Catégorie : Celles qui créent

  • 02 · Celle qui devient agente de femmes designers freelances · avec Nolwenn Nasri

    02 · Celle qui devient agente de femmes designers freelances · avec Nolwenn Nasri


    Peut-on créer un métier qui n’existe pas encore, juste parce qu’on en ressent le besoin ?

    Dans cet épisode, je reçois Nolwenn Nasri. Elle a été UX designer freelance pendant 10 ans… avant de pivoter vers un rôle inédit : agente de femmes designers freelances.

    Elle nous raconte ce virage professionnel (et personnel), son rapport à la vente, à l’autonomie, et les blocages spécifiques que rencontrent ses clientes quand il s’agit de vendre leur travail ou de faire évoluer leur activité.

    Tu vas découvrir :

    • Pourquoi elle a décidé d’arrêter l’UX malgré une carrière qui tournait bien
    • Comment sa maternité a déclenché une prise de conscience sur les inégalités dans le freelancing
    • Ce qui différencie selon elle les hommes et les femmes dans leur posture de vente
    • Pourquoi elle refuse d’être « porteuse d’affaires » et ce que signifie vraiment être agente
    • Ce que ses accompagnements changent dans la vie de ses clientes (avec un exemple concret)
    • Sa vision de la réussite : poser l’argent au centre de l’épanouissement professionnel

    Un épisode pour toutes celles qui veulent être indépendantes… mais pas isolées.

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    Bonus

    Transcription

    Manon Verbeke
    Aujourd’hui, je reçois Nolwenn Nasri, ancienne UX Designer Freelance, qui a décidé d’opérer un virage pro et qui s’est créé son métier sur mesure. Il n’existait pas dans son secteur, c’est Agente de femmes designer freelance. Dans cet épisode, elle nous parle, elle te parle de ce virage, ce nouveau rôle encore méconnu et de toutes les questions que se posent les créatives et notamment ses clientes quand il s’agit de vendre et de se construire une carrière d’indépendante épanouie.

    Salut Nolwenn, bienvenue dans Celles qui créent.

    Nolwenn Nasri
    Salut Manon, merci à toi pour l’invitation !

    Manon Verbeke
    Est-ce que je te viens de présenter ? Est-ce que c’est comme ça que tu te… que tu présentes ton métier ?

    Nolwenn Nasri
    Oui, je suis… J’étais justement en train de me dire que tu me vends mieux que peut-être moi-même, je me vends, je ne sais pas !

    Manon Verbeke
    Est-ce que ce n’est pas un peu tout ce que tous, tout ce qu’on fait?

    Nolwenn Nasri
    Non, c’est Non, non, mais c’est parfait. Tu m’as très, très bien présenté.

    Manon Verbeke
    Du coup, tu as 10 ans d’expérience en tant que UX et à moment donné, tu choisis de faire un pivot. Est-ce que tu peux nous raconter très rapidement cette expérience là, parcours d’avant et ce moment du pivot ?

    Nolwenn Nasri
    Ouais. Comme tu l’as dit, ça fait 10 ans que j’évolue dans le secteur du design au sens large parce que de base, j’ai une formation en DA, direction artistique. Et après, j’ai migré sur le terrain plutôt côté UX, en mode autodidacte. très vite, je me suis mise en freelance et arrivée au bout de 10 ans, fin 2024.

    J’ai une grosse période de remise en question parce que j’enchaînais les clients, j’ai un peu tout coché, les PME, les TPE, les startups, les grands groupes, avec moi des missions qui allaient entre un mois et six mois, max. Donc en fait, s’enchaînait. Vraiment, il y avait, je pense, une fatigue mentale aussi de ce côté-là. En parallèle de ça, je créais pas mal de contenu sur LinkedIn et donc ça attire aussi naturellement des collègues
    qui nous demandent des conseils, etc. Donc ça faisait déjà plusieurs années de façon informelle que je… je… que je répondais à leurs questionnements sur l’activité freelance, mais je le faisais pas vraiment à titre pro, quoi. C’était plus en mode comme ça, des petits conseils à droite à gauche. Et je sais pas, je me suis dit, arrivé au bout de 10 ans, où je me dis, en fait, je kiffe toujours le métier de designer, mais je n’aime plus… En fait, j’aime signer des missions.

    J’aime aller comprendre le prospect, mais par contre, j’aime pas faire la mission. J’en ai marre, je veux plus faire la mission. Ouais, et en fait, qui me plaisait le plus, c’était ça, c’était le côté que les freelancers n’aiment pas en général. C’est-à-dire l’emballage cadeau ou la vente en sens large. Et donc, ça m’a amené un petit peu à cette transition, d’accompagner. Alors, il a cette première transition, mais après, a aussi la transition femme. Je sais pas si on en reparlera à moment donné.

    Je voulais plus exécuter quoi.

    Manon Verbeke
    On peut en parler maintenant parce que c’est intimement lié à ton besoin de bouger les codes dans ta vie professionnelle. L’évolution de ta vie perso a poussé dans une direction. Vas-y continue par nous-en.

    Nolwenn Nasri
    Bah ouais, c’est ça. Non, mais en fait, moi, je suis devenue maman il a cinq ans et demi, donc j’avais déjà quatre ans de freelance à peu près derrière moi. Mais oui, ça venu chambouler plein de choses. J’ai découvert les fortes inégalités qu’il pouvait y avoir. Alors je cochais en plus la case du freelance plus maman. Donc comme j’étais freelance et que mon conjoint n’était pas, donc en plus, je…

    C’était mon activité qui en pâtissait. Donc il y a eu un peu une ouverture à tous ces sujets-là, aux inégalités, etc. il y a aussi cette… Je pense, cette volonté d’aider les femmes. Alors pas que maman, pour le coup, mais aussi parce que je me suis aperçue qu’on avait besoin peut-être de soutien. Il y a ce mot sororité qui est un peu galvaudé, mais enfin…

    le coup c’est vraiment ça quoi, c’est qu’on se tirait vers le haut et notamment par rapport à la vente où tu vois c’est un sujet où on n’est pas très à l’aise, enfin même moi on s’imagine, enfin moi la vente j’imagine tout de suite tu vois le commercial en costard la cinquantaine blanc enfin voilà qui va nous vendre son truc hyper hyper extraverti et moi c’est pas du tout comme ça que je suis pour autant

    Je pense que je me débrouille pas trop mal en vente puisque j’ai fait 10 ans de freelancing sans manquer de clients. tu y a aussi ce truc là qui est intéressant à transmettre.

    Manon Verbeke
    Du coup, c’est quelque chose que tu voulais aller chercher à travailler et accompagner des personnes qui sont aussi dans des oppressions et dans des modèles systémiques par rapport à des difficultés ? C’est-à-dire qu’il a la difficulté d’être freelance, d’être indépendante, plus la difficulté par rapport à ça d’être une femme freelance qui a des propres difficultés spécifiques ?

    Nolwenn Nasri
    Bien écoute, j’ai accompagné au départ des femmes et des hommes sur ce sujet de la vente, particulièrement dans le domaine du design. je note, alors je ne suis pas recherche, enfin tu vois, c’est la communauté que j’ai, Je ne suis pas sociologue, mais en tout cas, je note vraiment une différence de posture. fait, les hommes vont être plus, bon, tu me dis quoi faire, je le fais, je saute dans la piscine et je me rends compte qu’elle est froide, c’est pas grave. Alors que les femmes, ça va être plus, attends, tu me dis qu’il a une piscine, déjà pour commencer, que l’eau est potentiellement froide.

    que je vais d’abord mettre un orteil avant de mettre un pied, puis éventuellement tout corps. voilà, on y va. Et donc, il y a vraiment un sujet. Mais moi, pourquoi que les femmes ? Parce qu’aussi dans mon questionnement, cette réorientation de mon activité, je savais que je voulais aider les femmes, justement. Ça, c’était un truc qui me portait. Et je me suis dit, mais comment je peux aider les femmes ? Et je me dis, mais en fait, il faut qu’elles aient du fric. Enfin, c’est le sujet.

    C’est comment je peux aider les femmes ? En fait, il faut qu’elles aient de l’argent. C’est l’argent qui compte avant tout. Désolée, mais c’est un peu vrai quand même.

    Manon Verbeke
    L’argent c’est un moyen, est bien d’accord. Sans argent tu fais pas grand chose.

    Nolwenn Nasri
    C’est ça. Après, me dis que je ne pas investisseuse. C’est quoi mes compétences aussi par rapport à ça, sans moi tout remettre en question. J’ai aussi, moi-même, exploré des pistes de reconversion plus larges. Pareil, je suis maman. J’ai aussi des investissements. Je ne pas tout changer comme ça. C’est là où l’idée m’est un peu venue. Comment je peux aider ces femmes ? Déjà, j’ai une communauté de designers. Je suis designer, je sais de quoi je parle. Mon but, va être quoi ? De les aider à avoir des missions tout simplement en fait.

    en fait, ça fait ce travail de te dire, quelle sont mes compétences, quelle est ma mission, qu’est-ce que j’ai envie de faire. Donc tu t’es dit, ben je veux accompagner les femmes, je veux les aider à avoir plus d’argent pour qu’elles puissent être plus indépendantes, plus équilibrées, avoir une meilleure vie. Et tu t’es dit, ben quelle sont mes compétences. Et pour moi, je pensais que ça devait être évident, cette question du mentorat, parce que ça fait un bout de temps que je te vois m’entourer en off, accepter des cafés, accepter des petits better call null when en version mentor freelance mais en fait du coup c’était pas si évident que ça pour toi tu as vraiment fait ce travail de causer tes compétences vers ce que tu veux apporter dans le monde aux femmes

    Oui, parce qu’en fait, moi, j’ai une forte quête de sens de base où j’ai l’impression que je veux changer le monde. Il a un peu ce truc de je veux changer le monde, etc. Je que ce large. Et je ne plus où j’avais entendu dans un podcast quelqu’un qui disait, mais en fait, moi, je fais juste ce pourquoi je suis douée, ou en tout cas, j’ai des compétences. Et en fait…

    Ça sert déjà, ça aide déjà. au lieu de me dire, parce que moi je partais dans des trucs, en mode je vais ouvrir un lieu, je vais peut-être faire déménager toute la famille, je créer des événements, enfin bref, où je me suis même dit tiens, je vais être prof, je vais être instite, enfin là j’ai vraiment, j’ai tout exploré. Et en fait, là je me dis mais attends, pourquoi tu cherches, juste, c’est quoi tes compétences ? Comme si tu vois au départ, je me dis mais ça ne suffit pas, ce que je sais faire c’est même… Là aussi je me dévalorisais finalement un petit peu.

    Manon Verbeke
    Le fameux « On sauve pas des vies ». Est-ce que notre métier a encore de la valeur ?

    Nolwenn Nasri
    C’est ça, Donc ouais, non, ça n’a pas été si évident que ça, finalement. D’assumer vraiment pleinement, ce virage.

    Manon Verbeke
    Donc toi, de t’assumer aussi dans ce virage. C’est quelque chose que tu vois spécifiquement dans tes clients aussi, le fait d’assumer une expertise, d’assumer une antériorité, une expérience.

    Nolwenn Nasri
    Oui, non mais en fait la difficulté, elle est là pour toutes, je pense. Et c’est pour ça que moi, la mission que j’ai quand j’accompagne ces femmes, c’est de se valoriser, mais par l’action. Il y a cette notion de faire les choses. Tu vois, moi, j’aurais pu attendre d’être vraiment encore ultra sûre de ça, de refaire un bilan de compétences pour nanin. Et en fait, je me suis dit, je vais quand même tenter. Et j’ai tenté en disant à travers un poste qu’effectivement j’arrêtais l’UX et que je lançais mon activité d’agente, j’étais enceinte de huit mois de ma deuxième fille à ce moment-là, je savais que j’allais partir en congé. Et en fait, si je m’écoutais, j’aurais attendu mon retour de congé mat. Et je me suis dit, bah non, en fait, tu sais quoi ? Oui, je vais mettre sur pause, potentiellement, du coup, je vais avoir plein de prospects que je vais pas adresser parce que j’aurai pas le temps, mais au moins, je vais juste essayer d’attacher le terrain. Et je l’ai fait, quoi.

    Et en fait, c’est ça aussi que j’essaie de transmettre par l’accompagnement, mais c’est vraiment de se valoriser, parce qu’on attend ça à se dire, on va se valoriser, va attendre, enfin, va attendre d’être bien, d’être confortable, d’avoir confiance pour faire ce travail. En fait, on a du mal à se dire que ça peut être le chemin qui fait que c’est ça, que ça permet cette confiance et donc la valorisation. C’est un peu…

    Le juste milieu entre ne pas atteindre d’être experte de quelque chose pour pouvoir se montrer au monde et accepter la vulnérabilité de dire je suis en construction, je vais construire avec toi. Et donc de trouver les bons leviers aussi parfois, on peut par exemple utiliser des formats bêta-test ou des tarifs un peu différents parce qu’on est en construction et donc du coup, on se sent pas encore 100 % légitimes.

    J’avais une question pour toi par rapport spécifiquement à ce métier d’agent que tu que tu as que tu as les piocher dans d’autres secteurs.

    Manon Verbeke
    Ce que je comprends, c’est qu’il une grosse part de, j’aime pas ce mot, mais de mindset, de travail de la pensée, de la posture, mais aussi du commercial, parce qu’en fait, tu fais pas forcément à la place d’eux. C’est-à-dire un agent d’illustrateur, souvent il fait à la place d’eux. t’es plutôt dans le genre accompagné, vendre autonome. Comment tu trouves le…

    Comment tu travailles ? C’est quoi le milieu pour toi entre représenter et rendre autonome la personne ?

    Nolwenn Nasri
    Ouais, ben en fait, je dis souvent, j’oppose le métier, enfin en tout cas moi, ma vision de l’agente à la porteuse d’affaires. Donc je ne suis pas la porteuse d’affaires, je suis agente. Et en fait, pourquoi je tiens à garder ce mot, même si j’ai conscience aussi qu’au départ, on peut penser que c’est du coup ta porte les affaires, c’est que moi, il a tout un travail de posture. Et en fait, la posture, justement, sur le fait de rendre autonome les femmes, parce que moi, justement, je veux pas qu’elles dépendent de moi. Si je leur apporte des affaires, si toi, Manon, aujourd’hui, je te dis, je t’apporte ton chiffre d’affaires.

    Mais en fait, c’est très bien pour toi, sauf que demain, on arrête de travailler. Tu fais quoi ? Tu sais pas faire. pour moi, c’est pas du tout le rôle d’agent pour moi. Donc effectivement, je suis plutôt à côté de toi et ça me semble un peu plus important. En tout cas, pour servir ma vision, tu vois, aussi de l’autonomie.

    Simon, si tu étais juste apporteuse d’affaires, c’est à l’inverse de ce que toi tu prends et de ce que tu vas chercher à faire sur le monde et sur les femmes en général.

    Et oui, parce qu’en fait, peut-être que les agents d’artistes, ils peuvent réussir à avoir ce modèle d’affaires en apporteurs d’affaires commissions. Pas parce que c’est des contrats qui sont très gros. Mais là, moi, en fait, on sait très bien que dans le milieu du design, je ne pas t’apporter un contrat à 100 000 euros. Donc du coup, moi, ça veut dire que si je me prends 10 %, c’est des maths, mais du coup, sur une mission de 10 000, déjà 10 000, il faut aller la chercher.

    Bon, ça m’apporte que mille. Donc, franchement, du coup, ça voudrait dire que je serais obligée d’être beaucoup plus dans la… En mode RH, pas RH, mais en tout cas recrutement. Et donc, on n’aurait pas le temps de travailler toute cette histoire de posture, de confiance, etc. Donc, pour moi, ça prime.

    Manon Verbeke
    Donc du coup, actuellement ton métier, comme tu te le définis, d’agent de designer freelance, il est plus du côté du mentorat et du coaching et de l’accompagnement que du côté placement de freelance auprès de clients.

    Nolwenn Nasri
    Oui, c’est ça. Après, je vais avoir rajouté une brique. Là, ça rejoint aussi l’option d’action parce que je suis en train de créer l’offre en même temps que j’avance. Mais il a une partie veille aussi qui va être assez forte quand j’aurai un petit peu plus de temps. Je sortirai de ma face bébé. Ou je vais aussi aller auditer. Moi, j’ai aussi un bon réseau de clients, donc c’est aussi d’aller auditer sur les nouveaux besoins, notamment avec l’arrivée de l’IA.

    Je vais aussi entamer une formation sur l’IA avec les process, enfin, comment tu peux revoir tes offres en tant que UX, en tant que producte et brand avec l’IA. Donc, je vais aussi me former là-dessus parce que je veux savoir de quoi je parle. Et l’idée, c’est aussi de permettre de déceler des opportunités, fait, avoir un peu côté visionnaire. Sauf que moi, je vais pas le faire pour moi, je vais l’adresser à mes clientes.

    Manon Verbeke
    C’est intéressant parce que du coup, c’est quelque chose qu’a priori, en tant que UX designer ou en tout cas designer freelance, t’as pas trop le temps. T’essayes d’être un peu en avance, de regarder, de rester dans l’air du temps, de poser potentiellement, d’aller adresser des besoins qui sont pas encore exprimés chez les clients. Mais globalement, on est plutôt dans un format action-réaction. On nous demande un petit peu de choses, répond « ok, voilà le devis

    Nolwenn Nasri
    Oui, ou on se valorise pas, parce que moi, j’accompagne des clients qui touchent aux IA, mais qui vont pas se dire, en fait, ça peut devenir une offre, en fait, je peux l’enrichir, je peux le mettre dans mon discours commercial, je peux en faire quelque chose de plus valorisant, fait. Avoir juste se dire, bah ouais, c’est un petit outil en plus, mais en fait, c’est aussi détecter les opportunités du marché et se dire, attends, c’est ça qu’ils veulent, tes clients. Donc vas-y, appuie sur, du marketing aussi quelque part, un peu.

    Manon Verbeke
    C’est complètement du marketing de freelance. C’est comment marketer. Je me rappelle d’un bel exercice où finalement l’idée c’était de raconter ce que tu avais, ce que tu mettais en place pour tes clients dans l’ensemble de ton expertise, de ton accompagnement. Et la personne en face du coup, tu faisais un feedback sur les points qui lui semblaient hyper cool et différents. Et c’est pas toujours ce que toi tu mettais en valeur dans ta manière de présentation de ton service. Donc on a peut-être certainement tous des manières de faire qui sont des points pertinents pour nos clients. J’ai peut-être que dernière question, est-ce que tu pourrais nous raconter une transformation d’une cliente ? C’est qui tous vos clients ? Et peut-être du coup maintenant tu as déjà exploré un peu ce nouveau métier. Est-ce que tu peux nous raconter un cas client ?

    Nolwenn Nasri
    Ouais, alors ça va pas être facile de choisir parce que donc du coup tu dis qui sont mes clientes. J’ai deux typologies de clientes. Disons que les clientes qui ont peur de passer à l’action, qui sont plus figées justement parce qu’une attente vraiment de perfectionniste tu vois, mais du coup je sais pas quoi faire. Donc là l’idée c’est vraiment de les aider à… Là, pour le coup, on est très mindset, fait, sur comment tu dépasses tes blocages, etc. Donc là, c’est assez flagrant, en général, ces personnes-là. Je pense notamment à une où, en fait, elle très douée dans son domaine et, en fait, on travaille toujours le vision board au début. Souvent, les créas, on voit bien le vision board, donc, visualisation d’images inspirantes qui vont vers la projection du soir en futur, quoi. Souvent, on le fait pas pour soi-même, d’ailleurs.

    Manon Verbeke
    Ben, exercice sympa si… Voilà, pour celles qui nous écoutent.

    Nolwenn Nasri
    Non mais c’est ça, c’est ça. Et donc là, elle fait son vision board et elle met la photo d’une femme en posture déjà debout, en mode un peu smoking, enfin, femme d’affaires, quoi. Qui regarde droit à la caméra. elle me dit, j’aimerais être cette femme-là. Et en fait, à chaque fois, ces offres, elle allait faire systématiquement, par exemple, des réductions. Enfin, alors qu’on ne lui demandait pas, mais c’est-à-dire qu’elle allait, par exemple,

    de dire, allez, je te connais, je te fais une petite promo, alors que le prospect n’avait pas forcément demandé. Donc, rien que ça. en fait, moi, c’est la ramener toujours à cette image-là. chaque fois qu’on se parlait, c’était, toi, tu dis ça, mais cette femme-là, dans l’image, qu’est-ce qu’elle dirait ? Ben ouais, c’est vrai. En fait, elle le ferait. Elle a mis en place un système de freebie, sorte de cahier de vacances pour justement auditer son identité visuelle pour les prospects.

    Et en fait, elle avait très peur de lancer ce truc-là, justement parce que… Peur d’un flop, peur d’échec, globalement. Et donc, c’est se ramener à cette image-là. Elle a lancé, elle a eu des leads. Enfin, en fait, c’est intéressant. Enfin, moi, en tout cas, je pense à cet outil-là qui est intéressant, notamment pour ces personnes, ces femmes qui ont du mal à passer à l’action. Et du coup, la deuxième typologie, c’est vraiment ce que représentent mes deux facettes, en fait.

    Deuxième typologie, c’est le feu. J’ai l’action, j’ai quand même confiance, mais par contre, fait, ça part dans tous les sens parce que j’ai plein d’idées et en fait, du je m’éparpille. Je m’éparpille, je ne pas ce qui est le bon retour sur investissement. Je suis épuisée parce que je tente plein de trucs, mais du coup, ça marche pas vraiment. Donc, en fait, c’est plutôt la recherche de l’efficacité d’un retour sur investissement. Donc ça, c’est des freelances qui sont un peu plus posées dans l’activité aussi. Tu vois, ça fait quatre, cinq ans. a…

    ça tourne un peu et il y a besoin d’un… Elles sentent que le vent tourne un peu, le marché commence à être saturé, il faut faire quelque chose, il resserrer ses actions. Et donc là, on est beaucoup plus sur de l’opérationnel, tu vois. On va auditer les messages qu’elles envoient au prospect, on va… Parce que souvent, ça peut être des messages un peu… Donc c’est plutôt ramené de l’âme aussi.

    Manon Verbeke
    Ok, je tout à fait. Donc tu as vraiment deux typologies de cliente et l’idée c’est que à travers l’accompagnement, si je comprends bien, à travers l’accompagnement, ton objectif c’est de faire en sorte de ne plus être indispensable à leur activité, c’est que elle puisse continuer à évoluer sans toi. Donc du coup, quand tu construis ton offre, j’en profite pour poser cette question là, tu la construis en ayant ça en tête, c’est à que tu ne peux pas avoir de récurrence a priori. Comment tu fais ?

    Nolwenn Nasri
    Ouais, je réfléchis à la récurrence parce qu’aujourd’hui, ces accompagnements qui sont entre trois et six mois, et donc effectivement, c’est un peu du one-shot. Après, moi, j’ai en tête peut-être d’avoir peut-être une offre avec des points réguliers de temps en temps. J’ai aussi le côté événementiel que j’aime beaucoup. Donc pourquoi pas organiser des séminaires, ce que je faisais déjà sur un autre projet, spécifiquement pour mes clientes.

    Enfin en fait il a plein de choses, ça peut ouvrir pas mal de sujets.

    Manon Verbeke
    Donc on est d’accord que du coup tu as une offre qui amène pas forcément l’occurrence, donc tu as la nécessité d’aller réfléchir à soit comment tu fais un apport régulier, soit comment tu viens créer une récurrence qui est enviable et qui donne envie de revenir.

    Nolwenn Nasri
    Ouais, mais tu sais que c’est rigolo parce que j’avais justement au départ, enfin j’ai toujours deux offres dont une c’est de la délégation complète. Donc effectivement, c’est presque, enfin c’est du ghost writing, LinkedIn, prospection générale. Les femmes en général me contactent pour cette offre-là et quand on parle, quand on parle, fait, elles veulent plutôt l’autre être accompagnée et pas dépendre de… Mais ce qui est très drôle parce qu’au départ, c’est vraiment celle-ci qu’elles veulent, tu vois, quand elles me contactent.

    Donc c’est assez rigolo aussi, tu termes de posture. En fait, j’en peux tellement plus, je sais tellement pas comment faire que ça m’arrange que tu me délaisses de tout ça. Et puis en parlant, ils vont dire… En fait, j’ai quand même envie de prendre les reins du truc. OK, j’ai juste peur, mais je vais quand même le… Enfin, voilà, si t’es là, je peux… Et donc c’est intéressant aussi, ce changement de posture.

    Manon Verbeke
    Ok, ok, vois. Dis-vous, tu as presque cette première offre qui va te servir d’aimant et ton travail à toi, si je reviens à la vente finalement ton travail à toi à ce moment-là c’est de leur faire comprendre et de leur faire clarifier ce dont elles ont vraiment besoin. Quand t’as son j’imagine en état d’épuisement et de… vas-y.

    Nolwenn Nasri
    J’ai besoin de changer ? En marketing, on dit qu’il faut leur donner ce dont elles ont besoin, mais pas ce qu’elles veulent. Enfin, il faire peu les deux. En gros, aussi les services qu’elles veulent, mais en gros, elles te payent pour ce qu’elles ont besoin. C’est un peu ce truc où à la fois ce qu’elles voudraient, c’est clairement pas du tout géré. Moi, mon travail, c’est de leur dire que si, parce qu’en fait, a une silence, il faut le gérer. Mais…

    En fait, je vois vraiment la notion… La notion d’armement, peut-être pas très cool en image, mais c’est vraiment outillé, va dire soutillé. en fait, c’est leur donner les outils. Parce que si aujourd’hui, elles ont peur et qu’elles veulent tout déguer, c’est parce qu’elles ont pas les outils ou elles les utilisent mal. Donc, en fait, c’est tout simplement, OK, t’as cet outil-là ou tu l’as peut-être pas encore, moi, te dis que c’est celui-ci, il faudra l’utiliser comme ça. Du coup, c’est un peu plus… Ça fait un moins gros morceau, quoi, pour elle aussi.

    Manon Verbeke
    Ok c’est hyper intéressant de les prendre par la main et les accompagner dans le fait d’identifier le bon service. Je dis ça peut-être projeté pour vos clients ceux qui nous écoutent. Dis-moi c’est quoi pour toi réussir, c’est quoi pour toi une carrière épanouie Pour toi

    Nolwenn Nasri
    C’est trop drôle que tu me poses cette question. Non, bah écoute, pour moi, c’est d’avoir du chiffre d’affaires. Il a quelque temps, j’aurais pas assumé de te dire ça, j’aurais dit, bah, Nika, si c’est quand t’es aligné, nan, nan, oui, mais en fait, en vrai, c’est quand t’as de l’argent. L’objectif financier, tu le mets où tu veux. Ça, c’est chacun. Mais en tout cas, c’est d’avoir un chiffre d’affaires convenable. Pour moi, c’est ça, en fait. Ça passe par là, l’épanouissement.

    Manon Verbeke
    D’accord. D’avoir le chiffre d’affaire qui te permet de pouvoir vivre la vie que tu veux vivre.

    Nolwenn Nasri
    Ouais, pour moi c’est de placer la réussite financière comme moteur de ton épanouissement, tu vois.

    Manon Verbeke
    Ok, j’aime, j’aime, j’aime, j’aime. Allez, on arrive sur le mot de la fin, dis-moi, si tu devais écrire un message, tu vois genre, t’es dans un espace de coworking, il a plein de meufs créatives indépendantes qui sont là qui bossent, si tu devais écrire un message immense sur un méga beau poster derrière, tu écrirais quoi ?

    Nolwenn Nasri
    waouh ! Tu aurais pu me demander avant !

    Manon Verbeke
    J’avoue, j’avoue. Non mais c’est parce que la question, je l’ai écrite tout à l’heure et j’étais hyper contente.

    Nolwenn Nasri
    Pour moi, c’est n’ayez pas peur de vouloir gagner de l’argent, en fait.

    Manon Verbeke
    L’argent c’est pas mal? C’est ça? Ok, ben go alors! C’est pas grave, elle pas hyper bien dite, mais il une question autour de l’argent, c’est genre, on écrirait « l’argent c’est pas mal. L’argent c’est beau, n’ayez pas peur. »

    Où est-ce qu’on peut te suivre Nollwenn et comment est-ce qu’on peut te contacter aussi si on veut éventuellement travailler avec toi ?

    Nolwenn Nasri
    Clairement LinkedIn, la porte est ouverte. Moi, c’est là-dessus que je suis la plus active et que je réponds à tous les messages. Donc à fond LinkedIn.

    Manon Verbeke
    Je vous mettrai ça dans les descriptions de l’épisode. Est-ce qu’il a une personne que je devrais inviter au micro de ce podcast ? Tu peux prendre quelques secondes pour réfléchir, je t’ai pas posé la question avant.

    En créant à quoi ? Des personnes… Une femme créative qui casse les codes ou a quelque chose de différent dans sa manière de travailler.

    Nolwenn Nasri
    Bah si, ma grande pote après, je la recommande souvent, mais… Laetitia Bouloch, Grand Factory. Parce que… Très dans l’humour, elle est directe.

    Manon Verbeke
    Et puis elle a une approche produit aussi, elle crée. Merci beaucoup. Je suis ravie qu’on ait réussi à enregistrer parce qu’on a tous les deux des agendas chargés et ça aurait été tellement dommage de devoir reporter. Merci beaucoup d’avoir pris ce temps.

    Nolwenn Nasri
    Merci.

    Manon Verbeke
    J’espère que les auditrices auront apprécié… Non, les auditeurs aussi. Je sais qu’il y a des auditeurs aussis. …auront apprécié le partage et si vous avez des questions complémentaires, ne harcelez pas Nolwenn sur LinkedIn, mais vous pouvez aller poser quelques questions. Voilà, merci beaucoup à toutes et restez créatives.


  • 01 · Celle qui procrastinait

    01 · Celle qui procrastinait


    Tu crois que tu procrastines parce que t’as pas le temps ?
    Moi aussi, je l’ai cru… jusqu’à ce que je comprenne que derrière chaque projet repoussé, il y avait une émotion non gérée.

    Dans ce tout premier épisode de Celles qui créent, je te raconte comment j’ai réussi à lancer ce podcast après l’avoir laissé dormir des semaines dans mes brouillons. Je te partage les 6 peurs les plus fréquentes chez les entrepreneures créatives – peur de l’échec, du jugement, de réussir, d’être illégitime, de l’irréversibilité ou de l’inconnu – et surtout, comment les désamorcer avec douceur.

    Pas de culpabilité ici : on va plutôt comprendre ce qui se joue dans notre cerveau, et remettre un peu de mouvement dans nos projets.
    Spoiler : j’ai dansé sur Princess Chaos avant d’appuyer sur “Record”. Tu peux faire pareil.

    Si toi aussi tu bloques sur un projet, cet épisode est pour toi.

    Liens utiles

    Bonus

    En mode « silent disco », les écouteurs dans les oreilles

    Transcription

    Manon Verbeke (00:00.43)

    Tu me crois si je te dis que j’ai mis des semaines à enregistrer ce premier épisode de podcast ? J’ai écrit des listes d’idées de premiers épisodes, des premiers invités, je testais des tas de logiciels, des process d’enregistrement, j’ai refait mon plan de stratégie de lancement beaucoup trop de fois. J’ai demandé des conseils à droite à gauche sur LinkedIn auprès de mes collègues, de mes amis, avec toujours cette fichue à impressions que cliquer sur enregistrer c’était trop coûteux, la marche était trop haute.

    À chaque fois, j’avais une excellente raison de ne pas m’y mettre, de ne pas enregistrer, de repousser à deux mains. Il y avait toujours plus important, plus urgent, c’était jamais le bon moment. Il fallait relire les scripts, répondre à tel client en urgence ou carrément repeindre un mur chez moi. Le comble de l’urgence, tu seras complètement d’accord avec moi. Et pourtant, aujourd’hui, on est à la veille de la sortie de ce podcast et il va sortir coûte que coûte. J’ai enregistré cet épisode.

    C’est sûr de sûr que quand on est au dos du mur, à moment donné, on n’a plus le choix. Et je sais, je sens que ce projet est important pour moi et qui touche à des choses qui me mettent un peu dans un inconfort. Je l’ai choisi, on est bien d’accord. Donc je suis allée fouiller à l’intérieur de moi, suis allée revoir, comprendre ce qui se passait en termes de peur, qu’est qui finalement me faisait peur et forcer cette procrastination.

    Et en ayant identifié ce qui me faisait peur, j’ai pu choisir les bonnes actions pour me mettre ce petit coup de pied aux fesses dont j’avais besoin. Ok, cette intro est déjà un peu trop longue. Je suis sûre que tu t’es déjà retrouvé dans cette situation. Tu repousses un projet que t’as pourtant vachement envie de lancer et tu te que t’as pas le temps ou que ceci ou que cela, alors qu’en fait, il te manque peut-être juste ce petit truc que t’as pas encore identifié et qui te met des bâtons dans les roues. Écoute la suite parce que cet épisode, il est pour toi et ton cerveau de créa. Je vais te raconter comment j’ai débloqué

    Je vais te raconter comment j’ai débloqué le lancement de ce podcast, alors que je l’avais laissé dormir dans mes brouillons pendant des semaines. Je te partager les 6 peurs les plus fréquentes qui déclenchent la procrastination chez les entrepreneurs créatifs comme toi et moi. On passera en revue rapidement chaque peur, comment elle se manifeste et je te donnerai un outil ou un geste simple pour te remettre en mouvement. Si tu t’es reconnu dans ce que je viens de dire, c’est probablement qu’une ou plusieurs de ces peurs s’activent parfois chez toi. Et ça va, t’inquiètes, t’es pas toute seule, t’es juste humaine.

    Manon Verbeke (02:32.334)

    Ok, c’est le moment d’être honnête. J’ai pas procrastiné parce que j’avais pas assez de pas assez d’énergie, ce qui peut arriver. J’ai procrastiné parce que j’avais trop d’attentes. Je voulais que le son soit parfait, que le ton soit pro mais pas chiant, que le jingle soit hyper classe, que la voix soit douce, pas crispée, pas trop aiguë, pas trop… tu sais, genre amateur. J’avais vraiment envie de venir me poser avec une posture de professionnelle. Sauf que des podcasts, j’en ai jamais fait.

    Donc, clairement, j’avais énormément d’attentes pour ce premier épisode. Et puis, j’avais peur de pas être légitime. Quoi toi, peur de pas être légitime ? Ouais, j’avais peur de pas être légitime parce que ce podcast, c’est le premier, la première brique vers une posture de coaching que j’ai commencé à travailler, mais c’est la première fois que je le dis haut et fort au monde. Oui, j’accompagne les entrepreneurs créatives et je le fais déjà, mais c’est la première fois que je me montre.

    comme telles face au public. Et c’est grave flippant. J’avais méga peur. Peur de mal faire, peur de pas être légitime, peur de faire mal aux gens en leur donnant des mauvais conseils ou en leur disant des choses qui pourraient les faire culpabiliser, peur que ce soit pas assez qualitatif ou que les gens ne soient plus au rendez-vous auprès des premiers épisodes parce que ça ne les intéresse pas, peur de décevoir. Bref, pas mal de peur qui sont très inconfortables.

    Et c’est exactement ça la cause de la procrastination. Les spécialistes du sujet comme Tim Peckel, qui a écrit « Solving the procrastination puzzle », montrent que la procrastination, c’est pas un problème de gestion du temps. C’est avant tout un problème de régulation émotionnelle. Quand on procrastine, on ne fuit pas une tâche, on fuit l’émotion négative que cette tâche va provoquer. L’ennui, le doute, la peur de mal-faire, la frustration, l’anxiété.

    Peckel explique qu’on procrastine pour se sentir mieux sur le moment, une sorte de satisfaction immédiate, même si on sait que ça nous fera plus de stress plus tard. Et hop, petit effet boomerang dans ta tronche. C’est un cercle vicieux qui finit par s’installer de culpabilité, d’autosabotage, de fuite, de re-culpabilité et ainsi de suite. Je sais pas si tu le connais, mais moi je le connais pas trop mal, celui-là. On n’est pas fainéantes, on veut juste éviter de ressentir la peur, le doute, la honte, l’anxiété.

    Manon Verbeke (04:58.446)

    Est-ce que t’es prête ? Voici les 6 peurs les plus fréquentes chez les entrepreneurs créatives et comment les désamorcer une par une.

    La première peur dont je veux te parler, c’est la peur de l’échec, évidemment. Tu te dis, et si je me plante ? Et si personne n’écoute ? Et si je suis nulle ? Moi, elle m’a un petit peu animée, j’avais vraiment peur. J’ai vraiment cette peur finalement que les gens désertent après le premier épisode en se disant que ce n’était pas ouf. Cette peur, active le biais d’auto handicap, presque de l’auto sabotage. On préfère ne pas essayer du tout, plutôt que d’échouer et de se dire qu’on n’est pas à la hauteur à la fin.

    La possibilité même qu’on puisse éventuellement à la fin échouer est tellement flippante qu’on préfère ne même pas essayer. Parce que si on se plantait, on entacherait notre propre estime de nous. Donc on préfère ne pas le faire du tout. Est-ce que c’est ça que tu vis parfois ? Si oui, ce que tu peux faire, c’est te dire que tu lances une version brouillon, une version test. Ça te permet d’enlever de la pression sur la qualité du résultat que toi t’attends, mais aussi que tu fais attendre aux autres.

    L’autre chose que tu peux faire, c’est d’éviter de faire du building public. Le building public, c’est cette pratique qui consiste à dire et à construire aux yeux du public, sur les réseaux sociaux, par exemple, d’exprimer au fur et mesure qu’on construit quelque chose, sa formation, son offre et de raconter les hauts, les bas, les erreurs. Si c’est quelque chose qui te paralyse, la peur de l’échec, évite le building public parce que ça va te mettre dans une situation où tu vas parce que tu dois

    Tu t’es dit que tu devais raconter aux autres, tu vas te mettre des freins pour ne pas avancer, pour éviter d’aller raconter les erreurs, parce qu’il y en aura forcément des erreurs. Dans tous les cas, dis-toi que ce pas un lancement, que ce n’est pas une grosse chose, c’est une première étape, c’est un test. Essaye de trouver un moyen de minimiser les attentes que toi tu as par rapport à la qualité de ce que tu veux faire sur cette action, sur ce projet que tu procrastines.

    Manon Verbeke (07:02.176)

    Pour moi, ça a été tout simplement de me dire, bah, c’est tout : Il va être publié. Le son, sera pas parfait. Et c’est pas grave. Dans quelques épisodes, dans une saison, je trouverai un monteur et je serai mieux. Et pour l’instant, je vais apprendre toute seule. Et tant pis si ça vous fait mal aux oreilles. Je suis vraiment désolée. Retiens que ta valeur ne dépend pas de la réussite de ton projet, de cette chose que tu procrastines. Dans tous les cas, tu vas gagner en compétences et ce sera une victoire sur ton cerveau. Tu l’as fait.

    On enchaîne avec la peur numéro 2, la peur de réussir. Je sais, tu dois être en train de te dire mais Manon, qui a peur de réussir ? Mais en fait, crois-moi, pas mal de gens et certainement toi. La peur de réussir, c’est ce fameux syndrome de l’imposteur, tu sais ? Ce truc de… Non mais attends, comment ça se fait qu’il a personne qui se rend compte que je suis un imposteur, que j’ai pas du tout les compétences ? T’as réussi, t’es arrivé à un endroit et arrivé à cet endroit, finalement tu flippes.

    Tu flippes de pas avoir les compétences, tu flippes que les gens pensent que tu n’as pas les compétences. T’es exposé à plus de regards, à plus de monde et les gens ont aussi plus d’attentes. En tout cas, tu as l’impression que les gens ont plus d’attentes envers toi. Résultat, tu te sabotes avant même que ça marche, pour éviter que ça marche. Ce que tu peux faire, c’est redéfinir ta version du succès. Par exemple, c’est peut-être pas vendre 10 places à 2000 euros ou avoir 10 000 abonnés sur Instagram. C’est peut-être juste…

    Oser l’avoir fait, c’est peut-être juste avoir publié tous les jours, c’est peut-être juste avoir envoyé ce mail à un prospé, c’est peut-être juste oser prendre la parole en commentaire pour défendre les intérêts et les valeurs que tu crois. Bref, c’est peut-être juste être toi dans tes positions et tes valeurs, et t’assumer et c’est déjà énorme. Une autre manière de vaincre cette peur, c’est de prendre la posture de l’explorateur plutôt que la posture de l’expert.

    Alors, c’est pas toujours possible dans toutes les situations, parce que si tu te dis expert de quelque chose, bien, il est compliqué de prendre la posture de l’explorateur. L’explorateur, c’est celui qui documente ses apprentissages et ses erreurs. C’est celui qui documente avec curiosité ce qu’il a découvert, ce qu’il a appris pour le montrer aux autres. C’est, je pense, la posture que je vais prendre en coaching, c’est à dire que j’ai des compétences et des casquettes en design, en business. Par contre, la posture de coaching, c’est quelque chose que je suis en train d’apprendre.

    Manon Verbeke (09:25.742)

    Et là-dessus, j’ai clairement un sentiment d’imposture que je vais pouvoir baisser en étant dans une posture de, regardez, j’apprends et je vous montre ce que j’apprends. La peur du jugement, parlons-en. Tu te dis, et si mon ancienne cliente me trouvait trop cher ? Et si les autres freelances me trouvaient prétentieuse ? Et si quelqu’un parlait mal de moi ? Ton besoin d’appartenance entre en conflit avec ta volonté d’affirmation et c’est archi normal.

    Vendre, s’afficher, c’est s’exposer au regard des autres. C’est vraiment pas confortable. Ce que tu peux faire, c’est te dire que tu parles pas à une foule, mais juste à ta personne idéale, à ton prospect ou ta cible ou ton client idéal. La personne qui va lire ta newsletter toute seule chez elle et qui va se dire c’est exactement ça qu’il me faut. Les autres, sont pas invitées à ta table. Et tu sais, c’est un des trucs qui m’a débloquée et…

    C’est un des trucs qui m’a débloqué pour lancer le podcast, pour enregistrer ce premier épisode de podcast. Quelqu’un m’a dit Manon, il a des personnes qui attendent d’entendre ce que toi t’as à dire. Elles sont là à attendre que tu sortes ce premier épisode de podcast. Elles ont besoin de l’entendre et elles t’attendent. Let’s go.

    La peur de ne pas être légitime. Tu te dis peut-être mais qui je suis pour proposer cette nouvelle offre ? Moi j’ai que deux ans d’expérience, il y en a d’autres qui le font tellement mieux que moi. Ou alors je ne maîtrise que Canva, je ne connais pas les vrais logiciels de design. Ou alors je suis une créative autodidacte, j’y connais rien en stratégie de marque ou je ne sais quoi. Ton cerveau, il fait la liste de tout ce que tu maîtrises pas encore au lieu de reconnaître déjà tout ce que tu sais faire et tout ce pourquoi tu es compétente.

    C’est un magnifique biais de comparaison interne et le théoroparfait pour un syndrome de l’imposteur comme on les aime. Tu compares ton brouillon à la vitrine léger de quelqu’un qui a déjà 10 ans d’expérience, une équipe, un portfolio, des gens qui ont pas forcément la même réalité que toi ou qui sont même pas au même moment de leur carrière ou de leur vie que toi. Qu’est que tu vas te comparer ? Bref, ça te fige et c’est normal.

    Manon Verbeke (11:40.328)

    Ce que tu peux faire, c’est faire une pause. Déjà, t’arrêter, écrire.écrire la liste des choses que tu sais faire, que tu maîtrises, ce pourquoi tu es expert ou expert en devenir. Il y a forcément des points que tu fais vachement bien et les choses, c’est les choses pour lesquelles tes collègues, tes amis, clients viennent te chercher.

    Manon Verbeke (12:09.934)
    Ensuite, entend ça : t’as pas besoin de connaître tel ou tel logiciel sur le bout des doigts pour en faire ton métier, pour pouvoir prétendre à faire tel métier et aider tel client. T’as pas besoin de tout connaître en architecture pour proposer une expérience qui change le quotidien de ton client. T’as pas besoin de connaître toute la théorie des couleurs sur le bout des doigts pour être designer. T’as pas besoin de coder dans tous les langages du web et connaître WordPress sur le bout des doigts pour être web designer.

    Ce que tu offres, c’est ta vision, ton regard, ta manière de traduire un besoin en forme, en couleur, en espace, en émotion. Ta légitimité, c’est pas un diplôme ou un logiciel, c’est comment tu transformes la vie, le quotidien de tes prospects et tes clients. C’est comment tu le fais, c’est ta méthode. Et crois-moi, il existe des clients pour tous les services et dans tous les types de logiciels et toutes les méthodes. Crois-moi, puisque je vends

    La conception d’identité visuelle en deux jours, ce qui fait grincer des dents pas mal d’autres designers, est-ce que je peux comprendre ? Mais n’empêche qu’il a une cible pour ça aussi. Et en plus je le fais dans Canva. my god.

    la peur de l’irréversibilité ou du débordement. Tu dis genre si je lance cette nouvelle cible, je devoir tout changer. Si je vends cette nouvelle offre, je risque d’être débordé. Bref, je n’ai pas envie de changer mon quotidien. Je veux rester dans ce statu quo. Ton cerveau, panique dès qu’il sent que tu t’engages pour trop longtemps en mode ça y c’est un mariage, quoi. Il pense que tu vas t’enchaîner à ça. Et donc, il freine parce qu’il sait pas trop ce que ça va être après. En mode un tien vaut mieux que deux tu l’auras.

    Ce que tu peux faire, c’est te donner, te planifier comme une clause de sortie. Je teste cette cible pendant trois postes ou alors je vends cette offre à deux personnes et ensuite je réajuste le prix et je vois ce qui fonctionne et ce qui fonctionne pas. Planifier avec toi comme un échappatoire, dis-toi que tu t’épouses pas ce projet ou ce positionnement que tu es en train de mettre en place et tu plutôt en mode genre, vous faites un date pour voir un peu si ça colle.

    Manon Verbeke (14:24.758)

    Je range ma métaphore des dates pour te parler de la peur de l’inconnu. C’est parfait. Tu peux peut-être te dire, mais je sais même pas comment on un carousel qui convertit. sais pas si mes tarifs sont bons. sais même pas par où commencer. Être dans une phase où tu tellement d’incertitude et de choses que tu sais pas sur un projet. La montagne de choses à apprendre et à tester et à comprendre, est telle que ça fait flipper. Le cerveau, il aime ce qu’il connaît, il aime ce qu’il maîtrise.

    Et souvent, il associe une nouveauté à danger potentiel. Tu flippes parce que c’est nouveau et c’est 100 % normal, c’est même ancestral. Mais ce cerveau, il te veut des repères, il veut des certitudes, pas des tests flous, des offres qu’on va essayer, des nouvelles méthodes. Résultat, il t’envoie dans ce que tu connais déjà, il t’envoie scroller ou alors ranger des crayons. Histoire 100 % véridique. Ce que tu peux faire.

    Fais un truc qui te remet dans le plaisir de l’action. Allez. Moi, j’ai dansé cinq minutes sur Princess Chaos de YoA avant d’enregistrer ce podcast. Ça m’a aidé à me reconnecter à mon corps, à me remettre dans une énergie positive, à pas être dans cette létarchie, tu vois, d’être… Et de sortir la peur de mon corps, de me remettre dans une émotion qui était positive. Ensuite, j’ai visualisé, tu peux faire ça, visualiser la version de toi qui a dépassé tout ça.

    qui a franchi la toute première marche, qui a décomposé son projet et qui l’a fait, celle qui vient de publier son premier cas ou qui reçoit un message de remerciement, de témoignage après un projet, celle qui s’est finalement prouvée qu’elle pouvait le faire. Et ben demande-toi, est-ce que j’ai envie de me rapprocher de cette personne ?

    Manon Verbeke (16:19.374)

    Procrastiner, c’est pas de la flemme, c’est ton cerveau qui veut t’épargner une émotion difficile. Et à force de t’épargner, le problème c’est qu’il t’empêche aussi de vivre de nouvelles choses, d’explorer et de grandir. Alors si tu veux la prochaine fois que tu bloques et que tu sens que t’es dans une procrastination bien active, sais, du genre à faire le ménage toute la journée au lieu de faire le truc que tu dois faire, pose-toi cette question.

    De quoi j’ai peur, là, maintenant exactement ? Essaye d’identifier laquelle de ces 6 peurs ou lesquelles, parfois il en a plusieurs qui se chamaillent, reconnaît et nomme cette émotion. Ça va te permettre de reprendre la main sur ton cerveau.

    Ensuite, change ton discours intérieur. Tu vas passer de il faut que je ça parfaitement à je vais juste m’y mettre cinq minutes ou passe de c’est une décision qui va venir changer, bouleverser le reste de mon année à je teste ça pendant un mois.

    Et enfin remets ton attention sur la prochaine action, le micro pas que tu vas faire et qui va te permettre de te débloquer. La toute petite chose que tu peux faire maintenant qui va te permettre dans la joie d’avancer de 1%.

    Manon Verbeke (17:38.126)

    Alors voilà, j’ai procrastiné ce podcast. Je suis pas bien différente de toi. Je l’ai procrastiné longtemps, un peu trop longtemps. Mais au fond, je crois que ça m’a permis de mieux comprendre quelles émotions j’y vais et de là où je voulais aller et pas aller avec ce podcast. D’ailleurs, si tu as envie de voir comment je me suis débloquée en dansant, va voir les show notes. y a une belle vidéo qui t’attend pour toi qui vient d’arriver à la fin de cet épisode. Bravo.

    Si cet épisode t’a parlé, tu peux l’envoyer à une amie qui procrastine elle aussi. Et, encore, pouvez en faire votre projet commun et devenir partenaire de responsabilité. Et vous dire à un moment donné, allez go ! Là, à ce moment-là, on s’y met à deux et on tacle cette petite chose qu’on a du mal à faire. Et si tu as envie de me dire ce que t’en retiens, serais ravie de le lire. Tu peux m’écrire en MP sur LinkedIn ou me partager en story sur Instagram, ce qui t’a fait plus tilt.

    Ça m’aide à faire rayonner le podcast et à créer des épisodes encore plus utiles pour toi. Moi, c’est Manon et je suis vraiment fière d’avoir enregistré ce tout premier épisode de Celle Qui Crée. Abonne-toi pour ne pas rater la suite, des formats courts, des conversations sincères avec des créatives et des coups de pouces pour t’aider à oser créer, vendre et t’affirmer en tant que créatrice indépendante.

    À très vite dans tes oreilles.

  • 00 · Bande-annonce de Celles qui créent

    00 · Bande-annonce de Celles qui créent


    Bienvenue dans Celles qui créent, le podcast des entrepreneuses créatives qui veulent vivre de leur métier sans s’épuiser ni s’excuser.

    Je m’appelle Manon. Je suis designer indépendante depuis 10 ans et mentor business pour les créatives du web.

    Ce podcast, c’est ce que j’aurais voulu entendre à mes débuts : des stratégies concrètes, des modèles d’affaires sur-mesure, et surtout, des récits qui donnent le droit d’y croire.

    → Si tu es illustratrice, graphiste, communicante, UX designer ou autre âme créative, ce podcast est pour toi.

    Dans ce premier épisode, je te raconte pourquoi j’ai créé Celles qui créent, ce que tu vas y trouver, et comment on peut, ensemble, inventer un business qui respecte nos valeurs et notre énergie.

    Zéro bullshit. Beaucoup de plaisir. Et une communauté d’entrepeneuses créatives ambitieuses.

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    Transcription

    Manon Verbeke (00:00.43)

    Tu me crois si je te dis que j’ai mis des semaines à enregistrer ce premier épisode de podcast ? J’ai écrit des listes d’idées de premiers épisodes, des premiers invités, je testais des tas de logiciels, des process d’enregistrement, j’ai refait mon plan de stratégie de lancement beaucoup trop de fois. J’ai demandé des conseils à droite à gauche sur LinkedIn auprès de mes collègues, de mes amis, avec toujours cette fichue à impressions que cliquer sur enregistrer c’était trop coûteux, la marche était trop haute.

    À chaque fois, j’avais une excellente raison de ne pas m’y mettre, de ne pas enregistrer, de repousser à deux mains. Il y avait toujours plus important, plus urgent, c’était jamais le bon moment. Il fallait relire les scripts, répondre à tel client en urgence ou carrément repeindre un mur chez moi. Le comble de l’urgence, tu seras complètement d’accord avec moi. Et pourtant, aujourd’hui, on est à la veille de la sortie de ce podcast et il va sortir coûte que coûte. J’ai enregistré cet épisode.

    C’est sûr de sûr que quand on est au dos du mur, à moment donné, on n’a plus le choix. Et je sais, je sens que ce projet est important pour moi et qui touche à des choses qui me mettent un peu dans un inconfort. Je l’ai choisi, on est bien d’accord. Donc je suis allée fouiller à l’intérieur de moi, suis allée revoir, comprendre ce qui se passait en termes de peur, qu’est qui finalement me faisait peur et forcer cette procrastination.

    Et en ayant identifié ce qui me faisait peur, j’ai pu choisir les bonnes actions pour me mettre ce petit coup de pied aux fesses dont j’avais besoin. Ok, cette intro est déjà un peu trop longue. Je suis sûre que tu t’es déjà retrouvé dans cette situation. Tu repousses un projet que t’as pourtant vachement envie de lancer et tu te que t’as pas le temps ou que ceci ou que cela, alors qu’en fait, il te manque peut-être juste ce petit truc que t’as pas encore identifié et qui te met des bâtons dans les roues. Écoute la suite parce que cet épisode, il est pour toi et ton cerveau de créa. Je vais te raconter comment j’ai débloqué

    Je vais te raconter comment j’ai débloqué le lancement de ce podcast, alors que je l’avais laissé dormir dans mes brouillons pendant des semaines. Je te partager les 6 peurs les plus fréquentes qui déclenchent la procrastination chez les entrepreneurs créatifs comme toi et moi. On passera en revue rapidement chaque peur, comment elle se manifeste et je te donnerai un outil ou un geste simple pour te remettre en mouvement. Si tu t’es reconnu dans ce que je viens de dire, c’est probablement qu’une ou plusieurs de ces peurs s’activent parfois chez toi. Et ça va, t’inquiètes, t’es pas toute seule, t’es juste humaine.

    Manon Verbeke (02:32.334)

    Ok, c’est le moment d’être honnête. J’ai pas procrastiné parce que j’avais pas assez de pas assez d’énergie, ce qui peut arriver. J’ai procrastiné parce que j’avais trop d’attentes. Je voulais que le son soit parfait, que le ton soit pro mais pas chiant, que le jingle soit hyper classe, que la voix soit douce, pas crispée, pas trop aiguë, pas trop… tu sais, genre amateur. J’avais vraiment envie de venir me poser avec une posture de professionnelle. Sauf que des podcasts, j’en ai jamais fait.

    Donc, clairement, j’avais énormément d’attentes pour ce premier épisode. Et puis, j’avais peur de pas être légitime. Quoi toi, peur de pas être légitime ? Ouais, j’avais peur de pas être légitime parce que ce podcast, c’est le premier, la première brique vers une posture de coaching que j’ai commencé à travailler, mais c’est la première fois que je le dis haut et fort au monde. Oui, j’accompagne les entrepreneurs créatives et je le fais déjà, mais c’est la première fois que je me montre.

    comme telles face au public. Et c’est grave flippant. J’avais méga peur. Peur de mal faire, peur de pas être légitime, peur de faire mal aux gens en leur donnant des mauvais conseils ou en leur disant des choses qui pourraient les faire culpabiliser, peur que ce soit pas assez qualitatif ou que les gens ne soient plus au rendez-vous auprès des premiers épisodes parce que ça ne les intéresse pas, peur de décevoir. Bref, pas mal de peur qui sont très inconfortables.

    Et c’est exactement ça la cause de la procrastination. Les spécialistes du sujet comme Tim Peckel, qui a écrit « Solving the procrastination puzzle », montrent que la procrastination, c’est pas un problème de gestion du temps. C’est avant tout un problème de régulation émotionnelle. Quand on procrastine, on ne fuit pas une tâche, on fuit l’émotion négative que cette tâche va provoquer. L’ennui, le doute, la peur de mal-faire, la frustration, l’anxiété.

    Peckel explique qu’on procrastine pour se sentir mieux sur le moment, une sorte de satisfaction immédiate, même si on sait que ça nous fera plus de stress plus tard. Et hop, petit effet boomerang dans ta tronche. C’est un cercle vicieux qui finit par s’installer de culpabilité, d’autosabotage, de fuite, de re-culpabilité et ainsi de suite. Je sais pas si tu le connais, mais moi je le connais pas trop mal, celui-là. On n’est pas fainéantes, on veut juste éviter de ressentir la peur, le doute, la honte, l’anxiété.

    Manon Verbeke (04:58.446)

    Est-ce que t’es prête ? Voici les 6 peurs les plus fréquentes chez les entrepreneurs créatives et comment les désamorcer une par une.

    La première peur dont je veux te parler, c’est la peur de l’échec, évidemment. Tu te dis, et si je me plante ? Et si personne n’écoute ? Et si je suis nulle ? Moi, elle m’a un petit peu animée, j’avais vraiment peur. J’ai vraiment cette peur finalement que les gens désertent après le premier épisode en se disant que ce n’était pas ouf. Cette peur, active le biais d’auto handicap, presque de l’auto sabotage. On préfère ne pas essayer du tout, plutôt que d’échouer et de se dire qu’on n’est pas à la hauteur à la fin.

    La possibilité même qu’on puisse éventuellement à la fin échouer est tellement flippante qu’on préfère ne même pas essayer. Parce que si on se plantait, on entacherait notre propre estime de nous. Donc on préfère ne pas le faire du tout. Est-ce que c’est ça que tu vis parfois ? Si oui, ce que tu peux faire, c’est te dire que tu lances une version brouillon, une version test. Ça te permet d’enlever de la pression sur la qualité du résultat que toi t’attends, mais aussi que tu fais attendre aux autres.

    L’autre chose que tu peux faire, c’est d’éviter de faire du building public. Le building public, c’est cette pratique qui consiste à dire et à construire aux yeux du public, sur les réseaux sociaux, par exemple, d’exprimer au fur et mesure qu’on construit quelque chose, sa formation, son offre et de raconter les hauts, les bas, les erreurs. Si c’est quelque chose qui te paralyse, la peur de l’échec, évite le building public parce que ça va te mettre dans une situation où tu vas parce que tu dois

    Tu t’es dit que tu devais raconter aux autres, tu vas te mettre des freins pour ne pas avancer, pour éviter d’aller raconter les erreurs, parce qu’il y en aura forcément des erreurs. Dans tous les cas, dis-toi que ce pas un lancement, que ce n’est pas une grosse chose, c’est une première étape, c’est un test. Essaye de trouver un moyen de minimiser les attentes que toi tu as par rapport à la qualité de ce que tu veux faire sur cette action, sur ce projet que tu procrastines.

    Manon Verbeke (07:02.176)

    Pour moi, ça a été tout simplement de me dire, bah, c’est tout : Il va être publié. Le son, sera pas parfait. Et c’est pas grave. Dans quelques épisodes, dans une saison, je trouverai un monteur et je serai mieux. Et pour l’instant, je vais apprendre toute seule. Et tant pis si ça vous fait mal aux oreilles. Je suis vraiment désolée. Retiens que ta valeur ne dépend pas de la réussite de ton projet, de cette chose que tu procrastines. Dans tous les cas, tu vas gagner en compétences et ce sera une victoire sur ton cerveau. Tu l’as fait.

    On enchaîne avec la peur numéro 2, la peur de réussir. Je sais, tu dois être en train de te dire mais Manon, qui a peur de réussir ? Mais en fait, crois-moi, pas mal de gens et certainement toi. La peur de réussir, c’est ce fameux syndrome de l’imposteur, tu sais ? Ce truc de… Non mais attends, comment ça se fait qu’il a personne qui se rend compte que je suis un imposteur, que j’ai pas du tout les compétences ? T’as réussi, t’es arrivé à un endroit et arrivé à cet endroit, finalement tu flippes.

    Tu flippes de pas avoir les compétences, tu flippes que les gens pensent que tu n’as pas les compétences. T’es exposé à plus de regards, à plus de monde et les gens ont aussi plus d’attentes. En tout cas, tu as l’impression que les gens ont plus d’attentes envers toi. Résultat, tu te sabotes avant même que ça marche, pour éviter que ça marche. Ce que tu peux faire, c’est redéfinir ta version du succès. Par exemple, c’est peut-être pas vendre 10 places à 2000 euros ou avoir 10 000 abonnés sur Instagram. C’est peut-être juste…

    Oser l’avoir fait, c’est peut-être juste avoir publié tous les jours, c’est peut-être juste avoir envoyé ce mail à un prospé, c’est peut-être juste oser prendre la parole en commentaire pour défendre les intérêts et les valeurs que tu crois. Bref, c’est peut-être juste être toi dans tes positions et tes valeurs, et t’assumer et c’est déjà énorme. Une autre manière de vaincre cette peur, c’est de prendre la posture de l’explorateur plutôt que la posture de l’expert.

    Alors, c’est pas toujours possible dans toutes les situations, parce que si tu te dis expert de quelque chose, bien, il est compliqué de prendre la posture de l’explorateur. L’explorateur, c’est celui qui documente ses apprentissages et ses erreurs. C’est celui qui documente avec curiosité ce qu’il a découvert, ce qu’il a appris pour le montrer aux autres. C’est, je pense, la posture que je vais prendre en coaching, c’est à dire que j’ai des compétences et des casquettes en design, en business. Par contre, la posture de coaching, c’est quelque chose que je suis en train d’apprendre.

    Manon Verbeke (09:25.742)

    Et là-dessus, j’ai clairement un sentiment d’imposture que je vais pouvoir baisser en étant dans une posture de, regardez, j’apprends et je vous montre ce que j’apprends. La peur du jugement, parlons-en. Tu te dis, et si mon ancienne cliente me trouvait trop cher ? Et si les autres freelances me trouvaient prétentieuse ? Et si quelqu’un parlait mal de moi ? Ton besoin d’appartenance entre en conflit avec ta volonté d’affirmation et c’est archi normal.

    Vendre, s’afficher, c’est s’exposer au regard des autres. C’est vraiment pas confortable. Ce que tu peux faire, c’est te dire que tu parles pas à une foule, mais juste à ta personne idéale, à ton prospect ou ta cible ou ton client idéal. La personne qui va lire ta newsletter toute seule chez elle et qui va se dire c’est exactement ça qu’il me faut. Les autres, sont pas invitées à ta table. Et tu sais, c’est un des trucs qui m’a débloquée et…

    C’est un des trucs qui m’a débloqué pour lancer le podcast, pour enregistrer ce premier épisode de podcast. Quelqu’un m’a dit Manon, il a des personnes qui attendent d’entendre ce que toi t’as à dire. Elles sont là à attendre que tu sortes ce premier épisode de podcast. Elles ont besoin de l’entendre et elles t’attendent. Let’s go.

    La peur de ne pas être légitime. Tu te dis peut-être mais qui je suis pour proposer cette nouvelle offre ? Moi j’ai que deux ans d’expérience, il y en a d’autres qui le font tellement mieux que moi. Ou alors je ne maîtrise que Canva, je ne connais pas les vrais logiciels de design. Ou alors je suis une créative autodidacte, j’y connais rien en stratégie de marque ou je ne sais quoi. Ton cerveau, il fait la liste de tout ce que tu maîtrises pas encore au lieu de reconnaître déjà tout ce que tu sais faire et tout ce pourquoi tu es compétente.

    C’est un magnifique biais de comparaison interne et le théoroparfait pour un syndrome de l’imposteur comme on les aime. Tu compares ton brouillon à la vitrine léger de quelqu’un qui a déjà 10 ans d’expérience, une équipe, un portfolio, des gens qui ont pas forcément la même réalité que toi ou qui sont même pas au même moment de leur carrière ou de leur vie que toi. Qu’est que tu vas te comparer ? Bref, ça te fige et c’est normal.

    Manon Verbeke (11:40.328)

    Ce que tu peux faire, c’est faire une pause. Déjà, t’arrêter, écrire.écrire la liste des choses que tu sais faire, que tu maîtrises, ce pourquoi tu es expert ou expert en devenir. Il y a forcément des points que tu fais vachement bien et les choses, c’est les choses pour lesquelles tes collègues, tes amis, clients viennent te chercher.

    Manon Verbeke (12:09.934)
    Ensuite, entend ça : t’as pas besoin de connaître tel ou tel logiciel sur le bout des doigts pour en faire ton métier, pour pouvoir prétendre à faire tel métier et aider tel client. T’as pas besoin de tout connaître en architecture pour proposer une expérience qui change le quotidien de ton client. T’as pas besoin de connaître toute la théorie des couleurs sur le bout des doigts pour être designer. T’as pas besoin de coder dans tous les langages du web et connaître WordPress sur le bout des doigts pour être web designer.

    Ce que tu offres, c’est ta vision, ton regard, ta manière de traduire un besoin en forme, en couleur, en espace, en émotion. Ta légitimité, c’est pas un diplôme ou un logiciel, c’est comment tu transformes la vie, le quotidien de tes prospects et tes clients. C’est comment tu le fais, c’est ta méthode. Et crois-moi, il existe des clients pour tous les services et dans tous les types de logiciels et toutes les méthodes. Crois-moi, puisque je vends

    La conception d’identité visuelle en deux jours, ce qui fait grincer des dents pas mal d’autres designers, est-ce que je peux comprendre ? Mais n’empêche qu’il a une cible pour ça aussi. Et en plus je le fais dans Canva. my god.

    la peur de l’irréversibilité ou du débordement. Tu dis genre si je lance cette nouvelle cible, je devoir tout changer. Si je vends cette nouvelle offre, je risque d’être débordé. Bref, je n’ai pas envie de changer mon quotidien. Je veux rester dans ce statu quo. Ton cerveau, panique dès qu’il sent que tu t’engages pour trop longtemps en mode ça y c’est un mariage, quoi. Il pense que tu vas t’enchaîner à ça. Et donc, il freine parce qu’il sait pas trop ce que ça va être après. En mode un tien vaut mieux que deux tu l’auras.

    Ce que tu peux faire, c’est te donner, te planifier comme une clause de sortie. Je teste cette cible pendant trois postes ou alors je vends cette offre à deux personnes et ensuite je réajuste le prix et je vois ce qui fonctionne et ce qui fonctionne pas. Planifier avec toi comme un échappatoire, dis-toi que tu t’épouses pas ce projet ou ce positionnement que tu es en train de mettre en place et tu plutôt en mode genre, vous faites un date pour voir un peu si ça colle.

    Manon Verbeke (14:24.758)

    Je range ma métaphore des dates pour te parler de la peur de l’inconnu. C’est parfait. Tu peux peut-être te dire, mais je sais même pas comment on un carousel qui convertit. sais pas si mes tarifs sont bons. sais même pas par où commencer. Être dans une phase où tu tellement d’incertitude et de choses que tu sais pas sur un projet. La montagne de choses à apprendre et à tester et à comprendre, est telle que ça fait flipper. Le cerveau, il aime ce qu’il connaît, il aime ce qu’il maîtrise.

    Et souvent, il associe une nouveauté à danger potentiel. Tu flippes parce que c’est nouveau et c’est 100 % normal, c’est même ancestral. Mais ce cerveau, il te veut des repères, il veut des certitudes, pas des tests flous, des offres qu’on va essayer, des nouvelles méthodes. Résultat, il t’envoie dans ce que tu connais déjà, il t’envoie scroller ou alors ranger des crayons. Histoire 100 % véridique. Ce que tu peux faire.

    Fais un truc qui te remet dans le plaisir de l’action. Allez. Moi, j’ai dansé cinq minutes sur Princess Chaos de YoA avant d’enregistrer ce podcast. Ça m’a aidé à me reconnecter à mon corps, à me remettre dans une énergie positive, à pas être dans cette létarchie, tu vois, d’être… Et de sortir la peur de mon corps, de me remettre dans une émotion qui était positive. Ensuite, j’ai visualisé, tu peux faire ça, visualiser la version de toi qui a dépassé tout ça.

    qui a franchi la toute première marche, qui a décomposé son projet et qui l’a fait, celle qui vient de publier son premier cas ou qui reçoit un message de remerciement, de témoignage après un projet, celle qui s’est finalement prouvée qu’elle pouvait le faire. Et ben demande-toi, est-ce que j’ai envie de me rapprocher de cette personne ?

    Manon Verbeke (16:19.374)

    Procrastiner, c’est pas de la flemme, c’est ton cerveau qui veut t’épargner une émotion difficile. Et à force de t’épargner, le problème c’est qu’il t’empêche aussi de vivre de nouvelles choses, d’explorer et de grandir. Alors si tu veux la prochaine fois que tu bloques et que tu sens que t’es dans une procrastination bien active, sais, du genre à faire le ménage toute la journée au lieu de faire le truc que tu dois faire, pose-toi cette question.

    De quoi j’ai peur, là, maintenant exactement ? Essaye d’identifier laquelle de ces 6 peurs ou lesquelles, parfois il en a plusieurs qui se chamaillent, reconnaît et nomme cette émotion. Ça va te permettre de reprendre la main sur ton cerveau.

    Ensuite, change ton discours intérieur. Tu vas passer de il faut que je ça parfaitement à je vais juste m’y mettre cinq minutes ou passe de c’est une décision qui va venir changer, bouleverser le reste de mon année à je teste ça pendant un mois.

    Et enfin remets ton attention sur la prochaine action, le micro pas que tu vas faire et qui va te permettre de te débloquer. La toute petite chose que tu peux faire maintenant qui va te permettre dans la joie d’avancer de 1%.

    Manon Verbeke (17:38.126)

    Alors voilà, j’ai procrastiné ce podcast. Je suis pas bien différente de toi. Je l’ai procrastiné longtemps, un peu trop longtemps. Mais au fond, je crois que ça m’a permis de mieux comprendre quelles émotions j’y vais et de là où je voulais aller et pas aller avec ce podcast. D’ailleurs, si tu as envie de voir comment je me suis débloquée en dansant, va voir les show notes. y a une belle vidéo qui t’attend pour toi qui vient d’arriver à la fin de cet épisode. Bravo.

    Si cet épisode t’a parlé, tu peux l’envoyer à une amie qui procrastine elle aussi. Et, encore, pouvez en faire votre projet commun et devenir partenaire de responsabilité. Et vous dire à un moment donné, allez go ! Là, à ce moment-là, on s’y met à deux et on tacle cette petite chose qu’on a du mal à faire. Et si tu as envie de me dire ce que t’en retiens, serais ravie de le lire. Tu peux m’écrire en MP sur LinkedIn ou me partager en story sur Instagram, ce qui t’a fait plus tilt.

    Ça m’aide à faire rayonner le podcast et à créer des épisodes encore plus utiles pour toi. Moi, c’est Manon et je suis vraiment fière d’avoir enregistré ce tout premier épisode de Celle Qui Crée. Abonne-toi pour ne pas rater la suite, des formats courts, des conversations sincères avec des créatives et des coups de pouces pour t’aider à oser créer, vendre et t’affirmer en tant que créatrice indépendante.

    À très vite dans tes oreilles.