Tu te sens illégitime à parler de ton projet entrepreneu rial ?

Tu as lancé ton activité créative « pour voir », tu hésites à en parler autour de toi, et tu te demandes si tu peux vraiment te présenter comme entrepreneure ? Spoiler : tu n’es pas seule.

Quand le syndrome de l’imposteur s’invite dans ta vie d’entrepreneure

« En fait, j’entreprends, mais je n’ose même pas te dire que c’est dans le tricot. »

Cette phrase, c’est celle de Noémie Jelly, aujourd’hui fondatrice de You Knit To Learn, une marque d’accessoires de tricot suivie par des milliers de passionné·es. Mais avant ça ? Une ancienne chercheuse au CNRS qui regardait ses pieds quand on lui demandait ce qu’elle faisait.

Si toi aussi tu minimises ton projet créatif, si tu te dis « c’est pas grand-chose, c’est juste… », si tu as peur du regard des autres quand tu parles de ton activité… cet article est pour toi.

Parce qu’en trois ans, Noémie est passée de « je n’ose pas en parler » à la création d’une communauté ultra-engagée, la publication d’un livre, et le lancement d’une marque d’aiguilles distribuée dans des merceries. Sans jamais quitter son job salarié.

Voici comment elle a transformé son « c’est pas sérieux » en « j’en suis fière », et ce que tu peux en retirer pour ton propre projet.

Josephine Knitting, 1916, Edmund Tarbell

Le mythe de l’entrepreneuriat « tout ou rien»

La peur qui bloque tant de créatives

« Moi, j’ai toujours associé l’entrepreneuriat à l’insécurité financière. Et ça me faisait très peur. »

Noémie vient d’une famille d’artisans – sa mère couturière, son père menuisier – mais pour elle, entreprendre rimait avec précarité. Le genre de croyance qui empêche des milliers de femmes créatives de se lancer.

Sa solution ? Ne PAS tout plaquer.

Le luxe de pouvoir tester sans pression

Quand Noémie lance sa marque en 2021, elle est en arrêt maladie suite à un burn-out. Elle a du temps, mais surtout : elle n’a aucune urgence financière. Et c’est ce qui change tout.

« Je n’avais aucune pression. Je me suis dit : je le lance, on verra bien. À aucun moment je me suis dit que j’allais en vivre. »

Cette absence de pression lui a permis de :

  • Tester différentes approches sans paniquer
  • Prendre le temps d’observer ce qui fonctionnait vraiment
  • Construire une communauté authentique sans être « désespérée »
  • Garder sa créativité intacte

Et si l’entrepreneuriat n’était pas forcément un saut dans le vide, mais pouvait être un pont construit progressivement ?

Ce qui fait vraiment grandir une activité créative (spoiler : c’est pas les stories parfaites)

Le pouvoir méconnu de résoudre de VRAIS problèmes

Noémie n’a pas lancé sa marque en se disant « je vais vendre des patrons de tricot ». Elle est partie d’une frustration concrète :

Des tricoteuses lui disaient : « T’as trop de bol d’avoir un club tricot près de chez toi. Chez moi, il n’y a rien. »

Sa réaction ? « C’est impossible. Des gens qui tricotent, il y en a partout. »

Et là, un dimanche soir à 23h (parce que c’est toujours à ce moment-là que les bonnes idées arrivent), elle découvre comment créer une carte collaborative avec Google Maps.

Résultat : Un simple Google Form qui alimente une carte interactive.

Low-tech. Artisanal. Efficace.

Aujourd’hui, cette carte a été consultée plus de 750 000 fois et a permis la création de dizaines de clubs de tricot partout en France et en Suisse.

Les 3 piliers qui font la différence

Après trois ans, Noémie a compris qu’elle ne gardait que les projets qui cochaient ses 4 critères non-négociables :

  1. Nourriture intellectuelle : Est-ce que ça stimule mon cerveau ?
  2. Nourriture créative : Est-ce que ça nourrit ma créativité ?
  3. Rentabilité économique : Est-ce que le temps passé en vaut le coup ?
  4. Dimension humaine : Est-ce que je collabore avec des personnes inspirantes ?

Si un projet ne répond pas à ces 4 piliers, elle ne le fait pas. Point.

Question pour toi : Quels sont TES critères non-négociables ?

L’angle qui change tout : créer ce qui n’existe PAS (même quand « hobbies tout a déjà été fait »)

Le syndrome du « ça existe déjà »

Combien de fois tu t’es dit « il y a déjà plein de gens qui font ça » ?

Noémie aussi. Sauf qu’elle a appliqué un principe simple mais puissant :

« Je ne crée que si j’apporte quelque chose de différent. »

Son exemple ? Les patrons « One Skein » – des modèles modulables pour tricoter n’importe quel foulard avec un seul écheveau de laine, quelle que soit l’épaisseur.

Le problème était connu. Des solutions existaient. Mais personne ne l’avait marketé exactement comme ça.

Résultat : Plusieurs centaines de ventes en quelques mois, et une reconnaissance sur ce format spécifique.

Comment trouver TON angle différenciant

  1. Observe les « petits cailloux dans la chaussure » de ta communauté
  2. Regarde ce qui existe déjà (ne réinvente pas la roue)
  3. Trouve ton positionnement unique : comment TU vas résoudre ce problème à TA manière
  4. Communique clairement sur ce qui te rend différente

Noémie l’a tellement bien fait qu’elle est maintenant connue comme « la spécialiste des chaussettes » et a même publié un livre sur le sujet.

Le deal qui change la donne : entreprendre ET garder son job

Quand les deux activités se nourrissent mutuellement

Aujourd’hui, Noémie occupe un poste à l’université où elle accompagne des étudiants entrepreneurs. En parallèle, elle gère You Knit To Learn.

Et contre toute attente, elle ne veut rien lâcher.

Pourquoi ? Parce que :

  • Son job lui apporte la sécurité dont elle a besoin pour rester créative
  • Son activité entrepreneuriale lui donne l’accomplissement créatif qui lui manquait
  • Les deux s’enrichissent mutuellement : elle enseigne l’entrepreneuriat et l’applique à son propre projet

« Je pourrais en vivre. Mais j’aime trop mon boulot. Et cette activité me nourrit, m’accomplit, et me rend fière. »

Le message qui déculpabilise

« On n’est pas toutes faites pour être entrepreneures à temps plein, et c’est OK d’avoir un boulot à côté. »

Si Noémie devait choisir entre 50/50 ou 100% sur son job, elle choisirait 100% sur son job. Parce que ça a du sens pour ELLE.

Et toi ? Est-ce que tu t’autorises à vouloir les deux ?

De « je regarde mes pieds » à « j’en suis fière »: le vrai parcours d’une entrepreneure créative

Le poids du regard des autres

« Pendant longtemps, quand les gens me demandaient ce que je faisais, je regardais mes pieds. Je me disais : c’est la honte, c’est le tricot. »

Cette phrase résonne chez beaucoup d’entrepreneures créatives. Parce qu’on a appris à minimiser ce qu’on fait. Parce qu’on compare notre activité à des « vraies entreprises ». Parce qu’on n’ose pas « gonfler le torse ».

Le déclic de la fierté

Aujourd’hui, quatre ans plus tard, Noémie peut dire : « Je suis fière de ce que j’ai fait. »

Pas parce qu’elle a levé des fonds. Pas parce qu’elle est passée à la télé. Mais parce qu’elle a :

  • Créé des outils qui ont permis à des milliers de personnes de se rencontrer
  • Aidé des merceries à maintenir leur activité malgré la concurrence d’internet
  • Publié un livre sur sa spécialité
  • Lancé sa propre marque d’aiguilles distribuée en boutiques
  • Construit une communauté engagée et authentique

Et tout ça en restant alignée avec ses valeurs et ses besoins.

3 questions à te poser si tu te reconnais dans cette histoire

  1. Qu’est-ce qui t’empêche vraiment de te lancer ? (Spoiler : ce n’est peut-être pas ce que tu crois)
  2. Quel « petit caillou dans la chaussure » observe tu régulièrement dans ta communauté ? (C’est peut-être ton angle différenciant)
  3. Quels sont TES 3-4 piliers non-négociables pour qu’un projet ait du sens pour toi ?

Pour aller plus loin : découvre le parcours complet de Noémie

Dans l’épisode complet de Celles qui créent, Noémie partage :

  • Comment elle a géré son burn-out et sa reconversion
  • Les coulisses du lancement de sa marque d’aiguilles (investissement, sourcing, stratégie B2B/B2C)
  • Sa méthode pour jongler entre job à temps plein, vie de famille avec 3 enfants, et entrepreneuriat
  • Les outils low-tech qu’elle utilise pour animer sa communauté
  • Ce qu’elle enseigne à ses étudiants entrepreneurs… mais n’applique pas toujours à elle-même

Durée : 45 minutes pour transformer ta vision de l’entrepreneuriat créatif

👉 Écoute l’épisode maintenant sur ta plateforme préférée

Et toi, qu’est-ce qui t’empêche encore de te dire « je suis entrepreneure » ? Partage ton expérience en commentaire – ta réflexion pourrait inspirer d’autres créatives qui se posent les mêmes questions.

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