Tu rêves d’agrandir ton studio mais chaque recrutement te terrorise ? Tu as peut-être déjà essayé d’embaucher, mal vécu l’expérience, et juré que tu ne recommencerais jamais. Géraldine Guillaume, directrice artistique et fondatrice du Studio A5, est passée par là; et elle a construit une méthode qui change tout.
Tu as atteint un palier. Tes clients adorent ce que tu fais, ta patte est reconnue, mais depuis des mois, voire des années ; ton chiffre d’affaires stagne entre 30 et 40 000 €. Tu t’essouffles, tu cours dans tous les sens, et une pensée revient : et si je prenais quelqu’un ?
Mais recruter quand on est créative et solo, c’est angoissant. Comment transmettre sa patte graphique sans la dénaturer ? Comment savoir si quelqu’un va vraiment matcher avec ton énergie ? Et si ça se passe mal, comment assumer d’avoir fait du mal à quelqu’un ?
C’est exactement la situation qu’a vécue Géraldine Guillaume. Après 10 ans dans le marketing, un pivot radical à 30 ans, et la création du Studio A5 à Rennes, de zéro, sans réseau, avec un bébé. Elle a cogné contre ce plafond de verre. Jusqu’au jour où elle a posé sa vision sur papier. Et tout a changé.
Voici ce qu’elle a appris et ce que ça peut t’apporter si toi aussi tu veux cesser d’être seule dans ta création.

1. Le diagnostic : le plafond de verre de la créative solo
Pendant plusieurs années, Géraldine avait des clients, elle aimait son travail, mais quelque chose coinçait. Son chiffre d’affaires ne dépassait pas un certain seuil. Elle ne s’en plaignait pas vraiment — mais elle commençait à s’endormir.
Ce syndrome, de nombreuses entrepreneures créatives le connaissent : tu es douée, tu es occupée, mais tu tournes en rond. Tu ne peux pas prendre plus de clients parce que tu fais tout toute seule. Et tu ne peux pas déléguer parce que tu ne sais pas par où commencer.
Le problème n’est pas un manque de talent. C’est un manque de vision. Tant qu’on n’a pas clairement écrit où on veut aller, on reste prisonnière du quotidien.
Pour Géraldine, l’autre frein était plus subtil encore : elle se définissait comme graphiste, alors que ses clients, eux, la voyaient déjà comme une stratège. Elle refusait de valoriser cette dimension; jusqu’à ce que ses propres clients lui disent : « Ça, ça se rémunère, tu sais. »
Ce que ça t’apprend : Parfois, ce sont les autres qui voient notre valeur avant nous.
2. Le déclic : poser sa vision pour débloquer sa croissance
Le tournant est venu d’un bootcamp. Alexis Minchella de Tribu Indé proposait une version bêta; et Géraldine a sauté sur l’occasion. Premier module : la vision.
Elle qui aidait ses clients à construire leur positionnement depuis des années se retrouvait… incapable de faire l’exercice pour elle-même. Les questions qu’elle se posait étaient biaisées. Celles du bootcamp étaient différentes. Et en une demi-journée, sa vision était posée.
« Je ne veux plus être seule au studio. Je ne veux pas que le studio dépende de moi. »
Cette phrase simple a tout changé. Parce qu’une vision claire génère un plan d’action. Et un plan d’action, c’est une première embauche.
Ce que ça t’apprend : si tu bloques sur ta croissance, ce n’est peut-être pas un problème de stratégie commerciale. C’est peut-être que tu n’as pas encore écrit, noir sur blanc, ce que tu veux vraiment construire. Et ça, personne ne peut le faire à ta place, mais se faire guider par les bonnes questions change tout.
3. La stratégie qui fonctionne : recruter avec méthode (et sans se planter)
Géraldine a recruté 4 personnes en 4 ans. Le premier recrutement ? Un échec en une semaine, avec une nuit blanche et une remise en question totale. Le quatrième ? Un trio qui fonctionne, une équipe soudée, et un studio qui grandit sereinement.
Entre les deux : une méthode qui s’est construite erreur après erreur.
Étape 1 — Identifier ce qu’on peut déléguer avant de recruter.
Pas n’importe quoi. Pour Géraldine, la question clé était : qu’est-ce que je fais et que je n’aime pas faire ? La production, l’exécution. Ce qu’elle aime, c’est être la tête pensante, la DA qui valide et oriente. Elle a cherché quelqu’un capable de s’inscrire dans sa patte — pas de la copier, mais de la prolonger.
Étape 2 — Aller plus loin que le book.
Appeler l’ancien employeur. Et pas seulement pour vérifier les infos, mais pour poser une question ouverte : « Qui est cette personne ? » Et écouter pendant 30 minutes. Quand ce que tu entends ressemble à ce que tu as déjà perçu toi-même, c’est un signal fort.
Étape 3 — Demander un exercice en conditions réelles.
Géraldine le redoutait. Elle ne voulait pas « imposer » ça à des candidats. Mais ses pairs lui ont confirmé : c’est la seule façon de voir si quelqu’un sait présenter son travail, gérer le stress, et tenir une posture professionnelle au-delà de l’entretien.
Savoir-faire technique + savoir-être : les deux comptent.
Résultat : Colline, arrivée via un DM Instagram avec un book coup de cœur, est aujourd’hui en CDI depuis presque 3 ans. Et Louane, recrutée avec ce process complet, a trouvé sa place dans un trio soudé.
4. Application pratique : et toi, par où tu commences ?
Tu n’as pas besoin d’être prête à recruter demain pour commencer à y réfléchir aujourd’hui. Voilà trois questions à te poser dès maintenant :
→ Qu’est-ce que tu fais aujourd’hui qui ne t’appartient plus vraiment ?
Les tâches que tu traînes, que tu retardes, que tu bâcles parce que tu n’as plus l’énergie — ce sont souvent celles à déléguer en premier.
→ Est-ce que ta vision pour ton activité est écrite quelque part ?
Pas dans ta tête. Sur papier, en vrai. Où tu veux aller dans 3 ans ? Combien de personnes dans ton équipe ? Quel rôle tu occupes, toi ?
→ Comment tu te sens à l’idée d’être responsable de quelqu’un ?
Pas pour te décourager : mais pour identifier où est ton frein réel. La peur de mal recruter ? De déléguer ta patte ? D’assumer le rôle de manager ? Nommer la peur, c’est déjà s’en libérer à moitié.
Le premier pas actionnable dès aujourd’hui : prends 30 minutes pour écrire ce que tu voudrais ne plus faire dans 1 an. C’est le début de ta feuille de route.
Pour aller plus loin
Géraldine Guillaume n’est pas arrivée à la tête d’un studio de 3 personnes (bientôt 5) en ayant tout bon du premier coup. Elle a fait des erreurs de recrutement, vécu des décembres de panique, passé des nuits à se demander si elle était une bonne manager. Et elle a continué.
Ce qu’elle a compris, c’est que la croissance ne vient pas en faisant plus — elle vient en posant clairement où on va, et en s’entourant des bonnes personnes pour y aller.
Si toi aussi tu envisages de passer de solo à une équipe ou si tu bloques à un palier depuis trop longtemps ; cet épisode est fait pour toi.
🎧 Écoute l’épisode 67 de Celles qui créent avec Géraldine Guillaume.
En 40 minutes, elle te partage son pivot à 30 ans, sa philosophie du fond avant la forme, ses 4 recrutements en 4 ans et tout ce qu’elle a appris de chaque erreur.


