Tu te sens “trop designer” pour oser créer librement… et “trop artiste” pour rentrer dans une case pro ?
Dans cet épisode, on parle du vrai sujet : comment tu avances quand ta créativité ne rentre pas dans un planning.
Mon invitée : Claire, designer graphique de formation et artiste visuelle, assume une pratique hybride : designer le matin, artiste l’après-midi… et parfois l’inverse.
Dans l’épisode, on répond à des questions très concrètes :
- Comment tu te définis quand “designer” est trop large et “artiste” trop chargé ?
- À quoi ressemble une semaine quand tu alternes deux casquettes (et deux énergies) ?
- Comment tu t’autorises un atelier d’artiste… sans te raconter d’histoires sur la rentabilité ?
- Comment tu gères l’argent quand tu vends des œuvres, que tu fais du design, et que tu veux garder de l’espace pour créer ?
- Pourquoi une offre courte (2h ensemble) peut protéger ta créativité mieux qu’un “gros branding” long ?
- Comment tu crées une communauté sans réseautage forcé (et sans t’épuiser) ?
- Et surtout : comment tu fais quand créer est inconfortable, flou, lent… et que c’est normal ?
Tu repars avec une idée simple (mais pas facile) : la patience, la persévérance… et un endroit pour commencer.
Liens utiles
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Transcription
Manon Verbeke (00:21.17) Salut Claire, comment tu vas ?
Claire (00:32.32) Salut Manon, ça va très bien. Et toi ?
Manon Verbeke (00:35.772) moi ça va, c’est gentil, c’est gentil de me demander. Il y a eu énormément de bruit de travaux ce matin. J’étais à deux doigts de te proposer de reporter l’épisode, mais je suis contente, les entrepreneurs sont partis juste à temps. Mais les bruits de perso, c’était quand même un truc un peu intense. Ouais, de tester la limite de ton noise cancellation en conditions réelles.
Claire (00:37.154) Ok
Claire (00:50.766) Ça aurait fait un effet sonore assez intéressant.
Claire (01:00.11) Exact.
Manon Verbeke (01:01.462) Claire, tes designers visuels et artistes, c’est les mots que tu as écrit sur ton site, donc du coup je les reprends vraiment mot pour mot. Tu peux nous expliquer un peu ton métier, comment toi tu le définis avec tes mots ? J’avais tellement peur de dire n’importe quoi que je me suis dit, on va demander à Claire.
Claire (01:17.186) Ok bah c’est quelque chose que j’ai encore du mal à savoir quelle étiquette mettre exactement. Donc genre j’emploie deux, je suis designer et artiste visuel. Moi ce qui me plaît c’est de jouer avec les images, c’est de pouvoir créer des émotions, de créer de la connexion et j’ai pas encore trouvé le titre qui pouvait englober et donc de ce fait là j’emploie les deux fonctions qui sont sur lesquelles je peux avancer, designer et artiste.
Manon Verbeke (01:44.882) Ok, auquel t’ajoutes le mot visuel pour venir cibler le fait que tu travailles avec les images du coup. Ok. Ouais, mais non.
Claire (01:47.533) Oui.
Claire (01:51.059) Exactement parce qu’effectivement designer je pourrais faire des chaises, Artiste je pourrais être une danseuse, on va éviter aussi, même si j’aime ça je ne pas en faire mon métier. c’est pour ça que j’ajoute le visuel pour juste un petit peu mettre une case là dedans.
Manon Verbeke (02:00.758) Uh-huh.
Manon Verbeke (02:06.646) Ouais ok pour pouvoir mettre quand même que les gens se projettent un peu sur ce que tu fais ok ? A quoi ça res… Bah oui ouais ouais moi j’ai eu tendance à me dévenir comme designer et en fait effectivement parce que les processus de design dans ma tête sont assez fluides mais on est bien d’accord que si je devais designer une chaise demain autant j’ai la méthode au global autant je pense que je serais un petit peu dans le caca boudin. A quoi ça ressemble ton…
Claire (02:11.362) Parce que c’est très vaste. Oui.
Claire (02:28.492) Ahahahah oui.
Manon Verbeke (02:33.088) Est-ce que tu peux nous raconter un peu à quoi ça ressemble ? Un projet type ? Une semaine ? Qu’est-ce que tu fais ? Qu’est-ce que tu fais en fait Claire ?
Claire (02:39.817) Qu’est-ce que je fais ? Oh là là ! En fait c’est vrai que c’est depuis que j’ai…
assumer le mot artiste parce qu’on va dire que c’est un terme, un profil que je trouve très difficile à assumer. Je viens vraiment du monde du design graphique, j’ai été longtemps en agence, en entreprise, donc tu sais on a des process, des méthodes de travail et il y a un peu le côté où l’artiste c’est quelque chose d’autre. Designer, on répond à des problèmes, on solutionne l’artiste, il rentre dans quelque chose de plus expressif, conceptuel, etc. Et c’est comme si ces deux mondes un peu qui se regardent mais qui ont du mal à
à se relier en fait. donc comment je fonctionne dans mon quotidien, c’est vraiment de réussir à avoir, souvent mes matins sont plus design, dans la posture du designer, et mes artistes, et mon artiste est plus l’après-midi. Mais c’est pas forcément non plus structuré, méga fixe, parce qu’il y a des semaines où je sens que c’est l’artiste qui a vraiment besoin d’être là, où il y a des projets qui arrivent, où c’est elle qui va prendre plus le devant.
Manon Verbeke (03:26.454) Mmh.
Claire (03:45.111) Des fois c’est la designer, donc c’est quelque chose où j’ai dû apprendre à naviguer avec des semaines et des mois qui ne pas les mêmes chaque moment. Et c’est ce que j’aime aussi, c’est ça d’avoir cette pluralité, c’est ce que j’apprécie énormément.
Manon Verbeke (04:01.158) du coup, ce que j’entends, c’est que tu vraiment, tu te sens comme passer d’une casquette à l’autre, d’un projet à l’autre, et même des fois à l’intérieur d’un projet, est-ce que tu partages ces casquettes dans des projets ?
Claire (04:07.095) Vraiment.
Claire (04:12.97) Oui aussi parce que tu vois par exemple cet été, on va prendre l’exemple de cet été, l’été il y a quand même moins de sollicitations de design. En tout cas pour ma part c’est quand même plus calme l’été et de ce fait là au lieu de faire de la promotion ou de continuer à essayer de chercher des clients ou de chercher des projets, et bien je me suis dit cet été c’était un grand pas de courage vers moi là de me dire je vais donner deux mois à mon artiste et je suis correcte avec le
Manon Verbeke (04:24.15) Mm-hmm.
Claire (04:42.388) côté où il n’y aura pas de rentrée d’argent, où il n’y aura peut-être rien qui va se passer à partir de là, mais je vais laisser mon artiste s’exprimer complètement. Et là donc j’ai créé, j’ai laissé vraiment de l’espace à ça, c’était inconfortable à plusieurs endroits mais c’est normal, c’est le processus créatif. Et après en septembre, j’ai eu les portes ouvertes de mon atelier et là, il a la designer qui est rentrée parce qu’elle a vu un concept, elle a vu un fil conducteur, elle a voulu créer une expérience, elle a voulu amener l’utilisateur.
Là, a le designer qui rentre, tu vois. Là, ça y est. Vas-y, vas-y. Voilà, il y avait le côté où je voulais que quand les gens rentrent dans mon espace, qu’ils ressentent une émotion, qu’ils ressentent quelque chose, qu’il ait un parcours. donc là, oui, chaque élément était quand même un peu réfléchi, même si je ne pas réfléchir à tout, mais quand même, il y avait une méthodologie avec la manière aussi de récolter des informations des gens.
Manon Verbeke (05:11.286) Là on sent que la designer est là ! Tu créer une expérience utilisateur. Vas-y raconte !
Manon Verbeke (05:38.454) Hmm.
Claire (05:39.304) sur comment… donc tout ça et donc là c’est le designer qui s’embrasse avec l’artiste parce que c’était dans mon univers artistique. Donc tu vois…
Manon Verbeke (05:46.871) Donc en fait, tu as missionné la designer à venir faire un projet dans ta vie artistique et parfois c’est l’inverse. Je t’avoue que ça me fait un peu des nos-cervaux. Ça me fait un peu des nos-cervaux, mais je trouve ça hyper… hyper étonnant parce que tu vois, tout à l’heure, as dit, c’est comme s’il y avait deux mondes, les designers et les artistes, et qu’il avait pas de pont. Moi, j’ai même envie de dire, parfois, il a même une…
Claire (05:53.643) Exactement. Aussi, parce que quand j’accompagne mes designs… Hein ? De quoi ?
Manon Verbeke (06:12.998) Une muraille qui est dressée volontairement, vois. Attention, il faut pas se mélanger. Ce n’est pas la même chose. Je suis designer, je ne pas artiste. Tu il des gens qui veulent aussi bien segmenter les choses et je trouve ça audacieux ce que tu fais. Vas-y, reprends le fil si tu l’as encore. Tu l’as plus. Le fil de ta pensée. Tu l’as perdu.
Claire (06:27.374) De quoi ? De Coelfield ! Non je l’ai perdu ! là oui, non mais c’est vrai, mais c’est tout mon travail parce que j’étais quand même formatée et j’ai été à l’école, on a d’ailleurs été dans la même école, pas dans la même année mais on a été à l’ESAT toutes les deux. Et voilà on a un point commun, on s’est jamais rencontrés en vrai mais on a été toutes les deux dans la même école, on a fait le même processus scolaire sur…
Manon Verbeke (06:40.502) J’avais oublié ! Incroyable.
Non. ouais !
Manon Verbeke (06:50.166) Mmh-hmm.
Claire (06:50.688) le BTS communication, il a quand même quelque chose où on nous emmène vers le design et l’art c’est autre chose. Et donc par moment, c’est quand même, c’est encore quelque chose qui est en friction par moment et qui n’est pas toujours très, qui est conflictuel, mais je m’en sors de mieux en mieux.
Manon Verbeke (06:58.71) de
Manon Verbeke (07:03.85) Ouais ? Ok. On va parler des blocages et des conflits intérieurs parce que c’est quand même un objet de ta… c’est une base dans tes créations. sais pas si avant j’ai pas envie quand même qu’on parle deux secondes de ce déclic, ce moment où tu t’es dit vas-y je vais m’autoriser à donner de la place à l’artiste. Donc tu parlais de cet été. Mais avant ça, il y eu un moment un peu charnière qui s’est matalasé dans un lieu. Est-ce que tu peux nous en parler s’il plaît ?
Claire (07:14.03) Mmh.
Claire (07:31.929) Oui bien sûr, ça ressemble un peu à tout ce que je viens de dire, c’est qu’il beaucoup de choses qui arrivent dans ma vie qui s’étaient pas prévues. Moi il n’y a pas le côté business plan vraiment très très loin poussé, on va dire que je suis en mai 2024, je découvre un endroit, je vois sur Facebook le fait qu’il a un espace à louer pour un atelier d’artiste, je vais le visiter, gros coup de cœur.
Manon Verbeke (07:39.19) Heuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheuheu
Claire (07:54.671) ça la personne me dit c’est pour toi j’y vais et c’était pas prévu dans mon budget, c’était pas prévu dans même dans simplement mon côté de me dire cette année je vais avoir un studio je l’avais pas manifesté ou fait quoi que ce soit mais il est là donc je le prends je prends le challenge parce que c’est un de mes rêves d’avoir un espace spécialement pour créer parce que moi j’ai toujours créé dans mon salon ma chambre ou mon bureau enfin tu sais dans mes appartements j’ai jamais eu un espace dédié rien qu’à ça
C’était quelque chose que je m’imaginais peut-être dans 10-15 ans mais pas là là et puis quand ça arrivait je l’ai pris. ce saut dans le vide ça a été comme un peu déboussolant parce que d’un coup il y a quand même eu le côté il faut que ça se rentabilise, c’est une dépense en plus dans mon quotidien il faut le rentabiliser donc au début et puis c’était quand même spécial tu as un espace à peu près 40 mètres carrés rien que pour toi pour créer sa seule fonction tu peux créer dedans.
C’est vraiment terrorisant, vraiment, vraiment, c’est vertigineux en fait. Donc au début, moi, me retrouver là-dedans toute seule, je me suis dit, qui je suis, je pourrais avoir autant de place. Je… Non, non, en fait. oui, il y avait quelque chose d’incroyable, mais tu sais, c’est comme t’arrives au sommet d’un sommet d’un rêve. Puis là, tu le regardes et tu fais comme, est-ce que c’était vraiment fait pour moi? Est-ce est-ce que, est-ce que, est-ce que…
Manon Verbeke (08:48.118) Mmmh
Manon Verbeke (09:05.078) Parce que c’était mon rêve. Je suis en train de t’imaginer assis dans un coin avec ton ordinateur en mode genre bon bah là j’occupe un mètre carré, il en reste 39. Qu’est-ce qu’on va faire là-dedans ?
Claire (09:15.342) Mais c’est très drôle que tu mentionnes le fait que justement j’étais… cet espace dans ma tête ça a tout de suite été là-dedans il n’y aura jamais d’ordinateur. Donc double challenge quand je vais à l’atelier il n’y a pas d’ordinateur, pas d’internet. Là là là là là faisons du challenge sur challenge j’aime ça. Donc quand je vais là-bas c’est vraiment de la matière, toucher les choses, peindre, créer mais sans ordinateur et d’internet.
Manon Verbeke (09:23.03) Manon Verbeke (09:30.974) Incroyable.
Claire (09:41.367) Ça c’était la première chose mais par contre j’ai été longtemps assise sur une chaise, il avait une chaise en bois dans mon atelier et j’étais là et je me disais super j’ai quatre murs très grands blancs qui m’attendent, fait quoi de ça ? Donc au début j’ai voulu l’investir, le rentabiliser parce que c’est terrorisant d’avoir tout ça et j’ai effet j’ai ramené mes ateliers que je faisais plus en ligne, je les ai ramenés donc des rencontres créatives à l’intérieur du studio. Puis pendant plusieurs mois j’ai fait ça mais je pense que ça me permettait de me sécuriser.
peu et après en décembre quand je suis revenu d’un voyage j’ai fait comme en fait là j’ai le rêve et je l’utilise pas mon rêve en fait je lui donne pas la fonction première que j’ai toujours voulu je veux peindre j’ai pas peint donc là j’ai décidé d’arrêter les ateliers et de me dire maintenant tu focuses juste sur ton art tu vas voir ce que ça donne parce que ton atelier c’est pas sûr que tu vas pouvoir le garder encore une année donc là t’as un an tu vois ce que ça va donner et donc je me suis
Manon Verbeke (10:24.63) Hmm.
Claire (10:37.714) investi et c’était un pacte d’amour avec moi-même, je veux dire tu as toujours rêvé de ça, c’est là, pourquoi tu lui donnes pas sa fonction première en fait ? Pourquoi tu essayes de sécuriser tes insécurités ?
Manon Verbeke (10:48.95) de reproduire ce que tu connaissais, à savoir les ateliers que tu faisais t’animer en ligne, les ateliers créatifs que tu animais en ligne, tu les as déplacés dans cet espace pour pouvoir venir en occuper le vide qui te faisait peur. C’est une interview qui est dure à mener. Je suis un peu… Parce que je suis émue, en vrai, suis émue pour toi, genre de ce parcours.
Claire (10:51.35) Exactement.
Claire (11:09.438) Désolée ! Pourquoi elle est dure à mener ? Raconte-moi ton mal-être, vas-y !
Manon Verbeke (11:16.438) et de ta capacité à le partager au micro là et de cet amour que tu t’es donné, de cet espace. J’ai envie de te poser mille questions financières et en même temps, j’ai pas envie de te les poser, tu vois, genre est-ce que vraiment c’est si important ? Mais en vrai oui, parce que tu as utilisé toi-même des mots genre rentabiliser cet espace. Alors à la fois le rentabiliser, genre t’autoriser ce rêve et peindre et t’autoriser pendant un an à peindre. Mais en même temps, il avait aussi, j’imagine, t’as dit genre…
Claire (11:25.454) Vas-y.
Manon Verbeke (11:45.181) arrêter les ateliers, donc il y avait aussi une pression financière. Donc tu as retiré du revenu les ateliers en ligne et tu as ajouté des dépenses, le studio de création. Comment ça s’articule ? Et la question, la question vraiment nulle que j’ai envie de te poser, c’est est-ce que tu mets un prix sur ton art ? Est-ce que tu cherches à ce qu’il soit rentable d’une certaine manière ? Ou est-ce que tu fait le choix à moment donné que non et c’était ok ? Comment ça se vit chez toi ça ?
Claire (11:52.365) Oui.
Claire (12:09.774) Alors il a… Ok, je vais essayer de découper ça en plusieurs points. Je pense que déjà il faut que je… Ouais, ouais, non mais c’est très pertinent et je pense qu’il faut quand même un petit peu… J’ai besoin de clarifier quelque chose. Si j’ai pu prendre ce studio, c’était un challenge mais ça me mettait pas en difficulté financière. C’est très important pour moi de le dire. C’est que soit j’avais, on va dire, l’enveloppe… J’avais provisionné une enveloppe budgétaire sur laquelle je suis prête à investir. Donc c’est comme un peu tu vas prendre un coaching ou ce genre de choses, je me suis dit…
Manon Verbeke (12:13.438) Beaucoup de questions. Désolée.
Manon Verbeke (12:26.038) Mmh
Claire (12:38.484) au lieu d’aller faire un coaching, je vais investir dans un espace pour moi. il y avait ces genres de choses mais il faut bien que je le mentionne, j’ai un écosystème autour de moi qui me supporte et dans lequel je pouvais prendre ce risque. Si c’est ça.
Manon Verbeke (12:51.932) C’est hyper intéressant de le dire parce que effectivement, on a trop tendance souvent à masquer les systèmes de soutien qui sont autour de nous, les aides parentales, les aides de l’État, les aides genre… En France, on parle beaucoup notamment de Pôle emploi qui est le premier investisseur de France pour aider les entrepreneurs. Oui, d’accord. Donc, tu n’étais pas en pression financière grave. étais OK. Oui, OK.
Claire (13:02.702) Mmh.
Claire (13:10.798) Mmh-hmm.
Donc déjà il a ça, j’étais pas… c’est une pression avec moi, avec moi de me dire ok mes revenus ou ma façon de générer de l’argent va changer puis c’est plutôt avec soi-même et son propre regard mais après je me mettais pas avec des difficultés où à la fin du mois je n’avais plus de toi, plus rien à manger etc. Faut vraiment vraiment mettre ça en lumière c’est important pour moi parce que sinon ça je trouve que ça donne une vision très…
Manon Verbeke (13:28.182) Mmh.
Manon Verbeke (13:36.15) Ok.
Claire (13:42.927) et d’eucorer aussi, et puis en tout cas de montrer aussi, a certaines fois sur certains choix, oui le soutien à côté ou certains privilèges ou pas, je pas si c’est un mot de privilèges mais en tout cas il a un écosystème. donc ensuite par rapport à ça, donc oui après forcément ça a amené une transition dans mon offre de service mais je sentais aussi que j’avais besoin d’ouvrir d’autres choses. Donc là en fait c’est un investissement long terme, je sais pas exactement comment tout ça va se découler.
là je vois, je me rends compte quand même que j’arrive à faire des revenus avec mon art. Mais est-ce qu’en janvier j’avais cette vision ? Non, je ne savais pas. Et puis est-ce que j’en suis certaine encore maintenant ? Pas vraiment, mais par contre j’ai plus de foi envers mon art en me disant que je vais réussir à générer de l’argent à un moment donné. en tout cas plus de revenus, ou en tout cas d’amener un…
Manon Verbeke (14:18.326) Mmh !
Claire (14:35.794) une énergie financière pour garder le studio premièrement, ça reste quand même mon enjeu, je sais pas combien de temps je vais le garder. Je renouvelle un bail annuel, donc là en janvier je vais le renouveler normalement s’ils font pas une augmentation de malade, j’avance aussi avec le côté si un jour ça peut arrêter, c’est ça, un jour ça peut arrêter. C’est pas quelque chose que je me dis c’est bon, c’est check pour les dix prochaines années, je ne sais pas.
Manon Verbeke (15:01.76) parce qu’il a un enjeu pour toi de financer quand même cet investissement.
Claire (15:04.15) quand même oui là je peux prendre il y a quand même un investissement s’il y a quand même un moment donné un point de d’équilibre qu’il va falloir trouver je je vers ça mais on peut jamais enfin un moment donné il ya des réalités il ya peut-être des réalités qui font que ça faudra s’en séparer ou augmenter et tripler le volume qui sait
Manon Verbeke (15:14.838) Mmh.
Manon Verbeke (15:24.534) Il faut au moins ça pour accueillir tous tes projets et tes ateliers. Ok. Donc actuellement, tu gagnes de l’argent en vendant tes œuvres, en… Comment tu gagnes de l’argent ? On peut… Ouais.
Claire (15:29.479) Exactement.
Claire (15:38.671) Comment je ? En fait, j’ai créé en sorte d’avoir plusieurs sources de revenus. J’ai des créations qui sont à mon atelier et qui se vendent. J’en ai dans des boutiques. Donc ça, permet aussi d’avoir différents points de vente. J’en ai en ligne. Pas beaucoup, mais un petit peu. Et après, j’ai l’offre design où là, j’ai des prestations d’accompagnement visuel. J’ai fait du branding cette année. Ça, c’était nouveau. J’en ai pas fait depuis très longtemps. je ne le publicise pas beaucoup parce que ça se fait…
Manon Verbeke (15:48.31) Mm-hmm.
Claire (16:07.83) beaucoup part du bouche à oreille, des gens en entendent parler et autres. Donc j’ai pas encore monté des offres de service très visibles. La seule chose qui est visible vraiment, c’est le côté des consultations créatives où je viens deux heures pour aider quelqu’un sur ses visuels. Et ça, me va très bien en termes d’investissement, de création, parce que la chose que j’ai remarquée aussi qui est un des enjeux, et ça en dehors du financier, mais c’est aussi le côté où quand tu crées pour ton art…
Manon Verbeke (16:10.133) Mm-hmm.
Claire (16:33.666) mais que tu dois aussi créer pour les autres. À un moment donné, il y a une fatigue de création. y a aussi une jauge que… un moment donné, je peux pas prendre des projets créatifs pour les autres d’une ampleur incroyable. C’est ça que j’aime dans le côté où je suis deux heures avec une personne pour améliorer quelque chose et après, il a pas un gros gros projet design. Ça, je sens que je suis pas là. Je n’ai pas envie de ça.
Manon Verbeke (16:46.262) Hmm.
Manon Verbeke (16:56.566) Donc l’offre dont tu parles, c’est que, lieu de mener des projets long terme de branding avec des clients, as choisi de, tu me dis si je me trompe, mais il me semble que c’est ce que j’ai vu, tu as choisi de créer une petite offre coup de poing où tu prends, tu es en visio avec quelqu’un et tu vas venir prendre en main son projet graphique et lui montrer comment il peut améliorer les choses ou mettre en page des choses et ensuite lui redonner les rennes pour qu’il puisse repartir avec ce, cet apprentissage en gros. C’est une sorte de micro formation, faire en
Fais avec toi.
Claire (17:28.086) Oui, fait ensemble, on fait vraiment du visuel ensemble, le but je lui explique pas comment faire et tout, on le fait vraiment ensemble et puis enfin je le fais, à la personne en le voyant ça lui donne des tips etc. Mais avec cette formule là ça donne aussi le fait que tu pourrais m’aider à prototyper des choses. après ça donne d’autres genres de projets qui sont pas des énormes projets de branding ou des énormes projets de tu sais c’est des choses plus ponctuelles et je crois que j’aime ça rentrer de manière plus ponctuelle.
et pas d’être pendant six mois sur un projet. même temps, sais que toi aussi, c’est ce que j’aime beaucoup dans ta manière de voir aussi le design. Tu as le côté pendant deux jours, je te fais ton identité visuelle. ça, trouve que c’est… Enfin, les gros processus ne m’intéressent plus de la même manière.
Manon Verbeke (18:11.894) Je pense que ça vient du même endroit que toi, c’est-à-dire que je ne peux pas me permettre la fatigue, je ne peux plus me permettre la fatigue créative. Et donc, c’est pas pour les mêmes raisons. Moi, c’est parce que je suis maman solo avec deux enfants. Toi, c’est parce que tu as besoin de laisser de la place pour ton projet artistique. Ce n’est pas les mêmes objectifs, mais c’est un peu finalement ce qui nous pousse toutes les deux à créer ces offres très coups de poing et qui ont un début, un milieu, une fin et qui ne viennent pas drainer de la charge mentale en dehors.
Je crois que c’est ça dont tu as besoin, c’est d’être libéré finalement aussi. Ok. Donc t’as ces œuvres au coup de poing et à côté tu peux du coup mettre en vente tes œuvres, créer des expériences. Est-ce qu’il quelque chose dont tu as… !
Claire (18:41.998) Ingectement. Ingectement.
Claire (18:53.102) Et puis chercher des subventions aussi à côté. Ça c’est mes premiers points. Mon prochain point c’est d’aller après faire là c’est des choses pour 2026, c’est aussi d’aller chercher des subventions et d’aller chercher aussi à avoir de l’aide à d’autres points. Ça c’est, j’ai pas encore fait mais c’est vraiment dans mes objectifs aussi. Donc tu vois il a quand même différentes points qui peuvent coexister. Et puis je suis pas… ouais c’est ça donc je…
Manon Verbeke (19:09.779) Ok.
Manon Verbeke (19:17.526) Ok super je t’avoue que je connais pas, alors j’en connais quelques uns mais je connais pas beaucoup de designers qui ont cette pratique, cette double pratique artistique qui font qu’ils ont aussi une posture d’être subventionnés ou de faire des résidences d’artistes ou des résidences graphiques tu vois. Mais j’en ai quelques uns donc j’ai un tout petit peu d’informations sur le sujet. Est-ce que tu…
Claire (19:18.798) Mmh.
Manon Verbeke (19:41.335) Est-ce que tu sais si tu as envie d’aller faire des résidences ? Parce que j’ai cru comprendre que tu aimes bien travailler à quatre mains ou à 12 mains ou à 24 mains. Peut-être que tu peux nous parler d’un projet où tu as collaboré, où tu as fait de la co-création. Ça a l’air d’être un médium, un mode de travail important pour toi.
Claire (19:48.511) Wow, beaucoup de mains qui travaillent !
Claire (20:01.39) Ouais, mais même si ça, tu vois, ça a aussi beaucoup évolué parce que la co-création, ça a été quelque chose que j’ai beaucoup exploré dans les ateliers. Quand je me donnais des ateliers sur le journal de bord, peut-être que ça c’était un de mes projets qui a été emblématique plus en 2020 à 2024. Oui, il y avait un côté… Ouais. Quoi ? Tu veux que je raconte quoi ? Bah juste rapidement… Ouais.
Manon Verbeke (20:18.834) Attends, pause. Raconte-nous, s’il plait. Les auditeurs ne connaissent pas ce projet et il est hyper cool. Les auditrices. Les auditrices.
Ouais ! Ouais ! C’est quoi le projet du journal de bord ?
Claire (20:30.542) Ok, ben allô salut moi c’est Claire, je faisais des carnets. En fait pendant plusieurs, pendant quatre ans à peu près, j’ai formé le journal de bord professionnel qui est fait une manière de documenter son travail avec, en dessinant sa journée de travail. Et on revient avec l’idée du blocage parce qu’à la toute base quand j’ai décrété de faire ce journal, c’était en janvier 2020.
Je revenais d’un long voyage en Thaïlande et je me suis dit c’est vraiment dommage, je documente mes voyages mais quand je reviens dans mon quotidien je documente rien et puis j’avais vraiment besoin de me donner de la reconnaissance dans mon travail. J’étais salariée à ce moment là, changement de poste, manque de reconnaissance de me voir avancer, il y avait des choses qui m’agacaient et je me suis dit je vais me dessiner dans la journée, voir ce que j’ai appris, ce que j’ai découvert etc.
et j’ai rempli ce carnet, je n’en fait… Je ne pensais pas en faire un outil. C’est là où ma démarche est toujours comme ça, c’est-à-dire qu’il n’y a pas grand-chose qui est très visualisé business dans mon truc. C’est vraiment, je réponds à un besoin de moi, je le poste sur LinkedIn, ça fait un buzz. Les gens me disent, je veux apprendre. fais comme, mais qu’est-ce tu veux apprendre ? Tu ouvres un carnet, tu dessines, basta, je n’ai rien à t’expliquer en fait. Je veux dire, et là, il y a le designer qui se dit, attends, attends, il a un besoin, il a un problème, on va faire des interviews, on va essayer de comprendre.
Manon Verbeke (21:24.341) Hmm.
Manon Verbeke (21:45.847) Parce qu’en c’est pas si simple que ça. Effectivement, il a un processus créatif que toi, tu as intériorisé de ta formation. Et en fait, les gens avaient ce besoin. Et puis au-delà de l’outil, l’outil carnet de bord visuel illustré comme faire un carnet de voyage, mais version dans ton quotidien. Il y a aussi le fait que tu t’accrées un espace communautaire où les gens étaient contents de se rencontrer, se montrer les choses, de se partager un peu comme un book club, mais en version genre un carnet club.
Claire (22:13.646) le carnet club, j’en ai fait tellement. Et après le carnet est devenu comme une obsession, j’ai voulu comprendre beaucoup de choses sur le carnet, j’ai voulu comprendre qu’est-ce qui nous limitait avec cet outil, qu’est-ce qui nous… Et donc j’en ai fait vraiment une investigation pendant quatre ans et en même temps après il y a eu un côté où quand il y eu l’atelier, le studio, espace en fait, là l’espace ça grandissait dans… c’est comme si je sortais… le carnet ça reste petit mine de rien, enfin c’est précieux, c’est très important. Mais là j’avais un espace d’expression pour moi.
beaucoup plus grand et là le carnet devenait trop petit et là il fallait que je change. Enfin en fait ça m’a poussé à changer donc le carnet je n’étais plus aussi aligné quand je donnais des ateliers, avait quelque chose qui se… ça marchait plus et donc là depuis que j’ai fait les portes ouvertes en septembre où j’ai fait ramener les gens dans mon univers avec ces femmes bleues qui sont arrivées en juillet, là j’ai senti que j’ai pas… il y a une personne qui a suivi mes ateliers de journal, elle m’a dit Claire
T’as même pas besoin de donner des ateliers. Rien que de venir dans ton atelier, enfin dans ton espace physique, je ressors comme si j’avais fait une séance avec toi. Je là, fais mais je me suis fait chier à monter des formations, j’avais juste à ouvrir ma porte.
Manon Verbeke (23:17.398) Mmh-hmm.
Manon Verbeke (23:23.478) C’est incroyable ! Ce matin on m’a demandé, mais c’est qui que t’interviewe aujourd’hui ? Et j’ai dit, bah c’est Claire. Et Claire en fait, elle a développé toute une expertise et un monde autour du carnet. Et je trouve ça incroyable ce fil conducteur dans toute son expérience qu’elle propose à ses clients, mais pour elle-même et qu’elle s’est expliquée, qu’elle s’est vulgarisée, elle s’est créée des communautés autour. Et c’est pas de ça qu’on va parler. Mais tu vois ?
Claire (23:53.047) fil conducteur.
Manon Verbeke (23:54.775) Parce que t’es en train d’en créer un nouveau je pense en fait et ça t’as un peu genre à l’aube de créer quelque chose de t’autoriser à créer quelque chose de nouveau et je me sens assez chanceuse d’être spectatrice de ça et je trouve que t’as une belle capacité aussi à vulgariser, à démontrer ton travail sur les réseaux sociaux sans en phase, sais juste en racontant ce qui se passe. Je vous invite auditrice à aller voir le travail de Claire sur notamment sur LinkedIn, étonnamment c’est très antinomique.
Claire (24:05.262) Mmh.
Claire (24:21.646) Je suis très antinomique sur beaucoup de choses. Mais je suis revenue sur Instagram au bout de cinq ans quand même.
Manon Verbeke (24:24.522) Mais c’est incroyable, moi j’aime beaucoup !
Et…
Qu’est-ce que tu publies sur Instagram ? C’est quoi ton… oui.
Claire (24:34.99) Là, c’est mes femmes bleues. Parce que moi, j’ai enlevé Instagram de ma vie en janvier 2020. En janvier 2020, il y a eu un besoin de faire… C’était avant la pandémie. J’étais très contente d’être partie de ce réseau avant la pandémie. Je pense que pour ma santé mentale, c’était la meilleure chose à faire. Et je ne pensais jamais y revenir. Mais ce qui s’est passé en juillet, je me suis dit, j’ai envie de le documenter.
et j’ai envie de le documenter, j’ai envie d’en garder trace et j’ai eu envie de retourner sur cette plateforme. Et mon rapport avec la plateforme n’est pas du tout le même qu’il a eu cinq ans en arrière, je le fais parce que c’est juste un moyen pour moi de voir mon processus créatif évoluer et de partager ça, mais c’est plus…
En tout cas. Linkin, de ce fait là, j’ai quand même mon addiction au réseau social et il fallait quand même le mettre ailleurs. Donc je suis revenue sur Linkin en janvier 2020. sais, il fallait quand même le mettre ailleurs, sans son temps. Et humour, humour, humour. bon. Et donc sur Linkin, j’ai… Bah ouais, mais oui et non, mais c’est juste que c’est une autre façon de communiquer. Voilà. Et que j’ai bien aimé. Voilà. Tout simplement.
Manon Verbeke (25:27.446) …
Du coup, tu es devenu addict à LinkedIn. Tout va bien.
Manon Verbeke (25:37.79) Oui. Moi j’aime bien le côté LinkedIn, côté… Parfois c’est pas vrai, mais LinkedIn étant quand même un média où tu fais un pas de recul pour raconter, pour documenter. Tu racontes pas ta vie sur LinkedIn, normalement. Plus tu racontes un peu genre des apprentissages. Oui.
Claire (25:54.863) Ça a aussi beaucoup changé la plateforme mais bon… Mais c’est normal, c’est normal, on évolue même les plateformes, je les évolue.
Manon Verbeke (26:02.026) Alors, est-ce qu’il des questions, est-ce qu’il a une question que je t’ai pas posée, que j’aurais dû te poser selon toi, que tu aimerais que je te pose ?
Claire (26:10.862) Mmmh
Claire (26:15.118) J’aimerais être… voilà, non, y’a rien qui me vient, spécialement.
Toi t’en as une que tu sens que t’aimerais… Genre une question à 360° Histoire. Ou pas.
Manon Verbeke (26:30.898) Vas-y, on va prendre quelques… J’ai l’impression d’être Pierre Belmar. Et si on parlait des blocages ? Et si on parlait du nœud et du blocage dans ton processus créatif, tu peux nous en dire quelque chose, s’il te plaît ?
Claire (26:37.038) Mmh.
Claire (26:43.118) C’est la base de tout en fait. S’il y a bien un fil conducteur, c’est vas-y je crée avec mes blocages parce que en fait, tu vois le blocage de manque de reconnaissance dans mon travail, fait tout ce que j’ai mis comme initiative quand j’étais salariée, je manquais, j’étais dans des équipes très masculines, j’étais dans une entreprise très T.I. donc technologie.
Manon Verbeke (26:46.806) OK.
Claire (27:03.026) je manquais d’avoir des collègues féminines ou d’avoir un peu et donc j’ai créé des midi coloriages. Je savais très bien que les gars ils n’allaient pas venir et donc désolé audience mais quand même ça filtre un petit peu donc j’ai créé ces moments là parce que j’avais besoin de connecter avec l’agente féminine dans mon entreprise et ça a permis aux ventes, aux RH de venir et c’était vraiment chouette comme moment. Donc tu vois c’était toujours relié, je manquais de ça, je créé. Dans ce moment.
Manon Verbeke (27:10.89) Mh
Manon Verbeke (27:19.35) Hmm.
Claire (27:30.511) J’avais l’année dernière par exemple, je sentais que dans mes relations, j’avais envie de créer un espace qui soit ni pro, ni perso, un peu des entre deux et donc les carnets j’en ai fait des rencontres dans des cafés. Tu viens avec ton carnet, on parle du carnet, on se connaît pas vraiment mais on va parler de ça, on était des petits groupes et là je me suis fait des amis finalement. Donc tu vois toujours ça a créé des conversations à d’autres niveaux qui sont pas du réseautage, qui sont pas…
Manon Verbeke (27:52.886) Mmh.
Claire (27:59.785) Parce que comment on se fait des amis quand on maintenant dans… Enfin vers la quarantaine on fait comment on fait des amis ? Tu vois c’est compliqué ! voilà comment on crée un réseau social… Comment… Ouais mais en tout cas moi je suis pas sportive ! Enfin tu vois c’est pas dans ça que je vais aller… Ouais bah moi ça n’est pas ça donc moi je crée des carnets.
Manon Verbeke (28:02.868) Je sais pas, dis-moi. Franchement, je sais pas.
Manon Verbeke (28:08.386) On fait de l’escalade, on fait du paddle. Je sais pas si vous faites ça en Québec, mais si c’est pas possible. On fait un marathon, on prépare un marathon. Quand on a 40 ans, quand on veut faire des amis, on prépare des marathons. Non, pardon. Excusez-nous les marathoniens, c’est rigolo. On se moque gentiment.
Claire (28:27.85) Ouais, mais voilà, donc c’est… Et puis après, par exemple, même dans ma façon de… de communiquer que si je fais quelque chose un peu plus différent aussi, parce que là c’est beaucoup tourné vers la relation, mais la relation est quand même importante dans mon processus créatif, j’ai vraiment besoin du contact avec l’autre pour créer. C’est-à-dire que j’ai… il a… Je suis vraiment en grand questionnement entre être une extravertie et une introvertie. C’est… Je pense que je suis au milieu.
c’est très compliqué. Mais en soi, ce que je voulais dire par rapport à ça, c’est que même dans ma façon de communiquer sur les réseaux ou autres, je vais regarder une photo et je vais voir ce que ça va me donner envie de créer. Je vais pas rentrer avec un planification, avec un côté, il a vraiment ce côté, qu’est-ce que ça bloque, qu’est-ce que j’ai envie de débloquer, comment je veux grandir avec ça. Et donc c’est à partir de ça que j’écris, je produis, mais mes blocages, c’est la base.
Manon Verbeke (29:16.646) Ok, j’ai question pratico-pratique. Puisqu’il pas d’ordinateur dans ton atelier ? Mais non, mais en fait, tu sais, dans nos processus créatifs, il a des phases d’inspiration. Ces phases d’inspiration, finit finalement, aujourd’hui je trouve, à beaucoup les faire sur l’ordinateur et à beaucoup les faire dans des endroits comme Pinterest. Et ça a tendance à normer un peu la manière dont on fait notre phase d’inspiration.
Claire (29:17.614) Oui.
Manon Verbeke (29:41.33) forcément de fait tu peux pas faire ça ou alors je t’imagine sur Pinterest t’as imprimé des choses sur ton imprimante à revenir… enfin j’imagine que tu fais pas ça j’en sais rien comment tu gères du coup cette phase d’inspiration et d’exploration ?
Claire (29:52.431) Parce que je parle de mes émotions, je parle de moi, je parle de mes émotions, de mon expression, donc j’ai pas besoin… Je vais regarder du Pinterest ou autre quand je suis à la maison ou sur mon ordinateur, tu vois. Mais quand je suis là-bas dans le studio, il faut vraiment s’imaginer, c’est un espace blanc, les murs sont blancs, des hauts-hauts plafonds et une grande lumière vive. Et quand tu rentres à l’intérieur de ça, l’espace même en tant que tel…
te fait comprendre que tu es dans une parenthèse temporelle. C’est vraiment, tu oublies le brouhaha d’extérieur et tu entres dans quelque chose de très spécial. Et là, dans cet atelier, j’ai des magazines, j’ai des papiers, j’ai des tissus, j’ai plein de choses et en fait je vais vraiment être là en me disant, qu’est-ce qu’il y a… Souvent c’est ça, je sens qu’il a quelque chose qui a besoin de sortir de moi parce que d’avoir un espace, m’oblige à prêter attention à ce qui se passe à l’intérieur.
Et donc par moments ça va être comme j’ai besoin de découper, j’ai besoin d’aller dans quelque chose de précis, j’ai besoin de splatcher de la peinture, j’ai besoin de bouger, j’ai besoin d’être dans quelque chose de cocooning, j’ai besoin de faire des siestes. Mon studio me sert beaucoup à faire des siestes et ça c’est pas facile facile facile facile. Au début je fais comme « on Claire » Productivité ! C’est pas rentable ! non non mais bon. Voilà mais en fait en soi c’est comme si…
Manon Verbeke (30:57.622) Non. Ouais. Hé. T’as pas… C’est ça, c’est pas rentable de faire une sieste claire.
Claire (31:12.718) qu’est-ce qui va bloquer, qu’est-ce qui bloque en ce moment, qu’est-ce qui a besoin d’être exprimé pour pouvoir aller mieux. Et d’un coup quand je fais ça, là il se passe quelque chose, l’ai bougé. Puis le fait de bouger les éléments de place, je mets ça en haut, je mets ça en bas, je l’accroche, le suspends. Et là je prends une photo et je me dis comme, magnifique, j’ai une pièce de contenu. Enfin c’est genre magnifique, mais c’est pas calculé ou magnifique de prendre plein de photos des vidéos, j’ai quand même mon cellulaire on va dire, mais…
Manon Verbeke (31:31.51) Claire (31:38.048) Mais voilà, c’est, n’ai pas besoin, je ne m’inspire pas de Pinterest pour créer dans mon atelier. Ça vient vraiment de ce qui se passe à l’intérieur.
Manon Verbeke (31:39.711) Ok.
Manon Verbeke (31:45.879) Donc t’as un processus d’écoute intérieure. Il est formalisé, enfin tu vois, est-ce que tu sais me l’expliquer, ou juste il est très intuitif et des fois ça prend une forme et des fois tu fais une sieste et tu te réveilles, des fois tu médites, des fois tu juste t’assois sur ta chaise en bois.
Claire (31:48.206) fort.
Claire (31:59.186) Quand je rentre dans le studio, quand je rentre dans l’atelier, c’est là où ça m’a appris à déconstruire beaucoup mon rapport au travail, parce que quand je rentre là-dedans, la notion de temps est la notion de…
productivité n’existe pas vraiment. Je ne peux pas savoir ce qui va se passer dans l’atelier et je ne peux pas savoir quand ça va se passer. Et ça c’est très compliqué pour tout ce que… C’est déconstruire beaucoup beaucoup de choses, c’est un espace comme ça. Parce que c’est confrontant, il a des moments donnés j’ai l’impression de faire du surplace, que j’ai l’impression que j’ai perdu mon temps, etc. Mais en fait non, je sais que ça fait partie du processus, c’est…
En fait il faut vraiment partir sur l’idée que créer c’est quand inconfortable et désagréable. Il faut arrêter avec le mythe que créer c’est magique, c’est léger, ça l’est mais pas tout le temps. Pas tout le temps, il faut aller dans les parts où il se passe pas grand chose, où c’est confrontant, où on a l’impression que c’est ça, c’est pas assez… Et donc quand je rentre dans le studio, exactement…
Manon Verbeke (32:52.636) On doute de la valeur de ce qu’on est en train de faire et de la pertinence.
Claire (32:56.265) On en sait pas, là, il y donc… Et c’est de s’autoriser. Il y a eu par exemple une après-midi en juillet, j’ai commencé à découper je pense 80 corps en papier.
Manon Verbeke (33:07.862) Oui, alors, et petite pause, tout à l’heure, les femmes bleues dont Claire parlait n’étaient pas des vraies femmes qui sont arrivées. Tout va bien, est a priori saine d’esprit. Enfin, je ne peux pas garantir parce que je la connais pas si bien que ça, mais je pense qu’elle est saine d’esprit. donc, c’est une collection que tu as fini par nommer et qui a démarré par ses découpages, c’est ça ? OK.
Claire (33:29.325) Non, les découpages, arrivait justement. Les médiums vont vivre aussi en fonction, mais la première femme bleue est arrivée sur des grandes feuilles en papier. Et maintenant, elles prennent plein de formes différentes parce qu’en fonction de comment j’ai besoin d’exprimer des choses, je vais aller dans le découpage, la peinture, la crégrasse, enfin, ça va vraiment dépendre de plein de choses. Mais il y a eu un jour justement où j’avais besoin de pas être dans le…
Crayons. Parce que pour moi, les choses que l’on met entre nos mains, que ce soit un stylo, un pinceau ou autre, donne un autre… Il y a une émotion, il quelque chose qui complètement différent. Donc quand j’ai besoin que ça aille, que ça soit incisif, le ciseau c’est pas mal. Tu genre, tu coupes, il y a quelque chose de… Enfin en tout cas, c’est différent comme moyen d’expression. Et donc il y a eu un après-midi, j’ai découpé 80 corps sur du papier et j’en ai fait…
Manon Verbeke (34:09.59) Mhmm.
Manon Verbeke (34:19.958) J’adore comme tu m’invites à chaque fois ! Sur du papier ! On ne sortira pas cette phrase du contexte. Petite note au monteur, s’il vous plaît ! Ok.
Claire (34:22.893) Sur des papiers ! Non mais parce que…
Claire (34:31.181) Et est-ce que j’ai eu envie d’en redécouper ? Non, pour l’instant non. Et donc c’est d’accepter que… Et donc après j’en ai fait… Et là en ce moment ils sont là, sont quelque part… Est-ce qu’ils font quelque chose ? Non, mais un jour je sais qu’ils vont être utiles.
Manon Verbeke (34:45.906) ou pas et c’est ok.
Claire (34:46.389) Ouais, et c’est ok.
Manon Verbeke (34:49.206) Oui effectivement, le crayon c’est additif, tu viens ajouter de la matière, le ciseau tu viens retirer et ça crée quelque chose dans la manière dont tu viens réfléchir effectivement l’image finale. Je pense, alors de ma pratique, je pense que j’ai beaucoup perdu en capacité à me laisser surprendre par mon processus créatif. Je l’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup renfermé dans un tunnel qui me permet d’être efficace et donc…
le côté des business quand même. Il y a eu une époque de ma vie où j’avais beaucoup plus tendance à aller chercher des process très différents, à tester des choses avec les photocopieuses, les ciseaux, les machins et c’est très cool aussi. Est-ce que tu as un mot de la fin pour toutes les entrepreneurs créatives qui, j’ai envie de dire, se questionnent sur la part artistique à l’intérieur d’elles Je crois que c’est clairement un…
Claire (35:20.461) Mmh.
Manon Verbeke (35:47.44) combat intérieur qui nous habite, beaucoup d’entre nous. Est-ce que tu as quelque chose à leur dire ? Un message d’encouragement, un message de secouage, ce serait quoi ton mot ?
Claire (35:59.335) Le seul qui m’est venu c’est patience. Je crois que patience et persévérance dans le sens qu’il y aura toujours des hauts et des bas. En ce moment, a quelque chose de plus calme qui s’est installé à l’intérieur de mon processus d’accepter le côté d’incohérence, le côté où je remplirai pas les checkboxes de certaines normes et certains chiffres link-in de ce monde. C’est correct, c’est un autre chemin, je sais aussi.
Manon Verbeke (36:27.35) …
Claire (36:28.141) Je sais aussi que ce qui me plaît le plus c’est de créer et que je suis prête à embrasser ce processus. oui, c’est d’être dans la patience et la persévérance et en même temps de rester aussi lucide et de ne se mettre dans des difficultés non plus qui ne sont pas… difficultés à tous les niveaux, même santé mentale. On n’en parle pas beaucoup mais c’est quand même très intense. Ce n’était pas un mot de la fin, c’était une grande phrase.
Manon Verbeke (36:52.79) Non, c’était une grande phrase. Vas-y, j’entends une deuxième. On va essayer de refaire un mot de la fin. S’il y avait une entreprennesse qui venait de voir en disant… Non, non, t’inquiètes, c’est rigolo. Et qui elle te disait, moi j’aimerais bien explorer un peu plus ma part d’artistique, mais en fait, je sais pas trop par où commencer. Tu lui dirais de commencer par quoi ou quel endroit ?
Claire (37:03.585) ok
Claire (37:18.893) Un carnet.
Manon Verbeke (37:20.599) Oh putain c’est Oh pardon, j’ai dit un gros mot. Ah c’est pas grave, c’est mon podcast, je dis ce que je veux ! Ok, on a incarné. Trop bien, merci beaucoup Claire.


