Marion Barraud est illustratrice freelance. Spécialisée jeunesse. Mais pas que.
Pendant des années, elle a tourné autour de l’illustration sans oser vraiment s’y lancer. Le graphisme semblait plus sérieux, plus vendable. Et puis un jour, elle s’est autorisée à faire ce qu’elle aimait vraiment.
Aujourd’hui, elle fait de l’illustration. Elle gagne sa vie. Elle est maman. Et elle en parle sans filtre.
Dans cet épisode, Marion partage :
- Comment elle a dépassé le syndrome de l’imposteur – ce moment où on se dit enfin : OK, je me lance
- Ce que personne ne dit sur le métier d’illustratrice en 2026 – Instagram, l’IA, la concurrence, les nouvelles attentes clients
- Apprendre à se valoriser financièrement – parce que oui, on parle tarifs, négociation et savoir dire non
- Le congé maternité comme pause salvatrice – ce recul forcé qui lui a permis de tout remettre en question
- L’équilibre vie de maman / vie de freelance – comment ne pas travailler tout le temps quand ton bureau est chez toi
- Ce qu’elle passe vraiment à créer vs. le reste – spoiler : c’est pas 80% du temps
- Les changements post-maternité – nouvelles priorités, réorganisation, redirection
Un épisode sincère et concret pour toutes celles qui veulent vivre de leur créativité sans bullshit.
Liens utiles
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Transcription
Bienvenue dans celle qui crée le podcast qui met en lumière les entrepreneurs créatives et leur parcours ambitieux et inspirant. Je suis Manon Verbeck. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de recevoir Marion Barreau. Marion est illustratrice freelance. est accompagnée aujourd’hui de son bébé et son parcours est tout sauf linéaire. Après des études d’art, elle a longtemps tourné autour de l’illustration sans oser vraiment silencer, préférant le graphisme comme terrain.
M (00:30.914)
Oui.
M (00:34.446)
Ça marche.
Manon Verbeke (00:58.293)
Un jour, elle s’autorise à faire ce qu’elle aime vraiment, l’illustration. Spécialisée dans l’univers jeunesse mais pas que, elle aime varier les plaisirs et s’ouvrir à d’autres horizons créatifs. Aujourd’hui, on va parler de ce que ça veut dire être illustratrice en 2026 avec Léo et Léa, de l’évolution de nos métiers créatifs, peut-être même de l’IA, de la question de l’argent qu’on n’ose pas toujours aborder et aussi de comment un congémate peut devenir un moment nécessaire pour prendre ce recul nécessaire à la réinvention.
Marion coucou, merci d’être là ! Marion fait des… bah, de gigotes quoi, elle berce son enfant. Ne vous inquiétez pas, tout va bien.
M (01:29.698)
Bonne jour !
M (01:36.75)
Je fais du sport en même temps. Voilà, c’est trois en un.
Manon Verbeke (01:39.67)
Ouais, les fameux squads du bébé. Marion, tu dis quand t’écrivais, un peu pour te présenter que tu t’as tourné autour de l’illustration. Toi et moi, se connaît de nos études de graphisme. C’est quoi ce parcours ? Qu’est qui fait que t’as tourné autour dans tes mots ?
M (02:00.014)
Parce que moi je n’avais du tout d’un milieu artistique de par ma famille, de mon entourage. Et pour moi, déjà, oser faire des études de graphisme, c’était assez énorme. Et vraiment, l’illustration, me paraissait complètement…
encore plus dingue. Du coup, je me suis rassurée en me disant non mais voilà, peut-être qu’avec le graphisme, voilà, ça sera peut-être plus simple d’en vivre, d’avoir un travail. Pour moi, je voyais en fait les métiers.
alors qu’illustrateur, illustratrice, je voyais pas du tout en fait comment on pouvait gagner sa vie avec ça. Mais voilà, au fur et mesure de mes études, finalement, je passais tout mon temps libre à faire de l’illustration, j’étais pas si à l’aise que ça avec le graphisme. Donc voilà, ça a été un peu long avant vraiment d’oser s’aligner.
Manon Verbeke (03:01.749)
Est-ce qu’il avait un jugement de valeur peut-être autour de toi sur le fait que le graphisme était un vrai métier et pas l’illustration, quelque chose comme ça ? Genre, il y en avait un qui te tirait plus vers l’art ?
M (03:11.374)
En fait, moi, c’était vraiment plus sur le fait que… Enfin, je pense qu’on va y revenir beaucoup, mais… moi, mes parents, m’ont payé des études artistiques. Donc j’ai commencé dans le privé, après, j’ai été dans le public. J’ai eu le droit, heureusement, à des bourses, etc., etc. Mais j’étais en grosse culpabilité vis-à-vis du fait que mes parents me payaient des études. Et donc, pour moi, en fait, le minimum, c’était de faire des études qui pourraient m’assurer d’avoir du stress.
Manon Verbeke (03:21.269)
Mm-hmm.
M (03:41.328)
et pour moi l’illustration vraiment c’était inenvisageable au sens, pour moi c’était un loisir en fait, c’était pas un gain de bain.
Manon Verbeke (03:42.697)
Hmm.
Manon Verbeke (03:50.078)
Ouais, c’était pas respectueux de cet investissement temps et argent qu’avaient fait tes parents dans ton éducation. Tu te disais non mais ils n’ont pas fait ça pour que j’aille faire mémuse avec mes crayons de couleur.
M (03:58.175)
Complètement, complètement. Ouais, complètement et puis vraiment je ne voyais pas comment un dessin pouvait se transformer en argent.
Vraiment. Autant le graphisme en fait, me disais bon, bah voilà, je vois le besoin de faire des étiquettes pour du vin, de faire un logo, de faire une mise en page, une affiche. Mais l’illustration en fait vraiment pour moi, c’était le loisir du dimanche quoi, en fait.
Manon Verbeke (04:29.071)
Ouais, c’était moins vendable. Et c’est quoi qui a changé ? Il est où le déclic ? Il se passe comment ? Autour de quoi ?
M (04:36.107)
Alors…
En fait, se passe que… Du coup, nous, s’est rencontrés à l’ESAT quand je fais le DSA communication visuelle. Je le fais parce qu’encore une fois… bah, ça a l’air de plaire à Nino qui rigole. Je le fais parce que je me dis, voilà, encore une fois, toujours un peu la peur. Je me dis, ben voilà, je vais avoir un bac plus 4. Comme ça, si jamais je veux donner des cours, ce sera possible. Et en fait, pendant que je fais le DSA,
je sortais, je me suis quand autorisée une année d’illustration entre ma licence et le master. J’ai été faire une… Alors, je ne pas si ça existe encore, mais à l’époque, c’était une formation complémentaire d’initiative locale à Paris en illustration. Du coup, j’ai fait une année d’illustration. Mais bon, voilà, je me dis, bon, maintenant, je retourne à quelque chose de sérieux. Je fais mon petit master, Et… Oui, ça fait rire. Je fais mon master et en fait, je me rends compte que…
je suis pas faite pour le graphisme, que j’aime pas particulièrement ça, que je suis pas vraiment pour moi douée. Et donc quand je fais mon diplôme de fin d’année…
je prends pas de plaisir à faire ce projet parce que me dis encore une fois c’est moi aussi qui avait une vision du graphisme je pense qu’aujourd’hui j’aurai une version beaucoup plus libre et créative et artistique aussi mais pour moi je me disais non le graphisme ça doit être très très sérieux quoi voilà et en fait j’ai vraiment pas pris de plaisir durant cette année qui a été difficile et le jour du jury c’est vrai que
Manon Verbeke (06:13.525)
Ahem !
M (06:19.96)
on me dit c’est dommage que t’aies pas exploité ton talent de dessinatrice si je puis dire chose que moi je ne me serais pas du tout autorisée parce que pour moi c’était très compartimenté et à la fin du jury en fait il y avait un directeur artistique qui vient en fait et qui me demande s’il peut m’acheter tel dessin et en fait ça a été un peu une bascule de viremé en fait c’est à dire que
les endroits où je prends du plaisir et où je suis satisfait de ce que je fais, donc l’illustration, finalement ça intéresse plus le directeur artistique que ce projet qui m’a fait suer, que j’ai enduré pendant une année quoi. Donc si tu veux, y avait un peu ce truc, ouais, ce truc palpable de, meuf en fait tu peux prendre du plaisir et le transformer en argent en fait quoi. Exactement.
Manon Verbeke (07:03.441)
là là, quel contraste
Manon Verbeke (07:13.679)
Il y a des gens qui veulent l’acheter en plus. Incroyable. Non mais c’est fou. C’est fou.
M (07:17.454)
Plus le fait que c’était quelqu’un, tu vois, du milieu, c’était pas une amie ou ma mère, tu vois ?
Manon Verbeke (07:22.099)
Ouais. Ouais, il y avait une forme de légitimation par le fait que cette personne qui a un aligrafie, a une légitimité dans le milieu du design et tout, ouais je comprends. Ouais j’avoue j’aurais été foufelle aussi moi.
M (07:34.145)
Ouais, carrément. Donc ça, c’était un peu la bascule.
Ben oui ! C’était un peu la bascule et puis en fait en sortant du master, enfin ouais, moi je… Comme je pense beaucoup d’étudiants, je trouve que c’est vertigineux quand tu sors et que ok, ça y est, il faut transformer tout ça en travail. Et enfin je me rendais compte que j’avais pas du tout, au début je me disais, ben je vais faire un stage dans une agence de graphisme, mais en fait, que je commençais à démarcher, je me disais mais j’ai pas envie en fait, j’ai même été prise dans une agence qui était hyper chouette.
à Bruxelles à l’époque. en fait elle m’avait accepté puis au dernier moment j’aurais dit non en fait finalement je vais pas venir. Non je vais pas venir et du coup c’est là où je me suis lancée en fait en tant qu’indépendante dans l’illustration.
Manon Verbeke (08:48.438)
les voisins en ce moment en vacances et comme d’hab, je fais relécoli. Évidemment. Alors, ok, c’est bien, c’est arrêté à la fin de la phrase. Donc, Monteur, tu peux couper tout ça et reprendre. Merci, Alex.
M (08:52.43)
Ahahahah !
Manon Verbeke (09:09.514)
Est-ce qu’on peut parler un peu du coup de aujourd’hui ? Aujourd’hui, tu te définis comme illustratrice, tu te vends comme illustratrice avec un focus jeunesse, pas que. Tu veux bien nous parler un peu de tout ça ?
M (09:19.822)
Oui,
Quand je me suis lancée, oui, quand je me suis lancée, c’est vrai que pour moi, l’illustration, c’était les enfants, fait. pour moi, si je voulais encore une fois, je suis très taratarde, bon, déjà, j’étais très intéressée par la littérature jeunesse, j’ai toujours adoré ça, etc. Donc c’était quand même évident de démarcher d’abord des éditeurs jeunesse, la pré jeunesse, etc. Et en fait, pareil, c’est-à-dire qu’au fur et mesure où j’avançais dans le métier, je me suis rendue compte que mon travail,
pouvaient intéresser des agences de communication, pouvaient intéresser de la presse adulte. Et ça, trouvais ça génial aussi parce que ça permettait aussi de varier, de penser à d’autres cibles, de s’amuser un peu autrement. Et puis aussi, on va pas se mentir sur le fait que globalement, à chaque fois que j’ai travaillé pour des adultes, c’était quand même largement mieux payé que pour la jeunesse. Ouais, bah ouais. Bah…
Manon Verbeke (10:18.616)
ouais. Est-ce que c’est quelque chose qui est constant ou est-ce que c’est juste un fait ?
M (10:24.078)
Bah, la littérature jeunesse ça paye très mal, donc ça tout le le sait. La presse jeunesse c’est quand même un peu mieux, mais c’est sûr que quand je travaille, tu vois, pour de la communication ou même juste faire des recherches, tu vois, pour la communication, mais en fait des fois en un seul dessin, j’étais payée autant que pour faire un livre entier pour un éditeur jeunesse, tu vois. Donc forcément c’est un peu vertigineux et… ouais.
Manon Verbeke (10:31.702)
Hmm.
Manon Verbeke (10:49.27)
Pour les auditrices qui voient pas, je fais les gros yeux. C’est fou.
M (10:53.71)
Ben ouais, ouais. Ouais, c’est assez fou. C’est vraiment la réalité. ça, c’est un truc, donc… On en reviendra, mais maintenant, c’est vrai que je suis prof aussi en école d’art et c’est un truc auquel je… Voilà, je parle beaucoup de ça à mes élèves quand ils veulent à tout prix, en fait, faire qu’une seule chose en illustration. J’en parle de la réalité, en fait, financière.
Manon Verbeke (11:14.774)
Est-ce qu’il a une forme de Saint-Gral de l’illustration pour enfants dans les écoles ? Parce que je fais le parallèle avec ce que je connais moi. Quand je me rappelle, quand j’étais en graphisme en études, tous les sortants, tous les étudiants voulaient faire du graphisme institutionnel, tu sais, pour les musées, les théâtres avec des trucs un peu perché. Et genre, c’était le Saint-Gral, Genre quand moi, disais, moi, je m’éclate à la métropole européenne de Lille. C’est genre, non mais c’est nul.
M (11:29.774)
Bien sûr. Oui. Oui.
M (11:39.246)
Ouais. Ouais.
Manon Verbeke (11:42.944)
Il y a la même chose pour l’illustration jeunesse, c’est genre une sorte de… cingrale.
M (11:43.321)
Oui, je… Bah oui parce que… Parce qu’en fait le travail d’auteur et d’autrice est beaucoup plus valorisé, il y a un côté vraiment plus artistique ou…
Quand tu vois, moi j’ai déjà une éditrice jeunesse, quand elle a vu que je travaillais pour la presse jeunesse par exemple, voilà elle m’a dit bon Marion, mieux que travailler à MacDo mais pas beaucoup plus quoi, tu vois. Donc pour eux c’est vraiment le travail de commande.
Manon Verbeke (12:07.926)
Oh ! Oh oh oh
M (12:13.518)
c’est sale pour certains et certaines pas tout le monde alors que le travail du livre c’est vraiment ton travail artistique c’est ton coeur sur la table ce qui est assez juste mais la réalité c’est que pour pouvoir vivre de ça il faudrait faire un livre par mois alors qu’en fait un livre t’y es souvent sur plusieurs mois quoi voilà
Manon Verbeke (12:35.296)
Ouais, donc quand tu parles de cette différence du travail de commande, c’est que quand tu dis que tu fais du livre de l’illustration jeunesse à ce moment-là, c’est toi qui est autrice des œuvres, c’est pas une commande qui t’a été faite. Et donc à côté de ça, tu fais quand même de l’illustration jeunesse de commande, genre des bouquins d’ailleurs que j’en ai aussi pour mes enfants ici. C’est toujours un plaisir de voir tes dessins dans des éditions.
M (12:47.86)
Oui, c’est ça.
M (12:53.646)
Hum? Hum? Hum? Hum?
Merci. C’est vrai que, en plus déjà, ça varie les plaisirs parce que vraiment moi je ne pas travailler que sur des projets qui prennent un an, deux ans. J’ai pas ce tempérament là. Il a l’aspect aussi financier. C’est assez intéressant. Un des plus beaux projets que j’ai eu, quand les gens me demandent, tu fais pas que du jeunesse. J’avais fait une affiche de film pour un film de Céline Sciar.
qui s’appelle Petite Maman. du coup, moi j’adorais le travail de Céline Thiamma. Et c’est vrai, quand elle m’a contactée, elle m’a dit, ben voilà, moi je suis très sensible en fait à ce que tu racontes dans ton dessin. Et je pense que les personnes du milieu artistique arrivent aussi, tu sais, à imaginer ce que tu fais dans d’autres, enfin en tout cas les personnes créatives et les bons directeurs artistiques dans d’autres domaines. Et c’est vrai que c’est aussi un truc dont je me suis rendue compte et j’ai pas du tout encore réussi,
à y voir plus clair là-dessus mais quand tu te lances en fait dans un domaine après tu es vite tu sais fiché et c’est vrai que moi les premières personnes qui m’ont contacté pour de la com c’était plus un peu les états unis et l’azie alors qu’en france il avait toujours ce truc de mais non en fait toi non quoi toi tu fais du livre tu fais du jeunesse quoi voilà
Manon Verbeke (14:25.587)
Et t’as un dessin qui est plutôt naïf, je sais pas comment on peut le dire, enfin moi je dirais naïf tu vois. Et du coup je peux comprendre que ça vite… Si t’as peint un directeur artistique qui capable de se projeter sur ce que tu vas aller faire avec eux, je comprends que ça puisse être compliqué de te sortir de cette case là de l’illustration jeunesse.
M (14:29.23)
Hmm. Hmm.
M (14:45.976)
Ouais. Ouais, et en même temps, vois, justement, en publicité, en communication, on a besoin d’un trait très expressif, très synthétique. Voilà, et ça, c’est vrai que c’est un peu dommage des fois de ne pas réussir à… Enfin, que les autres ne se projettent pas, parce qu’en fait, effectivement, je travaille beaucoup à l’aquarelle, mais je travaille aussi aux crayons. Et du coup, tu vois, ce travail de trait noir, ça marche très bien, en fait, pour la presse et la com.
Manon Verbeke (15:14.295)
Ouais, je vois exactement de quoi tu parles. Je vous invite très fort, les auditrices, auditeurs, à aller voir le travail de Marion sur Instagram, notamment. Marion BMMM. Je leur dirai à la fin, vous le trouverez dans les chauneautes. Tu parlais de fait que tu donnes cours concernant l’illustration et que tu mets en garde tes étudiants. Il y a d’autres choses que tu leur dis, des éléments que tu as appris dans ton…
dans ton expérience à toi et qui serait aussi pertinente pour des auditrices qui nous écoutent
M (15:46.159)
Oui je pense. déjà il y a quand même un truc que je veux dire c’est que moi j’ai 38 ans. Je me suis lancée dans l’illustration j’avais 25 je crois. Donc forcément que…
En 13 ans, les choses ont beaucoup évolué. Donc c’est vrai que la façon dont mes élèves se lancent aujourd’hui est complètement différente de nous, comment on s’est lancé. C’est-à-dire qu’il faut vraiment que j’actualise les conseils que je leur donne par rapport aux réalités actuelles et aux outils actuels. C’est-à-dire…
Manon Verbeke (16:28.583)
Tu parles de l’IA ?
M (16:30.638)
Oui et puis aussi bah c’est sûr que tu vois maintenant eux ils sont ultra connectés à enfin ils ont instagram dans leur poche tu vois nous quand on a commencé
Enfin on dirait, voilà je parle de la préhistoire mais tu vois moi c’était l’époque des blogs, j’avais pas Instagram, je faisais des books papiers, je demandais des rendez-vous à Paris, enfin tu vois, ça fait paraître très obsolète. En tout cas, ce que j’essaye en fait de leur dire, ce que je dirais aux auditeurs et aux auditrices, c’est juste en ça, c’est c’est super chouette d’avoir des références, de garder l’œil ouvert. Mais moi personnellement si j’étais étudiante aujourd’hui, je sais pas si je réussirais à me lancer
parce que moi je pense qu’il faut vachement…
cultiver son jardin et que quand t’es toute la journée en en train de voir des images incroyables où tu vois pas les coulisses tu vois que le résultat etc ça peut être aussi un petit peu plombant et te perdre et te dire ok pour avoir du travail il faudrait que je sois comme un tel ou comme un tel et c’est vrai que je trouve que moi ma chance ça a été que je suivais quelques blogs à l’époque mais sinon c’était très organique ce que je produisais tu vois c’était mon besoin c’était mes carnets il y avait une approche assez
assez intuitive et je trouve qu’aujourd’hui c’est un peu plus dur de l’avoir et alors que c’est ça qui fait la différence pour moi. Donc voilà, cultiver vraiment son jardin et faire attention au réseau. Et puis après, moi ce que j’aurais aimé qui m’a manqué, là dans l’école dans laquelle je travaille, on essaye de plus préparer les élèves à l’aspect justement financier, des contrats, tout le tralala quoi. Tu vois le côté très administratif et
Manon Verbeke (18:16.407)
Ahem !
M (18:18.416)
et terre à terre. tout cas, il a 13 ans, quand je suis sortie d’école d’art, c’était vraiment limite insultant de parler de ça, tu vois. Il fallait qu’on soit dans la création et qu’on cherche et c’était super. Mais à un moment donné, c’est bien aussi de pouvoir…
Manon Verbeke (18:29.943)
…
M (18:41.774)
ça m’a parlé de faire un business plan, mais j’essaie quand mes élèves sortent de l’école à l’heure actuelle, leur… qui savent en fait à qui ils vont aller proposer leur travail et quels sont les tarifs dans ce milieu-là, Voilà. Et ça, je pense que ça… Non.
Manon Verbeke (18:56.951)
On n’est même pas sur des questions de rentabilité. Là, c’est vraiment des questions d’usage, de tarif.
M (19:02.904)
Ouais, bah en fait parce que c’est normal vu que, bah, encore une fois l’illustration c’est parfois vu de façon assez ingrate, tu vois, genre, non mais c’est bon quoi, c’est qu’un petit dessin, voilà quoi. Et du coup mes élèves, s’ils doivent faire un devis, forcément ils vont pratiquer des tarifs assez bas la plupart, sans connaître en fait la réalité des enveloppes qui sont derrière et surtout le fait que, en tout cas moi en illustration ça a été le cas.
au défaut au lieu de me dire le budget qu’ils avaient, ils me laissaient proposer un budget et vu que tu démarres et que t’es tellement contente qu’on quelqu’un te fasse confiance, tu proposes des tarifs super bas. Et ça j’essaye vraiment parce que je trouve que c’est important en fait qu’on se tire tous vers le haut et que…
Et qu’on ne s’épuise pas parce que déjà que si je trouve que leur apportant argent parfois est complètement délirant. voilà, et puis je leur parle aussi forcément un peu voilà des cotisations parce que ça c’est pareil, il y a des gens quand tu leur dis voilà je sais pas je suis payée 1000 balles pour faire tel truc, ils trouvent ça complètement délirant. Mais voilà. Exactement.
Manon Verbeke (20:10.967)
Ils sont là genre « Waouh, mais tu es riche, mais tu vis dans un manoir ».
M (20:14.982)
Exactement, non mais genre, mais de quoi tu te plains ? Et après, ben voilà, tu leur parles de tout ce que tu donnes à l’Ursafe, à l’Irseque, etc. Et ça, c’est vrai que je pense que… Bon, je sais pas si ça m’aurait parlé, moi, à âge, mais ça permet en fait de comprendre que, bah oui, en fait c’est un métier, c’est pas un loisir et qu’on peut aussi essayer d’être un peu, comment dire… carré et aussi exigeant dans…
Manon Verbeke (20:17.911)
Néééé
Manon Verbeke (20:23.009)
Mmh-hmm.
M (20:42.51)
aussi dans quelle vie on souhaite. À l’époque, je voulais dessiner tout le temps et limite parfois j’oubliais de faire mes factures parce que j’étais habituée à vivre comme une étudiante, donc je continuais à vivre comme une étudiante. Mais à un moment donné, trouve que c’est bien aussi de se dire, mais en fait, j’ai le droit de vivre dans un logement décent, j’ai le droit de manger correctement, enfin voilà quoi. Et voir même de pouvoir avoir d’autres projets.
Manon Verbeke (21:04.883)
Oui, mon travail a de la valeur. Mais oui.
M (21:07.467)
Voilà, mais ça c’est un gros sujet chez moi donc j’essaye de… Voilà, j’essaye de leur donner ça.
Manon Verbeke (21:14.613)
Ok, hyper intéressant. Alors, j’ai noté des petits trucs pendant que tu parlais parce que ce n’était pas des questions que j’avais forcément posées. Et en même temps, cette question que je te posais, c’était plutôt une question de fin d’habitude, c’est quels sont les conseils que tu donnerais aux auditrices ? Tu as parlé du coup du réseau. Tu dit faire attention au réseau. Ça veut dire quoi pour toi faire attention au réseau
M (21:34.199)
oui, je dis ça. Je pense que c’est important déjà, à moment donné, de se poser et de se dire pour qui j’aimerais travailler. Est-ce que mon travail correspond aussi à ce que je souhaite ?
Manon Verbeke (21:35.095)
Mais ?
M (21:53.003)
parce qu’on a effectivement des styles qui sont plus ou moins applicables à tel ou tel domaine. Donc essayez déjà d’aligner ça et puis après… oui, tu parlais des réseaux sociaux peut-être ? Oui, si, si, c’était des réseaux sociaux, je crois. OK.
Manon Verbeke (22:03.978)
Ben je sais pas. attends. mets alors en fait, en vrai, j’ai plein de questions. J’ai plein de questions parce que ma question, c’est comment toi, tu fais de l’acquisition aujourd’hui ? Je sais que tu publies pas mal sur les réseaux sociaux. Donc comment toi, tu fais de l’acquisition ? Et est-ce que pour cette nouvelle vague d’illustrateurs qui arrivent, est-ce que tu penses que Instagram est devenu obligé ? Tout comme les musiciens aujourd’hui, n’ont plus le choix que d’être sur les réseaux sociaux.
M (22:16.91)
Mmh. Mmh.
Manon Verbeke (22:30.55)
Et est-ce qu’il d’autres moyens ? Est-ce que tu vois émerger chez tes jeunes que tu côtoyes, jeunes illustrateurs, d’autres moyens de se faire connaître ou de trouver leur acquisition ?
M (22:38.446)
Ouais. alors, écoute, moi je pense qu’Instagram c’est quand pas mal. Au sens où je vois souvent des directeurs artistiques ou des éditeurs quand je leur demande, par exemple, quand ils me proposent un boulot, je leur demande des références à mon travail, ils font tout le temps référence à l’Instagram, voire même…
Des fois, j’ai eu des propositions de boulot directement sur la boite, messagerie d’Instagram. Donc je pense que Instagram, c’est quand pas mal à l’heure actuelle, même si… Enfin…
on est un peu tous noyés et aussi tu sais, bah moi je suis abonnée à des comptes que j’arrive plus du tout à voir quoi. Je vois plein de publicités mais j’arrive plus à voir les comptes que je suis fait. Donc j’ai l’impression que c’est un peu, comment dire, pour moi c’est un peu la fin aussi d’Instagram et je l’ai cru il a un an quand Trump a été élu et que voilà, que ouais c’est ça, il a un peu plus d’un an, quand certains commençaient à partir sur d’autres réseaux, j’ai commencé un petit peu à me dire bah tiens je partirai pas sur un autre réseau, après j’ai pas vu d’équivalent. Donc moi je restais sur Instagram parce
Manon Verbeke (23:17.976)
Hmm.
M (23:39.841)
parce que ça me permet quand d’avoir une petite visibilité. Mais j’ai vu aussi pas mal d’illustrateurs et illustratrices qui, tu sais, maintenant font des… Comment on appelle ça ? Qui donnent un peu des nouvelles, tu vois, par mail à leur contact, quoi ? Tu sais, une sorte de… newsletters. Voilà, je trouvais plus le mot. Newsletters. Ça, trouve, c’est pas mal au sens où moi, c’est ce que je faisais assez régulièrement, tu sais, c’est d’envoyer effectivement mon actualité, contacts.
Manon Verbeke (23:43.789)
N’aie.
Manon Verbeke (23:56.353)
des newsletters.
M (24:09.754)
à mes clients, ça permettait d’avoir de nouveaux boulots où je le faisais, tu sais, sur… Ok, j’envoie un petit image pour fêter la bonne année, une image pour les vacances. Donc je trouve que ça, c’est plutôt sympa, quoi. Voilà. Moi, je conseillerais ça. Ouais. Oui.
Manon Verbeke (24:14.389)
Oui !
Manon Verbeke (24:22.136)
Ouais, c’est se rappeler à leur bon souvenir, éventuellement relancer des missions, éventuellement dire, là, en ce moment, j’ai tel fait telle chose et donc du coup, ça vient créer des idées ou de mise en relation parfois. C’est un outil dont je me sers aussi pour faire de la mise en relation. dis à mes clients actuels ou mes anciens clients, je cherche à bosser avec tel type de personnes. Tu n’aurais pas quelqu’un dans ton réseau et je leur offre un petit truc, vois, je leur offre genre une heure avec moi, un carousel ou une connerie comme ça.
M (24:31.97)
Ouais. C’est ça. Ouais.
M (24:38.945)
Oui ?
M (24:43.118)
Ah ! Ah ça c’est chouette aussi, ! Ouais ? Ok ! Ah c’est chouette !
Manon Verbeke (24:52.408)
Donc ouais, donc ça t’as une forme de… Ce qui est malin là, c’est que du coup, c’est ton propre, ta propre liste et tout monde te voit a priori. T’as pas besoin de te battre avec les autres.
M (25:00.672)
Oui voilà !
Ouais c’est ça. Après c’est quelque chose que je fais plus mais je pense que c’est un conseil que je donne à mes élèves mais pour eux ça leur paraît complètement obsolète. Quand j’allais de temps en temps dans les bureaux de certains clients ou éditeurs, éditrices, je voyais ce que j’envoyais en format papier. Ça paraît vraiment préhistorique mais j’envoyais à l’époque des choses par courrier. Ils les affichaient sur le mur et c’est vrai vu qu’on est vraiment…
Manon Verbeke (25:20.888)
Mmh.
M (25:31.969)
à tout à l’air, tu vois, du digital. Je me dis, ça serait quoi la force aujourd’hui pour plus cette vue ? Je trouve que l’expérience, en fait, du papier, de l’objet sensible, de l’histoire que tu racontes, elle peut peut-être faire la différence, même si j’ai ma conscience que c’est un budget. Mais c’est vrai que là, tu vois, mes élèves qui cherchent du stage, c’est ce que je leur dis, je leur dis, bah, essayez peut-être de vous démarquer au lieu d’envoyer un mail avec ces valettes de motivation. Pourquoi pas envisager un objet plus hybride
Manon Verbeke (25:49.922)
Ouais, comme tout.
M (26:01.872)
…
Manon Verbeke (26:03.926)
Ouais hyper malin effectivement hyper malin il y a des moments où le budget que tu vas investir si tu le fais de manière chirurgicale tu effectivement t’en envoies pas la même quantité, t’es plus ciblé, t’es plus qualitatif. Ok très bien.
M (26:05.601)
et palpable.
M (26:14.798)
C’est ça. Ouais. Ouais.
Et cibler, c’est aussi un conseil que j’aimerais donner parce que moi quand j’ai démarré, justement je voulais tellement du travail que tu sais, tu t’envoies des kilos et des kilos en fait de mails et de propositions et je pense qu’il vaut mieux moi faire mais vraiment donner son cœur, vois, et vraiment personnaliser un max, quoi. Ça touchera beaucoup plus, quoi. Et justement là tu peux te sortir du lot parce que j’imagine même pas à l’heure actuelle
Manon Verbeke (26:42.296)
Mmh.
M (26:50.198)
combien de mails les éditeurs reçoivent par jour, Ça doit être atroce.
Manon Verbeke (26:52.568)
Ah ouais, j’imagine même pas. C’est clair que s’ils reçoivent une illustration dans un cadre, même un cadre IKEA, enfin ça fait quand même plus d’effet que…
M (27:01.819)
ça va cruiser la curiosité quoi.
Manon Verbeke (27:04.962)
Ouais. Ok. Bon et du coup, à quoi ça ressemble ta vie de ton quotidien d’illustratrice qui secoue un enfant de haut en bas ? pardon, d’avant en arrière.
M (27:14.926)
ça dessine pas beaucoup. déjà moi je tiens à préciser, je suis maman solo, donc c’est vrai que c’est… il n’y a pas de… je n’ai pas de relais, voilà, quotidien, même si j’ai des amis et j’ai ma famille qui autour de moi. Moi, je me suis arrêtée de travailler début décembre, je devais reprendre fin mars. Là, on est le 20 avril et…
Manon Verbeke (27:30.904)
Mmh.
M (27:43.387)
Écoute, je pensais naïvement pouvoir reprendre le travail fin mars, tu vois, même durant mon congé. Je me disais, c’est chouette, je vais avoir du temps pour dessiner, pour lire, tout ça, tout ça, non mais n’importe quoi. Donc l’heure actuelle, j’essaye de reprendre parce qu’il faut bien faire entrer aussi des sous. J’ai pas pu reprendre les cours.
Manon Verbeke (27:54.008)
…
M (28:09.246)
grand regret et du coup ça fait aussi un manque à gagner bien sûr. là j’ai j’ai quelques projets sur le feu mais c’est très difficile de réussir à m’y mettre parce que à l’heure actuelle j’ai des petits créneaux de une heure par ci une heure par là plus voilà tu sais bien la fatigue aussi que tout s’engendre, un cerveau qui est complètement mis sur pause quoi donc pour le moment
Manon Verbeke (28:13.304)
Mmh.
Manon Verbeke (28:31.948)
Ouais, en tout cas qui fonctionne plus pareil. On est bien d’accord.
M (28:34.782)
non, carrément pas. Carrément pas. Là tu vois, je pensais qu’on avait rendez-vous demain. J’avais noté dans mon agenda demain. Donc voilà, petit exemple. Donc pour le moment… Après c’est intéressant parce que ça m’est jamais arrivé depuis que j’ai démarré d’avoir, on va dire, cinq mois où je ne travaille pas. Ouais.
Manon Verbeke (28:40.738)
T’inquiètes.
Manon Verbeke (28:59.96)
as réussi à faire ça, à ne travailler ? Comment tu t’es organisé ? Parce qu’en fait du coup, c’était planifié comme grossesse. Donc tu as pu te dire, ok, je planifie mon congé maths, je le prépare. Moi, j’ai beaucoup raconté comment j’ai préparé mon congé maths en prévision de ce trou d’activité et de la reprise qui est toujours un peu incertaine. que toi, tu cherches une place en crèche, si j’ai bien compris. Un truc comme ça.
M (29:12.846)
Mmh.
M (29:18.094)
Mmh. Mmh.
Alors normalement bientôt il va y aller occasionnellement et normalement en septembre si tout va bien il sera de façon pérenne.
Manon Verbeke (29:26.616)
OK.
Ok. Moi, savais que je savais que ma reprise, elle serait pas tant liée à ça que à mon envie de pas forcément mettre mon bébé tout de suite, tu Donc je savais que ça dépendait de comment mon cerveau, allait fonctionner. Comment tu t’es préparé toi ? Comment tu as préparé ton activité pour vivre ça sereinement au mieux ? Régole pas comme ça.
M (29:38.456)
Ok. Ouais.
M (29:46.158)
Mmh.
M (29:50.202)
S’il y a des… Sereinement, je pense qu’il y a des gens qui me connaissent qui écoutent, ils vont rire. Écoute, j’ai un peu fait comme j’ai pu, c’est-à-dire qu’en toute transparence, moi ça fait quand même, je dirais, un an et demi, deux ans où vraiment mon activité d’illustratrice est vraiment beaucoup plus au ralenti.
Manon Verbeke (30:11.257)
Mmh.
M (30:14.19)
C’est un constat que je partage avec beaucoup d’illustrateurs et d’illustratrices sur le fait qu’avant, quand j’envoyais des petits mails de démarchage, je pouvais avoir des… Voilà, assez facilement. En tout cas, je pouvais avoir des choses qui tombaient comme ça, sans que je demande même parfois. Et là, vraiment, ça a beaucoup changé. Alors…
On sait qu’il y eu l’inflation, il a l’arrivée de l’IA, y a le fait qu’on est aussi beaucoup sur le marché. Je vois aussi en presse par exemple jeunesse des illustrations que j’ai déjà faites en fait sont réutilisées. Ce qui fait que au lieu de me repayer, je sais pas, 800 euros pour faire une commande, on va me repayer que 150 euros pour utiliser. Voilà.
Manon Verbeke (30:59.245)
pour les droits d’auteur.
M (31:01.39)
Donc vraiment, heureusement, moi j’ai augmenté mon activité de prof en école d’art. Ça tombe bien, j’adore ça. aussi, voilà, Nino est né grâce à la PMA. Donc c’était aussi une période où j’avais besoin un peu de… Comment dire ?
que mon cerveau soit un peu plus reposé. Et c’est vrai que mon activité de prof me repose beaucoup plus que mon activité d’illustratrice, même si bien sûr je suis investie, mais voilà, c’est pas du tout la même… Ouais. Ouais, ouais. Ouais. Bah, c’est très bête, mais c’est être payée pour le travail que tu fais à l’heure, mais…
Manon Verbeke (31:24.889)
Hmm.
Manon Verbeke (31:32.498)
T’as plus de sécurité, tu sais les horaires, sais ce que tu fais quand, quel jour.
Manon Verbeke (31:43.481)
Bye !
M (31:45.697)
Quel bonheur ! Quel bonheur quoi ! Ça déborde pas de partout, tu vois, moi ça fait longtemps que je travaille plus le soir, les week-ends. C’est, voilà, contrairement aux premières années de vie de usératrice, là où je travaillais tout le temps quoi. Bon, en tout cas, j’extrapole, mais tout ça pour dire que…
Manon Verbeke (31:53.017)
Mmh.
Manon Verbeke (32:00.569)
Mmh.
M (32:05.898)
Quand j’ai annoncé en septembre à l’école que je partais en congé au mois de décembre et je revenais fin mars, déjà je me suis dit que j’ai laissé soula en moins de l’école. Et ça a été un peu la croix et la bannière pour savoir aussi combien je toucherais grâce à l’assurance maladie et petit aparté. Mais j’étais arrêtée en décembre, j’ai touché l’argent de l’assurance maladie début avril.
Manon Verbeke (32:33.13)
Du coup, j’aime l’internité.
M (32:34.478)
Ouais, voilà. Alors, ce que j’ai fait, c’est que j’ai essayé de démarcher, tu vois, à la rentrée. Ouais. Surtout qu’en plus, je suis toute seule, du coup, je ne pouvais pas… Enfin, je ne peux pas compter sur un amoureux qui aurait un salaire ou quoi que ce soit. bon.
Manon Verbeke (32:38.937)
C’est très tard, j’avoue. Moi, j’ai pas vécu ça. Ben ouais.
M (32:51.63)
Mais j’avais de la rein de côté et puis avant d’être en congé, j’ai vraiment accepté le maximum de boulot que je pouvais prendre. J’ai mis de côté et j’ai essayé de vivre aussi un petit peu plus… Alors, j’ai pas fait de gros gros, comment dire, efforts, mais tu vois, il a des choses que je faisais avant que je faisais plus. Genre, sais pas moi, payer une inscription au yoga, tout acheter en bio, enfin voilà, il y a des petits trucs comme ça que j’ai réduits et changés un peu.
Manon Verbeke (33:01.209)
Mmh.
Manon Verbeke (33:20.505)
Hmm.
M (33:21.584)
sur la façon de faire et j’ai vraiment les… en fait je suis un petit peu triste de ça parce que j’ai adoré ma grossesse mais…
L’automne, cet automne dernier, vois, j’étais très stressée par l’argent, fait. J’étais très stressée, je faisais plein de calculs, j’ai essayé de réduire aussi certaines factures, etc. Alors qu’en vrai, j’ai de l’argent de côté, être maman, en tout cas, là, je sais pas si j’en aurais un autre. Donc, il y a vraiment ce truc de, attends Marion, fait, là, profite parce que c’est magique et c’est incroyable. Ça a été super pollué par des questions d’argent. Et tu vois là, encore ce matin, avant que tu m’appelles, vu que j’ai eu un peu de temps,
Manon Verbeke (33:39.801)
Mmh.
Manon Verbeke (33:54.649)
Mmh.
M (33:58.657)
vu que Nino dormait, j’étais en train de… Chaque mois, fait, tu sais, je calcule un peu combien j’ai gagné, combien je dois, ce genre de truc, quoi. Et je fais mes comptes, quoi. Et voilà, là, j’étais en attente de… sais bien comment c’est, de certaines factures… Voilà, plein de trucs. Et c’est vrai qu’il toujours un peu eu une angoisse quand même, parce que je considère pas que j’ai eu vraiment le… Comment dire ? Le luxe de pouvoir…
Manon Verbeke (34:07.033)
Mmh.
M (34:28.48)
de pouvoir le préparer au sens où j’ai pas pu, je sais pas, moi, me dire, OK, je vais travailler comme une ouf. Oui, j’ai un peu plus travaillé, j’ai pris ce que je pouvais. Mais là, le démarchage pour moi, tu vois, ces derniers temps, ça fonctionne… Ça fonctionne très peu, quoi. En toute honnêteté.
Manon Verbeke (34:44.761)
Donc là, pour réparer ta reprise, tu reprends le démarchage.
M (34:49.038)
Ouais. J’ai repris un petit peu, mais j’ai repris, tu vois, je sais plus, en février, je crois. Et le fait que… Enfin, ouais, désolée, c’est pas… C’est pas très optimiste, mais en même temps, tu mettrais des paillettes et aussi, moi, je ne le vis pas mal au sens où…
Manon Verbeke (35:00.841)
Non mais t’inquiètes, je mettrai des paillettes autour mais en vrai c’est la réalité quoi.
M (35:10.738)
Moi, avant, vois, mon bébé, c’était d’illustration. Et… Je voulais devenir maman, c’était un souhait. Et je savais, de toute façon, que mon énergie et ma vision de la vie allaient changer avec l’arrivée de ce bébé. Et déjà, avant, moi, depuis mes 35 ans, j’avais un autre rapport à mon travail. C’est-à-dire qu’avant, j’étais dans un truc hyper passionnel, passionné, passionnel. Et le fait d’avoir…
Manon Verbeke (35:25.891)
Oui.
M (35:40.087)
Alors je sais pas si c’est lié mais tu j’ai beaucoup moins publié sur Instagram, j’ai beaucoup moins fait de production personnelle, j’ai beaucoup moins été à l’initiative. Avant je faisais des expos, je proposais des projets de livres aux éditeurs, j’essayais des nouvelles techniques, enfin tout ça tout ça et c’était très réjouissant. Mais là en fait vu que mon énergie était un peu ailleurs, plus j’étais fatiguée je dois dire.
Manon Verbeke (35:52.153)
Hmm.
Manon Verbeke (36:02.809)
Et puis la nouveauté, tu la trouves aussi. Ce besoin de créativité et de nouveauté, vrai, quand tu accueilles un bébé pour la première fois, as tellement de choses à questionner, à apprendre, à améliorer, à tester qu’en fait ton cerveau, est déjà nourri. Si c’est ce besoin-là de curiosité.
M (36:16.686)
Ah ben ouais. Exactement, et c’est très juste ce que tu dis. C’est exactement ça. Complètement. Du coup, je sens en fait là déjà, comme je te disais depuis un an et demi, que ça a beaucoup changé mon activité et que je suis plus la même énergie, tu vois, dans la bataille que ça nécessite, tu vois, de chercher, de calculer et…
et peut-être que c’est une période de vie où l’illustration va être fortement réduite, mais c’est pas grave parce qu’en fait, il a plein d’autres choses qui peuvent m’intéresser et je crois aussi beaucoup à des chapitres de vie. Et moi, l’illustration, ça m’a tellement nourrie et apportée pendant plusieurs années que peut-être que là, je vais le faire un peu moins, peut-être que ça reviendra, mais… Enfin, moi, c’est mon sentiment, mais je trouve que c’est devenu encore plus difficile qu’avant.
Manon Verbeke (36:53.305)
Mmh.
M (37:10.638)
Et moi j’approche de la quarantaine et tu vois des trucs que je pouvais accepter avant la trentaine, j’ai du mal à les accepter maintenant quoi. Voilà.
Manon Verbeke (37:20.601)
Ouais, je comprends complètement. Sur un entouragiste, mais je comprends, il a des choses, il y a des choix que tu peux plus faire. Tu vois, tu disais que tu travaillais soir et week-end. Quand c’est un métier passion ? Moi, je l’ai fait aussi quand j’avais pas de vie de famille ni de vie de couple. C’était très facile. Même avec une vie de couple, des fois, ça m’arrive aussi, c’était très facile de travailler aux horaires où moi, j’ai envie de travailler. Donc la journée, clairement, je sortais, j’allais faire du shopping ou ce que je voulais, du yoga. Et le soir et le week-end, je travaillais.
M (37:27.086)
Wait.
M (37:35.391)
Oui, bien sûr.
M (37:41.166)
Oui.
Mmh. Mmh.
Manon Verbeke (37:49.626)
Et c’est des choses que tu peux plus forcément faire après si tu veux t’aligner avec la société quoi. en fait avoir un enfant ça veut dire mettre à la crèche ou à la garderie et donc ça veut dire avoir des horreurs classiques. Et puis ton cerveau il a plus forcément la même… les mêmes priorités.
M (38:06.976)
Ouais et au-delà de ça, même si j’avais pas eu Nino, vois, avant j’avais déjà commencé à changer de quotidien parce que bon voilà, c’est pas très gay mais je pense que voilà, c’est aussi la vie pro, elle est nourrie de la vie personnelle mais tu vois, moi j’ai accompagné mon papa dans la maladie et…
Manon Verbeke (38:16.227)
Ouais.
Manon Verbeke (38:28.857)
Mmh.
M (38:29.902)
et il est décédé depuis. en fait, me disais… Forcément, quand tu vis des moments comme ça, ça te questionne sur, OK, c’est quoi que tu veux de ta vie ? Et en fait, je me disais, mais waouh, la vie, passe super vite. J’étais passionnée par mon taf et c’est génial, mais en fait, moi, suis tellement heureuse, à l’heure actuelle, d’avoir du temps, tu vois, pour mes amis, d’avoir du temps pour moi, d’avoir une vie en dehors de mon travail, en fait, tout simplement, et des temps de rien, tu sais ? Ou juste, tu vas regarder une série, et…
Manon Verbeke (38:37.081)
Bye
M (38:59.856)
et juste t’es là et t’es content avec ta petite tisane. c’est vrai qu’aussi, j’étais très… tout le temps, sais, dans le… même quand t’es avec les gens, j’étais tout le temps en train de penser au travail, assez stressée, préoccupée, mais parce que c’est le seul truc d’être à ton compte, en fait, tu vois. Forcément, ça s’arrête jamais. Et je crois qu’alors…
Manon Verbeke (39:14.937)
Mmh.
Ouais, clairement, j’ai l’impression que t’as un caractère assez… peut-être une base un peu anxieux, qui fait que cette vie d’indépendance, parfois, est compliquée à manoeuvrer. Pas toujours confortable, quoi.
M (39:30.571)
Ouais en fait il a un truc que j’ai plus de mal en fait à accueillir avec le temps c’est…
les travails de corrections quand t’es illustratrice. C’est-à-dire que des fois, toi, tu vas envoyer tes images et tu penses que c’est fini, quoi, et qu’en fait, non, tu vas avoir des pavés de corrections et que, en fait, du coup, ça décale un peu tout ton planning, ton emploi du temps, et que c’est de… Quelque part, en fait, que tu passes deux heures sur les corrections ou vingt heures, tu seras pas plus payée. Et je pense que ça, c’est un truc, en fait, ouais, qui crée beaucoup.
Manon Verbeke (39:47.223)
Ouais.
M (40:07.408)
un confort chez moi parce qu’avant c’est pas grave je reniais sur mes nuits, mes week-ends mais vu que maintenant c’est intolérable pour moi qu’on touche à ça parce que c’est mon bien-être parce que le bien-être est revenu en fait tu vois une de mes priorités bien-être physique mentale
Manon Verbeke (40:17.892)
Bien sûr !
Manon Verbeke (40:22.02)
Et franchement, me demande dans quelle mesure, et peut-être que les auditrices pourraient nous répondre, dans quelle mesure la nouvelle génération qui arrive, on en parle déjà beaucoup dans le salariat, de cette capacité qu’ils ont à ne pas se laisser marcher dessus par les règles. Je me demande en quelle mesure, en indépendant, ils vont pas aussi avoir ce high standard pour leur niveau de vie, leur santé, leur santé mentale, leur bien-être. Ce que nous, on a accepté, je suis pas sûre qu’ils l’accepteront tous.
M (40:29.837)
Oui.
M (40:34.382)
Mmh.
M (40:39.096)
Hum Hum Hum Hum Hum Clairement
J’espère en fait parce que c’est vrai que moi mes étudiants c’est pareil en fait ils me disent… Des fois quand je leur dis combien un tel truc est payé, combien de temps j’ai pris, c’est vrai que je vois bien en fait qu’ils sont beaucoup… vois, ils disent, non mais moi je vais me prendre un boulot alimentaire et l’illustration ça sera que pour des projets qui comptent vraiment, tu vois. À la sortie des études ils… Voilà. en fait, bah moi c’est vrai que j’ai des étudiants en face de moi qui ont la vingtaine qui sont…
Manon Verbeke (40:48.794)
…
Manon Verbeke (40:58.138)
Hmm.
Manon Verbeke (41:06.436)
Est-ce que c’est pas plus malin en vrai ? C’est malin.
M (41:16.624)
pas mal, on va pas faire de généralité, mais qui sont quand même pas mal affectés par la dépression, par brouhée, donc c’était généralisé, etc. Et en fait, c’est vrai que moi j’essaye toujours de les remettre dans l’idée de plaisir, de la recherche, de la découverte, de la joie et toujours, on en parle beaucoup avec mes amis hydrateurs et hydratrices quand tu ce week-end j’ai vu un ami et en fait il s’était fait hurler dessus
Manon Verbeke (41:24.89)
Hmm.
M (41:46.497)
et vraiment fait rabaisser par une directrice artistique. Il était trop mal, il a été mal pendant très longtemps. Et en fait, on se disait, mais purée, on ne sauve pas des vies.
Manon Verbeke (41:52.442)
Hmm.
Manon Verbeke (41:59.861)
putain, mais on n’arrête pas de dire ça aussi avec mes copines graphistes ou communicantes de marque, tu sais. On a eu exactement la même situation, c’était d’un gars qui, un directeur d’une marque qui lui a passé un savon, vois, genre vraiment, comme une gamine, elle raccrochait en disant non mais… Et après, on s’offre pas des vies, quoi, on se calme, les appels soirées, week-ends et machin, non en fait.
M (42:03.374)
ouais… non mais vraiment… Mais vraiment…
M (42:10.422)
Ouais.
C’est ça. Oui. Oui.
Non.
Ouais ouais. Oui il y a ça et aussi c’est vrai que cette nouvelle génération je pense que là dessus c’est super aussi c’est que…
on peut fait faire du bon boulot en étant dans une sorte de bienveillance et de communication non violente. Et ça, moi, c’est pareil. Je préfère en fait travailler avec des gens dont j’admire moins le travail. Mais par contre, je sais qu’humainement, ça va être hyper correct, que plutôt, ça m’est déjà arrivé quand même, à chaque fois, non. Mais j’ai pu travailler avec des personnes un peu plus, tu sais, branchouilles, on va dire, et où en fait, c’est un…
Manon Verbeke (42:49.434)
Hmm.
M (43:01.372)
C’est un calvaire en fait le process de création, de travail et les gens se disent, ouah c’est génial t’as travaillé Quintel et en fait derrière c’est en fait c’est que de la souffrance et… et ouais ! C’est ça c’est que de la souffrance et voilà l’ami que j’ai vu ce week-end c’était trop ça il m’a dit mais en fait j’étais trop contente d’avoir ce projet parce que c’est assez prestigieux mais en fait ce que j’en garde c’est juste de… voilà pareil en fait lui là était papa récemment il me dit mais en fait il a pris travailler
Manon Verbeke (43:09.018)
Ouais ! Et toi t’as souffert ! Ouais, je vois bien.
M (43:31.105)
au bout de un mois quoi, il a passé ses soirées, ses week-ends à faire ce taf pour se faire gueuler dessus et c’est pareil il me disait mais en fait je gagnerais mieux ma vie en étant au chômage qu’en ayant fait ce projet très prestigieux tu vois et du coup ça pose aussi la question effectivement encore une fois je repars de ça mais de la la la préciosité en fait de ton temps et l’intérêt de tout ça alors certes il va avoir un super succès d’estime et peut-être que ça va lui au
Manon Verbeke (43:49.05)
Mmh.
M (44:01.008)
d’ouvrir d’autres ports, d’autres projets, etc. Mais en attendant, il me disait, moi, j’ai rien fait de ma vie pendant ces 9 mois, À part travailler.
Manon Verbeke (44:07.408)
ouais, non mais c’est vraiment, il y a des échelles. Il y a des échelles qu’il faut pas oublier de bien-être, de valeur, de comment tu vas te sentir. Il a pas que celle de la rentabilité. Et ça, c’est bien vrai. Moi, la première, j’ai deux offres principales. Il y a une des deux offres. Je ne le crie pas sur tous les toits, mais elle est juste rentable. Genre vraiment, je suis quasi en train de donner mon temps. Pas non plus parce que ma coach, elle me crerait dessus.
M (44:13.966)
Mmh… ouais…
M (44:30.19)
Mmh.
Mmh. Mmh. Mmh.
Manon Verbeke (44:37.05)
j’ai une de mes offres où en fait je sais que c’est pas l’échelle argent qui est au plus haut, c’est clairement mon échelle kiff et c’est ok pour moi tu vois, genre je le sais et du coup je l’ai calculé et je me dis bah c’est celle-là qui me permet aussi de kiffer mon taf par ailleurs. Bon bah écoute, ouais.
M (44:45.678)
Hmm.
Mmh.
M (44:52.329)
Ouais, carrément.
Tu sais, il y a toujours ces trois critères quand tu acceptes un projet. C’est le temps, l’argent et le fun. Il faut que tu en aies au moins un des deux. Et en fait, quand fait… Des trois, pardon. Quand c’est… fait, il n’y a pas le temps nécessaire, il n’y a pas le budget et en plus, tu vas pas prendre de plaisir. En fait, non. Et je pense qu’effectivement, c’est important. ça refait la boucle avec ce que je disais au départ. Mais ce n’est pas parce qu’en fait, on kiffe notre métier,
Manon Verbeke (45:04.218)
Un, !
M (45:25.178)
on doit en souffrir et ne pas avoir de vie à côté. voilà, on a le droit aussi, comme tout le comme les salariés, d’avoir une vie en dehors du travail. Voilà.
Manon Verbeke (45:26.618)
…
Manon Verbeke (45:34.746)
Est-ce que tu veux clore là-dessus ? Parce qu’en fait, ma dernière question, c’est si tu devais donner un conseil à une créative qui veut se lancer dans l’illustration, ce serait quoi ?
M (45:47.535)
Ben ouais, pense que ça serait ça. Ça serait de faire attention à son équilibre personnel. De réussir en fait, tu sais, à…
à cloisonner les choses, d’avoir des règles auxquelles tu déroges pas. Genre le travail c’est de telle heure à telle heure et si tu t’engages dans une activité sportive, culturelle, associative, une fois par semaine, que tu te la fasses pas sauter parce que là t’es en rush.
Manon Verbeke (46:17.498)
De fou !
M (46:19.956)
Et parce que c’est ton équilibre et je le vois bien aussi autour de moi. Moi, il des amis qui sont indépendants effectivement. Des fois quand ils sont en rush, je les vois pas pendant plusieurs semaines, ils ressortent de là en fait. Ils ressemblent plus à rien.
Manon Verbeke (46:35.61)
Et sans la Marion, t’as eu un bébé ? Ah putain !
M (46:38.762)
Exactement, c’est ça ? En fait, je me dis, bah, quand tu kiffes, c’est pas grave, tu vois, finalement. Mais voilà, faire attention à ça, parce que c’est pareil, notre bien le plus précieux, c’est vraiment notre équilibre psychologique et physique. Donc je pense qu’après, c’est peut-être la meuf qui approche de la quarantaine, qui vieillit, qui se dit ça. Quand t’as la vingtaine, t’es moins là-dedans, quoi.
Manon Verbeke (46:57.772)
Ouais mais est-ce qu’on n’a pas le droit d’être des vieilles connes et de dire ce genre de choses, de paroles de vieux sages quand on arrive près de la quarantaine pour que des jeunes qui nous écoutent puissent se dire non mais… Ça sont des vieilles connes. En vrai, je comprends.
M (47:04.014)
Spass !
M (47:12.486)
Bah en fait, ouais, moi c’est ma vision de la vie, mais maintenant tu je vois un peu les choses comme un écosystème global, le travail en fait partie, mais si c’était un camembert tu vois, c’est pas 95 % de ma vie quoi, tu vois. Il y a plein d’autres choses que je veux absolument faire rentrer et je trouve que justement, tu vois, avant d’avoir un bébé, j’ai eu un chien, j’ai un chien, parallèle très glissant, mais je le dis quand même, en fait le fait d’avoir un chien, donc Arlem, et de devoir le sortir tu vois à telle heure,
Manon Verbeke (47:18.938)
Mmh-hmm.
Manon Verbeke (47:25.114)
Mmh.
Manon Verbeke (47:33.324)
Mais oui !
Manon Verbeke (47:41.818)
Hmm.
M (47:41.953)
à telle heure d’avoir du temps qu’importe, ça a été déjà une première contrainte dans ma vie hyper bénéfique. Et ça que je voulais dire dans le côté, moi j’adore être indépendante parce que liberté, liberté, mais la liberté sans ces contraintes-là parfois elle peut être assez dangereuse, au sens où tu te qu’est-ce qui m’empêche de travailler de 8 heures à minuit, sauf qu’au bout d’un moment tu t’épuises, tu peux te cramer et te faire du mal.
Manon Verbeke (48:08.495)
Ouais. Bref, apprenez à vous connaître, identifiez vos limites, ne sautez pas des trucs qui sont importants pour votre santé mentale. Ok.
M (48:12.756)
Oui, carrément. Oui, apprendre à se connaître. Ouais. Ouais, ouais, vraiment. Apprendre à se connaître, c’est clair, c’est hyper important. Parce qu’on a tous des besoins différents, donc c’est ça, c’est apprendre à se connaître.
Manon Verbeke (48:27.115)
Marion, on arrive à la fin de cet épisode. Je tiens à te remercier du fond du cœur, sincèrement. Ça m’a fait de un très plaisir de te parler en tant qu’ancienne collègue. Et je pense que qu’on ce qu’on s’est dit, ce qu’on a pu se raconter là est assez précieux et assez transparent. J’aime bien ce mot, je préfère ça en authentique. Merci aussi à Nino qui a été hyper… Il redore là
M (48:29.932)
Très bien.
M (48:37.454)
…
M (48:48.429)
Ouais.
T’as vu, j’y m’attendais pas. Alors il dort et je pense que vraiment, je viens de trouver l’astuce pour m’éviter des heures de galère. C’est en fait faire des squats et voilà, c’est tout.
Manon Verbeke (49:00.507)
Ouais, faire des podcasts. Il faut clairement que tu investisses dans une… une écharpe de portage, rassure-moi là. Parce que là, t’as des bras qui vont. Je l’ai. Bon, en tout cas, j’espère que ton parcours, ta manière d’aborder tout ça, et avec le vrai et la sincérité, aura touché les auditrices de celles qui créent. Merci beaucoup. Si tu veux, on se revoit dans quelques temps quand t’auras lancé ta deuxième phase de vie.
M (49:08.406)
Oui, oui, oui, j’ai ça. Ouais mais c’est bien, ça me fait un peu de muscle.
M (49:23.661)
bien merci beaucoup !
M (49:29.046)
Oui, carrément, avec plaisir.
Manon Verbeke (49:32.147)
Auditeurs, vous voulez découvrir le travail de Marion, c’est sur Instagram notamment, vous pouvez la retrouver sur marionbmm et sur LinkedIn. LinkedIn hein Marion, petit peu ? Si peu ? Oula !
M (49:44.182)
là ! Alors je devrais, mais j’ai beaucoup de mal à l’air. Ça c’est pas à parler de réseau tout à l’heure, mes élèves m’apprennent que c’est the place to be Niki Nin, mais moi je n’arrive pas du tout à aller dessus pour le
Manon Verbeke (49:50.715)
Ouais !
Bon allez, viens Marion, je t’emmène sur LinkedIn. Si l’épisode vous a plu, n’hésitez pas à en parler autour de vous. C’est vraiment ce qui fait que l’épisode fonctionne, qu’ensuite on peut avoir des sponsors. Et n’hésitez pas à vous abonner au podcast, à laisser des avis sur Spotify ou sur Apple Podcasts et rendez-vous dès la semaine prochaine dans un nouvel épisode de Celle qui crée. C’est fini.


