16 · Celle qui accueille sa première stagiaire

Tu te dis que tu es trop petite pour accueillir une stagiaire ? Qu’ilfaut être une grosse boîte avec des process ultra carrés pour se lancer ?

Spoiler : j’ai pensé exactement pareil. Et pourtant, aujourd’hui, c’est devenu l’une des expériences les plus kiffantes de mon activité d’indépendante.

Dans cet épisode solo, je déconstruis les 3 gros mythes qui t’empêchent de te lancer (non, tu ne gagnes PAS de temps avec un·e stagiaire, et non, ce n’est PAS gratuit), je te partage mon système complet du recrutement à l’évaluation, et surtout, je te raconte mes erreurs et ce que j’ai appris au fil des stages.

Tu découvriras :

  • Pourquoi tu PEUX légalement accueillir un·e stagiaire même si tu es solo (et pourquoi ce n’est pas une solution quand tu es débordée)
  • Le budget réaliste pour un stage de 2 mois (gratification + petits plus qui transforment l’expérience)
  • Mon process complet : recrutement (appel 30min + objectifs par email), système pendant le stage (rituels, matériel, évaluation en 3 temps)
  • Comment organiser ton espace de travail et gérer ton énergie quand quelqu’un travaille chez toi
  • Ce que tu gagnes vraiment (clarifier tes process, dépoussiérer ton regard, créer quelque chose de plus grand que toi)

Cet épisode est pour toi si tu te demandes si c’est le bon moment, si tu as peur de ne pas être à la hauteur, ou si tu veux créer une expérience de stage qui marque vraiment.

💛 Parce que la transmission, c’est puissant. Et tu n’as pas besoin d’être parfaite pour commencer.

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Transcription

Manon Verbeke (00:00.178)
Aujourd’hui dans Celle qui crée, je vais te parler d’un truc qui me tient vraiment à cœur. Accueillir un stagiaire quand on est indépendante. Sûrement que tu te dis mais Manon, comment ça accueillir un stagiaire quand on est indépendante ? Je suis toute seule dans mon bureau, j’ai à peine le temps de gérer mes propres projets et en plus, je suis pas vraiment sûre d’avoir les compétences pour transmettre quoi que ce soit. Ou alors tu te dis, ok, ça serait cool d’avoir un coup de main, mais est-ce que c’est légal ? Comment est-ce que je fais ? Est-ce que ça coûte cher ? Et surtout, est-ce que je ne vais pas juste exploiter quelqu’un pour pas cher ?

Bref, je te rassure, j’ai exactement la même question. Et pourtant, aujourd’hui, j’en suis à ma cinquième stagiaire. J’ai accueilli Perrine, Mathilde et d’autres avant elle. Et je peux te dire que c’est devenu l’une des expériences les plus kiffantes de mon activité d’indépendante. Alors oui, j’ai un Y sur la transmission, donc forcément, ça m’anime énormément. Alors je te propose que dans les 15 prochaines minutes, on fasse le tour ensemble. On va déconstruire les croyances qui t’empêchent de te lancer dans l’accueil d’un stagiaire.

Je vais te partager mon système et les astuces, les apprentissages que j’ai eu pendant ces dernières années du recrutement d’un stagiaire à son évaluation et enfin je te raconterai évidemment sur la route mes erreurs et mes apprentissages. Et peut-être même qu’à la fin te dira que finalement accueillir une ou un stagiaire c’est pour toi. Allez c’est parti, t’es dans celle qui crée !

Manon Verbeke (01:26.996)
Avant de te raconter quoi que ce soit et mon expérience de l’accueil de stagiaire, il faut qu’on parle des gros mythes sur les stagiaires quand on est indépendante. Mythes numéro 1. On ne peut pas accueillir de stagiaire quand on est solo. C’est tout simplement faux. Tu peux accueillir un stagiaire exactement comme une entreprise puisque tu es une entreprise. Alors évidemment si tu es une entreprise, pas si tu es juste toi dans ton salon et que tu travailles au black. Mais ça, me concerne pas. Tu peux même en accueillir jusqu’à trois en même temps.

La première fois que j’ai réalisé ça, j’ai eu un déclic. Mais attends, en fait, je peux transmettre, je peux avoir quelqu’un à mes côtés à qui apprendre des choses et qui va être mon bras droit et avec qui je partage des projets. J’ai le droit d’ouvrir les portes de mon petit royaume à moi et d’apprendre finalement la vie d’indépendante à quelqu’un d’autre. Et oui, parce que quand tu prends un stagiaire chez toi en tant qu’indépendante, tu offres la possibilité à quelqu’un, à quelqu’un qui est en apprentissage de finalement de voir.

Est-ce que ce mode de travail est fait pour lui ou pas. C’est pas en faisant des stages, dans des agences, dans des cabinets, qu’il va pouvoir découvrir s’il a envie demain d’être freelance ou indépendant. Myth numéro 2, un stagiaire c’est parfait quand il est débordé.

Manon Verbeke (02:53.522)
ni pour faire face à un pic d’activité genre j’ai trop de travail en ce moment, j’ai signé un plus gros contrat, donc j’ai besoin d’une paire de bras en plus. Le stagiaire n’a aucune obligation de production comme un salarié. Le stagiaire n’est là que pour apprendre et s’il apprend pas très bien, qu’il n’est pas efficace, bah c’est pas son problème. Enfin, entre guillemets, il n’est pas là pour produire. Il est là pour apprendre, c’est tout. Et d’ailleurs spoiler,

Tu gagnes pas vraiment de temps avec une stagiaire. La plupart du temps, la production du stagiaire, vient équilibrer le temps que tu lui alloues. C’est à que tu vas mettre plus de temps à le former, à lui expliquer des choses qui, te semblent évidentes et que le fait de formaliser va te donner, va prendre un peu plus de temps que si tu l’as fait toi-même. Et ce qui l’aura produit va venir compenser ça au mieux. Bref, tu vas passer du temps à encadrer, à corriger, à rassurer, à accompagner. Et ça fait partie du truc.

Et dans le rare cas, quand la personne est vraiment autonome, motivée et qu’elle est aussi sur des niveaux d’années, d’expérience qui fait qu’elle va avoir un peu plus de capacité à produire, alors oui, tu pourras lui confier des projets que tu as laissés de côté. Mais c’est pas l’objectif principal. Myth numéro 3. Un stagiaire, c’est gratuit. Oui et non. Légalement, tu es tenu de verser une gratification des deux mois consécutifs de stage.

Et la loi dit aussi que le stagiaire doit avoir accès aux mêmes avantages que les salariés. Titres restos, cantines, frais de transport. Alors évidemment, toi qui m’écoute a priori, t’as pas de cantines chez toi, t’as pas de restos U, t’as pas d’avantages SESU et quoi que soit. Mais à moi, il me semble quand de bon temps de proposer des avantages. Par exemple, moi, j’offre toujours un cadeau de bienvenue, un bouquin sur le design ou sur le freelancing en fonction de l’envie de la personne.

Et puisque je n’ai pas de cantine chez moi, de ticket resto, quoi que ce soit, je paie des déjeuners et des goûters à ma stagiaire pour lui donner des conditions de stage agréables. Aussi, je prête du matériel pour qu’ils puissent bosser correctement en remote. Si je ne pas capable de leur fournir un ordinateur, et pour le coup, c’est un peu la limite de quand on est indépendant, fournir un outil de travail à un stagiaire, normalement c’est dans cadre légal, mais c’est pas évident pour nous indépendants.

Manon Verbeke (05:15.37)
Par contre, je m’assure que malgré tout, elle est tout autour pour bien travailler. Donc elle ramène son ordinateur, mais je vais lui fournir un double écran, vais lui fournir des supports, je vais lui fournir un siège ergonomique, une souris, bla bla. Tout ça, c’est le genre de choses qu’on peut à peu près faire quand on est indépendant. Et si tu peux pas mettre deux chaises ergonomiques, peut-être que c’est lui prêter ta chaise le temps du stage quoi. Bref, tu t’adaptes. Maintenant qu’on a déconstruit tout ça, la vraie question c’est…

Quand est-ce que c’est le bon moment pour accueillir un stagiaire et comment je sais si c’est pour moi ? Moi j’ai envie de te dire la réponse elle est assez simple. Tu peux prendre un stagiaire quand tu as envie de transmettre quelque chose et que tu as le temps de le faire. Que tu n’aies pas encore les compétences exactes pour l’encadrer, que tu ne saches pas exactement comment faire pour être un super tuteur, que tu ne sois pas encore hyper au clair sur quelle mission lui donner et comment l’accompagner au mieux.

c’est pas très grave, tu vas apprendre sur le tas et tu le feras en t’excusant et de la même manière que cette personne sera en apprentissage chez toi, bien toi tu seras aussi en apprentissage de ton rôle de tutrice et ça fait partie du truc. Allez, on rentre un peu dans le corps du système, parlons maintenant de comment créer une super expérience de stage tant pour toi que pour ton ou ta stagiaire. J’ai pas de grandes théories ou de super méthodes pour toi donc je vais prendre le temps de te raconter comment moi je fais.

pour accueillir une stagiaire dans les meilleures conditions et ce que j’ai un peu appris au fil de l’eau. La première étape quand tu accueilles un stagiaire, c’est déjà trouver ton stagiaire. Comment est-ce qu’on va faire pour choisir un stagiaire qui nous correspond ? Moi je cherche trois choses chez un stagiaire et je t’invite à te poser la question, qu’est-ce que toi tu attends d’un stagiaire un peu comme critère de base pour que ça fonctionne bien chez toi ? Pour moi, la première chose, la plus importante, c’est quelqu’un qui étudie dans mon expertise métier.

parce que c’est lui qui vient apprendre de mon métier, il vient apprendre de mon métier en tant que mentor, mais c’est pas moi qui vient me servir de ses compétences. Par exemple, je vais pas prendre un stagiaire en comptabilité ou un stagiaire en marketing digital parce que le stagiaire n’est pas là pour venir combler une compétence ou un manque dans mon entreprise, mais bien pour venir apprendre à mes côtés. Donc du coup, je vais prendre un stagiaire en design graphique qui veut

Manon Verbeke (07:34.446)
venir apprendre à mes côtés. La deuxième chose, c’est que je prends quelqu’un qui a une autonomie et un niveau adapté aux conditions que je peux lui donner. Quand j’ai commencé à accueillir des stagiaires, j’étais pas en capacité de les accueillir chez moi. Du coup, il y avait une forte obligation de faire du télétravail. Ce que je proposais, c’était quatre jours de télétravail et un jour de coworking ensemble dans une salle que je louais ou un café. C’était selon le budget un peu du moment. Donc cette modalité de travail faisait que je devais m’assurer que la personne était en capacité de travailler seule.

Comment est-ce que je faisais pour évaluer ça ? bien, tout simplement, je la faisais parler et me racontais comment elle faisait pour s’organiser dans ses projets personnels, dans ses projets d’école. En fonction de ce qu’elle te raconte, tu sens vite sa capacité ou non à organiser sa tête, à organiser ses outils pour être autonome. Aujourd’hui, j’ai un bureau chez moi, j’ai dédié une pièce, ce qui me permet d’accueillir un stagiaire. Alors oui, c’est chez moi, mais comme il une pièce dédiée, c’est beaucoup plus simple, je trouve, en termes d’énergie, de pouvoir quand même accueillir chez moi.

Comme je peux accueillir 5 jours par semaine, ça me permet d’être moins exigeante sur ce niveau d’autonomie. D’ailleurs, c’est la première année que j’accueille quelqu’un qui est en bac plus 2 alors que j’ai toujours accueilli à partir de bac plus 4. Le troisième critère qui est important pour moi, c’est de choisir quelqu’un qui a une appétence pour la manière dont j’entreprends, dans la manière dont je travaille. Chez moi, une des conditions pour faire un stage, c’est d’avoir envie à court ou moyen terme de devenir indépendant. J’adore.

partager les coulisses de mon entreprise. J’adore donner des missions autour et pas uniquement des missions d’expertise métier. Honnêtement, je m’amuse bien plus à leur montrer comment on va faire un business plan et comment on calcule sa rentabilité et ses tarifs horaires. Et c’est aussi la raison pour laquelle je fais de ce podcast pour toi, là avec toi, que de leur montrer comment choisir telle ou telle couleur. Ils ont aussi l’espace pour pouvoir l’apprendre à l’école. Moi, ce que j’adore, c’est leur apporter mon expertise sur plein d’autres choses qui sont pas vues à l’école parce que c’est pas le lieu.

Donc c’est important pour moi, c’est un des critères pour moi mais peut-être que c’en est un autre pour toi que la personne a envie d’apprendre à être aussi un entrepreneur, une entrepreneuse. Vas-y, je te raconter un petit peu comment je m’organise pour recruter. Concrètement, déjà je ne poste pas d’annonces de stage. La première chose que je fais, c’est que je vais parler.

Manon Verbeke (09:52.864)
de ma capacité à accueillir des stagiaires. Mais je veux pas dire, j’accueille un stagiaire. Par contre, je fais des posts un peu comme cet épisode de podcast notamment où je raconte comment moi j’aime accueillir des stagiaires. Ces posts là, en fait, ils viennent un peu construire ma marque tutrice. On dit une marque employeur, j’ai envie de dire ma marque tutrice du coup. Et aussi, je me fais connaître auprès de mon ancienne école. Tu peux te faire connaître autour d’écoles autour de toi qui sont clairement un bon feat dont tu sais que les étudiants qui en sortiront.

seront un bon fit pour venir bosser à tes côtés et apprendre des choses à tes côtés. Propos en appel en visio de 30 minutes aux personnes qui sollicitent un stage et honnêtement, quel que soit leur CV et quel que soit leur portfolio. Je sais que le portfolio semble important mais en fait je me dis que, et c’est ma philosophie, je me dis que la personne vient pour apprendre donc à moins qu’elle a un portfolio complètement à côté des choux.

a priori je me dis qu’elle a énormément de choses à apprendre et qu’elle vient pas tant apprendre à faire du design avec moi que à être un designer entrepreneur. Donc ses compétences en graphisme, ça lui appartient, elle pourra les développer à mes côtés. Je demande à la personne de se présenter, d’expliquer ses objectifs de stage. C’est important pour moi qu’on passe du temps là-dessus parce que en tant qu’indépendant, on n’est pas une team à 8 bras, on n’a pas plein de personnes. Donc j’ai besoin de savoir si ce que moi j’ai à lui proposer,

qui je suis, mes compétences, le cadre de stage va pouvoir fitter avec ses objectifs de stage. Qu’est qu’elle a envie d’apprendre ? Qu’est qu’elle a envie de mieux savoir faire à la fin ? Si la personne ne me parle pas de la relation client ou des coulisses du business ou de comment parler de ses prix ou je sais pas quoi, ça m’interpelle un peu et je me demande qu’est ce qu’elle vient me demander ici, pourquoi elle est venue me voir moi, une indépendante et pas une agence de design. Ensuite, je présente mon entreprise.

comment moi je travaille, qui est très spécifique, et j’essaie de lui faire comprendre quelles vont être les conditions d’accueil du stage. Je lui explique ce que je suis en capacité de faire mais ce que je suis aussi pas en capacité de faire, et vraiment mon truc à moi c’est la transparence. C’est à dire que je lui fais pas croire qu’il y aura des super after work et qu’on va faire associer ceux-là. Je lui explique comment c’est. En fait ça va se passer de telle heure à telle heure, tu vas être ici dans mon bureau, il y a une place pour toi qui est dédiée, on fait des sprints telle et telle journée, le reste du temps le rythme est un peu plus cool, tu vas pouvoir participer.

Manon Verbeke (12:10.462)
à la création de contenu pour l’agence, tu vas pouvoir faire ceci, cela. Tu seras en relation avec des clients. Je lui donne vraiment toutes les informations pour que la personne puisse aussi savoir si ce stage chez moi, c’est un bon feat. Parce que je suis bien consciente que c’est pas juste en regardant ma fiche entreprise ou mon site internet qu’elle peut savoir si ça va être un bon feat. On échange nos feedbacks mutuels et moi à ce stade, je sais déjà globalement si c’est un oui ou un non.

Et j’essaie d’être humaine, c’est-à-dire si en face, donc je lui demande, est-ce que tu as d’autres pistes ou pas ? Est-ce que tu as demandé à d’autres personnes ? Et en fonction de ce qu’elle me dit, moi, je réponds tout de suite. Je lui donne ma réponse. Oui, tu as le stage, tu peux venir en stage chez moi, tu peux venir apprendre à mes côtés ou non, j’ai besoin d’attendre encore un peu ou va faire tes autres rendez-vous avec des autres entretiens et on se reparle après. Je lui donne l’opportunité de me réécrire à l’écrit si elle n’a pas, si c’était pas très clair pendant l’entretien aussi ses objectifs de stage.

ça me donne l’occasion de pouvoir voir comment elle formalise sa pensée et ça me laisse une trace écrite. Donc tu vois, ça c’est des bonnes petites astuces qui peuvent te permettre à toi aussi de prendre le temps. Si t’es pas encore à l’aise avec les entretiens, tu dis super, merci pour cet échange. Envoie-moi par email tes objectifs d’apprentissage pour le stage et je reviens vers toi sous X jours pour te dire si oui ou non, je peux t’accueillir chez moi. Allez, passons à ce que je mets en place pendant le stage et ce que toi tu peux faire aussi. Clairement, on n’est pas une entreprise du CAC 40.

On ne pas faire les mêmes choses qu’une grosse PME, une grosse entreprise ou Elon Musk. Mais on peut certainement déployer plein de petites attentions qui transforment le stage en une belle expérience. Voilà ce que je fais. Inspire-toi et invente ton propre process d’accueil. Moi, je fais ça. Un cadeau de bienvenue et ou un cadeau de départ. Du matériel pour le télétravail, souris, clavier, support d’ordinateur. L’année prochaine, j’irai d’ailleurs dans un deuxième ordinateur à prêter. Mon objectif, c’est de faire en sorte de

lisser au maximum les inégalités liées aux opportunités de stage. Quelqu’un qui n’aurait pas d’ordinateur du coup ne pourrait pas venir en stage avec moi et ça c’est quelque chose qui m’embête vraiment. D’ailleurs, ce que j’offre aussi c’est une gratification fixe, complètement décorrélée des jours de maladie ou des jours fériens. Le stagiaire va connaître sa gratification d’avance, il n’y a pas de calcul fastidieux, je respecte le montant minimal proposé par l’Etat.

Manon Verbeke (14:28.52)
à savoir de 4,35 € de l’heure et en fait ça fait environ 600 € par mois pour un stagiaire à temps plein et je propose cette gratification dès le premier jour et pas dès deux mois comme le propose l’Etat. C’est important pour moi, comme je le disais avant, que chaque personne puisse avoir accès à tous les stages et la gratification lui permet notamment de pouvoir aller faire un stage dans une autre ville que chez lui et donc c’est important pour moi. Ensuite je propose ici des déjeuners ou des goûters.

Je sais que je peux pas offrir de quantité d’entreprise, donc j’aime bien faire livrer des goûters. Même d’ailleurs quand ils sont chez eux et il y a eu l’année Covid, exemple, où on était tous en télétravail, je faisais livrer des goûters chez eux et c’est clairement ça coûte quoi ? 15 balles, tu de faire livrer un goûter. Et en fait, c’est vraiment une super petite attention pour tes stagiaires. Aussi, je crée des rituels adaptés, des rituels adaptés au fait qu’on n’est pas seul et que cette personne, a besoin d’être accompagnée, de savoir ce qu’elle va faire le matin, le soir et d’avoir du feedback.

Je vais créer un petit point visual matin ou un petit check sur le Discord de l’entreprise en fonction. Je m’assure que la personne elle sache sur quoi elle travaille et dans combien de temps elle a besoin de moi. Si elle part sur une mission où elle a besoin de deux heures de deep work, bien du coup, on se donne rendez-vous dans deux heures et je sais que moi j’ai pareil deux heures de deep work pendant lesquelles a priori sauf un petit conseil, la personne n’aura pas besoin de moi. Planifie des journées un peu spéciales, des journées coworking ou des journées dans des lieux différents.

et aussi des petites sorties au restaurant. n’y a pas forcément besoin que ce soit hyper fancy, mais juste, tu vois, d’inviter dans une brasserie ou quoi, ça fait toujours un truc un peu sympa. Un des trucs qui stressent pas mal les autres indépendants que j’ai pu croiser et avec qui j’ai parlé du fait d’accueillir un stagiaire, c’est cette capacité à évaluer et à être un bon tuteur. Finalement, c’est quoi être un bon tuteur ? C’est offrir un cadre d’apprentissage, être en soutien, être en capacité de voir quand la personne, elle arrive ou non à nous poser des questions et lui…

donner l’opportunité un peu lui tendre le bâton pour qu’elle puisse nous poser des questions, identifier quand on est en de faire quelque chose qui est nouveau et que la personne peut-être ne connaît pas, lui proposer de venir voir au-dessus de notre épaules pour qu’elle puisse apprendre des compétences ou des petites choses qu’elle n’aurait pas forcément vu à l’école, et aussi d’identifier les projets ou les opportunités qui sont des super leviers d’apprentissage pour elle. Par exemple, s’il a un projet client qui…

Manon Verbeke (16:52.216)
qui va nécessiter d’avoir par exemple un déplacement avec une compétence très spécifique, j’en sais rien, un tournage ou une prise de brief sur le terrain ou quelque chose, de faire en sorte que à ces moments, le stagiaire soit alerte et vraiment qu’il identifie avec vous le potentiel d’apprentissage. Ça peut être aussi tout simplement dans verbalisant. Là, on va prendre un appel client et toi, vas être hors caméra parce que c’est ton premier et tu vas prendre des notes.

Comme si c’était toi qui animais la réunion et demain tu sais qu’on a un autre appel client avec un autre prospect et c’est toi qui le feras. Comme ça tu te prépares, tu vois comment ça fonctionne et donc lui donner des opportunités d’apprentissage qui sont graduelles. Commencez par du shadowing à le regard et ensuite commencez tout doucement à lui donner des opportunités. Je vous conseille sincèrement quand vous mettez votre stagiaire face à un client de le faire avec des clients que vous savez être.

d’où est à l’écoute et je formateur. Déjà de vous assurer que le client est ok pour ça et donc vous êtes rassurant sur le fait que vous êtes toujours derrière le stagiaire et aussi pareil pour le stagiaire. Moi, j’ai un très bon souvenir d’une fois où j’avais une stagiaire qui était très stressée, qui était vraiment, qui avait du mal à être en confiance face à un client. Et donc le tout premier rendez-vous, je voulais pas qu’elle se dise que ça allait être compliqué et que j’étais pas là. Donc en fait, ce que j’ai fait, c’est que j’ai prévenu client que à tout moment,

je pouvais muter la conversation, la visio, de manière à pouvoir parler avec la stagiaire pour pouvoir l’aider, l’aider à reformuler des choses, faire des pauses. Et donc avec ce client, on avait prévu un peu de doubler le temps de la réunion et il savait que ça allait se passer comme ça et il était ok pour ce process là. Ça m’a permis quand ma stagiaire semblait perdre confiance ou ne plus savoir quelle était la prochaine question ou comment elle devait reformuler, je coupais le micro, on en discutait.

On trouvait la prochaine phrase, le point d’accroche et on continuait. Ça lui a permis dans ces conditions de pouvoir à la fois faire un rendez-vous de prise de brief, mais aussi un rendez-vous de présentation client et un rendez-vous, et alors ça c’était vraiment incroyable, un rendez-vous de présentation de ses services, de ses tarifs. Et clairement, quand c’est sa première fois, par ces pas évidents et de le faire dans des conditions qui sont adaptées, c’est quelque chose que vous pouvez mettre en place complètement.

Manon Verbeke (19:14.762)
parce qu’aussi on a des typologies de clients qui sont différentes de quand on dans des grands groupes. J’ai envie de te parler deux secondes du process d’évaluation. Je trouve ça important d’avoir un process d’évaluation en plusieurs étapes et d’inclure, de faire en sorte que le stagiaire soit acteur de ça. Pourquoi ? Parce que clairement, s’il est acteur de l’évaluation, il sera plus en mesure d’identifier ses progressions et ses besoins.

La première chose du coup, c’est un entretien où on va se baser sur les objectifs qu’il avait pu écrire pendant le… au moment du recrutement. Et donc je demande au stagiaire d’identifier par rapport à ses objectifs, pour chaque objectif d’identifier des actions. Par exemple, s’il dit qu’il veut découvrir la relation client quand on est indépendant, et une action ça pourrait être d’assister à un rendez-vous client, puis après ça pourrait être de…

réaliser un rendez-vous client soi-même, accompagné du tuteur évidemment. Et vous ou nous en tant que tuteur, on peut aussi venir ajouter des actions, proposer des choses et ça permet de voir, est-ce que j’ai, en face de chaque objectif que m’a demandé le stagiaire, est-ce que j’ai réussi à mettre quelque chose en place pour qu’il ait l’espace d’apprentissage.

Le deuxième moment, c’est un entretien de mi-stage. Surtout si le stage est un peu long, au delà de deux mois, c’est cool de faire un entretien mi-stage. Ça permet de sortir la tête du quotidien et de se dire, OK, la moitié du stage est passé et ça, par exemple, on ne pas du tout fait. On n’a pas du tout eu de relations clients ou on n’a pas eu du tout de projet vidéo. Et ça peut être bien que moi, sois proactive dans le fait de mettre ça en place pour que mon stagiaire, ma stagiaire…

et l’espace d’apprentissage. Pour finir, une autoévaluation en fin de stage. Et je dis autoévaluation, c’est parce qu’en fait, je trouve ça assez important, surtout dans le supérieur, que ce soit le stagiaire qui soit acteur d’évaluer si oui ou non il a avancé sur les objectifs qu’il avait identifiés dès le début. Quelle est ma place de dire là-dessus, vois, à part factuellement, oui tu as fait telle chose, tu as accompli telle chose, tu as avancé sur telle chose, mais finalement…

Manon Verbeke (21:23.182)
C’est quand même le stagiaire qui sait si, sans plus par exemple, s’il a travaillé sa confiance par rapport au client. C’est quand même le stagiaire qui sait ce qu’il a appris en termes de nouveaux logiciels. Et quand on est en supérieur, évidemment je ne te parle pas d’un stage au troisième, mais quand on est en supérieur, on doit être en capacité d’identifier nos propres lacunes, propres apprentissages et ainsi de suite. C’est pour ça que je propose des auto et des coévaluations. Le stagiaire s’auto évalue.

Et moi je lui propose aussi un feedback parce que je sais, on sait que c’est important d’avoir du feedback. Donc évidemment, je lui propose un feedback. Comment ? Petite astuce entre nous, pour aider le stagiaire à faire son évaluation, je donne à TchadGPT, à Claude ou à whatever, IA, l’ensemble des objectifs de stage. L’IA du coup transforme ces objectifs de stage en questions. Tout un tas de questions qui, quand on les prend une par une, se permet de se poser la question de à quel point on a avancé et qu’est-ce qu’on a appris.

et ça fait gagner du temps et ça permet de cadrer mieux l’entretien et c’est assez aidant. Voilà voilà. l’épisode est déjà long, je voudrais juste terminer avec deux erreurs que j’ai faites et qu’est-ce que ça m’a apporté ? Quand même, qu’est-ce que ça m’apporte d’accueillir des stagiaires ? La première erreur que j’ai faite, c’est de ne être attentive aux signaux de mes stagiaires. Je suis quelqu’un d’exigeante envers moi, envers les autres et dans le cadre d’un stage, ça peut être cool comme parfois ça peut un peu enfermer.

et j’avais donné un projet à une stagiaire en fin de stage, en lui donnant de plus en plus d’opportunités, et je ne suis pas rendu compte que le rythme que je lui avais demandé ne lui convenait pas, et elle ne me l’avait pas dit non plus. Mais du coup, au lieu de lui donner un cadre et un projet challengeant, je lui avais donné un cadre et un projet angoissant, parce que le rythme ne lui allait tellement pas qu’elle se mettait dans une situation où ça lui faisait vraiment du mal, elle se sentait en difficulté, elle se sentait vraiment en échec.

Quand je m’en suis rendu compte, la première chose que j’ai faite, c’est m’excuser auprès de la stagiaire et lui dire je suis désolée. J’ai pas fait attention que là c’était trop pour toi. La deuxième chose que j’ai faite, c’est écrire au client pour lui dire je suis désolée, je me suis trompée, on va devoir changer les délais parce que je veux garder ce cadre d’apprentissage pour ma stagiaire, j’ai pas envie de lui reprendre le projet des mains, mais j’ai besoin de rajouter une semaine de délais dans le cadre du stage pour lui donner des bonnes conditions.

Manon Verbeke (23:45.772)
Et la troisième chose, et c’est hyper important, qu’on peut décaler des deadlines parce que clairement on ne sauve pas des vies et que bien souvent le client n’est pas une journée prête ou une semaine prête. Ma deuxième grosse erreur, c’est de me laisser croire moi-même que j’étais capable d’accueillir quelqu’un cinq jours sur cinq sans ménager des pauses. Je me dis tout le temps que je veux faire partager la vie de l’indépendante, la vraie vie d’une indépendante à des stagiaires.

Et la première chose que je fais quand j’accueille un stagiaire, c’est de faire du 9h17h comme si j’étais salarié. Pourquoi ? Juste parce qu’en fait j’ai une stagiaire qui est là avec des horaires. la réalité c’est que quand moi je travaille, je fais pas du 9h17h, le midi je fais des pauses, je regarde une série, des fois je fais une sieste, quand je sens que ça va pas, je me mets debout, je veux marcher. Toute cette mobilité et cette liberté dans mon emploi du temps, je l’ai souvent au début perdu.

parce que j’accueillais une stagiaire et que je voulais m’assurer de pouvoir être disponible pour elle. Je voulais m’assurer de pouvoir lui offrir de mon temps. Alors que en réalité avoir quelqu’un chez moi, même en stage, ça me demande de l’énergie sociale, sa vie de ma batterie sociale encore plus que les autres jours. Mon petit conseil, après 5 ans d’accueil de stagiaire, prévois des moments de respiration à toi dans ta semaine. Un jour de télétravail pour la stagiaire, une demi-journée où tu t’isoles, où tu travailles dans un autre espace.

ou des pauses que tu te autorises à prendre comme tu les aurais prises normalement. La deuxième chose, c’est de le verbaliser. Verbalise auprès de ta stagiaire que ce que tu veux lui montrer, c’est les vraies conditions d’accueil et les vraies conditions de travail d’un indépendant. Alors verbalise-le et si il en est capable, et ça c’est à toi de juger, offre-lui les mêmes conditions. Dis-lui si tu es fatigué, que tu plus en énergie créative pour faire le travail, switch de mission.

change de truc, adapte-toi, va faire une pause, le canapé est là, va faire une sieste ou carrément dis-moi que c’est pas possible de travailler aujourd’hui, que c’est plus dans la bonne énergie et tu rentres chez toi comme moi je l’aurais fait si c’était moi. Si ta stagiaire en est capable, clairement c’est la meilleure leçon de vie, la meilleure leçon de travailler comme une indépendante. Dans tous les cas, c’est pas de l’égoïsme, c’est vraiment de la préservation de ton temps, de ton énergie, continuer à travailler un peu comme tu l’aurais fait, ça va être bénéfique pour tout le monde et a priori…

Manon Verbeke (26:07.422)
Une stagiaire, un stagiaire, tu l’as bien choisi, comprendra parfaitement. Bon, qu’est-ce que j’y gagne moi ? Qu’est-ce que tu gagnes toi à accueillir un stagiaire ? Clairement. Parce que ça prend du temps, ça prend de l’énergie, ça coûte de l’argent. Mais pourquoi on fait ça ? Alors moi, clairement, je sais pas toi, mais moi j’ai un Y sur l’apprentissage, j’ai un Y sur la transmission, j’adore transmettre. Donc déjà rien que ça, c’est cette sensation de créer quelque chose de plus grand que moi, de…

de pouvoir apporter du savoir, de la compétence, de faire grandir des gens, de les former, vraiment c’est du kiff. Ensuite, il a deux trucs très pragmatiques que tu vas gagner en accueillant un stagiaire. La première, c’est que tu vas clarifier ton process. Quand tu dois expliquer à quelqu’un comment tu fais un brief client, quand tu dois montrer à quelqu’un comment tu viens livrer un projet, et bien tu te rends compte de chacune des micro décisions que tu prends en automatique et que tu fais parce que tu de l’expérience, tout ce que tu as appris.

Tu vois aussi les flots, tu vois aussi les choses que tu pourrais améliorer. Bref, tout ça, va te faire progresser puissance mille dans ton business. Et la deuxième chose, alors ça, moi, j’aime bien. La deuxième chose, c’est que tu te dépoussières ton regard. Ça nous fait redécouvrir des nouveautés, des références graphiques, des nouveaux codes. Ça nous challenge dans nos choix, ça nous challenge dans nos habitudes. Le stagiaire qui arrive ici, il pose des questions naïves, candides, avec un regard neuf qui te force à sortir de tes habitudes. Concrètement, si tu veux te lancer demain,

Commence petit, un stage de deux mois avec deux à trois jours par semaine en chez toi ou en coworking, c’est largement suffisant pour tester sans te noyer dans une expérience avec un stagiaire. Ensuite, fais-le en ayant prévu un budget réaliste. Si ça fait partie de tes valeurs, prévois une gratification et à minima, prévois les petits plus de quoi pouvoir offrir un ou deux restos ou des petits goûters.

prépare un espace de travail adapté à toi et un stagiaire et identifie en amont de quel rituel tu auras besoin de toi pour bien vivre cette expérience en début de journée, en début de stage, de quoi tu as besoin pour ne pas te sentir submergé par la présence d’un stagiaire. Et pour finir, accepte de pas être parfaite. Ça sera ton premier stage et tu seras peut-être pas une tutrice parfaite au premier coup, mais le stage ça sera une réussite.

Manon Verbeke (28:25.227)
pour le stagiaire, pour la stagiaire, si la personne, apprend, qu’elle progresse et qu’elle repart avec plus que ce qu’elle n’est arrivé. C’est déjà la fin de cet épisode et je dis déjà alors que clairement il est très long. Si je veux que tu retiennes une chose de cet épisode, c’est finalement que je pense que chacun d’entre nous, dès lors qu’on a l’envie de transmettre et d’apprendre des choses, de partager de son expertise et de ses méthodes.

on a tous la possibilité d’accueillir un ou plusieurs stagiaires, même quand on est indépendant et solo. C’est clairement pas réservé aux grandes boîtes, ça peut être pour toi aussi. Et peut-être qu’avec cet épisode tu t’es rendu compte que non, c’est clairement pas pour toi et dans ce cas là, pas de culpabilité. Ou alors que t’es tout simplement pas encore prête à accueillir quelqu’un tout de suite demain. Alors garde ça dans un coin de ta tête. Peut-être que dans six mois, dans un an, tu seras prête à accueillir quelqu’un. Peut-être que t’auras…

les conditions dont toi tu as besoin pour avoir cette énergie et cet espace pour partager ton univers. Et à toutes celles qui sont prêtes, je vous souhaite de trouver le superfit avec la super ou le superstagiaire. Merci beaucoup à toi qui a écouté jusqu’à la fin de cet épisode de Celle qui crée. Si ça t’a plu, n’hésite pas à le partager à quelqu’un qui pourrait bénéficier de cet apprentissage et de ce retour d’expérience. Tu peux aussi me laisser un commentaire ou une note sur Spotify ou ton application de podcast. C’est très important et ça fait du bien.

référencer les épisodes. Merci à toi, c’est grâce à toi et à tes écoutes que j’ai envie de continuer chaque semaine. J’espère qu’il trouvera du plaisir et je te dis à très bientôt dans celle qui crée.

la dose de design hebdo des solos ↘︎

Du design, oui. Mais surtout de la jugeote. Chaque semaine, une analyse + un levier actionnable pour avancer vite et bien.