33 · Celle qui se reconvertit en électricienne · avec Aude Gerlinger

Et si changer de métier ne voulait pas dire renier tout ce que tu as appris ? Designer UX depuis des années, Aude a fait une annonce surprise au micro : à la rentrée, elle commence une reconversion pour devenir électricienne.

Aude Gerlinger est designer globale (UX, service, expérience), community builder et chargée de cours en master. Elle conçoit des expériences qui remettent le lien humain au centre.

Dans cet épisode, tu vas découvrir :

  • Pourquoi la polyvalence est encore mal vue en France, et comment Aude a choisi d’additionner ses compétences
  • Comment elle a créé Curiou, une startup pour célébrer la curiosité et recréer du lien social, lancée en plein Covid
  • Sa vision du design : penser l’avant, le pendant et l’après d’une expérience
  • Les outils simples qu’elle utilise pour auditer une expérience client
  • Comment l’autoconstruction de sa tiny house l’a menée vers un CAP électricien
  • Pourquoi ralentir pour faire le point sur soi demande du courage

Un épisode pour toutes celles qui se sentent à l’étroit dans une seule case, et qui se demandent si elles ont le droit de changer de voie sans tout jeter.

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Transcription

Manon
Aujourd’hui, j’accueille Aude Gerlinger, et son profil va peut-être te surprendre parce qu’elle ne rentre dans aucune case. Aude est designer UX, designer globale selon ses mots, community builder et chargée de cours aussi. Ce qu’il y a d’unique, c’est sa manière de penser le design : pas de tendance, pas d’éphémère, mais ce qui dure et le lien humain. Dans un monde qui déborde de nouvelles méthodes, de nouveaux outils, de nouveaux frameworks, Aude fait exactement l’inverse : elle ralentit, elle approfondit et elle crée des expériences, des services pour les humains, qui tiennent sur la durée. On va parler de son parcours, qui commence dès le lycée avec les arts appliqués, de tout ce qu’elle a fait entre deux dans le design, et d’une annonce étonnante. Tu vas voir, elle a un truc à nous raconter que, à mon avis, peu de créatives osent faire. C’est parti, bienvenue dans Celles qui créent ! Salut Aude ! Comment ça va ?

Aude
Salut Manon ! Bah écoute, ça va bien aujourd’hui.

Manon
Alors Aude, t’es une pure designer. Tu te présentes comme une designer globale, designer d’expérience, de concept et tout ça. Et ça a commencé dès le lycée, en arts appliqués.

Aude
Effectivement. Quand j’ai voulu choisir ma voie au lycée, je trouvais que c’était déjà trop tôt pour savoir quel métier je voulais faire. Et les bacs généraux ne m’intéressaient pas plus que ça, j’y allais par dépit. Le principal du lycée avec la section arts appliqués est venu présenter la section. Et là, tout de suite, j’ai dit : vas-y, let’s go, trop bien, ça change un peu, il y a plein de choses à faire. En plus, j’allais aller en internat. Il y a toute une démarche aussi, je pense, d’indépendance et de faire des choses manuelles, créatives, que je n’ai pas forcément assumée tout de suite, étant dans une famille de médecins et donc pas du tout avoir accès à ces connaissances de métier. Mais en tout cas, j’ai voulu sauter le pas.

Manon
Ok. T’as eu un parcours hyper éclectique dans ta démarche de design. T’as fait différents types de design avant de te définir aujourd’hui comme designer d’expérience.

Aude
Effectivement. Même démarche à la fin du lycée : je ne savais pas quelle spécialité du design choisir. Donc j’ai pris encore une fois une spécialité assez large, qui s’appelait design de communication, espace et volume. Ça mêlait plein de compétences de design, de projection dans l’environnement. Ça m’a beaucoup plu, et ensuite je me suis orientée vers l’archi d’intérieur, parce que tout ce qui est dans le monde réel m’intéressait : créer de la scénographie, j’étais axée aussi sur la muséographie, le design intérieur. Pour enfin me dire : tiens, tout ce qui est web design, technologie, c’est émergent à ce moment-là. Donc j’ai finalisé par un master de web design, pour avoir la main sur tout ce qui est internet, avoir des connaissances pour coder. Et tout ça pour toujours additionner et accumuler des compétences que je ne renie pas à chaque fois, que plutôt j’assemble. Je veux faire avec tout ça, en fait. Sauf qu’aujourd’hui, la polyvalence n’est pas bien vue malheureusement en France, même si ça émerge. Être polyvalent, c’est un peu problématique, et j’ai souvent eu : « ouais, mais du coup tu n’es pas spécialisée en design graphique, tu n’es pas spécialisée en telle ou telle chose ». Donc j’ai préféré monter ma boîte pour être autonome.

Manon
Ok, je comprends. J’ai fait exactement les mêmes réflexions que toi : je ne voulais pas me spécialiser, ça me semblait trop tôt après les arts appliqués de me dire « je vais aller dans tel secteur, telle manière de créer ». Ça me semblait trop restrictif. Il y avait une école qui m’avait tapé dans l’œil, je les voyais avec leur perceuse et j’avais franchement la niaque d’aller là-bas. Mais j’avais peur de trop me restreindre, et je suis allée en design graphique en me disant que c’était plus large. La même réflexion, mais pas le même résultat. Je me disais, quand tu fais du design graphique, tu peux faire à la fois des sites internet, des cartes de visite, des pochettes de CD, tout ça me semblait tellement vaste. Mais je crois que j’aurais bien kiffé cette expérience-là. Donc tu as choisi de créer ta boîte pour combattre cette idée qu’en tant que salariée, il fallait être spécialisée. Tu t’es dit : non, je vais capitaliser sur tout ce que j’ai appris à travers mes différentes études et je vais créer ma boîte.

Aude
Oui, j’en suis arrivée au point dans mon historique où j’avais envie de créer ma boîte. Et c’est là que j’ai pu mettre en évidence la volonté de créer du lien social, du lien entre les humains, dans des lieux qui l’ont perdu. À l’époque, j’ai monté une boîte qui s’appelait Curiou, qui se basait sur célébrer la curiosité de l’être humain. Parce que grâce à la curiosité, on va vers l’autre, on découvre de nouveaux endroits. Donc c’était comment recréer l’expérience autour de tout ça, avec un outil numérique en support, toujours, parce que j’avais ce biais-là de me dire : tout le monde a accès maintenant aux outils numériques, donc ça permet de créer le premier lien, de faciliter l’accès, la rencontre ou la découverte derrière un écran. Pour ensuite, par contre, aller dans le monde réel vivre des expériences, et pas rester dans sa bulle numérique.

Manon
Donc t’as créé une boîte, mais ce n’était pas une boîte de service, c’était un vrai concept. Je ne l’avais pas vu en préparant ! Tu t’es dit : je vais créer un concept parce que j’ai envie de recréer du lien. Donc t’as créé Curiou, avec des expériences IRL et un applicatif pour faciliter le fait de recréer des liens. Tu veux nous en raconter un petit peu plus ? Les défis, les challenges, ce qui fait que t’as commencé, ce qui fait que t’as arrêté ?

Aude
C’est vrai que je n’en parle plus trop de cette expérience, même si elle m’a beaucoup marquée. Curiou, c’était vraiment quelque chose que j’ai défendu dès ma soutenance de master. Ensuite je me suis spécialisée en UX/UI design pour être autonome jusqu’au prototype, et pour être incubée à EuraTechnologies. Ensuite, via des rencontres, j’ai trouvé mon associé, on a créé Curiou et on s’est installés à la Plaine Images, à Tourcoing. Pour moi, c’était une expérience très riche, parce que je pouvais vraiment expérimenter ce que j’imaginais : créer du contact humain, refaire du lien social. Dans l’applicatif, si on parle de durabilité, c’était comment créer des fonctionnalités ou des applications qui sont duplicables, un peu comme des Lego où tu construis dessus, et du coup tu ne jettes pas tout à la poubelle si une expérience ne fonctionne pas.

Manon
Des briques. Une meilleure maintenance, une meilleure réplicabilité des fonctions.

Aude
C’est ça. Et il y avait aussi tout l’aspect qui m’intéressait : interaction, conversation et émotion. Trois piliers humains. Par exemple, on avait une expérience dans un musée qui révélait les émotions des personnes pendant leur visite, devant un tableau, devant une œuvre. En temps réel, tu peux voir les émotions perçues et vécues par les visiteurs. Donc tu as une sorte de nouvelle connaissance de ces visiteurs par l’émotionnel, et tu peux savoir si une exposition a fonctionné, qu’est-ce qui a le plus plu. Il n’y avait pas que l’émotionnel, il y avait aussi du questionnement sur des préférences, sur des réactions. Je l’avais fait pour un musée, et après je voulais le dupliquer pour des expériences dans des villes, dans des aéroports, dans des gares. Et j’ai créé en plein Covid, et je me suis pris la vague après Covid. Manque d’autres réseaux, et donc liquidation judiciaire. Voilà comment ça se conclut.

Manon
Ok. Au moins, c’est une conclusion qui est claire, on comprend. C’est vrai que les aéroports n’avaient pas la cote à ce moment-là. Allez, fast forward, on arrive presque à aujourd’hui. Est-ce que tu peux nous raconter comment t’as fait vivre le design, comment t’as vendu le design ces derniers temps ? Je sais que t’es passée par le salariat, par l’indépendance. Et reste avec nous, auditrice, auditeur : juste après, on va parler de sa dernière prise de conscience, qu’elle a accepté de nous livrer au micro. Vas-y Aude, raconte ta vision du design et ce que tu pratiques.

Aude
Pour moi, le design, c’est un mot où tu peux mettre plein de choses, et à la base ça veut dire concevoir. Si je reviens à ça, je trouve qu’en tant que designer, c’est aussi une certaine logique, une manière de réfléchir, une manière de savoir quel outil on utilise à quel moment. Aujourd’hui je suis designer UX/UI, donc expérience utilisateur et design d’interface, même si l’interface j’en fais beaucoup moins. Ce que j’aime, c’est pouvoir observer chaque situation et proposer des outils pertinents à chaque moment du parcours, utilisateur ou client, pour aller vers la solution. C’est ce qui m’a beaucoup plu dans le dernier salariat que j’ai fait : c’était en mode startup, donc il y avait tout à construire, et ça j’adore. C’était comment créer un parcours pour plusieurs parties prenantes. Il y avait l’utilisateur, celui qui utilise l’outil numérique. Il y avait le client, celui qui achète. Il y avait des partenaires, parce que c’est grâce à eux qu’on pouvait avoir des solutions à proposer à l’utilisateur. Et moi j’adore prendre les prismes de chacun et voir comment on peut créer l’expérience la plus logique, la plus fluide, la plus universelle, que tout le monde comprenne, embarquer tout le monde dans le bateau. Ce que je préfère, c’est vraiment la création de parcours en amont, et penser le parcours global. Pas se dire « voilà, c’est mon expérience, j’ai vécu ça, c’est trop bien, ça s’arrête là ». J’ai envie de penser l’avant : qu’est-ce qui se passe avant de vivre cette expérience, comment on onboarde les utilisateurs, comment on se fait connaître du client. Le pendant. Et ensuite l’après : qu’est-ce qui reste, comment on l’intègre, comment on peut vivre d’autres expériences. C’est peut-être un peu conceptuel, mais ça peut s’appliquer à plein de choses différentes : un site internet, une application, un dispositif numérique, une borne…

Manon
Ou un service client, une expérience client quand on est indépendante aussi.

Aude
C’est ça. Et ne pas oublier qu’on n’est pas dans le métaverse. On reste sur la planète Terre. Donc c’est comment on apprend de ces expériences vécues pour faire évoluer les choses. Le design, je le vois un peu partout du coup, parce qu’à tout moment, ça peut être intéressant. Je ne sais pas si tu avais suivi, il y a eu les Assises du design en 2020, si je me rappelle bien. Ça m’avait interpellée, parce que j’ai pu y aller, ça se tenait au ministère de la Culture je crois. Et j’ai appris à ce moment-là qu’il y avait plein de groupes dans toute la France qui bossaient sur ce que c’est d’être designer aujourd’hui, comment on valorise le design, comment on implique des designers au plus haut niveau dans les entreprises. Les designers peuvent avoir une vision différente, apporter de la matière, puisque le designer, c’est aussi créer des choses qui sont fonctionnelles. Ça gravite toujours dans ma tête, peu importe ce que je fais. Et il y avait un sujet qui m’avait animée aussi : un groupe de travail qui réfléchissait à mettre le design dès l’école, dès tout petit. Et ça, j’ai trouvé ça trop cool.

Manon
J’adore ! Tu parlais d’outils juste avant, et j’avais une question que j’ai gardée dans un coin de ma tête. Qu’est-ce que tu recommanderais à une indépendante qui veut auditer, améliorer l’expérience vécue par son utilisateur ou son client ? Quels outils, quelles étapes de réflexion ?

Aude
C’est vaste. Déjà, je tiens à préciser que je n’utilise jamais les mêmes outils à chaque fois. Et j’avoue que ce qui m’aide le plus, c’est juste un carnet de notes. Ce que j’aime faire aussi, c’est des mind maps, pour faire un état des lieux de tout ce qu’il y a, et voir sur quel point on veut avancer précisément, quelle branche ou quel sujet a le plus d’impact. C’est plutôt pour faire de la priorisation, avoir une vue globale, et pouvoir échanger avec son client : voilà ta vue globale, ton tableau, quel sujet tu veux discuter en premier ?

Manon
Donc ce serait d’abord faire un état des lieux global, une sorte de mind map, un outil qui nous convient à nous pour mapper l’ensemble de notre expérience client. Et en creux, j’entends aller questionner son client.

Aude
Oui aussi, c’est pas mal. Et ce que j’aime bien en tant que designer, c’est faire de la veille sur des outils, des templates, des process créatifs, pour pouvoir en choisir que j’arrive à manipuler, que j’arrive à mettre en place. Ce que j’adore faire, c’est du design thinking, un peu sur tous les sujets, mais sans toujours prendre les mêmes outils. On varie en fonction de la phase : exploration, idéation, conception. Et ça dépend de toi, de comment t’es à l’aise avec quel sujet, comment tu manipules les outils. J’ai une boîte à outils énorme, une base de connaissances énorme, et je viens piocher dedans : ça, ce serait pertinent pour cette situation-là, pour ce projet-là.

Manon
Est-ce que tu as une manière de ranger ta boîte à outils, ou est-ce qu’elle est entièrement dans ta tête ?

Aude
Je les range par thématique, par ressource. Est-ce que c’est des jeux de cartes ? Est-ce que c’est un guide à lire ? J’ai un gros tableau, une base de connaissances Notion, où je mets des tags pour savoir à quelle partie du design ça correspond. Je classe un peu tout comme ça.

Manon
Donc tu as une manière de trier qui te permet de retrouver tes outils en fonction de la phase, en fonction du type d’outil. Hyper intéressant. Ça ferait un super produit, si jamais tu veux te lancer… Mais non ! Parce qu’Aude m’a annoncé un truc juste avant qu’on allume les micros. Elle m’a dit « tu veux qu’on en parle ? », je lui ai dit « tu rigoles, évidemment qu’on en parle ». Aude est en plein mouvement, elle a une révélation à vous faire, et j’imagine que ça va faire tilt chez certaines d’entre vous. Aude, c’est à toi.

Aude
Mise en contexte : j’ai un projet d’habitat collectif à côté, en mode associatif, qui s’appelle les Cabanes inspirées. Dans ce projet-là, on fait un peu tout nous-mêmes, tout sort de terre sur un terrain qui n’était pas viabilisé. Toutes les étapes, on les a faites nous-mêmes ou accompagnés par des pros. Et j’ai autoconstruit ma tiny house avec mon compagnon. J’ai eu le sujet de l’électricité à faire. Et en fait, j’ai trop kiffé le faire. Pourtant, c’était en plusieurs phases et c’était un peu complexe. J’ai aussi pu mettre les mains dans le cambouis pour faire les réseaux électriques du projet, ça c’était un peu plus gros et accompagné par un pro. Et le fait de manipuler… je me suis dit : maintenant que je sors de mon salariat, puisque je viens de finir ma mission dans la boîte où j’étais… Ce n’était pas prévu pour tout de suite, je me projetais à deux, trois ans, et je me suis dit : bah en fait, c’est maintenant. Donc je me suis inscrite en reconversion, CAP électricien à la rentrée, on va voir ce que ça donne, pour avoir les compétences. Et ce qui m’a aussi bien animée, c’est que plusieurs personnes autour de moi m’ont dit « ah mais untel s’est reconverti en mécanique, untel en électricien ». Donc j’ai pris des contacts, je les ai appelés pour le pratico-pratique, quelle école, etc. Et je suis tombée sur une connaissance de connaissance qui m’a dit : « Écoute, moi je suis à la base designer graphique et j’ai envie de sortir un peu la tête des écrans ». Moi je valorise aussi le fait qu’un travail manuel, l’IA nous remplacera un peu moins facilement, et étant en plein dans l’IA, j’ai envie de sortir de ça. Il m’a expliqué qu’il voulait devenir électricien parce qu’il a aussi envie de faire des projets artistiques avec de la lumière, il est en contact avec une amie pour faire de la micro-architecture… Et son parcours, ce qu’il a imaginé faire après son CAP électricien, m’a beaucoup parlé. Je me suis dit : pourquoi je dois mettre encore de côté mes compétences de designer, en fait ? Non, je peux tout cumuler une fois de plus !

Manon
Ok !

Aude
Je me dis : qu’est-ce que je veux faire après avec l’électricité et mon domaine métier de base ?

Manon
De fou, tu peux faire des expériences façon Docteur Maboul ! T’es pire qu’un Pokémon, on t’ajoute des add-ons comme ça. C’est incroyable. Ok, donc pratico-pratique, comme tu sors d’un salariat, t’as du chômage, des droits à la formation, c’est ça ? Et est-ce que tu sais comment tu vas tout cumuler demain, ou t’es encore dans ta phase « je prends, j’absorbe » ?

Aude
C’est ça. J’ai une projection : je me vois avec mon petit vélo cargo en train de faire mes rénovations électriques, plutôt en ponctuel, et pourquoi pas garder du freelance à côté dans mon domaine de design. J’ai plein d’autres idées de formation, mais je vais m’arrêter là. À terme, mon rêve, ce serait d’ouvrir un espace, ce qu’on nomme aujourd’hui un tiers-lieu. En tout cas, réfléchir à ce que je veux dans un espace avec des activités, pour faire aussi de la place aux habitants et habitantes de la commune où je m’installe. Il y a toujours cet aspect « recréer du lien » que je veux garder. Et comment mettre mes compétences en action dans ce lieu. Ça se construit petit à petit, j’ai des carnets remplis de notes de projets, d’idées. C’est pas ça qui manque.

Manon
C’est hyper réjouissant. On sent l’élan et la joie qui t’animent quand tu parles de ce projet. C’est une belle boussole de kiff, de se dire que quelle que soit la compétence que tu vas aller chercher, il y a toujours moyen, quand on est entrepreneure dans l’âme. Parce qu’au final, construire un écovillage, c’est aussi entreprendre, au sens premier du terme. Je pense que quand on aime construire des projets, assembler des personnes, assembler des compétences, on arrive toujours à créer des trucs incroyables. Aude, c’est quoi la créativité pour toi ? C’est quoi être créative ?

Aude
Pour moi, la créativité, c’est une façon de penser, ou elle émerge un peu de nulle part parfois. Et après, qu’est-ce qu’on en fait, de cette créativité qui émerge ? Ce que je trouve beau dans la créativité, c’est qu’il n’y a pas vraiment de limite. C’est en fonction de ce qu’on est capable de faire aussi. Ça permet de l’imaginaire, de l’envie de créer des choses, une sorte de dynamique qui te pousse à faire des choses, ou à juste les garder dans ta tête et ça te fait plaisir. En tout cas, c’est comme ça que je vois la créativité.

Manon
Est-ce que tu aurais un mot de la fin pour les auditrices ? Un conseil, une expérience à partager ?

Aude
Ce que j’aurais envie de partager, c’est de réussir à assez ralentir pour faire le focus sur soi et se dire : tiens, est-ce qu’aujourd’hui j’aime ce que je fais, ou est-ce que je suis toujours alignée avec ce que je fais ? Moi, ce que j’aime bien faire, une fois de plus, c’est la mind map. Je l’ai fait sur des années, et c’est ce qui m’aide à voir comment j’ai évolué, ce que je suis devenue, ce que j’ai arrêté, ce que j’ai continué. J’aime bien partir de l’envie, mais je sais que ce n’est pas forcément donné à tout le monde, et je trouve qu’il y a un certain courage à le faire. Voilà ce que j’ai envie de dire.

Manon
Super. Ralentir pour faire le focus sur soi. Aude, merci beaucoup d’avoir pris ce temps avec nous.

Aude
Merci à toi, c’était chouette.

Manon
Merci beaucoup pour ce que t’as partagé, et pour la partie la plus vulnérable, celle où on sort de nos métiers et de ce que la société attend de nous. Je retiens que t’as une boussole du kiff devant toi, et qu’on peut cumuler les expériences, les compétences, et créer nos propres chemins. Auditrice, auditeur, si vous avez apprécié l’épisode avec Aude, vous pouvez la retrouver sur LinkedIn et sur Instagram à aude.design. Tous les liens sont dans les notes de l’épisode sur mon site internet. Et si vous avez kiffé l’épisode et que vous êtes toujours en train de nous écouter, vous pouvez lâcher 5 étoiles : ça aide vachement à propager l’épisode. Et vous pouvez l’envoyer à une copine, un copain, quelqu’un qui aurait besoin d’entendre que c’est possible de changer de voie tout en restant designer, tout en restant créatif. À dans 15 jours dans Celles qui créent !

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