison de changer. Moi, je te proposerai de changer seulement si tu le vis trop mal, un de ces aspects tu vis trop mal.
Manon
Donc pour toi, c’est une créa ? Ouais. Oui, et que tu veux changer de sphère.
Marie
Tu trouves que tu n’es pas payé à ta juste valeur ? Tu trouves que tu passes trop de temps à travailler ? Ce n’était pas assez payé, toujours pareil. Tu trouves qu’on ne te respecte pas ? On t’écoute pas, on n’écoute pas ce que tu demandes, ce que tu proposes.
Manon
ou trop de temps à exécuter. Ok, tu ferais se poser quelques questions à Sekria.
Marie
Si, si y ça… Justement, je leur expliquerai toute la discussion qu’on a eue. Je leur dirai, mais crois en conscience que les boîtes pensent argent, argent, argent. C’est comme ça. C’est les règles du jeu. Il faut apprendre à jouer avec les règles du jeu. Sinon, tu vas vivre dans la forêt ou tu vas faire je sais pas quoi. Tu fais autre chose, bon. Comme tu dis, on est dans l’industrie. Donc…
Manon
C’est ça, on est dans un univers, clairement, on a mis les deux pieds dedans. un moment donné, il faut en jouer les règles. suis 100 % alignée avec ça. Donc en fait, tu leur dirais, prends ta petite loupe magique quand tu sors de ton appel de prospection. C’était quoi l’objectif ? C’est quoi le ROI qu’atteint ton client de ta presta ?
Marie
Voilà donc… Mais pas quand tu sors de l’appel. Tu prépares l’appel avant en disant à ChatGPT, c’est telle boîte, donc tu renseignes-toi sur ses ambitions, ses challenges actuels, Où en est le produit, etc. On me demande d’intervenir pour faire ça. À ton avis, combien ils espèrent gagner d’argent grâce à ce travail ?
Manon
Avant. Quel est l’impact ? Ouais.
Marie
qu’ils attendent, que je fournisse moi.
Manon
Et donc dans le cas où c’est une entreprise qui n’est pas connue de ChatGPT, qui n’est pas trop publique, tu décris du coup.
Marie
Alors là, faut que tu te conseignes autrement. Il faut que tu sois un peu plus malin, mais ce serait quoi ? Une startup qui se lance, un fondateur tout seul. Tu peux lui parler du concept, tu lui dis voilà, ce fondateur, a ta idée. Ou alors, parfois, pendant le cadrage, je chat avec ChatGPT.
Manon
Ok. Donc tu as ton petit GPT personnalisé sur cette question là et en fait pendant ton cadrage ça te permet de pouvoir aller compléter, poser des questions et rester pertinente. Ok.
Marie
Des fois je filme une petite question parce que je me dis, oulala, par contre je vois pas du tout ce serait quoi la métrique qui m’a embrouillée la tête. je je demande rapide. Et en fait je me débrouille, je me débrouille toujours à faire parler le dirigeant et pendant qu’il parle tu vois au moment donné il va te parler. Il faut le faire parler tu vois, plus que toi tu ne parles.
Manon
Hum… Clairement, cette clarté-là, je vois bien tout à fait les dirigeants.
Marie
Déjà parce que ça te permet de comprendre des trucs et puis au fur et à que tu comprends des trucs soit tu percutes toi ou soit tu demandes à la GPT tu fais j’ai capté cette info du coup ce serait quoi l’impact espéré ce serait quelles seraient les métriques potentiellement à faire bouger
Manon
Du coup, tu peux tester en live en renvoyant la balle vers ton dirigeant là et s’il réagit favorablement à ce que tu viens de dire, c’est que tu as capté un truc. T’es sur la bonne voie.
Marie
Oui c’est ça j’adore, le test en live c’est top hein. après sinon tu peux effectivement le faire à postériorité. Tu dis à la personne bon bah ok j’ai bien entendu, bah je vais revenir vers vous et tu fais ce travail à postériorité en insynchronne.
Manon
Donc Marie, tu as en plein test là sur cette question de financer ton travail de manière proportionnelle aux résultats que t’amènent pour l’entreprise. T’es en test and learn, va être quoi tes prochaines deadlines et tes prochaines métriques à toi pour vérifier que ça fonctionne pour toi ?
Marie
Oui, là j’ai accompagné un fondateur qui travaille, qui est dev aussi, il est un peu tout seul, non il a un graphiste avec lui, mais qui est freelance, ils ont créé, enfin lui a créé une appli et il a un taux de conversion qui est assez bas. Bon c’est une appli de commandes en ligne pour des plats à emporter. Et donc, me suis engagée avec lui à faire bouger son taux de conversion à la hausse. Et donc, j’ai accepté qu’il me rémunère très sobrement. Comme ça, ça lui enlève toute la pression financière. vois, parce qu’imagine s’il fallait se dire, je dois mettre 5000 balles ou des montants assez…
Manon
Ouais, sans être sûre que ça va avoir un impact.
Marie
Voilà, alors que là, si on augmente le taux de conversion, on a calculé. Enfin, j’ai calculé avec ChatGPT, il pourrait espérer gagner tant vu que il a mis un prix, je sais plus là, il fait payer un certain prix à chaque commande. Donc on peut vite voir combien est-ce qu’il pourrait gagner si grâce à mon travail, ça apporte ses fruits, tu vois. Et donc, c’est assez facile de dire, je pourrais prendre 10 % de ce que je lui ferais gagner. Et ça devient tellement faire, ça devient tellement juste qu’on s’est calculé comme ça.
Manon
Je le trouve complètement, D’autant plus, c’est vrai qu’en UX design, en conception d’identité visuelle, dans plein de métiers, dans les industries créatives, on se retrouve aussi des fois en début de parcours à chercher le meilleur business model pour pouvoir accompagner des personnes qui n’ont pas encore leur preuve de concept, qui n’ont pas encore la preuve que ça marche sur le marché, mais qui ont quand même besoin de quelque chose pour aller tester. Dans ces cas-là, j’ai déjà testé plein de modèles. Je me rappelle quand j’étais un peu plus jeune et que j’avais une boîte où on faisait des applications mobiles. C’est vrai qu’à un moment donné, ils ont besoin de faire leur MVP…
Marie
Bye bye.
Manon
compliqué de lâcher des très énormes billets pour aller tester sur un marché.
Marie
Oui. Et moi mon but ultime c’est que j’arrive à faire pousser une licorne. Mais j’aimerais bien, si tu veux, à prouver que mon travail du X a tellement porté ses fruits que le MVP a décollé direct dès son lancement.
Manon
Vraiment intéressant. Mhmm.
Marie
ou si je travaille sur quelque chose qui est déjà une base déjà lancé, produit existant tu vois. Là par exemple j’ai recontacté une amie et elle a un MRR mais qui stagne à 1000 euros par mois. Donc tu vois j’aimerais bien l’aider à passer à 5000, 10 000 euros mensuels avec son appli, enfin c’est un site pour les couturières. Mais tu vois, il y a un gros souci au niveau de l’activation des utilisateurs. ont du mal à comment rajouter leur tissu, leur patron et tout. voilà, donc ça tu vois, J’aimerais bien me dire, ouais, mon prochain projet, que ce soit un projet qui décolle, Pour que je puisse enfin prouver que l’UX Design, ça a une vraie utilité. Ça sert pas à rien, comme tu disais au début.
Manon
Mmmh. Tu vas arriver avec des preuves encore plus tangibles. Ce que je trouve cool en tout cas, c’est que du coup tu peux avoir une démarche de prospection en allant chercher des gens qui sont pas forcément chauds puisque l’engagement pour eux, restent faibles. Au pire, au pire, ils ont perdu un peu d’argent. Au mieux, tu leur as approuvé qu’ils avaient tort.
Marie
Et je coûterai moins cher qu’une prestataire, une freelance normale qui facturerait OTGM et dont on ne saurait pas du tout si son travail va fonctionner ou pas en fait.
Manon
J’ai encore une petite question pour toi par rapport à cette question de l’objectif. À quel point est-ce que c’est plus stressant pour toi ou plus stimulant ?
Marie
Deux.
Manon
à d’être payé au résultat. Pardon.
Marie
bah j’allais dire justement c’est tellement plus stimulant d’être payé au résultat. Mais pourquoi ? Parce que si il a un vrai challenge déjà à relever. Mais moi surtout ce qui me plaît dans cette histoire c’est que je suis enfin libre de mes mouvements. Je suis libre de gérer mon temps comme je veux. suis plus dépendante des réunions, de ce qu’on m’impose de faire, des injonctions paradoxales, des managers. Je retrouve ma place, mon leadership. Je redeviens, je retrouve mon pouvoir.
Manon
Ok. Ok. Unexpected, ok.
Marie
Je suis comme dans un rafting, suis maître à bord, je derrière avec la barre et je peux orienter le bateau.
Manon
Ok, c’est ce qu’on souhaite. Trop bien. te positionner en tant que partenaire, certes créatif, mais partenaire stratégique des entreprises, t’as permis de retrouver ton leadership, de reprendre de l’autonomie, d’avoir de la liberté dans tes outils, de choisir comment tu veux mettre en place les choses. Trop bien. ben écoute, ouais.
Marie
qu’on arrête de me dire non, on ne pas faire de la recherche utilisateur, non, on connaît déjà nos utilisateurs. Tu vois, tous ces stops là, tout ça c’est levé en fait parce que si je veux atteindre l’objectif, il a des choses que je vais devoir faire. Donc après, à moi de m’adapter intelligemment en me disant ma Marie, tu n’as pas six mois pour faire de la recherche utilisateur. Donc fais les bons choix méthodologiques.
Manon
Parce que du coup le fixe qui te paye au démarrage n’est pas conditionné à la quantité de tests ou d’écran ou quoi que ce soit.
Marie
l’instant je pour l’instant je suis pas là dessus pour l’instant je me laisse je veux avoir un marche de manoeuvre c’est moi qui gère en fait c’est comme un dentiste tu lui dis pas comment il doit faire son détartrage ou j’ai un dignier tu vas pas lui
Manon
hyper intéressant, trop bien. Ouais. À la fin le dentiste il te présente quand même la facture avec tous les soins et les machins. Mais oui je vois ce que tu veux dire.
Marie
Oui mais tu vois, tu es pas un jardinier, tu vas pas lui dire comment il doit faire son travail. Tu lui dis moi je veux un jardin où je puisse merci faire ça, je veux mon potager machin et après débrouille-toi enfin. Tu vas pas lui dire quel outil il doit utiliser, tu vas pas lui dire par quoi il doit commencer, est-ce qu’il doit faire d’abord ça comme ça. Non.
Manon
Il se débrouille à l’intérieur du cadre. Je sais qu’on a vu le même poste tous les deux cette semaine sur LinkedIn, ce fameux poste où il y avait un client, un prospect potentiel, une mission potentielle où le designer devait travailler avec micro ouvert et partage d’écran. Et oui, clairement, ce n’est pas des pratiques où on se sent vraiment empourvoiré, soit pour son propre leadership et on ne vous le souhaite pas.
Marie
Mais tu vois étrangement j’ai répandu à ce poste parce que moi je travaille beaucoup avec les clients justement parce qu’ils ont besoin de faire leurs ajustements et tout donc en fait j’ai trouvé des moyens par exemple sur Miro ou avec des croquis chacun fait son esquisse de son côté après on partage sur Miro et ensuite on fusionne les idées Mais voilà, il faut trouver des moyens de quand même collaborer ensemble. C’est côté co-conception avec la tech, avec le business, elle est indispensable.
Manon
Ouais, avec la tech, qui ont des réalités de faisabilité que l’on n’a pas forcément, avec le marketing, avec le business, avec les expertises métiers, parce qu’on n’est pas expert de tous les métiers. Non mais 100%, 100 % d’accord. Merci beaucoup.
Marie
2 et 1 oui oui Oui, moi j’ai envie de mais vous vous attendiez à quoi ? Vous pensez vraiment que vous allez livrer une maquette high feed et que ça allait passer comme ça ? C’est impossible ! Donc si vous voulez pas que ça se produise, c’est à vous de trouver la manière pour pas que ça se produise. C’est pas en… j’allais dire, c’est pas en ralent que ça va changer en fait.
Manon
D’autant que si on est un peu malin, ce qu’on peut lire à travers cet exemple d’un dirigeant qui demande à ce que le designer travaille uniquement en synchrone avec écran partagé, c’est que clairement il a eu des mauvaises expériences avant. Donc en fait, la balle est dans notre camp. C’est à nous d’aller prouver qu’on a du ROI, c’est à nous d’aller prouver de retrouver conscience avec cette personne-là. Marie, est-ce que tu un mot de la fin ? Est-ce que tu veux donner un dernier conseil ?
Marie
C’est parti.
Manon
Quelque chose peut-être que tu as appris ou désappris dans ces années d’expérience que tu as.
Marie
comprenez les entreprises, comprenez les dirigeants, leurs enjeux, leurs préoccupations. Moi je suis passée de l’autre côté et j’ai mieux compris pourquoi il y a tous ces problèmes. Pourquoi est-ce qu’on attend, quand on prend un prestataire, pourquoi on attend qu’il soit rentable ? Parce que ouais, c’est ça qui bloque en fait.
Manon
Ok, pas assez d’autre côté. Merci beaucoup Marie. Merci beaucoup pour l’échange.
Marie
Avec plaisir ! Trop bien !
Manon
Merci beaucoup Marie pour cette discussion limpide et pleine de bon sens. Si tu veux aller plus loin, auditrice, retrouver toutes les ressources dont on a parlé ou simplement relire l’épisode au calme, le transcript complète t’attends sur mon site dans la rubrique podcast. Et bien sûr, tu peux suivre Marie et son aventure autour de la facturation au résultat sur LinkedIn et découvrir tout son travail sur son Linktree Marie Glandus. Si cet échange t’a inspiré, t’a fait réfléchir ou t’a donné envie de revoir ta manière de bosser, tu sais que rien ne me ferait plus plaisir, et je pense à Marie aussi, que de recevoir un petit mot de ta part ou un commentaire sur ton appli de podcast préféré. Merci d’avoir passé ce moment avec nous et on se retrouve la semaine prochaine dans Celles qui créent.


