Arrête de courir après les likes : attire enfin les clientes qui achètent vraiment

Tu publies régulièrement, ton contenu plaît, les vues sont là, et pourtant tes appels découverte ne convertissent pas. Et si le problème n’était pas ta visibilité, mais ce que tu attires ? Bonne nouvelle : une simple prise de position peut faire une bonne partie du tri à ta place.

C’est le sujet de l’épisode #1 de la mini-série Cabinet de curiosités de Celles qui créent, avec Lauriane de GetYourCom, consultante et formatrice en marketing.

Le piège de la visibilité à tout prix

Comme beaucoup, Lauriane s’est lancée sur Instagram en se disant qu’il lui fallait des likes et des vues. Sauf qu’elle aime les appels découverte, et qu’elle s’est rendu compte qu’elle en passait beaucoup trop pour finalement convertir peu de gens en clients. Plutôt que de supprimer ces appels, elle a voulu que les gens arrivent en sachant déjà qui elle est.

Son wake-up call ? Un appel avec une personne salariée qui lui a demandé si elle pouvait l’aider… à trouver une idée de business. Et le jour où l’un de ses contenus est devenu viral (une analyse marketing du show de la mi-temps du Super Bowl), elle a gagné des dizaines d’abonnés par jour et reçu une demande en mariage en message privé. Pas exactement une audience qualifiée.

Le vrai coût, c’est l’énergie. Interagir avec un être humain en prend, et après une série d’appels découverte avec des personnes qui ne sont pas qualifiées, il ne t’en reste plus beaucoup pour travailler sur ton business.

Levier 1 : une prise de position (pas forcément politique)

Le mot fait peur, on a l’impression qu’il faut parler politique. Pas du tout. Lauriane cite l’exemple d’une graphiste qui n’aime pas les polices manuscrites : c’est une prise de position. Simple, claire, et elle repousse naturellement les clientes qui rêvent d’une identité visuelle 100 % manuscrite.

La sienne ? Elle est contre l’idée qu’on peut réussir en bossant deux heures par jour depuis Bali. Pour elle, les résultats viennent du travail. Cette conviction suffit à éloigner celles qui cherchent la solution miracle.

Et surtout, elle a le droit d’être nuancée :

Je suis contre les affiches ChatGPT qui se ressemblent toutes. Si vous arrivez à me faire une affiche IA hyper personnalisée, évidemment que je vais adorer votre affiche.

Lauriane, GetYourCom

Pour elle, c’est justement dans la nuance qu’on voit si on connecte ou pas avec quelqu’un.

Levier 2 : le niveau de ton contenu

Lauriane a arrêté de vouloir travailler avec des débutantes. Alors elle a monté le niveau de connaissances qu’elle partage. Les débutantes se disent que c’est un peu trop technique, et celles qui ont en moyenne deux à trois ans d’entrepreneuriat se disent : ça, ça me parle.

J’ai fait le même switch il y a quelques mois. J’étais « la bonne copine qui fait des tutos Canva », avec une audience plutôt débutante en design. En passant du « comment » au « pourquoi », avec plus d’analyse stratégique, les commentaires et les échanges que je reçois sont devenus de bien plus haut niveau.

Mary Magdalene in Ecstasy, c. 1625, Artemisia Gentileschi

Levier 3 : les cas clients que tu choisis de raconter

Tu n’es pas obligée de raconter toutes tes clientes. Lauriane met en avant celles qui correspondent au profil qu’elle veut continuer à attirer, et elle insiste sur ce qui illustre sa vision : la dose de travail fournie par sa cliente. Elle reste aussi honnête sur son rôle. Quand une cliente a déjà 12 000 abonnés, elle ne prétend pas qu’ils viennent d’elle : son apport, c’est une stratégie réplicable pour convertir ces abonnés en clientes.

Pour les illustratrices et les graphistes, c’est encore plus vrai. On vous demande de montrer ce qui est beau, et ce qui est beau plaît. Mais comme le dit Lauriane :

Le truc, c’est que on n’arrive pas à comprendre exactement pour quelle raison on ferait appel à vous.

Lauriane, GetYourCom

Sa cliente illustratrice, connue pour la mise en page de livres, a choisi d’arrêter de communiquer dessus : le bouche-à-oreille continue de lui en apporter, et elle montre autre chose pour attirer une autre cible.

« Et si je fais fuir des gens ? »

C’est l’objection numéro un. La réponse de Lauriane tient en une question :

Qu’est-ce qui est le plus inconfortable entre faire fuir des gens au niveau de ta communication sur Instagram et te retrouver avec un client qui n’est pas du tout aligné avec tes valeurs et avec ce que tu veux faire dans ton business ?

Lauriane, GetYourCom

Même quand tu acceptes ce genre de client pour l’argent, dit-elle, ça va être dur et lourd, et tu ne seras même pas vraiment heureuse de recevoir le paiement. Notre objectif n’est pas d’être la meuf sympa que tout le monde apprécie. C’est d’attirer les bonnes clientes.

Publier mieux plutôt que publier plus

Bonne nouvelle pour celles qui saturent : faire le tri ne demande pas de publier plus.

  • Soigne ton post épinglé : quitte à y passer une journée entière. C’est lui qui accueille toutes les personnes qui arrivent sur ton profil, et qui leur dit tout de suite si ça vaut le coup de s’abonner.
  • Vise 2 à 3 posts par semaine bien construits, qui disent concrètement à qui ils s’adressent et ce que tu peux leur apporter.
  • Accepte le creux : si tu faisais du contenu « séduction », tu auras sans doute moins de vues et de likes au début. Puis l’effet cumulé fait son travail, et on te recommande plus facilement, parce qu’on t’a vue répéter tes convictions plusieurs fois.

Pour aller plus loin

Prends ton dernier post. Est-ce qu’il dit clairement à qui il s’adresse ? Est-ce qu’il contient une conviction, même petite ? Si la réponse est non, c’est un bon point de départ.

👉 Écoute l’épisode avec Lauriane pour tous ses exemples, puis enchaîne avec les quatre autres épisodes de la mini-série Cabinet de curiosités.

Et toi, est-ce que ton contenu fait le tri ? Dis-le-moi en message ou en commentaire !

la dose de design hebdo des solos →