22 · Celle qui tricote sa communauté · avec Noémie Jelly

Tu minimises ton activité créative en disant « c’est rien, c’est juste… » ? Tu te demandes si tu peux vraiment entreprendre sans tout plaquer ? Et si le vrai entrepreneuriat n’avait rien à voir avec ce qu’on t’a raconté ?

Aujourd’hui, je reçois Noémie Jelly, fondatrice de You Knit To Learn, une marque d’aiguilles et d’accessoires de tricot. Ancienne chercheuse au CNRS passée par un burn-out, elle a lancé son activité en 2021 comme « soupape » pendant sa reconversion, sans aucune pression financière ni objectif de rentabilité.

Ce que tu vas apprendre dans cet épisode :

  • Comment créer une communauté engagée avec des outils low-tech (Google Form + carte collaborative consultée 750 000 fois)
  • Pourquoi ne PAS avoir d’urgence financière peut être le meilleur moteur entrepreneurial
  • Pourquoi entreprendre à 100% n’est pas fait pour tout le monde (et c’est OK)

Un épisode qui va te déculpabiliser de vouloir les deux : la sécurité d’un salaire ET l’accomplissement créatif d’une activité entrepreneuriale. Parce que non, on n’est pas toutes faites pour être entrepreneures à temps plein.

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Transcription

Speaker 2 (00:00.106)
Bienvenue dans ce nouvel épisode de Celle qui crée, le podcast des entrepreneurs créatifs qui osent. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de recevoir Noémie Geli, fondatrice de You Need to Learn, une marque d’aiguilles et d’accessoires de tricot qui fait vibrer toute une communauté de passionnés. Mais Noémie, c’est bien plus qu’une simple créatrice d’accessoires. C’est une ancienne chercheuse au CNRS qui a tout plaqué pour se reconvertir, qui a lancé son projet créatif en 2021 comme une soupape pendant sa transition professionnelle. Sauf que ce qui devait être un passe-temps s’est transformé.

en une vraie aventure entrepreneuriale avec une certaine particularité, elle a créé des outils qui permettent à des milliers de tricoteurs et tricoteuses de se rencontrer dans la vraie vie. Aujourd’hui on parle de création de communauté et de comment jongler entre entreprenariat, création de contenu et une vie de famille très bien remplie. Préparez vos aiguilles, c’est parti !

Speaker 1 (00:55.244)
Salut Noémie. Salut Manon. Comment tu vas aujourd’hui ? Très bien, très bien. Tout le est en vacances sauf moi. J’ai décidé de ne prendre de vacances, mais sinon tout va bien.

Donc toute la tripeté de famille est en vacances, c’est ça ?

Oui, les trois enfants sont en vacances un petit peu à droite à gauche entre périscolaire et grand-parents.

Alors, on va essayer de te présenter. Dans l’introduction, j’ai raconté des petites bribes de choses CNRS, aiguille, tricot. Tu es aussi aujourd’hui salarié de l’université dans une mission où tu accompagnes des porteurs de projet entrepreneurial, étudiants porteurs de projet. Racontes-nous un peu le virage, la jeunesse de ça. Comment tu passes d’un métier de chercheuse à l’animation de communauté et de l’entrepreneuriat

Il n’y avait rien de prévu, un petit peu comme tout ce qui s’est passé un peu dans ma vie, parce que le jour où j’ai commencé mes études, je n’avais pas prévu de faire un doctorat et de devenir chercheuse. En tout cas, ce n’était pas le plan au départ. Donc, j’étais passionnée à l’époque de génétique. J’ai commencé par un DUT, puis au final, j’ai fait un doctorat. J’ai travaillé à l’université au CNRS en tant que chercheuse.

Speaker 1 (02:03.79)
Et au bout de quelques années, je sentais bien que la motivation était plus forcément là. J’aimais beaucoup ce que je faisais, mais voilà, je sentais qu’il avait un virage qu’il fallait prendre. En parallèle, moi, je suis une fille d’artisan. Ma mère est couturière. Mon père est menuisier. J’ai un frère musicien. Bref, pas de profession archi intellectuelle dans la famille. Et je sentais bien que ça bouillonnait en moi. J’ai toujours été créatrice. Enfin, créative, pas créatrice encore, créative.

Mais je me l’interdisais un peu quand j’étais chercheuse. donc à un moment, je sentais bien que la motivation s’était un peu fait la malle et donc j’ai fait un burn-out, très clairement. Et pendant cette période-là justement d’inactivité, ne restait plus d’un an à la maison à rien faire. Je me disais non mais moi je peux pas ne rien faire et juste être une maman. Donc je me suis dit tiens, je vais créer des modèles à tricoter en fait, des patrons.

parce que j’avais une très bonne amie qui était styliste à l’époque et qui vendait ses patrons. Au départ, elle vendait ses créations. Elle s’appelle Lauriane de l’usine à bulles. S’il a des couturières qui, temps en temps, la connaissent peut-être. Coucou, Lauriane. Et en fait, elle avait beaucoup de mal à vivre de sa couture à l’époque quand elle vendait ses créations. Très clairement, je pense que se faire un smic par mois, c’était déjà énorme. Et un jour, on discute pendant le Covid, elle me raconte son virage.

où elle décide finalement de faire du patronage et de vendre les patrons plutôt que les créations et que ça se passait plutôt bien pour elle. Bref, j’avais ce truc en tête, tout ça, et je me disais, tiens, mais moi je le voyais bien, je n’étais pas entrepreneuse, mais je voyais bien que vendre ces créations, n’était pas évident parce que ça prend un temps monstre et qu’on sait bien qu’on peut pas se payer même un smic horaire quand on crée. Donc je me suis dit, tiens, je teste des indications de patron, enfin des PDF pour tricoter des modèles.

Passé de je vends quelque chose que j’ai créé qui m’a pris du temps et qui n’est pas exponentiel. C’est-à-dire juste il a un temps défini par création que je vais vendre derrière, il a le coup de main-d’œuvre, il y a le coup de des matériaux, désolé, qui gratouille derrière.

Speaker 1 (04:15.724)
Tu as raison de dire ça parce que c’est vraiment pas que le temps, c’est vraiment la matière première aussi. Dans le tricot, on veut une laine de qualité, ça peut coûter très cher. Et rien que la laine, déjà, on est sur un pull que la majorité des gens ne se paierait pas parce qu’on peut vite monter à plus de 100 euros, voire même

Je pense qu’il a plein de gens dans Auditeurs et Auditrices qui savent que quand on veut tricoter soi-même un pull, sans même parler de le vendre, quand on veut tricoter un pull soi-même, c’est rarement moins cher que de l’acheter en

Ben ouais, c’est même quasiment jamais. Bon, à qualité égale sûrement, en tout cas, voilà, c’est vraiment ça. C’est que j’avais bien compris que le temps était la variable d’ajustement si on était créateur, en tout cas, qu’on vendait ses créations faites mains. Et voilà, donc je me suis dit, tiens, je tente. J’étais plutôt à l’aise avec les calculs, forcément. Les tableaux pour grader, les C’est un peu… Ouais, ouais. Bon, après, c’est du bon sens.

T’as pas besoin d’un doctorat pour faire ça, mais c’est des règles de trois. enfin, en tout cas, j’étais plutôt à l’aise avec ça. J’ai tenté et puis j’ai commencé, j’y connaissais rien aux réseaux sociaux. Alors, je connaissais Pinterest parce que j’y passais mon temps pour décorer ma maison. Mais ça, j’avais fait le tour. Quand on travaille pas et qu’on a fini de décorer sa maison, ça va deux secondes. Bref, et je connaissais pas les réseaux sociaux au niveau de la création, par contre. En tout cas, Instagram.

Tout est venu en même temps, je commence à découvrir des créatrices qui vendent des patrons ou de la laine, de la laine teinte à la main, des laines artisanales. J’écouvre tout l’univers et je me lance là-dedans, vraiment sans… Je pense que la force que j’ai eue ou en tout cas le gros avantage, c’est que j’avais pas d’urgence financière. C’est-à-dire qu’à aucun moment, je me suis dit… Et c’est vraiment de manière sincère, parce qu’on peut avoir un truc au fond de nous qui nous dit

Speaker 1 (06:09.912)
Ouais si jamais ça marche, ce serait cool. Non moi, aucun moment je me suis dit ça. J’étais assez réaliste, me disais non mais de toute façon j’en ferai pas ma vie, j’en vivrai pas et en plus de ça je me connais, ma motivation va une fois de plus se faire la mal si ça devient mon gagne-pain. Donc en fait j’avais aucune pression. Je me suis dit tiens je le lance, on verra bien.

suffisamment pour savoir que dès lors que tu disais qu’il y avait un objectif derrière, t’allais plus avoir envie de le faire, c’est ça ? Ce truc de… ça devient plus passion mais un objet…

Bah ouais, je me connaissais suffisamment et puis en plus de ça, me disais, sois réaliste, je veux dire, t’es personne dans ce milieu, tu connais pas. Et vraiment, j’avais vraiment espoir de trouver un autre boulot à l’université de Strasbourg parce que j’étais fonctionnaire à ce moment-là, je voulais vraiment pas quitter ça. En fait, ce qui fait que j’ai toujours pensé que j’étais pas entrepreneuse, c’est que moi, j’ai toujours eu très peur de pas gagner de salaire à la fin du mois.

Ça, c’est un truc qui m’a toujours paniqué. Moi, je suis une fille d’ouvrier. Personne n’est créateur d’entreprise dans la famille. Moi, j’ai toujours associé, à l’époque en tout cas, l’entrepreneuriat à l’insécurité financière. Et ça me faisait vrier, ça me faisait peur. J’avais ma meilleure amie, son conjoint était entrepreneur et à chaque fois, moi, je lui posais des questions. Je lui disais, mais comment tu gères ce stress que toi, ton mec, à la fin du mois, tu sais pas combien il va gagner. Et elle était très détendue par rapport à ça. Et moi, j’arrivais pas à le concevoir.

Donc il y avait déjà tout ça qui faisait que je me disais non de toute façon c’est pas pour moi l’entreprenariat. Sauf que…

Speaker 2 (07:43.694)
C’est drôle parce que je m’attendais à ce que tu me dises, comme on va parler de communauté, je m’attendais à ce que tu me dises, dans ce qui me faisait peur dans l’entrepreneuriat, c’est d’être seule. Parce que c’est beaucoup de gens qui ont peur d’être seule, pilote. Mais ce que tu dis, la peur de l’insécurité financière, c’est une peur que portent beaucoup d’entrepreneurs ou de non-entrepreneurs. coup, Très lié à nos bagages culturels, à l’endroit dans lequel on a vécu, les gens qu’on avait autour de nous. Et je te rends la main.

Bah ouais, justement.

Speaker 1 (08:08.92)
Ouais, en fait peur d’être seule pas trop, non parce que moi j’aime bien justement faire les choses dans mon coin et tout tu vois au départ moi je commence mon activité, je découvre Canva donc je fais mes petits petits trucs dans mon coin, des petits visuels et tout en fait j’aimais bien bricoler et puis en fait non moi vraiment il n’y avait pas de sujet d’être seule mais voilà c’était vraiment ça et je sentais bien que j’avais encore quelque chose à faire à l’université moi j’avais envie de…

retrouver un boulot et ça m’a amené en fait à faire un genre de bilan de compétences mais qui n’était pas très efficace parce que c’était un bilan de compétences où l’hypothèse de départ c’était, reste à l’université parce que je voulais garder cette sécurité là. Et donc en gros, j’ai fait des enquêtes métiers dans tous les services qui pouvaient potentiellement me plaire à l’université, tout sauf la recherche en fait. Et je suis tombée sur cette structure d’accompagnement d’étudiants-entrepreneurs et quand j’ai découvert ça, ça m’a complètement…

Enfin, vous fait exploser le cerveau. Parce que justement, quand je faisais mes études, avant d’entrer en école d’ingé, moi je vendais des bijoux, je faisais de la pâte fimo à l’époque, c’était la mode là, et donc je vendais des bijoux. À l’époque, on pouvait encore avoir un chiffre d’affaires, plafond, en dessous duquel on n’avait pas besoin de déclarer. Il y avait encore, c’était pas mal d’années, c’était vers 2004 je crois, ou en tout cas ça commençait…

Il avait le virage qui était en train d’être pris au niveau des plus hautes sphères, mais on pouvait toucher un peu d’argent ou black, on n’avait pas besoin de le déclarer. Donc moi, je vendais des bijoux. J’avais un blog créatif et tout. À l’époque, on parlait même pas encore de DIY, on parlait de loisirs créatifs. Mais j’ai arrêté. Au moment où je suis rentrée en école d’ingé, en me disant non mais c’est mort, je vais pas pouvoir faire les deux en même temps et il va falloir que je fasse un choix.

Du quoi à l’époque t’avais une volonté de vendre…

Speaker 1 (10:03.178)
Ouais, ouais, je vends d’eux comme ça des bijoux, mais c’était vraiment pour le plaisir et tout. Donc en fait, en vrai, j’avais même oublié cette période de ma vie. Comme quoi j’étais entrepreneur, mais je voulais jamais me l’avouer, je pas. Je pense que c’était un gros mot dans la famille, tu vois. Et donc j’arrête cette activité, je confirme mes études et tout. Et quand je découvre ce service à l’université, ça s’appelle les PEPITS, c’est les Pôle étudiants pour l’innovation de transfert à l’entreprenariat.

accompagne donc des étudiants entrepreneurs. En gros c’était typiquement en 2008 ce que je faisais, si à l’époque il y avait eu un pôle pareil, j’aurais très clairement demandé à devenir étudiante entrepreneur.

C’est le truc que t’aurais aimé faire toi en tant qu’étudiante.

Complètement. Et en fait, ça a vraiment allumé un truc. Et donc j’ai fait des pieds, des mains. Je n’ai pas pu passer par la porte, je n’ai pas pu passer par la fenêtre, je suis passée par l’aération carrément tellement j’avais envie d’y bosser. Parce que les planètes n’étaient pas tout à fait alignées au départ, mais bon, j’ai réussi à être prise en… Comment on appelle ça ? En genre de… Je sais même pas, intégration. Non, immersion. Voilà, immersion. On ne savait pas quoi faire de moi. L’université a dit ok, vous allez là-bas en immersion.

Je m’y suis tellement plu que j’ai tout fait pour y rester. Maintenant, ça fait quatre ans. Et donc maintenant, j’ai pris la responsabilité de l’activité d’accompagnement là-bas. Et donc c’est un boulot à temps plein et que j’aime tellement que je lâcherai même pas. Et donc finalement, ce que je me disais à l’époque, ça s’est confirmé. Je n’ai pas envie de lâcher ce boulot pour mon activité entrepreneuriale. Alors, c’est évident que si je faisais 50-50, ce serait l’idéal.

Speaker 1 (11:42.643)
Mais j’aime trop mon boulot

Aujourd’hui, tu as une activité entrepreneurial, tu as un boulot salarié et les deux cohabitent et éventuellement, tu aimerais bien descendre le niveau horaire de ton boulot pour pouvoir donner plus de place à ton entrepreneuriat, c’est ce que j’entends. Mais les conditions du boulot ne permettent pas pour le moment et tu préfères garder le boulot parce que ça te donne cette complétude.

Bah complètement, parce qu’en fait, y a un nourrit l’autre en fait en réalité. Quand je suis arrivée, moi j’étais en pleine reconversion, j’y connaissais rien. Et j’ai énormément appris dans ce boulot, ça a nourri cette activité que j’avais commencé avant même d’arriver en fait. au final les planètes se sont alignées puisque ouais, a vraiment chaque activité nourrit l’autre. Bah ouais, on en parler.

On parle un peu cette activité entreprenarielle peut-être ? Là, nos auditeurs

Oui, mais ça permet quand même juste de souligner le fait qu’il existe un statut à l’université qui permet d’être étudiant et entrepreneur. Et il existe notamment un diplôme universitaire pour celles et ceux qui se sentent pas légitimes. Parce que ça, pourra aussi en parler de ce sentiment de ne être légitime. Et bien, on peut sécuriser son activité en étant étudiant entrepreneur. Tout à fait. Ça a un titre pour les personnes créatives.

Speaker 2 (13:03.566)
C’est un super statut qui te permet effectivement de commencer à entreprendre sans parler des juniors entreprises. Il y a quand pas mal de choses à l’université qui permet de mettre un pied dans l’entrepreneuriat quand on n’a pas eu le bagage peut-être informel, culturel à la maison aussi qui permet de se sentir légitime ou qu’on n’ait pas passé par les cases, ces cases que les gens aiment bien, des écoles de commerce.

les écoles de commerce, les business school et compagnie, c’est clair. Et donc l’activité entrepreneuriale unit to learn que j’avais commencé avant ce boulot a été vraiment alimentée et je me suis sentie beaucoup plus légitime aussi parce qu’au départ, quand les gens me demandaient ce que je faisais, je disais, ouais, en fait, j’entreprends, mais je n’ose même pas te dire c’est dans le tricot. Et vraiment, je regardais mes pieds. Je me disais non, mais c’est la honte, c’est le tricot.

Pas la honte, j’étais quand même fière de ce que je faisais. Mais j’avais peur du regard des autres. Parce qu’en plus, je travaillais dans un univers où ça parlait start-up, ça parlait freelance et compagnie. Mais en tout cas, voilà, je me suis sentie hyper légitime aussi aux côtés de mes collègues qui trouvaient ça cool. voilà, donc en fait, c’est un… Je sais que c’est pas évident d’entreprendre en parallèle d’un boulot parce que ça peut être très mal vu pour certains employeurs qui se disent OK, mais en fait, c’est comme si tu n’étais pas à 100 % sur ton boulot.

Et moi, au contraire, je peux en parler et c’est ça qui est super cool, Même si j’ai besoin de conseils ou quoi, je peux en parler. Et donc cette activité, donc au départ, ce qui avait commencé par vraiment de la création de patrons, donc j’emmendaient des PDF sur une plateforme qui s’appelle Ravelry. C’est vraiment une plateforme très spécifique que les tricoteurs, tricoteuses et les crotcheteurs aussi connaissent. C’est une plateforme où tu, en fait, c’est un réseau social sur le tricot. T’as un profil, tu peux acheter des patrons.

Alors certaines en vendent aussi sur Etsy, mais au moins c’est pas du tout le cas parce que les pourcentages sont absolument pas intéressants pour les créateurs du tout. voilà, c’est hyper facile, on peut se lancer très facilement. Enfin, je veux dire, j’avais pas de site internet, j’avais rien, j’ai juste mis en ligne et j’ai commencé à vendre quelques patrons à droite à gauche et je commençais quand même à bien comprendre le fonctionnement d’Instagram qui est que créer du contenu juste pour vendre, ça marche pas.

Speaker 1 (15:16.366)
Et je pense que là, les personnes qui nous écoutent le savent tout aussi bien que moi. donc en fait, en m’intéressant un petit peu au marketing, en observant aussi ce qui se faisait autour de moi, j’évite… On parlait pas encore de communauté, c’était en 2021. Donc les gens pensaient encore à ce moment là que la communauté, c’était le nombre d’abonnés. On se disait OK, c’est ma commune. On comprend quand même assez vite que la communauté, c’est autre chose encore. C’est pas les abonnés.

audience, communauté, t’es pas aussi clair et la notion de qu’est-ce qui différencie une audience de gens qui écoutent d’une communauté, des gens qui sont engagés effectivement ça a commencé à se théoriser un peu après.

C’est Et bon, ça, la communauté, je m’y intéressais pas encore et je pense qu’il avait même pas encore beaucoup de contenu autour de ça. Donc en fait, je pense que ça a été assez naturel de créer une communauté sans même réfléchir à ce que ça allait faire. En fait, je le faisais vraiment pour le plaisir. C’est-à-dire que je voyais bien, j’avais un club Trico que j’avais initié dans ma région.

Je voyais qu’on s’apportait énormément de choses et je voyais en face des personnes qui me disaient « Ah t’as trop de bol », parce que je postais des photos avec les copines, on tricotait, machin. disais Ah t’as trop de bol, chez moi y’a rien ». Et là je me disais C’est pas possible, il peut pas y avoir rien ». Des gens qui tricotent, y’en a partout. Donc en fait, je peux pas croire que moi en Alsace, j’avais de la chance, j’avais une chance inouïe d’avoir autour de moi des tricoteuses, y’en a forcément partout.

pas un réseau de tricoteuses, une niche de tricoteuses en Alsace, on est bien d’accord ? En fait, t’as fait quoi ? Tu les as accompagnés à créer des micro-communautés partout ?

Speaker 1 (16:50.901)
Clairement pas.

Speaker 1 (16:59.47)
Ben en fait, c’était… je suis partie en tout cas du problème de départ. On parle entreprunariat, forcément problème, je pense à une solution. Et je me dis purée, ok. Donc en fait, qu’est-ce qu’on pourrait faire pour que des personnes puissent se rencontrer ? Il y avait déjà eu des créatrices de contenu qui disaient, ben envoyez-moi par mail ou enfin, tu as un truc un peu…

bricolage pour essayer de provoquer des rencontres. Et là, moi, je sais pas, un dimanche soir à 11 heures, comme souvent c’est là que les idées me viennent, au moment où il faudrait que je dorme, je vois quelqu’un qui partage une carte, une My Maps, Google Maps, où tu mets tes épingles toi-même dessus. Et là, à 23 heures, je regarde une vidéo sur YouTube de comment créer ta propre carte. Je vois qu’il faut juste un tableau, un Google Sheet. Je fais OK, juste un tableur. Et là, je pense Google Form.

ça alimente le tableur, j’uploade sur la carte, machin. Ok, je fais un Google Form et je dis aux gens, vous avez envie de rencontrer des gens, bah remplissez le Google Form, dites où vous habitez. Alors, je l’améliore au fur et mesure au fil des semaines. Mais en fait, au moment où je lance l’appel, il a 50, 100, 200, 300, 400, 500 personnes qui remplissent. La carte se remplit très vite. Et en fait, ça crée une carte.

C’est tout compte, ça reste encore aujourd’hui. n’ai pas fait appel à un développeur pour faire quoi que ce soit. suis restée. Par contre, je bosse avec AirTable maintenant, plutôt que Google Form. AirTable, c’est mon outil chouchou. en fait, donc j’alimente la carte. Alors ça reste encore de l’artisanal. Je l’alimente encore à la mano en uploadant à chaque fois le tableau. Ça prend du temps. Mais par contre, je continue de le faire parce que depuis trois ans et quelques que ça existe.

Je reçois régulièrement des messages pour me dire, grâce à toi, j’ai rencontré une nana qui habite à 10 minutes de chez moi, j’y croyais pas, je pas, dans l’Oise, à Chartres, dans le Sud, enfin à Lausanne, des clubs Trico qui se sont créés ou en tout cas qui se sont enrichis de nouvelles personnes grâce à la carte. Donc voilà, et en fait, ça a été vraiment un outil communautaire mais fait avec trois bouts de ficelle. Il a eu un impact, complètement l’OTEC.

Speaker 2 (19:12.34)
mais qui est un peu lotée.

hyper intéressant pour les auditrices, c’est à dire, t’es pas allé chercher des développeurs, tu t’es juste dit, il a un problème, je cherche une solution, techniquement un truc qui est facile et maintenable, parce que finalement un Google Form ou un Rtable, tu peux le maintenir dans la durée. Même si ça fait une passe de mano, ça te permet aussi, j’imagine, le fait de le remplir à la mano, de transférer les data, de voir aussi ce qui se passe, d’être complètement actif sur…

Mais ouais, j’arrive à voir les personnes où elles sont et tout. après, en fait, pour moi, il a deux communautés avec lesquelles je travaille. Aujourd’hui, en tout cas, ça s’est créé avec le temps, il a cette fameuse communauté de tricoteurs et tricouteuses, des particuliers, des gens qui sont passionnés. C’est une communauté qui très engagée. Mais de manière générale, pense que le DIY, de toute façon, Instagram, c’est une source d’inspiration. En fait, ce sont des gens qui sont hyper engagés, qui commentent.

qui partagent, qui like. Donc y a cette communauté et à côté, en parallèle, avec le temps est venue la communauté plutôt des professionnels. Et donc en fait, j’en ai profité. Cette carte-là, je me suis dit, tiens, je fais la carte des pros. Sur la même carte, j’ai des épingles de personnes qui ont envie de se rencontrer, mais aussi les épingles des artisans, créatrices, créateurs, commerçants dans l’univers de l’haleine et du tricot. Et donc sur la même carte, tu peux voir les deux.

Donc quand tu veux faire du tourisme, tu vas dans une ville, dans un village, tu regardes s’il a des gens ou des boutiques. voilà. donc cette communauté des pros, c’est créé aussi au fur et mesure. Et moi, ce qui me plaît, c’est d’outiller, fait de donner des outils pour que les personnes puissent finalement vivre leur passion de manière un peu augmentée. Parce qu’il a les rencontres dans la vraie vie, c’est génial.

Speaker 1 (20:56.588)
Et il y en a de plus en plus dans le monde du Trico, des festivals de laine, des festivals de Trico, là ça pullule depuis quatre ans, c’est assez dingue. Il a les pros, donc les Mercières, qui, avec le virage d’internet, forcément c’est plus compliqué, mais qui arrivent quand même à maintenir une clientèle au travers d’organisations d’événements, des rencontres, des cafés Trico, des apéros Trico, des after-work, ce que tu veux. Et voilà, moi ce qui me plaît, c’est de permettre à toutes ces personnes de se rencontrer.

Ça, c’est mon ADN. pense que c’est ma manière d’être au delà de l’histoire, d’avoir une activité entrepreneurial. Mais le fait est que forcément, c’est comme ça que je me suis fait connaître. Et ça a vraiment, ça a vraiment permis de m’inscrire comme créatrice de contenu et pas que, enfin, créatrice de contenu, créatrice de communauté et animatrice de communauté et designer. Avant de faire une petite pause. Ouais.

commencer à vendre quelque chose.

Ouais, je ne vendais pas grand chose. C’est assez évident que le moment où je suis identifiée comme une animatrice de communauté, forcément il a des gens qui me suivent pour ce que je propose et qui vont m’acheter des patrons à moi parce qu’elles me trouvent cool, parce que voilà. Et que j’ai une dimension quand même assez dans la pédagogie, même dans ma manière de rédiger tous mes contenus.

vas vendre des joues.

Speaker 2 (22:18.824)
Donc à un moment donné, te fais un switch dans ta tête. C’est quoi le switch où tu te dis tiens, c’est plus juste en train de faire mumus sur Internet, mais c’est une activité entrepreneurial.

Alors moi je l’ai pris comme une activité entrepreneurial dès le début, mais comme je t’ai dit, c’est pas que c’était pas au sérieux, je le prenais au sérieux, mais en tout cas sans l’enjeu économique, ce qui est un luxe absolument incroyable. Ce qui peut être le luxe pour certaines personnes quand elles sont à France Travail et qu’elles ont deux ans de chômage devant elles en réalité, vois. Mais bon, deux ans ça passe vite.

Moi j’ai eu la chance d’avoir un boulot assez rapidement mais en tout cas voilà je l’ai pris sans cette pression là donc finalement je l’ai pris au sérieux dès le début. En tout cas j’essayais vraiment de le faire avec professionnalisme. De toute façon je m’ennuyais, je travaillais pas donc il fallait bien que je fasse un truc. Je peux pas rester sans rien faire. Mais par contre là où vraiment ça level up on va dire, c’est même pas une histoire de nombre d’abonnés mais parce que ça veut pas dire grand chose on le sait mais…

En fait, je pense à un moment où je me suis dit tiens, vais… Pareil, toujours cette notion d’entrepreneuriat, j’observe un problème, j’y apporte une… Enfin, j’essaye d’y apporter une solution. En fait, quand on tricote, on a souvent un format de laine qu’on achète. C’est un format, ça fait 100 grammes, ça s’appelle des échevaux. C’est de la laine qui est… n’est pas une pelote, c’est une laine qui est un peu en torsades, comme ça. Souvent de la laine plutôt artisanale ou teinte à la main.

Et ce format là, bah souvent on achète un échouot comme ça dans un festival, dans un salon, dans une boutique parce qu’on trouve que la couleur est trop belle. Mais avec un, on tricote clairement pas en pull. Mais c’est trop cher pour acheter une quantité pour tricoter en pull. Et souvent, c’est juste la couleur, c’est un coup de cœur quand on dit, tiens, j’achète ça. Donc je sais qu’il a plein de personnes qui ont ce format là. 100 grammes, qu’est que je fais avec 100 grammes ? Je l’ai acheté, c’est un coup de cœur. C’est génial, mais je ne pas quoi en faire. Donc en fait, j’ai commencé à imaginer des patrons de foulard en fait.

Speaker 1 (24:15.214)
très facile à tricoter avec un motif infini qui faisait qu’en fait tu pouvais tricoter 100 grammes de laine comme 200, comme 300, en gros, un truc hyper modulable. Quel que soit ta laine, quelle que soit l’épaisseur, parce que souvent il faut l’épaisseur pile, il faut exactement le bon échantillon. Là tu prends ce que tu as et vas-y tu tricotes au kilomètre jusqu’à ce que tu plus de laine et c’est fini.

Speaker 2 (24:34.604)
Faites la bonne…

Speaker 2 (24:42.018)
T’as imaginé un format qui venait répondre à un problème de j’ai ça chez moi, j’ai ce coupon, j’ai ce bout de truc qui traite. Tu sais pas quoi faire, que j’ai acheté par coup de cœur et ce coup de cœur, sais pas le transformement en quelque chose de réel et toi t’as trouvé le truc modulable qui t’a permis d’aller résoudre ce problème chez les gens.

Voilà.

Speaker 1 (24:59.822)
Ouais alors c’est pas comme s’il n’existait pas des trucs avant, moi j’ai rien inventé, très clairement. Par contre quand je te disais que mon boulot nourrit l’autre, c’est que c’est exactement ce que j’invite mes étudiants à faire et là c’est ce que j’ai fait. Je me suis dit ok mais tiens j’observe ce problème, ce point, ce petit caillou dans la chaussure, on a plein de laine, on sait pas quoi en faire et ce format là qu’est que je peux en faire ? Et c’est comme ça que je l’ai présenté surtout. Ça a été ça, ça a été le positionnement tout simplement.

Le problème existait, la solution existait, mais toi tu l’as poussé, tu as poussé ta solution à la communauté et tu as créé quelque chose qui était un peu plus vivant.

Voilà.

Speaker 1 (25:35.502)
Ouais, voilà, c’est ça. Alors qu’aujourd’hui, une tricoteuse avertie, il trouvera plein d’autres modèles pour le faire. Mais dans ma communauté, il a des personnes qui débutent, d’autres qui sont plus expertes. Mais voilà, en tout cas, ça a vraiment trouvé sa cible. donc, quand j’avais sorti ça un été, et là, ça a été carton plein. J’ai vendu plusieurs centaines de ces patrons-là. Et ça a été un format qui, aujourd’hui, je suis plutôt connue pour ce format-là, en plus du tricot de chaussettes aussi.

Et voilà, donc là je pense que c’est là où j’ai réalisé, ok, il a quelque chose et finalement j’arrive quand même à trouver un angle qui fait que j’arrive à me démarquer.

Ok, ok. Parce que des personnes qui ont des communautés sur le tricot, il y en a plein. Il en a beaucoup. Effectivement, c’est une communauté très très active. Mais tu arrives quand même à trouver ton angle, à te démarquer, notamment grâce à la base à la carte et encore auprès d’autres choses. J’ai vu que tu avais un bouquin sur les chaussettes.

Y’en a beaucoup ouais

Speaker 1 (26:39.01)
Ouais, ouais. les chaussettes en vrai, c’est ça ma spécialité. suis passionnée par les chaussettes. Je grandis dans un village, il a une usine de chaussettes qui s’appelle La Bonale. Je sais pas, j’ai eu un truc avec les chaussettes depuis que je suis petite. Et donc voilà, j’ai créé beaucoup de patrons de chaussettes et puis un jour, j’ai eu l’occasion avec les éditions de Saxe de rédiger mon livre avec cinq collaboratrices qui ont à chaque une un modèle dedans. Et voilà, donc.

Mais voilà, je pense que forcément la communauté que j’avais a permis, bah quelque part, de trouver ce projet-là avec la maison d’édition. Enfin voilà, a… Qu’est-ce qui fait qu’elles m’ont contactée, elles ont décidé de travailler avec moi ? J’imagine que ça en a quand même fait partie, en plus de l’expertise quoi. Et voilà, donc ça, ça a été une belle aventure et… Et voilà, donc en fait…

Je sais pas, j’ai l’impression que le fait de ne avoir de pression, forcément, je teste plein de trucs. Si ça marche, je fais, si ça marche pas, je fais pas. Mais aussi d’avoir un peu le temps de tester sur une durée suffisamment longue avant de me dire ça, marche pas, j’arrête ou ça, marche et je continue. C’est toujours une problématique quand on est entrepreneur, quand on crée du contenu, quand on fait du marketing, quand on met en place des actions, du AB testing, tout ce qu’on veut.

quand on a le couteau sous la gorge, c’est vachement plus difficile. Moi, je laissais le temps à certaines actions et là, je te parle de ce qui a marché. Je te parlerai pas de tout ce qui n’a pas marché. Moi, je m’en souviens même plus, de toute façon. Mais voilà. en tout cas,

que le fait d’avoir une activité en parallèle salariée avec une sécurité financière dont tu parles au début te permet d’avoir cette liberté de pouvoir prendre le temps de faire les choses et de laisser autant le temps là où à contrario on pourrait se dire aussi que tout prend plus de temps puisque tu dois avoir certainement moins de temps à donner à cette activité. Est-ce que tu sais nous dire à peu près combien de temps tu donnes à cette activité par semaine ?

Speaker 1 (28:44.75)
C’est hyper dur. C’est hyper dur, c’est sûr. C’est que tous les jours, je fais un truc. Enfin, franchement, c’est très rare. là, depuis janvier, enfin, j’arrive à m’autoriser des week-ends où je fais très peu. Avant, je me posais, je rédigeais, enfin, voilà. Mais très franchement, je pense que en soirée, de toute façon, quand je suis devant Netflix, soit je tricote, le tricot, c’est difficile de dire que c’est du temps de travail, mais c’en est quand même. Franchement, je pense que c’est au moins deux heures par jour.

Il faut savoir que je prends le train, j’ai une heure de train allé, une heure de train retour. Ça, c’est mon bureau. Le train est mon bureau. donc là, je vais beaucoup travailler sur mon projet entrepreneurial.

Plus de deux heures, c’est clairement déjà le train. Ah c’est déjà ça ! temps de tricot devant Netflix.

Ouais, voilà, c’est ça. Et le week-end, maintenant, je m’autorise à travailler moins. Très clairement, ça a été nécessaire. Par contre, effectivement, tu demandais à quel moment, voilà, il y eu une prise de conscience ou voilà, où je me suis dit, tiens, l’activité devient plus sérieuse. Ce qui est évident, c’est qu’aujourd’hui, je me pose. Alors, c’est facile à dire, j’ai du temps, je teste, on voit si ça marche, si ça marche pas.

plusieurs mois, là, je vais dire depuis la rentrée de septembre, là, 25, je me pose la question de, en plus de est-ce que ça me plaît, est-ce que ça me hype, est-ce que ça me nourrit intellectuellement et créativement, est-ce que le temps passé va en valoir le coup ? Sauf si vraiment c’est un délire créatif de ouf et que ça me du temps et vraiment c’est juste parce que voilà, je reste quelqu’un de très créatif et c’est mon moteur.

Speaker 1 (30:26.304)
Mais aujourd’hui, je me pose la question là où à l’époque, je ne me la posais pas. rentabilité, pas que rentabilité économique, rentabilité intellectuelle et créative aussi. faut que les trois piliers et je pense que c’est ça, fait, aujourd’hui, les piliers de mon activité, c’est il faut que ça me nourrisse intellectuellement, créativement, économiquement, très clairement, parce que voilà, mon temps reste compté. non, j’ai un quatrième pilier, c’est humainement aussi.

Je suppose la question d’optimiser.

Speaker 1 (30:56.428)
Parce que je travaille, enfin je suis entrepreneur, je suis solopreneur, mais en réalité, je collabore avec d’autres créatrices. Voilà, on fait des projets ensemble et ça, c’est le quatrième pilier, c’est le pilier humain. C’est hyper important pour moi de travailler avec des personnes où je sens qu’en fait, ça va dans les deux sens et où les choses sont smooth, où c’est fluide, où tu n’as pas l’impression d’aller chercher constamment des réponses et que la personne en face n’a pas trop trop envie. tu as un potentiel de motivation.

Tu choisis…

Là ça me… Là j’abandonne très vite. C’est ça, exactement.

On n’est pas là pour s’en souffrir. Noémie, je t’ai pas demandé avant ta position sur le fait de parler d’argent, mais est-ce que tu voudrais bien nous partager des chiffres ? Ça peut être des pourcentages de ton revenu global ou des vrais chiffres en euros sur cette activité entrepreneuriale. Très clairement là-boute.

Alors, très… Alors ce que je peux dire, je vais peut-être pas tout dire non plus et puis en plus… Alors, la création de patron, c’est très clairement parce qu’il y a peut-être des personnes qui nous écoutent et qui se posent la question. Vivre de ça seul, c’est compliqué et j’en parle avec d’autres créatrices. Moi, ça va varier. Un mois où je fais aucune communication, ça peut être 300 euros par mois entre 300 et 400.

Speaker 2 (31:53.294)
Est-ce que tu veux…

Speaker 1 (32:15.166)
et des mois où vraiment ça a cartonné, a pu être 2000 euros dans le mois de ventes de patron, donc de PDF. Mais ça c’est très fluctua. Et ça dépend… Oui, et du temps de communication que j’y passe. Très clairement, est-ce que je fais des newsletters, est-ce que je fais des posts, est-ce que je communique ou pas, est-ce que je sors un modèle ou pas. Je continue de vendre certains. Voilà, très clairement, ça c’est une évidence.

Et forcément la taille de ta communauté aussi en…

Speaker 1 (32:41.518)
Et on n’a pas parlé donc d’une autre chose, c’est que moi depuis le mois d’octobre, j’ai lancé ma marque d’aiguilles à tricoter des chaussettes. Alors c’est un positionnement, j’ai choisi vraiment celle-ci spécifiquement, je ne pas tout.

Mais que les chaussettes ! Bien évident, la logique de positionnement dont on a déjà parlé plusieurs fois dans le podcast, de se dire, t’es connu pour un certain modèle de chose, un certain axe de ta communauté, c’est les chaussettes, t’as publié un livre sur les chaussettes, tu sors un outil physique sur les chaussettes, ma foi… Complète !

Oui, en fait tu m’aurais dit ça il y a deux ans, je t’aurais dit pourquoi que cette taille d’aiguille, parce que c’est très spécifique et tout, mais en réalité il y en a plein d’autres des marques, donc qui je suis pour venir avec toutes les tailles d’aiguille et en plus avec mon investissement, j’allais pas tout faire. Donc en fait c’était parfait, c’est-à-dire que j’avais juste quatre références d’aiguilles différentes et voilà je me suis lancé là-dedans.

T’as un minimum forcément de commandes quand tu veux créer à ton image, à ta couleur, ta taille, ton logo, machin. Et donc ça, par contre, sur cette partie là, aujourd’hui, peux potentiellement gagner plus que mon salaire avec cette activité parce que je fais du B2B et du B2C en même temps. Donc j’ai mon shop en ligne où très clairement la marge est la plus importante, c’est évident. Mais en tout cas, j’ai construit tout ce projet

Ça m’a pris plusieurs mois déjà de trouver le fabrique, voilà, sourcer tout, mais aussi de m’arranger pour que la marge soit forcément intéressante en B2C quand je vends sur mon shop en ligne, mon Shopify, mais aussi que je puisse me dégager une marge suffisamment intéressante en les vendant aux merceries et aux boutiques de laine.

Speaker 1 (34:31.936)
parce que j’avais très envie aussi que ces aiguilles soient distribuées dans des merceries physiques, parce que c’est hyper important pour moi, parce que c’est un domaine, voilà, je te parlais de communauté de professionnels. Les merceries, voulais que ce soit possible de les vendre aux Mercières. Donc, en fait, j’ai vraiment imaginé dès le départ le projet, pas que en B2C, mais aussi en B2B. J’ai investi ça. Ça, par contre, ça a été un gros investissement, des genres de présentoirs en carton.

que je n’aurais absolument pas eu besoin si j’avais que mon shop en ligne. Mais je tenais à tout prix à ce que ça rentre dans l’enveloppe de l’investissement, ces fameux présentoirs pour qu’on puisse les intégrer dans des merceries, sur des salons, des stands de salons, de DIY et compagnie. Et donc ça, aujourd’hui, ça fluctue d’un mois à l’autre. Pareil, en fonction de l’effort de communication. Et en vrai, c’est ça le temps qui me manque aujourd’hui. C’est le temps pour faire un vrai marketing. C’est pas que j’ai pas de stratégie, mais c’est…

J’ai presque envie de te dire, sur le papier je peux l’avoir, la stratégie, c’est super. Et j’écoute tous les podcasts de marketing et compagnie. Je l’enseigne à mes étudiants. Je le fais pas moi-même, moi je le fais au fil de l’eau limite entre deux portes. J’allais dire sur les toilettes, mais je peux pas le dire. On peut pas le dire. Ça m’arrive. Ça m’arrive.

si je pense que tu peux le dire. Tout monde dans l’épisode dernier donc je crois que tu peux le dire.

Non mais ok d’accord. Donc t’as aujourd’hui une activité qui fonctionne, t’as des bonnes bases de communication. Si tu quittais un jour ton job et que tu te mettais à plein temps sur cette activité, ça serait carrément possible d’en dégager un salaire correct puisqu’il déjà des mois où quand t’as des belles actions marketing ça fonctionne nickel. Mais aujourd’hui ton focus à toi, ça reste de faire vivre ces deux activités côte à côte parce qu’elles se devinent l’une l’autre.

Speaker 1 (36:18.958)
Ouais, complètement. c’est marrant. En fait, moi, le message que je veux passer, c’est en fait, on n’est pas tous faits pour être entrepreneur à temps plein et c’est OK d’avoir un boulot à côté. Alors, c’est sûr, si je pouvais faire 50-50, ce serait top. Mais je sais que ça n’a pas de sens dans l’activité professionnelle que j’ai, ça n’a pas de sens. Et à choisir entre 50-50 ou j’arrête le…

Super message envoyé aux auditrices en vrai.

Speaker 1 (36:47.838)
Entre 100 % ou 0%, moi je préfère être à 100 % sur mon boulot parce que je l’aime, parce que les gens avec qui je bosse sont exceptionnels et je leur fais un coucou si ils m’écoutent. par contre, aujourd’hui, je ne me verrai pas abandonner mon activité entrepreneuriale. Ce serait impensable pour moi parce qu’elle me nourrit, que ce soit intellectuellement, humainement et même en termes de… Allez, je vais le dire, j’ai osé, je pense que c’est la première fois que je vais le dire, en termes de fierté, c’est à dire que je m’accomplis, je suis heureuse et…

Et putain je suis fière de ce que j’ai fait alors que pendant longtemps je regardais mes pieds et je me disais non mais c’est rien c’est pas c’est pas fou.

C’est fou, c’est du tricot quoi. quand même, si quand même !

Ouais, et quand les gens disent non mais t’es chef d’entreprise, ça me fait marrer parce que moi, me vois pas comme ça. Je me vois encore comme créatrice de contenu qui s’amuse. ben putain, après quatre ans, dire encore qu’on s’amuse, c’est bien que je pense que j’avais bien raison en fait que je me serais sûrement pas amusée et je serais sûrement pas arrivée là où j’en suis si j’avais eu le stress derrière, parce que le stress, c’est forcément pas le meilleur, enfin, c’est forcément le plus mauvais moteur qu’on peut avoir.

Enfin, ça dépend peut-être desquels. Mais je veux dire, le stress financier chez moi aurait été un très mauvais moteur parce que je pense que je me serais transformée en machine à consommer tout ce que les conseillers, les coachs marketing balancent comme conseils qui peuvent être très bons, mais pas toujours. Je suis assez critique vis-à-vis de certains conseils, mais je pense que j’aurais… Je paraîtrai désespérée.

Speaker 2 (38:25.038)
J’aurais pas eu ce système driver. C’est bien clair et toi pour le coup, tension financière qui peut être un moteur pour certains, toi aurait été clairement un mauvais conseiller.

Ouais bah oui je pense que j’aurais tenté des trucs coûte que coûte, des trucs à la con typiquement qui font qu’en fait quand tu communiques tu… ça fait vraiment genre je suis désespérée.

Alors j’annonce officiellement que tu viens de faire couler mon mascara, j’ai lâché une petite larmichette. oui ! Quand tu parlais de fierté, je sais pas si toi aussi je t’ai vu frotter tes yeux à un moment donné.

En tout cas, me fait quelque chose parce que, c’est… Déjà, c’est pas souvent que tu te poses et que tu parles de toi et de ton activité, tu vois. On a pris quand même quasi un quart d’heure pour en arriver à mon activité entrepreneurial. Et ces 15 minutes, je résume un an et demi, en réalité, de galère en termes de confiance en moi. Parce que le moment où tu fais un burn-out et que tu t’arrêtes alors que tu as fait un bac plus 8 dans un domaine…

Tu te dis, putain, mais en fait, j’ai fait tout ça pour rien. Mais en fait, non, je le vis plus du tout comme ça maintenant. J’ai fait le deuil et un deuil plutôt sain et j’arrive à savoir ce qui m’a nourri et ce qui me nourrit aujourd’hui et ce qui me rend encore heureuse aujourd’hui. Mais voilà, tu ne fais pas souvent ce petit pas en arrière. Et il faut le dire quand on est fière, en fait. Je pense que je n’ai pas envie de rentrer dans ce débat, mais je pense que c’est assez féminin quand même.

Speaker 2 (39:47.256)
tellement, voilà, se minimiser, de pas…

Je n’ai pas gonflé le torse.

Terminant au sens, oui oui, endoctriné et…

Ouais, ouais. Et je réalise de plus en plus. l’entreprenariat féminin est quelque chose qui en plus de ça, je suis de plus en plus sensible à ça, là où à l’époque je ne le comprenais pas. Et c’est important d’être fière de ce qu’on fait et des montagnes qu’on déplace. Et quand on revient à cette histoire d’avoir un boulot et une activité entrepreneuriale à côté, j’ai l’impression que pour certaines, ça peut être un bon moyen de s’accomplir. Parce que finalement, on n’entreprend pas toutes pour les mêmes raisons.

Mais quand c’est parce que justement, on a un boulot qui nous plaît, mais qui n’est pas hyper créatif alors qu’on est quelqu’un de créatif, je trouve que c’est un chouette moyen de trouver le bon équilibre en tout cas.

Speaker 2 (40:40.428)
ben j’ai l’impression que c’est un peu le mot de la fin. Merci beaucoup Noemi pour cet échange inspirant. C’était… ouais, c’était émouvant pour moi.

On va sortir de plaisir. J’espère qu’en tout cas, qu’il des personnes qui nous écouteront et qui se diront juste « mais ouais, putain, en fait c’est cool ce que j’ai fait. » Faut être fière de ce qu’on a fait.

Maud la fin, les filles, les meufs, les femmes qui nous écoutent, soyez fiers. Soyez fiers de ce que vous faites tous les jours, soyez fiers des montagnes que vous déplacez. Donc merci Noemi, merci pour cet échange vraiment. grand plaisir. J’inviterai les gens qui veulent te découvrir, découvrir ton univers à te rejoindre sur ton site yktl.fr, sur son shop. Allez acheter des aiguilles pour faire des chaussettes. Moi j’adore les chaussettes mais je trouve ça…

extrêmement compliqué, mais j’irai

Si tu sais tricoter, faut tenter.

Speaker 2 (41:37.262)
Je pense que je vais tenter parce qu’il n’y a rien de plus cool que de mettre des chaussettes en laine.

Mais ouais, c’est le feu.

Et allez la rejoindre sur son Instagram pour une dose quotidienne de bonne humeur tricotée. Si vous êtes toujours là pour nous écouter, je vous remercie mais vraiment du fond de mon cœur. Si l’épisode vous a plu, n’hésitez pas à laisser un commentaire ou cinq étoiles sur la plateforme d’écoute que vous utilisez, à partager l’épisode à une personne, à une femme créative de votre entourage qui aurait besoin d’entendre ce message que c’est possible de faire.

ces deux choses en même temps et qu’entreprendre ça veut pas forcément dire se lancer sans filer. On se retrouve très bientôt, dès la semaine prochaine, pour un nouvel épisode de Celle qui crée.

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